les grandes batailles

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Message par RAPHAEL83 le Mer 08 Déc 2010, 21:09


Guerre de succession de Bretagne 1341

La succession bretonne. - Jean III de Bretagne, fidèle vassal de la France, n'avait pas de fils. A sa mort, le 30avril 1341,la succession se trouva disputée entre as nièce, Jeanne de Penthièvre, la Boiteuse, épouse de Charles de Blois, et son demi-frère Jean de Montfort. Ce dernier s'empara du fief sans demander l'investiture su roi de France (dont il soupçonnait la partialité pour Charles de Blois), ainsi que du trésor gardé à Limoges.

Son pouvoir resta localisé aux villes. La noblesse et les prélats, pour qui Jean était un inconnu, allèrent au jeune Charles de Blois, déjà populaire, aussi pieux que saint Yves et qui fut, par les soins de Philippe VI, déclaré duc de Bretagne le 7 septembre. Peu après, avec le secours d'une armée française, Charles de Blois entrait à Nantes et faisait prisonnier son rival. Mais Jean de Montfort avait fait hommage à Édouard III, qui ne manquerait pas une aussi belle occasion d'intervenir sur le continent.
En 1342,un premier corps anglo-breton dégageait Hennebont, où l'héroïque épouse de Montfort, Jeanne de Flandre, s'incrustait avec son jeune fils; un deuxième, avec Robert d'Artois, s'élançait sur Vannes; le troisième 12000hommes avec Édouard en personne - allait se heurter à l'armée de Jean de Normandie, revenue en Bretagne à l'appel de Charles, lorsque les légats du pape arrêtèrent la lutte, au grand courroux de la noblesse des deux camps. La trêve de Malestroit (janvier 1343) maintenant le statu quo. Elle n'empêchera pas les empiétements d'Édouard, à qui la mort de Jean et la folie de Jeanne assureront la tutelle du petit Jean IV de Bretagne. La lutte latente deviendra la guerre des Trois-Jeanne lorsque Jeanne de Belleville, veuve d'Olivier de Clisson, décapité par ordre du roi de France, armera des navires pour la course contre les vaisseaux français, avec l'appui des Anglais.

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Message par RAPHAEL83 le Mer 08 Déc 2010, 21:10


La déroute de Poitiers 1356

L'acte le plus dramatique de la campagne de 1356 allait se jouer a l'automne, au sud de la Loire. Le prince de Galles avait entrepris une seconde chevauchée, vers Bourges; il fut au retour atteint et même devancé par les Français, au sud-est de Poitiers, sur les bords du Miosson, au lieu-dit Maupertuis. La bataille fut, en dépit de l'absence des arbalétriers génois, une réédition de celle de Crécy, mais au dénouement beaucoup plus grave.
On y retrouve les mêmes particularités. Les Anglo-Gascons, inférieurs en nombre, rejoints au cours d'une retraite, s'installant à loisir près d'un bois, celui de Nouaillé, au haut d'une pente, utilisant les moindres accidents de terrain; leurs archers accablant de flèches, par le travers, l'élite de l'armée française lancée en avant-garde, montant des chevaux qui ne sont armés que de face.
Puis les combats individuels, alternant avec les départs des chevaliers, dans le désordre le plus complet. Le roi, resté seul chef sur la butte Alexandre, à pied comme ceux qui l'entourent, poulaines coupées et lances raccourcies, voit la débâcle et volontairement demeure, après avoir fait mettre en lieu sûr les enfants de France. Manœuvrer Serait indigne de lui. Cerné, couvert de blessures, il se rendra, rétablissant, pense-t-il, par son sacrifice grandiose l'honneur de l'armée perdu par les fuyards. L'honneur de Jean de Valois est sauf. Mais il est douteux que le roi de France ait pensé aux répercussions que sa prise pouvait avoir sur le pays.

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Message par RAPHAEL83 le Mer 08 Déc 2010, 21:10


La bataille de Crécy 1346

Caen. Crécy. Calais (1346-1347). - Édouard III préparait un nouveau débarquement, qu'il ne savait encore où fixer, lorsque son adversaire lui épargna de trop longues hésitations en condamnant a l'exil un grand seigneur normand, Geoffroy d'Harcourt, lequel courut se mettre au service des Anglais, leur offrant libre accès en Cotentin. Le butin qu'Édouard fit a Caen - où le connétable de France fut fait prisonnier - faillit bien arrêter la campagne. Car ses vaisseaux de ravitaillement portèrent les draps normands a Londres et tardèrent a revenir.
L'Anglais ébaucha donc une retraite vers le Ponthieu, qu'Édouard I avait possédé par mariage, mais qui venait d'être théoriquement saisi par la France en 1337. L'armée des Français gardant la Seine, l'ennemi fut contraint de la suivre jusqu'a' Poissy avant de trouver un passage et de franchir le fleuve. Cela s'accomplit a la faveur d'une feinte sur Paris qui rejeta le roi de France, décidément facile a berner, dans la ville. Philippe reprit cependant la poursuite. Édouard, après avoir franchi, non sans combat, la Somme au gué de la Blanchetaque, le 23 août, résolut d'attendre son adversaire. Peut-être, jugeant le heurt désormais inévitable, préférait-il choisir en Ponthieu son terrain de résistance.
La faiblesse de ses effectifs - 9 000 hommes à peine contre 12 000 Français - lui commandait non l'attaque, mais la défensive. Il adossa ses troupes à un bois, sur un coteau près de Crécy, face au levant; il entoura d'une palissade les chevaux et le charroi.

Dans l'après-midi du 26 août, ses soldats sont assis dans l'herbe, le bassinet posé devant eux, reposés, ragaillardis par les vins du Poitou qu'ils viennent de piller sur les vaisseaux rochelais ancrés dans le port du Crotoy. Ils regardent déboucher de la chaussée Brunehaut la grande cohue des féodaux français. La victoire des Anglais à Crécy fut une victoire de l'obéissance sur l'indiscipline, de l'organisation sur l'imprévoyance, de l'arc anglais sur l'arbalète génoise.
En l'absence du connétable de France, Philippe VI accumula les fautes, dont la première fut d'engager l'action sans avoir laissé reposer hommes ni chevaux. Mais n'y avait-il pas près de sept ans qu'on frustrait les chevaliers d'une bataille, par trêve pontificale ou autrement? ils ne savaient plus attendre. Les arbalétriers génois furent en premier sacrifiés. « Tuez toute cette ribaudaille, car ilz nous empeschent la voie! » cria le roi. Les hommes d'armes foncèrent alors aussi follement que l'aveugle roi de Bohème, qui s'était fait lier à ses compagnons; ils trébuchèrent sur les corps des piétons, furent pris à revers par la grêle de flèches des archers, par les boulets de quelques bombardes, ou luttèrent vainement jusqu'à la nuit tombée. Jean de Hainaut arracha Philippe VI au champ de bataille.
Deux jours après un succès aussi éclatant qu'imprévu, Édouard III reprenait sa fuite vers le nord. Il lui fallait un port pour se rembarquer, peut-être aussi pour assurer les campagnes futures. Renonçant à Boulogne, l'Anglais fit porter son effort sur Calais, qui semblait plus vulnérable, mais qui, tenace, et sérieusement ravitaillé par la marine normande, résista un an. Par terre, Philippe VI intervint trop tardivement et mollement.
Se heurtant aux tranchées que, tel César devant Alésia, Édouard avait creusées devant son campement de siège (Villeneuve la Hardie), il se retira. Le 4 août 1347, la ville tombait, et les six bourgeois pris comme boucs émissaires ne durent leur salut qu'aux prières de la reine Philippa. Mais des Anglais remplaceraient dorénavant les habitants chassés de leur ville. Une trêve fut conclue avec Philippe, laquelle devait se prolonger jusqu'à la fin du règne.
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Message par RAPHAEL83 le Mer 08 Déc 2010, 21:11


La bataille d'Azincourt 1415
La préparation de l'offensive n'avait rien laissé a désirer. La sécurité avait été organisée sur toutes les côtes en prévision d'une contre-attaque; Jean, duc de Bedford, frère du roi, avait été nommé régent; Henry V avait rédigé son testament. Armes et soldats, approvisionnements, navires réquisitionnés dans les ports anglais ou loués aux Pays-Bas, tout était prêt, lorsque le roi s'embarqua, le 11août, sur le Trinity. Le lendemain, il prit terre au cap de la Hève, selon un dispositif préparé d'avance a l'aide de renseignements recueillis sur place depuis un an au moins.

La campagne d'Henry V s'inspire de celle d'Édouard III. Harfleur, clé de la Normandie, résista un mois; on en voulait faire un nouveau Calais; les habitants durent céder la place à des colons anglais. Comme en 1346, les Anglais obliquent ensuite vers le nord, pour passer, encore, la Somme à Blanquetaque; les Français, concentrés à Rouen sous les ordres du connétable d'Albret, avaient prévu le renouvellement d'une telle tactique. Le gué était gardé; il fallut franchir la rivière en amont, a Béthencourt, au nord de Nesle. Henry V s'inquiète ses troupes sont décimées par la dysenterie et la désertion; il pleut et l'état de la mer peut compromettre un rembarquement; il faut, en hâte, gagner Calais, car les Français ont repoussé ses propositions. Boucicault le harcèle sur sa droite; Albret l'a rejoint avec le gros de l'armée. Henry V croyait la route libre, mais ne tarda pas a s'apercevoir qu'il était pris comme dans un filet. La supériorité tactique et numérique, la possibilité de choisir le terrain, l'intégrité de l'état physique et moral des combattants, eussent dû faire d'Azincourt une victoire française (25octobre 1415).
Pour faire face à un sort douteux, Henry V étire les siens à l'abri d'une palissade de pieux, et négocie; il propose d'abandonner ses prétentions au trône. Albret, confiant, refuse. il eut le tort de masser ses troupes en profondeur sur un plateau étroit, encadré de bois, et de se priver ainsi de toute possibilité de manœuvre. Il laissa ensuite les Anglais prendre l'initiative d'attaquer, après la pluie, à leur heure, au milieu du jour; les chevaliers français, le soleil dans les yeux, criblés de flèches, ne pouvant pas charger, faute de place, décidèrent de combattre à pied; écartant la piétaille, ils se bousculèrent pour être au premier rang. Une audacieuse attaque des Anglais sur leurs flancs acheva de mettre le désordre dans cette masse d'hommes, empêtrés de leurs armures dans un sol fangeux. Les coutiliers ennemis accomplirent facilement leur hideuse besogne. La chevalerie française perdît, peut-être, 10 000des siens; Henry V n'excepta du carnage qu'environ 500 prisonniers, en raison de l'intérêt que présentait leur rançon. Parmi les morts, il y eut les ducs de Bar et d'Alençon, le connétable d'Albret et deux frères de jean sans Peur, Antoine de Brabant et Philippe de Nevers, que la neutralité boudeuse de leur aîné n'avait pas détournés du devoir vassalique. Du Côté anglais périt le duc d'York. Prisonniers Charles d'Orléans, qui ne reviendra qu'en 1440,le duc de Bourbon et Boucicaut, qui moururent captifs; Arthur de Bretagne, comte de Richemont, revint dès 1420.
On avait renouvelé l'erreur de Crécy et de Poitiers. La noblesse médiévale n'avait pas compris que la manœuvre n'est pas calcul de poltron et que le combat a pied a des exigences différentes de l'attaque a cheval, surtout a l'époque de l'invention d'armes plus meurtrières. Sans doute, la défaite n'était pas décisive. La campagne qu'elle couronnait de lauriers inespérés n'était qu'une chevauchée, et les Anglais s'embarquèrent à Calais trois semaines après. Mais l'échec, imputable aux chefs armagnacs, porta à leur cause un préjudice irrémédiable.



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Message par RAPHAEL83 le Mer 08 Déc 2010, 21:12


Le traité de Troyes 1420

La France anglaise. - Sans parler de Calais ni de la Guyenne, où l'administration anglaise a ses traditions, ce Sont les territoires conquis par Henry V qui supportèrent au maximum le poids de l'effort de guerre. Ces territoires étaient la Normandie et les « pays de conquête », c'est-à-dire le Vexin jusqu'à Pontoise, la région de Chartres, le Perche et le Maine; l'objectif premier est d'en accroître l'étendue jusqu'à la Loire. Le talent d'Henry V fut d'avoir mené de front l'action militaire et l'administration civile.
Assez vite, Henry V comprit que la violence était mauvaise conseillère. Ruiner Rouen par une rançon excessive était d'une politique à vues courtes; dès la Chandeleur 1419, un complot y fut ourdi contre les Anglais. Ceux-ci ne montraient aucun empressement à coloniser Harfleur, ruiné par l'expulsion de ses habitants. Henry V ébaucha la politique de conciliation que développera la sagesse de Bedford. Cette politique consistait à respecter les institutions et les usages locaux, à rallier le clergé en lui témoignant de la déférence, la bourgeoisie des villes en favorisant ses intérêts, les paysans en assurant l'ordre public, en somme à récompenser les fidélités tout en réprimant l'opposition.

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Message par RAPHAEL83 le Mer 08 Déc 2010, 21:13


Jeanne à Orléans 1429
Le 4 mars 1429 Sainte Catherine de Fierbois située sur le plateau de Sainte-Maure, une Lorraine née à Domrémy, accompagnée de six hommes d'armes se présentre au sire de Baudricourt capitaine de Vaucouleurs. Elle prétend que des voix lui ont ordonné de se porter au secours du dauphin. Avec son escorte prétée par Baudricourt Jeanne se rend à Chinon. Le 7 mars on lui demande le motif de sa venue, elle répète ce qu'elle avait dit la veille au sire de Baudricourt. Le 8 mars elle se rend au château où elle reconnaît le dauphin sans hésiter. Gentil dauphin je suis venue pour vous porter secours et vous faire couronner à Reims. Le 8 mai Jeanne délivre Orléans les Anglais lèvent le camp.

La délivrance d'Orléans.
Le 29avril, au soir, à la faveur d'une diversion opérée par Dunois du côté de l'est, Jeanne pénétra dans la ville. L'arrivée des renforts et la présence de Jeanne ranimèrent l'ardeur combative des assiégés. Jeanne, n'ayant pas de connaissances militaires, se réserva de soutenir l'initiative des chefs, Dunois, Alençon, Richemont, et le courage des combattants. Les Anglais, éprouvés par les difficultés du siège, perdirent une à une leurs bastilles (Saint-Loup, Saint-Augustin, les Tourelles) du 4 au 7 mai; finalement découragé, Talbot leva le siège (8 mai).

La victoire eut le retentissement d'un miracle, vite connu aux extrémités du pays. La cause anglaise semblait compromise. Les dernières positions ennemies sur les rives de la Loire, Jargeau, Meung, Beaugency, furent enlevées en cinq jours (12-17juin); à Patay (18 juin), Richemont dispersa l'armée de Talbot, qui fut fait prisonnier. Après de tels succès, Jeanne put convaincre Charles de l'opportunité du voyage de Reims.




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Message par RAPHAEL83 le Mer 08 Déc 2010, 21:14


Jeanne à Reims 1429

La marche vers la ville du sacre commença à Gien, le 29juin. La facilité de la chevauchée prouve à la fois la fragilité de la domination anglo-bourguignonne et la restauration de la confiance en la cause de Charles VII. Auxerre resta neutre; Troyes capitula; Châlons-sur-Marne ouvrit ses portes. Le samedi 16 juillet, le roi entrait à Reims et, le lendemain, recevait l'onction sainte des mains de l'archevêque Regnault de Chartres « Or est exécuté le plaisir de Dieu », déclara Jeanne en rendant hommage à son roi. La cérémonie, vu les circonstances, s'était déroulée dans la simplicité; la couronne, le sceptre, le globe, étaient à Saint Denis, entre les mains des Anglais; seuls, parmi les pairs, étaient présents les trois pairs spirituels. Mais le rite essentiel était accompli : le huitième sacrement , qui faisait les rois et les marquait du signe sacré du pouvoir légitime, avait été conféré à Charles VII. Aucune hésitation n'était plus possible entre le Valois> authentiquement désigné par Dieu, et le Lancastre, imposé par les armes ennemies et la signature irresponsable d'un roi malade. Les jeux sont faits, car les Français ont trouvé ce qui leur manquait pour vaincre.

L'élan et la confiance. Les « années de torpeur » sont finies. Ce n'est pas pour autant que la guerre est près de s'achever. « La chevauchée du sacre » ne sera pas suivie d'une foudroyante et victorieuse épopée. La victoire finale se fera attendre vingt ans. Dans l'intervalle, Jeanne connaît l'échec et la foule paraît l'oublier; sa captivité, sa mort, ne soulèveront aucun remous. Charles VII retombe dans l'inaction. La lutte traîne. Cependant, la cause anglaise ne suscite plus d'enthousiasme. Bedford répliqua au sacre de Reims par celui du jeune Henry VI à Notre-Dame de Paris, le 17décembre 1430; mais personne n'accorda de crédit à une contrefaçon tardive. Telle était, dans le monde médiéval, la vertu du sacre royal.

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Message par RAPHAEL83 le Mer 08 Déc 2010, 21:14


Jeanne à Rouen 1431

Le trésor royal étant épuisé, les partisans de la temporisation et de l'attente, La Trémoille en tète, considéraient toute nouvelle entreprise comme une imprudence, alors que les régions avoisinant Paris, même la Picardie, attendaient les troupes royales Ils ramenèrent Charles et Jeanne d'Arc à Bourges. Celle-ci s'y morfondit jusqu'au jour où, pour tromper l'inaction, elle participa aux actions isolées des chefs de bandes. La Charité-sur-Loire fut imprenable (novembre 1429).Au printemps suivant, Jeanne parut à Melun et à Lagny : elle tourna autour de Paris, où l'appelait une conjuration qui compromît plus de cinq cents personnes. L'incapacité des Anglais eût permis une victoire totale, Si Bedford, habilement, n'avait laissé à Philippe le Bon, pour prix de son concours militaire, la Brie et la Champagne. C'est ainsi que Jeanne, venue secourir Compiègne, se trouva aux prises avec les Bourguignons; leur chef, Jean de Luxembourg, la captura au cours d'une sortie, parce que le capitaine de la ville, Guillaume de Flavv, dut refermer la porte, afin d'empêcher l'ennemi de pénétrer dans la ville avec ses gens (23mai 1430).

La nouvelle de la capture de la Pucelle provoqua la consternation dans la France de Charles VII, mais Paris, bourguignon, chanta le te Deum. Cauchon va se faire l'interprète de l'Université et du roi d'Angleterre, dont il était le conseiller; en même temps, il titre d'évêque de Beauvais , il réclama la captive, suspecte d'hérésie. Jean de Luxembourg l'avait convenablement traitée, mais, peu fortuné, il accepta, selon l'usage du temps, de céder, moyennant finances, son droit a la rançon de la prisonnière, c'est à-dire la personne même de celle-ci. Jeanne fut livrée aux Anglais pour 10 000 livres, et transférée du château de Beaurevoir (prés de Cambrai) à Rouen, par Avres, Drugy, Le Crotoy, Saint-Valery-sur-Somme, Eu et Dieppe. On l'emprisonna dans la tour de Bouvreuil, prison laïque, bien qu'elle fût l'objet d'une inculpation ecclésiastique (25décembre 1430). Henrv VI venait d'être sacré. C'était une habileté de la part de Bedford que de chercher à déconsidérer Jeanne - et, par là, Charles VII -par un procès d'hérésie.

Elle fut littéralement abandonnée. Personne, à la Cour, ne songea à proposer une rançon; l'archevêque de Reims, Regnault de Chartres, eût pu évoquer le procès, car l'évêché de Beauvais relevait de sa province; conseillée, Jeanne eût pu en appeler au pape. L'instruction dura quatre semaines (21février-27mars); le procès, deux mois. Le bon sens, l'ironie et la grandeur d'âme d'une illettrée de dix-neuf ans laissèrent cois ses doctes accusateurs. Le dicton des petits enfants, répliqua-t-elle un jour, est : « On pend quelquefois des gens pour avoir dit la vérité ». Sommée de renoncer à ses erreurs, elle eut cette simple réponse : « Je suis bonne chrétienne, bien baptisée, et je mourrai bonne chrétienne ». Pourtant, l'Université de Paris déclara hérétiques 24 propositions extraites de ses déclarations. Finalement, on l'intimida. Le 24 niai, au cimetière Saint-Ouen, en face du bourreau et de la charrette qui l'attendaient, on fit signer â la pauvre fille affaiblie, mêlant un rire saccadé aux larmes, une formule d'abjuration alambiquée et équivoque, qui n'était pas exactement
celle qu'on lui avait lue. Jeanne se rétracta; elle devenait relapse, bonne pour le bûcher. Bedford fut satisfait.

Condamnée le 28 mai et livrée au bras séculier, en l'espèce aux Anglais, elle fut brûlée à Rouen, place du Vieux-Marché, le 30.Ses ossements furent jetés à la Seine. Le prêtre qui l'assista, Ysambart de La Pierre, a attesté la sérénité de Jeanne au bûcher et l'émotion qu'elle suscita chez ses bourreaux eux-mêmes. Il déposa en ces termes au procès de réhabilitation, vingt-cinq ans après Dépose celui qui parle que... tous ceux qui la regardaient en grande multitude pleuraient à chaudes larmes..., [même] le cardinal d'Angleterre et plusieurs autres Anglais... Dit en outre qu'elle, étant dans la flamme, jamais ne cessa de confesser jusqu'à la fin, à haute voix, le saint nom de Jésus.

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Message par RAPHAEL83 le Mer 08 Déc 2010, 21:15


La bataille de Castillon 1453
La conquête de la Guyenne fut plus difficile en raison de la versatilité des Bordelais, attachés à l'Angleterre par des liens séculaires. Les positions françaises aux confins de la Guyenne furent renforcées à la fin de 1450.L'année suivante, Dunois ( compagnon de Jeanne d'Arc) progressa jusqu'à Bordeaux, qui se rendit le 30juin; Bayonne céda le 20août. Indisposés par des maladresses des gouverneurs royaux, soucieux surtout d'écouler leur vin, les Bordelais rappelèrent les Anglais.

Talbot revint occuper le vignoble en octobre. Il fallut attendre le printemps de 1452 pour rentrer en campagne à Castillon (17 juillet 1453), réplique d'Azincourt, Talbot trouva la mort, en éprouvant l'inanité démodée des charges désordonnées en face de la puissance du feu. Le 19octobre, Bordeaux capitula. On n'avait pas libéré Calais ni le comté de Guines, car Philippe le Bon avait désiré qu'on laissât en paix les marchands de laine de l'Etaple, de qui ses sujets recevaient leur gagne-pain. Néanmoins, les opérations continentales de la guerre de Cent Ans étaient terminées.




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Message par RAPHAEL83 le Mer 08 Déc 2010, 21:16


L'entrevue de Picquigny 1475
Déjà, la puissance bourguignonne atteignait la limite de ses forces. En 1474, l'échec du siège de Neuss révéla l'affaiblissement de l'armée bourguignonne, pourtant bien dotée d'artillerie et réglée, trop tard, par une excellente ordonnance inspirée de l'art militaire Italien contemporain. Au même moment, les exigences financières du duc étaient telles que les villes regimbaient, aux Pays-Bas comme en Alsace.
L'échec de Neuss, succédant a celui de l'entrevue de Trèves, eut un tel retentissement que la diplomatie de Louis XI suscita sans peine de nouveaux ennemis au Téméraire. Sigismond d'Autriche, les cantons suisses, les villes rhénanes, René II de Lorraine, formèrent l'Union de Constance (avril 1474). La défection d'Édouard IV au traité de Picquigny déçut les espérances de Charles. Pour limiter les pertes, il accepta de signer avec Louis XI la trêve de Soleure (13 septembre 1475), afin de se consacrer a la conquête de la Lorraine et des cantons suisses. S'il chassa René Il de son duché, les piquiers suisses lui infligèrent une double et sévère leçon a Grandson (2mars 1476) et à Morat (22juin).


Charles avait perdu ses meilleures troupes. Honteux d'avoir été battu par des vachers, il eut l'amertume de voir se soulever contre lui les paysans lorrains. Par surcroît, le condottiere napolitain Campobasso trahit Charles, qui n'eut plus qu'environ 2000 hommes a opposer a René II à quelques kilomètres au sud de Nancy (5 janvier 1477). Le son des fameuses trompes d'aurochs des Suisses d'Uri et d'Unterwalden sema la panique parmi les troupes bourguignonnes; le cadavre de Charles le Téméraire fut retrouvé deux jours après. Au reçu de la nouvelle, Louis XI manifesta une joie indécente. Il faut dire que le royaume était libéré d'une menace mortelle.
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