Des vertus des plantes par Macer Floridus, 1832

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Des vertus des plantes par Macer Floridus, 1832

Message par Stephandra le Mar 12 Avr 2011, 12:28

DES VERTUS DES PLANTES - DE VIRIBUS HERBARUM


PAR MACER FLORIDUS




I. L'armoise.





Au début d'un poème où je me propose de dire les vertus des herbes, celle qu'on appelle communément la mère des plantes, et qui a reçu des Grecs le nom d'armoise, s'offre naturellement la première à mes chants.
Elle doit son nom à Diane, que les Grecs appellent Artémis, et qui passe pour en avoir découvert les propriétés.
Cette herbe remédie principalement aux maladies des femmes.
Une décoction d'armoise, prise en boisson, facilite l'écoulement périodique du sang.
On obtient le même effet,soit en bornant son usage à de fréquentes frictions faites à la matrice, soit en la broyant crue dans du vin pur et en la buvant ainsi mélangée, soit en l'appliquant toute verte en cataplasme sur le bas-ventre pendant la nuit.
Prise en breuvage, ou même simplement placée sous le siège, elle facilite l'accouchement, elle amollit la rigidité des parties, et dissout les tumeurs. Comme boisson, elle est diurétique, et délivre de la gravelle.
Infusée dans le vin, elle finit par dissiper la jaunisse.
Suivant Pline, l'armoise combinée avec de la graisse donne un emplâtre très efficace contre les scrofules ; il en recommande surtout l'emploi avec du vin. Broyée dans cette liqueur, elle devient une boisson qui neutralise les funestes effets de l'opium.
On prétend même qu'elle est un préservatif contre toute sorte de poison et contre la morsure des bétes féroces.
Sa racine, suspendue au cou, est un talisman contre les rainettes et contre toutes les grenouilles venimeuses.
Mêlé avec du vin, le jus de cette herbe a la même vertu.
Broyée toute fraîche avec le moût, elle fait du vin un spécifique contre les diverses affections dont je viens de parler, et lui donne en même temps une saveur et une odeur très agréables.
Entre autres vertus, le vin ainsi mixtionné fortifie l'estomac et est un bon cordial.




II. L'aurone.




Suivant les médecins, l'aurone a une chaleur du troisième degré.
Sa graine est surtout un puissant siccatif, et, après avoir bouilli, donne une décoction qui est très efficace contre les maux de nerfs ou de poitrine. Cette décoction ne remédie pas moins à l'asthme, à la toux, aux douleurs des lombes et aux affections hystériques.
Macérée dans le vin, l'aurone, outre qu'elle remédie à toutes ces affections, est de plus diurétique, purgative, emménagogue, et calme la goutte sciatique.
Son odeur, quand on la brûle, met en fuite les serpents, et, prise en boisson, elle neutralise l'effet de leur venin.
Elle prévient le frisson qui précède la fièvre, si on la prend en décoction dans l'eau, ou si l'on se frotte le corps avec de l'huile où elle a bouilli.
En faisant usage de cette plante comme boisson, on détruit les vers qui s'engendrent dans les intestins.
Cuite dans l'eau avec de la mie de pain et du coing, et appliquée sur la partie malade, elle guérit la douleur ou l'inflammation des yeux.
Unie à la graisse, ou même seule, elle est un topique qui facilite merveilleusement l'extraction des échardes et des épines.
Placée sous l'oreiller. elle porte à l'amour, et, prise en boisson, elle neutralise ce qui pourrait y mettre obstacle.



III. L'absinthe.




L'absinthe a, dit-on, une chaleur du premier degré ; comme siccatif, elle est du second.
De quelque manière qu'on l'emploie elle fortifie l'estomac ; mais il vaut mieux la faire bouillir dans de l'eau pluviale, et en boire après l'avoir laissée refroidir en plein air.
Ainsi préparée, elle est très efficace contre les diverses affections de l'estomac : elle chasse les vers, elle relâche le ventre et en apaise les douleurs les plus violentes ; elle est diurétique et emménagogue.
Broyée avec du nard des Gaules dans du vin miellé, elle est très utile aux femmes qui en boivent à l'époque de leurs règles.
On obtient aussi le même effet en plaçant au-dessous du vagin un flocon de laine imbibé de cette mixtion.
Mélée avec de l'osier, du nard et du vinaigre, elle dissipe les dégoûts. On peut encore la broyer et la faire bouillir dans du vin avec de la rue, du sel et du poivre et en composer une boisson qui guérit les crudités d'estomac.
Mélée à l'iris, elle est très bonne pour la poitrine. En se frottant d'absinthe broyée dans du vinaigre, on n'a pas à craindre les cousins.
Brûlée, elle exhale une odeur qui les met en fuite.
Prise toute crue avec de l'ache, elle dissipe la jaunisse.
Avec du nard des Gaules, elle est bonne pour le foie.
Bue avec du vinaigre, elle guérit des maux de rate, et est un excellent antidote contre les mauvais champignons.
Avec du vin, elle neutralise les funestes effets de la ciguë et remédie aux morsures des animaux venimeux.
Une onction de miel et d'absinthe éclaircit la vue, et fait disparaître les meurtrissures.
Une fumigation de cette herbe dégage le conduit auditif.
Broyée avec du miel et appliquée sur les oreilles, elle facilite l'écoulement des humeurs qui les obstruent.
Combinée avec du miel et du nitre, elle remédie à l'angine.
Un cataplasme d'absinthe apaise encore l'inflammation d'une blessure récente ou des plaies de la tête.
La démangeaison cède à quelques gouttes d'une décoction de cette herbe.
Quand, avant de s'embarquer, on prend en boisson cette plante macérée dans le vin, on n'a pas à craindre le mal de mer.
Mise dans un morceau de toile et appliquée sur les aines, l'absinthe en dissout, dit-on, les tumeurs.
Placée sous la tête du malade, et à son insu, elle a la vertu de l'assoupir par son odeur.
La cendre d'absinthe incorporée dans du cérat, noircit les cheveux si on les en frotte souvent.
Cette herbe, placée dans les armoires, en éloigne les teignes.
Avec du miel, elle fait disparaitre l'enflure de la langue et la teinte livide qui flétrit quelquefois le tour des yeux.
Combinée avec du fiel de boeuf, elle remédie aux tintements d'oreilles.
Appliquée en cataplasme sur la région de la rate, elle en dissipe les obstructions.
Mêlée avec du miel et placée sous la matrice, elle la dégorge et facilite l'écoulement du sang.
Une décoction d'huile et d'absinthe fraîche employée en fomentation, est très efficace contre les maux d'estomac.
L'encre délayée dans du vin où on a macéré de l'absinthe, préserve les manuscrits de la dent des souris.
Pline fait un éloge pompeux de la vertu de cette herbe, et raconte que, dans les Féries latines, les Romains offraient une coupe, remplie de jus d'absinthe, à celui qui avait remporté la victoire dans les courses de chars et venait s'asseoir au Capitole, persuadés que le présent le plus digne d'un vainqueur était la santé, le bien, sans contredit, le plus précieux de tous ceux que puissent désirer les hommes.

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Message par Stephandra le Mar 12 Avr 2011, 12:29

IV. L'ortie.




L'ortie, que les Grecs appellent ἀκαλήϕη doit son nom latin à l'âcreté de sa substance, qui brûle tes doigts de ceux qui ont l'imprudence de toucher à cette herbe. Prise avec du vin, elle est bonne contre la jaunisse. Sa graine, mélangée avec du miel, donne une boisson qui remédie à la colique, et apaise les toux invétérées. Elle sert aussi à réchauffer les poumons et à relâcher le ventre. Cette herbe a la même vertu soit qu'on la pulvérise et qu'on la combine avec du miel, soit qu'on en boive le jus, exprimé tout frais dans du vin. Un cataplasme fait avec ses feuilles et dans lequel entre un peu de sel, n'est pas sans efficacité contre les ulcères, contre les plaies de mauvaise nature, contre la morsure des chiens, contre les chancres et rengorgement des glandes parotides. Employée de la même manière, elle rapproche les chairs qui laissent les os à découvert, et sèche les humeurs nuisibles. Sa racine, broyée dans du vinaigre, et appliquée en cataplasme, dissout les tumeurs de la rate, et remédie à la podagre et à toutes les maladies des articulations. On obtient le même effet au moyen de fomentations faites avec de l'huile où l'on a fait bouillir sa racine. Le jus de l'ortie ou seulement une de ses feuilles mise dans les narines, en fait jaillir le sang. Sa substance est si chaude, qu'il suffit de s'en frotter le front pour arrêter le saignement de nez. Une mixtion de myrrhe et d'ortie, appliquée sur le bas-ventre, facilite l'écoulement des règles et, quand la matrice trop pesante vient fermer l'entrée du vagin, on la fait remonter en la frottant avec des feuilles d'ortie. Sa graine donne au vin une vertu aphrodisiaque, qui est encore plus puissante lorsqu'on la broie dans le vin avec du miel et du poivre. Prise avec du miel, elle est très bonne contre les pleurésies et les maladies de poitrine ; avec du vin doux, elle est très diurétique. L'ortie fraîche, que l'on a fait bouillir dans l'eau comme les légumes, donne une décoction qui relâche le ventre. En se gargarisant avec le jus de cette herbe, on guérit les gonflements de la luette les plus considérables. Elle provoque les sueurs lorsqu'on se frotte le corps avec de l'huile où elle a bouilli. Arrive-t-il, parmi les quadrupèdes, que la femelle repousse l'approche du mâle ;, une friction locale, faite avec des feuilles d'ortie, réveille l'ardeur languissante de l'animal. Suivant Galien, une onction, faite sur la tête avec le jus de la graine d'ortie, arrête la chute des cheveux. Cette même graine, recueillie au temps de la moisson, et desséchée, a une infinité de vertus.




V. L'ail.




L'ail, que les Grecs nomment σκόρδιον, a, suivant les plus savants médecins, une force de chaleur et de siccité du quatrième degré. En la mâchant ou en se frottant avec sa pulpe, on neutralise la piqûre du serpent ou du scorpion. Appliquée sur la plaie avec du miel, elle cicatrise les morsures des chiens. Son odeur, quand elle est broyée, chasse les insectes qu'on appelle teignes. Bouillie avec du vin miellé et du vinaigre, elle donne une boisson qui détruit les différentes sortes de vers qui s'engendrent dans les intestins. Combinée avec de l'huile, où on l'a fait cuire avec son enveloppe, et employée en fomentation, elle est très bonne contre les morsures venimeuses, contre les contusions, contre les douleurs et les tumeurs de la vessie. Suivant Hippocrate, la fumée de l'ail broyé, en pénétrant dans la matrice, précipite l'arrière-faix. Cuite avec du lait, cette plante apaise les douleurs des poumons ; il suffit même de la manger crue. Dioclès conseille d'en donner aux hydropiques avec de la centaurée : la combinaison de ces deux plantes a la vertu de sécher les humeurs aqueuses. Suivant le même médecin, l'ail bouilli est très bon contre les douleurs néphrétiques. Praxagoras s'en servait dans la cure de l'ictère, en le mêlant avec de la coriandre et du vin, et dit que le breuvage qui résulte de ce mélange relâche le ventre. Le mal de tête cède à un cataplasme, composé d'ail et de fèves, qu'on a fait cuire ensemble, et appliqué sur les tempes. Quelques gouttes tièdes de graisse d'oie, imprégnée d'ail et instillées dans l'oreille, sont d'une merveilleuse efficacité pour en calmer les douleurs. Cuit dans l'eau, l'ail est bon contre la toux ou l'asthme. Cuit simplement au feu, il éclaircit la voix, mais il est plus efficace quand il a cuit dans l'eau. Cuit dans la bouillie, il communique à cet aliment une vertu médicamenteuse, qui apaise les ténesmes. Un emplâtre, composé d'ail broyé et de graisse de porc, dissout les tumeurs les plus considérables. L'ail, pris le matin à jeun, est un préservatif contre les funestes influences que peut avoir sur la santé la diversité des eaux et des lieux.



VI. Le plantain.




L'herbe que nous appelons plantain, a, chez les Grecs, le nom de αρνόγλωσσον, parce que sa feuille ressemble à une langue d'agneau. Il y en a deux espèces, l'une dite grand plantain, et l'autre petit plantain. Celle-ci est appelée communément lancéolé, parce que sa feuille se termine en pointe comme une lance. Le plantain possède une force de chaleur et de siccité du troisième degré. La première espèce est la plus efficace pour sécher les plaies qui suppurent le plus, et déterge les ulcères sordides sur lesquels on l'applique avec du miel. Cuite et mangée, comme un légume, avec du sel et du vinaigre, elle arrête le flux du ventre. Si à ces ingrédients on ajoute des lentilles, on aura un aliment très bon contre la dysenterie et les douleurs d'entrailles. Broyé et appliqué sur une blessure, le plantain en étanche le sang et fait disparaître les meurtrissures. Avec un blanc d’œuf, il est d'un merveilleux effet contre les brûlures. Seul et sans mélange, il cicatrise les plaies causées par la morsure des chiens. Un cataplasme de plantain broyé avec du sel dissipe les scrofules. Cuite et mangée, comme un légume, cette plante est bonne contre l'hydropisie, l'asthme et l'épilepsie. Le jus du plantain, employé comme gargarisme, n'est pas moins bon contre les ulcères sordides de la bouche. Instillé dans les fistules, il les amène à guérison. Il dissipe aussi les douleurs d'oreilles et l'érésipèle. Quand on en fait usage en boisson, il arrête l'hémoptysie, et il agit plus efficacement encore quand on l'associe au vinaigre ; pris ainsi, il soulage même dans la phtisie. Administré en lavement, il arrête la dysenterie la plus violente. Les tumeurs et l'inflammation des yeux cèdent à une fomentation de cette herbe. Quand les gencives sont engorgées de sang, il est bon d'en mâcher quelques feuilles. Le mal de dents cède ordinairement au même remède. Un flocon de laine, imbibé de jus de plantain, et placé sons la matrice, arrête les pertes de sang. Sa graine, bouillie dans du vin, donne une boisson qui remédie à toutes les maladies dont nous venons de parler, et particulièrement aux douleurs de la vessie et des reins. La vertu de cette plante est si puissante, que sa racine, suspendue au cou des enfants, les préserve, dit-on, des scrofules. Broyez-en trois racines dans trois tasses de vin et autant d'eau, et faites boire cette préparation à une personne fébricitante, avant le retour du frisson, vous réussirez à chasser la fièvre tierce. Vous obtiendrez le même effet contre la fièvre quarte au moyen de quatre racines broyées dans quatre tasses de vin et autant d'eau.
Le petit plantain a les mêmes vertus, quoiqu'à un moindre degré de force. Le suc de cette plante est surtout très efficace contre les affections ulcéreuses qui se produisent autour des narines et des yeux. Il faut, pour ce traitement en imbiber un flocon de laine, qu'on applique, en cataplasme, sur la partie malade, et qu'on renouvelle neuf fois dans l'espace de neuf jours. Tiède et employé en fomentation, il apaise les douleurs d'entrailles. Pris en boisson, il délivre des vers qui s'engendrent dans les intestins. Mêlé avec du vieux oing, on en fait un cataplasme qui dissout les tumeurs les plus dures, dissipe le gonflement des glandes parotides, et cicatrise les blessures récentes. Le jus du petit plantain, pris deux heures avant le retour du frisson de la fièvre quarte, est un remède aussi facile qu'efficace. Sa graine donne aussi une décoction précieuse pour les femmes en couches : elle précipite l'arrière•faix. Broyée dans du vinaigre, et appliquée sous la plante des pieds,elle calme la douleur qu'y produit souvent une longue marche. Le jus de cette herbe, mêlé avec du vin de raisins séchés au soleil, donne une boisson qui remédie, dit-on, aux différentes maladies de la vessie.
Le grand plantain a une force caustique, qui, suivant Pline, produit sur le corps l'effet d'un fer brûlant. Thémison a composé sur cette plante un livre où il énumère, avec un grand éloge, ses différentes vertus.

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Message par Stephandra le Mar 12 Avr 2011, 12:29

VII. La rue.




Les médecins s'accordent à reconnaître dans la rue une force de chaleur et de siccité du troisième degré. Cette herbe est très bonne pour l'estomac, si l'on en fait usage en boisson ; de plus, elle facilite l'accouchement, éteint les ardeurs érotiques, apaise la toux et facilite l'écoulement des règles. Bouillie dans de l'eau et du vinaigre, elle donne une décoction qui arrête la dysenterie, guérit les affections de poitrine et du poumon, remédie à cette maladie sous-costale que les Grecs appellent pleurésie, et aux douleurs de la goutte sciatique. Soit qu'on en use en boisson, soit qu'après l'avoir fait bouillir toute fraîche avec de l'huile, on s'en serve pour fomenter les membres du malade avant le retour du frisson, elle est très efficace contre la fièvre. On l'emploie avec succès contre les affections de la matrice et contre les inflammations d'intestins, soit en fomentation, soit en lavement. Bue avec du vin, elle a la même vertu. Bouillie avec de l'huile, elle donne un breuvage doué de propriétés anthelminthiques. Soumise à une longue cuisson avec des figues sèches et du vin, et appliquée sur le corps pendant la nuit, elle est bonne contre l'hydropisie. Mangée toute crue, elle éclaircit la vue, et est encore plus efficace, employée en fomentation, avec du suc de fenouil, du fiel de coq, et une dose de miel égale à celle de son propre suc. Combiné avec de l'huile de rose et du vinaigre, son suc remédie aux maux de tête les plus violents si l'on s'en frotte le front à plusieurs reprises. Injecté dans les narines, c'est un siccatif qui arrête l'écoulement du sang. Légèrement chauffé dans l'écorce d'une grenade, et injecté dans les oreilles, il en calme les douleurs. Combiné avec de la céruse, de l'huile de rose et du vinaigre, et employé en fomentation, il est d'un effet merveilleux contre la maladie qu'on nomme feu sacré, contre ces affections dartreuses que les Grecs appellent ἕρπης et contre ces ulcères de la tête qu'ils nomment ἀχῶρες. Injecté dans les narines, il remédie à ces excroissances de chair ulcéreuses qu'on appelle polypes, et dont l'odeur est si repoussante. Bue avec du vin pur ou mangée toute crue, la rue est un antidote, dont le roi de Pont Mithridate faisait souvent usage. Il broyait vingt feuilles de rue avec un peu de sel, deux grosses noix et deux figues sèches, et le matin, à jeun, il avalait ce mélange. Armé de ce préservatif, il bravait les embûches des empoisonneurs. On doit la découverte de cet antidote aux belettes, qui, avant d'engager un combat avec les serpents venimeux, ont la précaution de manger de cette herbe. Cuite avec du beurre et un peu d'huile, et appliquée tiède sur la partie malade, elle dissout les tumeurs de la matrice, apaise la colique et remédie à toutes les maladies internes. Broyée avec des feuilles de laurier, elle dissipe le gonflement des testicules. La rue sert à composer un antidote, que les médecins appellent διαπήγανον, parce que cette herbe s'appelle en grec πήγανον, et qui a plusieurs vertus. Voici comment se prépare cet antidote. Vous mêlez parties égales de nitre, de poivre et de cumin, avec une pareille dose de rue, après avoir détrempé le cumin dans du vinaigre et l'avoir fait griller au moyen d'un fer chaud ; puis vous broyez le tout avec du miel. Ainsi préparée, la rue devient un aliment très efficace contre les affections de poitrine, contre les maladies du foie et les douleurs de reins ; elle dissipe la bile, apaise les douleurs d'entrailles et relâche le ventre •sans causer de coliques, fortifie l'estomac et facilite la digestion.




VIII. Le persil.




Le persil tire son nom latin de apex, parce qu'autrefois il servait à orner la tête des triomphateurs : usage qui remonte à Hercule. Suivant d'autres, le nom d'apium vient de apis, parce que les abeilles aiment beaucoup à butiner la fleur de cette herbe. Les Grecs l'appellent σέλινον. Les médecins lui attribuent une force de chaleur et de siccité du troisième degré. Son suc, mêlé avec de la mie de pain blanc, et appliqué pendant la nuit en cataplasme, dissout les tumeurs des yeux et des mamelles. Convertie en breuvage, cette herbe éteint les chaleurs d'estomac ; elle dissipe les enflures, en séchant les sérosités et en ouvrant les pores. Mangée crue ou prise en boisson, elle possède des propriétés diurétiques que l'on trouve plus actives dans une décoction de sa racine, et plus énergiques encore dans ses semences administrées sous forme de breuvage. De quelque partie de cette herbe qu'on fasse usage, elle est très bonne contre les morsures venimeuses ; mais une décoction faite avec sa graine est surtout efficace. On remédie de la même manière à la toux. Mélangée avec de l'eau et du vinaigre, elle arrête la diarrhée ou les vomissements. Mangée crue à jeun, elle ranime le teint des convalescents. Bue avec de l'eau, avant le retour du frisson, elle remédie à la fièvre quotidienne. Broyée avec du jus de fenouil, elle donne une boisson qui est bonne contre l'hydropisie, contre les obstructions. de la rate et du foie. Appliquée sur la peau, elle dissipe les taches de rousseur. Le jus de persil, mêlé avec de la fleur de farine et un blanc d’œuf, donne un cataplasme, qui souvent renouvelé, cicatrise les blessures et les ulcères.





IX. L’althæa.




L’althæa, qui est généralement regardée comme une espèce de mauve, tire son nom de altum, parce qu'elle s'élève beaucoup dans l'air. On l'appelle aussi eviscus, parce que sa racine, quand elle est broyée, a quelque chose de gluant. On donne communément le nom de mauve à l’althæa des champs. La fleur de cette plante, cuite dans du vin miellé, cicatrise les blessures. Cette même fleur, broyée et mise dans le vin. guérit les scrofules, apaise les douleurs de l'anus. et remédie aux contusions. Préalablement bouillie, puis broyée avec de la graisse de porc et de la térébenthine, sa racine est bonne contre les tumeurs et autres affections. de la matrice ; elle relâche les nerfs, et fait percer ou dissout les abcès les plus durs. Pour obtenir cet effet, il faut l'employer tiède et en frotter souvent les parties malades. Cuite dans le vin, elle donne une boisson qui arrête la dysenterie, précipite l'arrière-faix, arrête les hémoptysies, dissout la pierre, et remédie aux diverses maladies de la vessie. Sa graine, broyée dans du vinaigre et de l'huile, et employée en fomentation, fait disparaître les taches livides de la peau. Mêlée avec de la bouillie, elle devient un contre-poison. Bouillie, puis broyée avec du miel, et appliquée sur les plaies profondes, en ayant soin de renouveler souvent ce topique, elle en active singulièrement la cicatrisation. Sous cette forme, elle jouit aussi de propriétés émollientes et adoucissantes. Un cataplasme de feuilles d’althæa, bouillies avec de l'huile,est un excellent remède contre les morsures venimeuses et les brûlures.

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Re: Des vertus des plantes par Macer Floridus, 1832

Message par Stephandra le Mar 12 Avr 2011, 12:30

X. L'aneth.




L'aneth a, suivant les médecins, une force de chaleur et de siccité du deuxième degré. Prise en décoction, cette herbe rend le lait des femmes qui nourrissent plus abondant. Trois tasses de ce breuvage, pris tiède, dissipent les affections de l'estomac : ces affections ont pour symptômes des éructations qui sont le signe que l'orifice de l'estomac est ouvert, et que par lui s'échappent les flatuosités, causes de la maladie ; elle apaise aussi les plus fortes nausées et provoque les urines en dissipant tout ce qui leur fait obstacle. Employée en fomentation, elle soulage la matrice. Broyée dans de l'eau tiède, cette herbe donne une boisson qui apaise les douleurs du ventre et des intestins, accroit la force digestive de l'estomac, et s'oppose à ce que la substance nutritive des aliments s'écoule par les intestins. Un long usage de cette boisson nuit à la vue et paralyse la faculté génératrice en desséchant les voies séminales. La graine de l'aneth, réduite en poudre et brûlée, remédie au gonflement et à la chute de la luette, soit qu'on l'applique avec le bout du doigt sur la partie malade, soit qu'on l'injecte au moyen d'une seringue. La cendre de sa racine a des' propriétés plus énergiques : elle ronge les excroissances de chair qui se forment dans les blessures, et remédie aux affections dartreuses, qui rongent la peau. Elle est surtout très bonne contre les ulcères du membre viril, et il est rare que le mal ne cède pas à des injections réitérées. La graine brûlée et fumante de cette herbe a une odeur qui, respirée pendant un certain temps, arrête le hoquet ; sa racine, broyée et appliquée sur la partie malade, calme l'inflammation des yeux. La cendre de sa graine a la même vertu contre les hémorroïdes, et dissout les condylomes de l'anus. Une décoction d'huile et d'aneth est très efficace contre les maladies causées par le froid, et apaise souvent les douleurs de tête. Elle relâche aussi les nerfs et arrête le frisson.





XI. La bétoine.




Les Grecs donnent à la bétoine le nom de κέστρον. Prise en breuvage, elle est diurétique et lithontriptique ; avec de la bouillie, elle remédie à l'hémoptysie. Mêlée avec du vin et du miel, elle est bonne contre l'hydropisie. Un cataplasme de feuilles de,bétoine est très efficace contre les contusions des yeux. Le suc de cette herbe, combiné avec de l'huile de rose, et injecté dans les oreilles, en dissipe les douleurs. Réduite en poudre et bouillie avec du miel, elle est bonne contre l'empyème, elle apaise la toux, elle soulage les asthmatiques, et remédie à la plupart des maux d'estomac. S'il y a fièvre, il faut la boire avec de l'eau chaude ; s'il n'y a pas de fièvre, avec du vin. Mêlée avec du vin miellé, cette même poudre relâche le ventre. Un cataplasme de feuilles de bétoine broyées avec un peu de sel, cicatrise les blessures récentes ; en broyant la plante seule, on obtient un remède efficace contre les fractures de la tête. Les feuilles de bétoine bouillies sont avantageusement employées en cataplasme dans les diverses affections des yeux. Mangée ou prise en boisson, elle arrête le larmoiement. Cette herbe a aussi la vertu de prévenir la cécité ; mais, pour obtenir cet heureux effet, il faut la mêler à égale quantité de rue, broyer ensemble ces deux herbes, et en boire le suc, délayé dans de l'eau tiède. Cette dernière préparation dissipe et fait évaporer le sang qui enflamme les yeux et leur rend leur mobilité. Prise avec de l'eau tiède, elle dissout les abcès douloureux du poumon, et remédie aux maux d'estomac. Une décoction de cette plante est bonne pour la rate et le foie. Quatre onces de bétoine et vingt-sept grains de poivre, triturés dans trois cyaethes de vin vieux, dégagent les reins et en dissipent les douleurs. Une once de la même herbe, broyée dans deux tasses d'eau chaude, apaise les coliques les plus fortes. Avec du miel, elle guérit la toux, et relâche le ventre. Elle est un bon spécifique contre la fièvre quotidienne : dans ce cas, il faut joindre deux onces de bétoine à une once de plantain, et broyer le tout dans de l'eau tiède. Ce mélange donne une boisson, qui, pour être plus efficace, doit être prise avant le retour du frisson. Une once de bétoine, infusée dans un cyathe d'eau chaude, donne aussi une boisson qui, souvent administrée, soulage les hydropiques. La poudre de sa racine, combinée avec de l'hydromel, a la vertu de l'ellébore, et devient un vomitif très actif. Suivant Pline, quatre drachmes de cette racine, combinées avec du vin de raisins cuits au soleil ou du vin miellé, donnent une boisson qui, en provoquant les vomissements, purge l'estomac des flegmes qui le surchargent. La feuille de bétoine, réduite en poudre, et bue avec de l'hydromel, soulage ceux qui souffrent de quelque fracture, et remédie au relâchement de la matrice. Sa graine, ou, à défaut de graine, sa feuille, combinée avec du vin, est un excellent antidote. Une once de bétoine , avec du vin tiède, dissipe la jaunisse ; avec de l'hydromel, elle facilite chez les femmes l'écoulement périodique du sang. Réduite en poudre, et mêlée avec du miel et une livre de fèves, elle est bonne pour l'estomac et pour activer la digestion. Suivant Pline, cette herbe est uu talisman contre les serpents : quand ils se voient entourés de tous côtés de bétoine fraîche, ils n'osent franchir cette barrière, et meurent dans le cercle fatal tracé autour d'eux, en se mordant eux-mêmes et en se frappant de leur queue. Ménémachus conseille de la mêler à tous les remèdes, comme étant, de toutes les herbes, la plus salutaire pour l'estomac. Pline dit qu'en portant avec soi cette plante, on n'a à redouter l'effet d'aucun poison ; prise avec du vin, elle a 'aussi, à ce qu'on assure, la vertu de ranimer et de colorer le teint.





XII. La sabine.




La sabine, que les Grecs appellent βράθυ, a une force de chaleur et de siccité du troisième degré. Avec du miel, elle cicatrise les blessures ou les plaies vives, assainit la chair, et remédie à l'anthrax que le peuple appelle bénin. Bue avec du vin, ou broyée et appliquée sur l'ouverture de la matrice, elle facilite la menstruation et l'expulsion du fœtus mort dans le sein de la mère. Mêlée avec de la cire, elle rend la peau luisante, et guérit toutes les maladies causées par le froid. Une décoction de sabine dans l'eau ou le vin est très bonne contre les vertiges. Il faut, dans ce cas, s'en frotter la tête, et s'appliquer sur les tempes et le front, au moyen d'un bandeau, l'herbe après qu'elle aura bouilli. A défaut de cinnamome, Oribase conseille de se servir de sabine dans les médicaments, et prétend qu'elle a la même vertu, si on remploie à une dose double.

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Re: Des vertus des plantes par Macer Floridus, 1832

Message par Stephandra le Mar 12 Avr 2011, 12:30

XIII. Le poireau.




Hippocrate, le plus recommandable des auteurs qui ont écrit sur la médecine, employait le poireau comme médicament dans un grand nombre de cas. Il en donnait à boire le suc tout pur dans le vomissement ou le crachement de sang, que les Grecs appellent hémoptysie. D'autres conseillent de le mêler avec de la noix de galle ou avec de la farine d'encens, ou de combiner une drachme de myrrhe avec deux drachmes de graine de poireau, le tout broyé dans du vin, et prétendent qu'ainsi préparée, cette plante donne un breuvage très efficace. Ce médicament, injecté dans les narines, arrête aussi le saignement de nez. Le suc de poireau relâche la matrice, et la plante elle-même rend fécondes les jeunes femmes qui en mangent souvent. Broyée avec du miel et appliquée en cataplasme, elle cicatrise les ulcères. Le suc de poireau, associé à de la tisane d'orge, ou pur, est encore très bon quand, à la suite d'un coryza, les poumons, le thorax et la voix éprouvent de fâcheux effets qui se manifestent par une toux qui déchire la poitrine. Faites bouillir dans l'eau les parties blanches du poireau ; renouvelez ensuite l'eau qui a servi à cette première décoction, et vous obtiendrez une potion laxative. Avec du vin et préparé de la même manière, il produit l'effet contraire. Cette plante, administrée dans du vin, devient un antidote contre la morsure des serpents, et contre le venin de n'importe quel animal. Elle a la même vertu, employée comme emplâtre et appliquée sur la blessure avec du miel. Mêlé avec du lait de femme, le suc de poireau remédie aux toux invétérées et aux différentes affections du poumon. Avec du fiel de chèvre ou de l'hydromel, et injecté tiède dans l'oreille, il en apaise les douleurs. Le poireau est un aliment qui neutralise l'effet des mauvais champignons. Combiné avec un tiers de miel, et injecté tiède dans les narines ou dans les oreilles, le suc du poireau apaise le mal de tête le plus violent. Bu avec du vin, il dissipe les douleurs des lombes, et l'on prétend que rien n'est plus efficace en pareil cas. Employé en fomentation, il fait reprendre promptement les os fracturés, et remédie aux obstructions. Avec du sel, il hâte la cicatrisation des blessures récentes. Mangé tout cru, il dissipe l'ivresse, excite à l'amour, et relâche le ventre.





XIV. La camomille.




Esculape fait un grand éloge de l'anthémis, que nous appelons camomille. C'est une herbe très odorante et petite, qui ressemble tellement à une autre herbe, qui, à cause de son amertume et de sa puanteur, est appelée vulgairement amurisca (matricaire ?), que leur odeur suffit à peine pour les faire distinguer. Les savants en reconnaissent trois espèces, qui ne diffèrent entre elles que par la couleur de la fleur. Dans ces trois espèces, le milieu de la fleur est doré, et le reste est de couleur blanche, ou noire, ou rouge. On appelle proprement anthémis celle dont la couleur est rouge : c'est la plus grande et la plus forte. Celle qu'on appelle leucanthème est de couleur blanche, et la troisième, nommée chrysanthème, est de couleur jaune. Ces trois espèces ont une force de chaleur et de siccité du premier degré. Mêlée avec du vin, la camomille, sans distinction d'espèce, donne une boisson qui est diurétique, lithontriptique et emménagogue : elle jouit de cette dernière propriété, soit que les femmes se fomentent la matrice avec de l'eau où on l'a fait cuire, soit en prenant pour boisson du vin où elle aura macéré. La même boisson arrête la dysenterie et apaise les coliques d'estomac. Broyée seule ou avec du miel, et appliquée en topique, elle guérit les dartres squameuses du visage. Une décoction de camomille est bonne contre la jaunisse, et d'un merveilleux effet contre les douleurs du foie. Bue avec du vin, elle passe pour faciliter l'expulsion du fœtus mort dans la matrice. Elle chasse le frisson et souvent même la fièvre : pour obtenir cet effet, il faut la faire bouillir avec de l'huile, et frotter de cette décoction le corps du malade. La même fomentation dissipe l'enflure des hypocondres. Une drachme de camomille, macérée dans du vin, donne une boisson qui neutralise l'effet de la piqûre des serpents. Suivant Pline, cette herbe, prise en breuvage pendant quarante jours, et deux fois chaque jour, à la dose d'une drachme, dans deux cyathes de vin blanc spiritueux et mêlé d'urine, purge entièrement la rate. Appliquée sur la partie malade, après avoir été mâchée, elle guérit l'aegilops et nettoie les ulcères sordides. L'ardeur de la fièvre fait quelquefois bouillonner la tête, ou se manifeste au dehors par des pustules, que les Grecs appellent exanthèmes : une décoction d'huile et de camomille verte remédie à ces accidents. Si la camomille n'est pas verte, il faut alors la faire bouillir avec du vinaigre, et en frotter la tête du malade : il n'y a pas de fomentation plus efficace.




XV. La menthe sauvage.




L'herbe qu'on appelle vulgairement menthe sauvage, et que les médecins nomment, avec les Grecs, calament, a une force de chaleur et de siccité du troisième degré. Une décoction de calament sec dans de l'hydromel, prise tiède, est un excellent sudorifique. Bouillie avec de l'huile, et employée en fomentation, elle chasse le frisson de la fièvre, et souvent la fièvre elle-même. Cette herbe est bonne contre la sciatique : broyée toute verte, et appliquée sur le haut de la cuisse, elle brûle la peau, et, en séchant les humeurs, elle dissipe, dit-on, le mal. Employée, soit en fomentation, soit,en boisson, elle facilite l'écoulement périodique du sang chez les femmes. Il y a une espèce de lèpre, qu'on appelle éléphantiasis, parce qu'elle surpasse autant les autres maladies en gravité que l'éléphant surpasse les autres animaux en grosseur ; or  le calament, pris dans du vin au début de cette maladie, la dissipe, en atténuant l'âcreté des humeurs. Broyée et appliquée en cataplasme, elle neutralise la morsure des serpents, et, bue avec du vin, elle arrête les funestes effets du poison. Bu ou pris en lavement, le suc de calament tue les ascarides lombricoïdes qui s'engendrent dans les intestins, ainsi que les vers qui se trouvent dans toute autre partie du corps. En y mêlant du miel et du sel, cette herbe est encore plus efficace. Employée en boisson ou en fomentation, après avoir été broyée, elle détermine l'avortement. Elle dissipe la jaunisse ; avec du vin, elle est bonne contre l'essoufflement, que les médecins, en raison de son nom grec, appellent asthme ; elle guérit les maladies du foie, et remédie aux douleurs anciennes du côté. Broyée et appliquée sur les meurtrissures, elle dissipe leur noire empreinte et rend à la peau sa couleur naturelle. Bouillie avec du vin, elle fournit un topique plus efficace encore. Prise dans du vin, elle remédie aux maux d'estomac. La fumée de cette herbe chasse les serpents des maisons. Bue avec du vin, elle arrête le hoquet, et éteint les ardeurs érotiques.

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Re: Des vertus des plantes par Macer Floridus, 1832

Message par Stephandra le Mar 12 Avr 2011, 12:31

XVI. Le pouliot.




Le pouliot a, suivant les médecins, une force de chaleur et de siccité du troisième degré. L'usage immodéré de cette plante dans la grossesse détermine l'avortement. Bue avec du vin tiède, elle facilite l'écoulement périodique du sang chez les femmes, et précipite l'arrière-faix. (Voici l'explication de ce dernier mot, dont la signification n'est pas, je crois, entendue de tout le monde : de même que le poulet est, avant sa naissance, enveloppé d'une coquille, de même l'enfant, dans le sein maternel, est enveloppé d'une pellicule, formée du sang de la mère, et qu'il brise en venant au monde. Cette pellicule est appelée arrière-faix, parce qu'elle ne sort de la matrice qu'après l'enfant. Si cette enveloppe est retenue trop longtemps par un obstacle quelconque, elle cause la mort ou des douleurs intolérables. Or, le pouliot, employé comme je viens de dire, a la vertu d'en débarrasser la mère.) Broyée avec du miel et du sel, et employée en fomentation, elle relâche les membres contractés. La poudre de pouliot, prise avec du miel ou en breuvage, dissipe les humeurs visqueuses de la poitrine, et peut leur donner issue par l'expectoration. Ingérée avec de la bouillie, du vinaigre et de l'eau, elle dissipe la nausée et les douleurs aiguës de l'estomac. Bue avec du vin, elle chasse la bile noire, et neutralise l'effet de la morsure venimeuse des serpents. Si, dans un violent accès de fièvre, ou à la suite d'une hémorragie, ou par l'effet de quelque autre accident un malade vient à tomber en défaillance, ou, comme disent les médecins, en lipothymie, en appliquant à ses narines de fort vinaigre dans lequel on a broyé du pouliot, on ranimera à l'instant ses sens anéantis. La poudre du pouliot sec ou brûlé fortifie les gencives. La plante broyée toute fraîche et mêlée avec de la polenta tiède, puis appliquée sur la partie malade, apaise les douleurs de la goutte, et dissout toutes sortes de tumeurs. Incorporée avec de la cire, elle fait disparaître les papules. Appliquée comme topique avec du sel, elle est très bonne contre les maux de rate. Bouillie et employée en fomentation, elle calme les démangeaisons, et dissipe l'enflure de la matrice. Prise avec du vin tiède, elle apaise la toux et active la sécrétion de l'urine. Elle est encore plus efficace si, après l'avoir fait bouillir dans le vin, ou l'avoir pilée avec de l'huile, on l'applique en topique. Un cataplasme composé de racine de pouliot et de vinaigre, dissout la plupart des tumeurs. Prise avec du vin, cette racine est un préservatif contre le venin des serpents ; on lui reconnaît aussi des propriétés aphrodisiaques. Employée de la même manière, elle est encore très bonne contre les affections du poumon et du foie, et rend le lait des femmes plus abondant. La tige, appliquée fraîche avec du miel sur les morsures des chiens, et prise en boisson dans du vin, est un remède des plus efficaces.




XVII. Le fenouil.




Le fenouil, que les Grecs appellent μάραθρον, a, suivant les médecins, une force de chaleur el de siccité du second degré. Avec du vin, cette herbe devient un antidote contre toutes sortes de poisons. Les serpents mangent du fenouil pour s'éclaircir la vue, ce qui a fait penser que son usage pouvait être utile aux yeux de l'homme, et c'est ce que l'expérience a confirmé. Le jus de la racine du fenouil, mêlé avec du miel, et employé comme fomentation, éclaircit en effet la vue ; et le suc de sa graine verte, séché au soleil, est un spécifique excellent contre toutes les maladies des yeux. Le suc de la plante, injecté dans l'oreille, tue les vers. Sa racine cuite dans de la tisane d'orge remédie aux douleurs des reins. Prise dans du vin, elle dissipe l'enflure de l'hydropisie, elle neutralise l'effet des morsures venimeuses, elle remédie aux affections du poumon et du foie, et rend le lait des femmes plus abondant. Une décoction de racines de fenouil dans du vin ou de l'eau, donne un breuvage qui remédie aux maladies des reins et de la vessie ; elle est diurétique ; elle facilite l'écoulement périodique du sang chez les femmes, et même, pour obtenir cet effet, il suffit de l'appliquer broyée sur l'os pubis. Prise avec du vin, elle apaise la nausée ; avec de l'eau, les inflammations d'estomac. Une décoction de racine de fenouil dans du vin, employée en fomentation, dissipe les affections du membre viril.•Elle.produit le même effet si on s'en frotte après l'avoir unie à de l'huile. Mêlée avec du vinaigre, et appliquée sur la partie malade, cette plante dissipe à l'instant l'enflure causée par toutes sortes de contusions. Sa graine, dans du vin, donne un breuvage aphrodisiaque. Une décoction semblable de sa graine ou de ses feuilles apaise les violentes douleurs du côté. On prétend que cette herbe a la vertu de rajeunir les serpents, et qu'elle est, par la même raison, salutaire aux vieillards.




XVIII. L'acidule.




L'acidule, que les Grecs appellent ἀειζώον, doit son nom à son goût acide. Elle croit dans les prairies sablonneuses et le long des rivières. Certaines personnes en mangent avidement dans la saison du printemps, car, suivant eux, elle dissipe les dégoûts. Elle est extrêmement froide et siccative, et les médecins la rangent, sous ce double rapport, au troisième degré. Un cataplasme de cette herbe dissipe le feu sacré, les dartres corrosives et le gonflement des yeux. La feuille de l'acidule, tandis qu'elle est verte et broyée, appliquée sur la partie malade, brûle et cicatrise les ulcères rongeurs et remédie aux ardeurs de la goutte. On obtient le même effet en la mêlant, pilée, avec de la polenta. Le suc de cette herbe, mêlé avec de l'huile de rose, dissipe le mal de tête rebelle, que les Grecs appellent céphalalgie. Elle est d'une merveilleuse efficacité contre toutes sortes de flux de ventre, et pour cela il faut en boire avec du vin ou en manger souvent. Prise de la même manière, ou broyée toute fraîche et appliquée sur la matrice, elle arrête le flux immodéré du sang chez les femmes. Prise en boisson, elle détruit les ascarides lombricoïdes qui s'engendrent dans les intestins, et neutralise l'effet de tous les poisons. Le jus de cette herbe est un collyre qui réjouit la vue, Il suffit, dit-on, de porter sur soi de l'acidule pour se préserver de la piqûre mortelle du scorpion. Injecté dans l'oreille, le jus de cette herbe éclaircit l'ouïe et dissipe admirablement les douleurs de cet organe.
Il y a une petite espèce de cette herbe appelée immortelle, parce qu'elle est toujours verte, et connue vulgairement sous le nom de joubarbe. Pline dit qu'elle est semblable à la grande espèce et qu'elle a les mêmes vertus. Certaines personnes ont quelquefois, le matin, les paupières couvertes d'une chassie qui les empêche presque de les ouvrir ; en les baignant dans le suc de cette herbe, ou en les enduisant avec le doigt, elles se débarrasseront avec une merveilleuse facilité de cette humeur gluante.

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Re: Des vertus des plantes par Macer Floridus, 1832

Message par Stephandra le Mar 12 Avr 2011, 12:32

XIX. Le pourpier.




Le pourpier, que les Grecs appellent ἀνδράχνη est connu vulgairement sous le nom de patte de poulet. Cette herbe est d'une nature humide et froide : elle occupe le troisième degré d'humidité, et le second degré de froideur. Aussi est-elle bonne contre la fièvre, que les Grecs appellent καῦσος, soit qu'on l'applique fraîche et broyée sur l'estomac, soit qu'on en convertisse le suc en boisson. Mangée comme un légume, elle éteint la chaleur intérieure. Soit qu'on la mange ou qu'on en boive le suc, elle arrête les flux de sang et la diarrhée. Broyée, elle dissipe engourdissement des dents et le gonflement des yeux. Elle préserve des ardeurs du soleil ceux qui en mangent en été, et, avec du sel et du vin, elle relâche le ventre et apaise les douleurs de la vessie. Suivant Pline, elle a à peu près les mêmes vertus et produit les mêmes effets que l'acidule.




XX. La laitue.




La laitue est froide et extrêmement humide. Employée comme aliment ou en cataplasme, elle dissipe toutes sortes d'inflammations. Elle est stomachique, hypnotique, laxative, et jouit à un plus haut degré de ces propriétés quand on la mange cuite. Elle est aussi plus efficace contre les affections de l'estomac, quand on la mange sans l'avoir préalablement lavée. La graine de laitue préserve des vains troubles des songes. Bue avec du vin, elle arrête le flux du ventre, et rend le lait des femmes plus abondant. Quelques auteurs prétendent qu'elle obscurcit la vue des personnes qui en mangent trop souvent.




f]]XXI. La rose.[/b]




C'est à juste titre que la rose est regardée comme la reine des fleurs, car elle n'a point d'égale en beauté et en odeur. Elle n'a pas seulement le don de plaire, elle a aussi plusieurs propriétés médicales. Elle a une force de froideur et de siccité du premier degré. Broyée et appliquée en cataplasme, elle apaise le feu sacré ; elle éteint•également les inflammations de l'estomac ou des entrailles. Avec du vin, elle arrête les hémorragies utérines et la dysenterie. Le suc de cette fleur entre dans la composition de la plupart des collyres. Desséchée et réduite en poudre, elle est très bonne contre les affections de la bouche, soit qu'on l'emploie seule en friction, soit qu'on la mêle avec du miel. Broyée toute fraîche, elle apaise toutes sortes d'inflammations. Mêlée avec de l'hydromel, elle donne une boisson qui a la même vertu. On en tire une huile, appelée huile de rose, qui a une infinité de vertus. Prise en boisson, elle relâche le ventre et éteint les inflammations de l'estomac ; employée en fomentation, elle dissipe les douleurs et les chaleurs de la tête ; mêlée avec de fort vinaigre, elle déterge les ulcères sordides, en hâte la cicatrisation, et est surtout efficace contre les brûlures. Gardée longtemps dans la bouche, elle dissipe, dit-on, le mal de dent et attendrit les paupières. Appliquée sur la partie malade, elle apaise les démangeaisons intérieures, et remédie aux différentes affections hystériques. Comme il existe plusieurs manières d'opérer pour obtenir cette huile, je vais indiquer la formule du savant Palladius : prenez une once de feuilles de roses rouges, que vous mettrez, après les avoir nettoyées, dans une livre d'huile d'olive ; après avoir enfermé le tout dans un flacon de verre, que vous laissez pendant sept jours seulement exposé au soleil, vous conserverez ce mélange pour les différents usages qu'on peut en faire en médecine.




XXII. Le lis.




Après la rose, dont la couleur le dispute à celle de l'or, vient naturellement le lis argenté, qui semble ne le céder en rien à sa rivale, ni pour l'odeur ni pour la beauté, et qui, comme la rose, a un grand nombre de propriétés médicales. L'oignon de lis, cuit sous la cendre et broyé dans de l'huile d'olive, donne un topique qui est très bon contre les brûlures. Mêlé avec de l'huile de rose, il est encore plus efficace. Appliqué sur la matrice, il est un excellent émollient. Un cataplasme de feuilles de lis bouillies relâche les nerfs, cicatrise les brûlures et neutralise l'effet de la piqûre des serpents. L'oignon de cette fleur, pris en boisson dans du vin, est un antidote puissant dans l'empoisonnement produit par les champignons vénéneux. Cuit et broyé dans du vin, en l'appliquant sur les cors et l'y laissant pendant trois jours, il guérit ces espèces de durillons Cuit dans de la graisse de porc ou de l'huile, il fait renaître le poil sur les parties du corps qui ont été brûlées. Pris en boisson dans du vin, il purge le corps du mauvais sang et soulage la rate ; il remédie aux affections de la vulve, il facilite l'écoulement périodique du sang chez les femmes, et produit le même effet lorsqu'on l'applique en cataplasme, après l'avoir fait cuire dans du vin vieux. Le suc des feuilles de lis, mêlé avec du miel, remédie aux nerfs coupés. On peut aussi le faire bouillir avec du vinaigre et du miel, en observant que la dose de ces deux ingrédients soit de deux parties, et celle du suc ci•dessus nommé, de cinq. Rien ne convient mieux que cette préparation pour dessécher les plaies. L'oignon de lis, bouilli et broyé avec de la cire, outre qu'il fait cicatriser les plaies les plus invétérées, efface les rides du visage, en fait disparaître toutes les taches, ainsi que les dartres vives ou farineuses qui y ont leur siège. Le suc de la fleur broyée, appliqué sous la matrice au moyen d'un flocon de laine, amollit cet organe. Employé en fomentation, il est sudorifique, il dissipe les enflures, fait aboutir les abcès et les guérit promptement.




XXIII. La sarriette.




La sarriette, que les Grecs appellent θύμβρα, est peu siccative, mais possède une grande force de chaleur. Prise avec du vin, elle est diurétique, emménagogue, facilite l'expulsion du fœtus mort dans la matrice, et précipite l'arrière-faix. Réduite en poudre et cuite avec du miel, elle devient un aliment qui provoque l'expectoration des flegmes. Elle a la même vertu, administrée en boisson dans du vin. Pris en grande quantité avec du vin tiède, elle apaise les coliques, comme je l'ai souvent éprouvé. Il y a une maladie appelée léthargie, et que les médecins regardent comme le contraire de la frénésie, en ce que celle-ci tient le malade dans une perpétuelle insomnie, tandis que l'autre le plonge dans un sommeil profond. La sarriette, mêlée avec du vinaigre, est un excellent spécifique contre un si funeste engourdissement : il suffit d'en frotter à plusieurs reprises la tête de celui qui en est affecté. Les femmes enceintes doivent se garder de toucher cette herbe, dont non-seulement l'ingestion, mais le contact, peut les faire avorter. Broyée et mêlée avec un peu de vin, elle apaise la nausée. Elle produit le même effet, prise dans un œuf. Fraiche ou sèche, et convertie en breuvage, elle est mise au nombre des aphrodisiaques : mêlée avec du vin, du miel et du poivre, elle enflamme les sens d'ardeurs immodérées. C'est ce qui lui a fait donner le nom latin de satureia, parce que les satyres sont très luxurieux. A défaut de thym, les médecins conseillent l'usage de la sarriette, parce que ces deux plantes ont la même force.

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Re: Des vertus des plantes par Macer Floridus, 1832

Message par Stephandra le Mar 12 Avr 2011, 12:32

XXIV. La sauge.




La sauge, que les Grecs appellent ἐλέλισϕακος, est très bonne contre les affections du foie, lorsqu'on la boit avec de l'hydromel ; elle facilite l'expulsion du fœtus mort dans la matrice, active la sécrétion de l'urine et l'écoulement périodique du sang chez les femmes. Brûlée et appliquée sur la plaie, elle neutralise l'effet des morsures venimeuses, et cicatrise les blessures saignantes. Un mélange tiède de suc de sauge et de vin apaise les toux invétérées et les douleurs de côté. Cette herbe, cuite dans du vin et employée en fomentation, apaise les démangeaisons des parties sexuelles. Le jus de la sauge a, dit-on, la vertu de noircir les cheveux quand on les en imprègne fréquemment à l'ardeur du soleil.




XXV. La livèche.




La livèche croit abondamment dans la Ligurie, et tire son nom latin (ligusticum) de celui de cette contrée. Elle a une force de chaleur et de siccité du troisième degré. Sa vertu réside surtout dans sa racine et dans sa graine, qu'on peut employer indifféremment et avec un égal succès contre toutes sortes d'affections. Prise avec du vin, elle apaise les coliques d'estomac, facilite la digestion, combat avantageusement toutes les maladies intérieures, et est, de plus, diurétique et emménagogue. Toute la plante, broyée dans du vin et administrée en boisson, est efficace contre les morsures venimeuses, si on applique en même temps sur la plaie un cataplasme formé d'une partie de la plante pilée. Prise comme aliment ou en boisson, elle apaise infailliblement les coliques. Une décoction de sa racine est non seulement avantageuse contre la colique, mais encore dans tous les cas dont nous avons parlé. Sa graine facilite la digestion de tous les médicaments avec lesquels on l'unit. Strabus prétend qu'elle est nuisible aux yeux, soit qu'on en boive le suc, soit qu'on en respire l'odeur : aussi conseille-t-il de n'employer que sa graine dans les remèdes dont elle doit faire partie. Je ne saurais dire s'il parle d'après son opinion personnelle ou d'après celle d'auteurs que recommandent leurs écrits : ce que je sais, c'est que les anciens font un grand éloge de cette herbe, et je ne me souviens pas d'avoir rien lu qui puisse donner de l'autorité à l'assertion de Strabus.




XXVI. L'ostrutium.




Le struthium, appelé communément ostrutium, est d'une nature à la fois chaude et sèche. Sa racine, broyée dans du vin, donne une boisson qui guérit les maladies du foie, dissipe la jaunisse, et dissout l'obstruction de la rate, que les Grecs appellent σκλήρωσις. Elle est lithontriptique, emménagogue, diurétique ; elle calme la toux, et bue en abondance, elle guérit de l'orthopnée. Placée sous la matrice, elle facilite, dit-on, l'expulsion du fœtus mort et le retour des règles tardives. Mêlé avec du vinaigre et de la polenta, le suc de cette herbe donne une sorte de cérat précieux pour combattre les maladies de la peau. Avec de la farine d'orge, il guérit toutes sortes de pustules. Incorporé avec du miel, et aspiré par les narines. il dissipe les humeurs de la tête. Réduit en poudre, le struthium, aussi irritant que l'ellébore blanc, fait éternuer ceux qui en respirent l'odeur. Mêlé avec du lait de femme, et aspiré par le nez, son suc dissipe la jaunisse.




XXVII. Le cerfeuil.




Le cerfeuil est d'une nature âcre et brûlante. Broyé avec du miel et appliqué sur la partie malade, il remédie aux affections cancéreuses. Pris en boisson dans du vin, il apaise les douleurs du côté, si on l'applique en même temps, après l'avoir broyé, sur la partie malade. Administré dans de l'hydromel, il délivre de la pituite. Cuit dans l'huile et employé en fomentation, il chasse le frisson. Broyé dans du vinaigre très fort, il donne une potion qui détruit les ascarides lombricoïdes et autres vers intestinaux. Avec du vin, il est diurétique et emménagogue. Combiné avec de la cire vierge et du vieux oing, et appliqué en cataplasme à plusieurs reprises, il remédie aux engorgements des parotides et à toutes sortes de tumeurs. Mangé avec du vinaigre très fort, il produit souvent en même temps l'effet d'un vomitif et d'un purgatif. En buvant le suc du cerfeuil, et en appliquant la plante pilée sur le bas-ventre, on fait cesser les obstructions des voies urinaires. Le cerfeuil bouilli peut aussi dissiper le vertige. Pour obtenir cet effet, il faut en frotter souvent la tête du malade, et en faire un cataplasme qu'on applique sur le front et sur les tempes.




XXVIII. L'arroche.




Suivant les médecins, l'arroche est froide au premier degré et humide au second. Prise comme aliment, elle est laxative ; cuite ou crue et appliquée en emplâtre, elle dissout toutes sortes d'endurcissements, guérit les cors, fait promptement tomber les ongles raboteux ; on ajoute même à ces propriétés celle de guérir le feu sacré. Un cataplasme composé d'arroche, de nitre, de miel et de vinaigre ; calme les ardeurs de la goutte. Galien dit que la graine de cette herbe, mêlée avec du vin, donne une boisson qui dissipe la jaunisse.




XXIX. La coriandre.




La coriandre est une herbe froide qui, suivant Galien, a aussi une certaine âpreté, qui tue les ascarides lombricoïdes et autres vers intestinaux, lorsque, après l'avoir broyée, on la boit avec du vin ou du vinaigre. Cette herbe, pilée avec des raisins cuits au soleil et du miel, donne un cataplasme qui dissipe toutes sortes de tumeurs, et particulièrement le gonflement des testicules. Sa graine, mise dans l'eau et souvent prise en breuvage, arrête le flux de ventre. Broyez de la litharge avec de la céruse ; ajoutez-y du jus de coriandre et du vinaigre avec de l'huile de rose, et vous obtiendrez un précieux onguent qui a la vertu de guérir le feu sacré et les inflammations les plus vives. A défaut de ce remède, dont la composition peut paraître peu facile, on se bornera à mêler le suc de la coriandre avec du vinaigre. La mie de pain très blanc, associée au suc de coriandre, donnera aussi un merveilleux topique contre toutes sortes d'inflammations. Ce même suc, mêlé seulement avec de la farine de fève, et appliqué en cataplasme, guérit les scrofules et éteint l'inflammation des pustules. Suivant plusieurs auteurs, trois grains de coriandre, pris avant le retour du frisson, ont la vertu de chasser la fièvre tierce. Cette herbe, cueillie avant le lever du soleil et placée sous l'oreiller d'un fébricitant, produit le même effet. Xénocrate a écrit que les règles des femmes tardent à venir autant de jours qu'elles ont mangé de grains de coriandre. Quelques médecins condamnent l'usage trop fréquent de cette herbe ; ils prétendent qu'elle peut causer la mort, ou du moins une infinité de maladies graves.




XXX. Le nasitort.




Le nasitort passe pour être à la fois chaud et sec ; aussi sa graine desséchée a-t-elle la vertu d'apaiser, comme la rue, les ardeurs érotiques. Elle produit cet effet chez ceux qui en prennent souvent. Broyée toute fraîche et mêlée avec du levain, cette herbe donne un cataplasme qui guérit l'anthrax que le peuple appelle bénin ; elle fait aboutir les furoncles, dont elle dissipe la douleur par l'établissement de la suppuration. On prétend qu'en se frottant la tête avec le suc du nasitort, on arrête la chute des cheveux. On apaise aussi le mal de dents en injectant ce suc dans l'oreille, du côté de la joue où l'on souffre. Sa graine a des propriétés plus énergiques encore. Prise en boisson dans du vin, elle facilite l'expulsion du fœtus mort dans la matrice, et fait périr les vers intestinaux. On lui accorde aussi la vertu de neutraliser l'effet de la morsure des serpents. L'odeur de cette graine placée sur les charbons ardents, suffit pour les mettre en fuite. Prise plusieurs fois en potion dans du vinaigre, elle remédie aux douleurs de rate. Le nasitort ou sa graine, mêlé avec du vinaigre ou de la fleur de farine, la feuille ou la graine du nasitort donne un cataplasme qui est très efficace contre les douleurs de la sciatique. Son jus, combiné avec du miel, et employé comme onguent, dissipe les maladies de la peau. Le nasitort, broyé avec de la graisse d'oie, si l'on s'en frotte souvent la tête, en apaise les démangeaisons ou cicatrise les humeurs qui y ont leur siège. Sa feuille ou sa graine, cuite dans du lait frais de chèvre, donne un breuvage qui, pris tiède, calme les douleurs de la poitrine. En broyant une drachme de sa graine dans de l'eau tiède, on obtient une boisson qui relâche le ventre. La même graine prise avec du miel apaise la toux.

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XXXI. La roquette.



La roquette est d'une nature médiocrement chaude, mais plus chaude que sèche. Prise en boisson ou comme aliment, elle est digestive et diurétique. C'est un aliment salutaire pour les enfants. Elle chasse la toux. Associée au miel, elle fait disparaître les taches de la peau et dissipe les éphélides du visage. Cuite et réduite en pâte, elle donne un cataplasme qui est très efficace contre les fractures. Sa graine, broyée dans du vin et administrée en hoisson, guérit, dit-on, les blessures les plus dangereuses. Mêlée avec du fiel de boeuf, et employée en friction, cette herbe a la vertu de dissiper les taches noires. On dit -chose merveilleuse !- que, prise à haute dose dans du vin, elle rend le corps insensible aux coups. La feuille ou la graine de roquette, employée comme assaisonnement, donne aux mets un goût fort agréable. C'est en raison de son excellente saveur que les Grecs ont donné à cette plante le nom de εὔζωμον. Les médecins et plusieurs poètes prétendent que, prise en grande quantité, soit en boisson, soit comme aliment, elle porte à l'amour. Mangée avec de la laitue, elle est salutaire, à cause de l'heureuse combinaison qui résulte du mélange du chaud et du froid.



XXXII. Le pavot.



Le pavot est d'une nature à la fois froide et sèche : on en distingue trois espèces. La fleur de la première est blanche ; celle de la seconde est rose ; la troisième espèce, plus petite que les deux autres, et appelée vulgairement pavot agreste, produit une fleur d'un rouge pâle. Celle dont la fleur est blanche est la plus connue. C'est de la tête encore tendre de cette espèce de pavot, qu'on tire l'opium. Une légère incision en fait écouler une sorte de lait qu'on recueille dans des coquilles de limaçons, et qui, desséché, devient un produit qui entre dans plusieurs antidotes et dans une infinité de remèdes. On broie aussi les têtes avec leur lait et, cela fait, on en exprime le jus, qu'on fait sécher au soleil ; mais cette liqueur est moins efficace que celle obtenue par le premier procédé.
Quant à l'espèce dont la fleur est rose, on extrait de sa graine broyée une huile assez abondante, dont le goût est très agréable, et qui est somnifère.
Celle dont la fleur est rouge et la graine noire donne une boisson somnifère, comme les deux autres.
Une décoction tiède de l'une quelconque de ces espèces, employée en fomentation sur le visage, ou comme boisson, procure le sommeil au malade ; mais il ne faudrait pas administrer ce remède s'il y avait danger de mort. La graine noire, dans du vin, donne une boisson qui arrête la diarrhée et la ménorragie, et apaise les toux rebelles. Il faut avoir soin que la quantité de la graine de pavot à prendre n'excède pas le poids d'un denier ; car au delà elle cause la léthargie et plus souvent la mort. Un cataplasme de feuilles broyées de cette plante est très efficace contre les tumeurs du gosier, et contre cette maladie qu'on appelle feu sacré. Lorsque la voix se trouve altérée soit par le froid, par le chant, par la boisson, par les aliments, ou par la chaleur, cette sorte de cataplasme a aussi la vertu de lui rendre sa pureté.
Le méconium à fleurs blanches (μηκώνιον est le nom que les Grecs donnent indistinctement à toutes les espèces de pavots) est beaucoup plus renommé et plus efficace que les deux autres. Un certain nombre de têtes de pavots, cuites, lorsqu'elles sont encore laiteuses, dans de l'eau édulcorée avec un tiers de son poids de miel, jusqu'à ce que cette décoction se trouve réduite à l'épaisseur du miel, donnent un médicament qui a une infinité de vertus. Il est somnifère ; il apaise la toux, arrête la diarrhée et dissipe les catarrhes des voies aériennes. L'opium extrait des jeunes têtes de pavots, comme je l'ai dit plus haut, mêlé à l'huile de rose et employé en liniment, apaise les douleurs de tête et procure le sommeil. En ajoutant à ce mélange les filaments parfumés du safran, on obtient un médicament qui, employé en injections, est très bon contre les douleurs d'oreilles. Combiné avec du lait de femme et du safran broyé, el employé en frictions, l'opium calme les ardeurs de la goutte ; appliqué à l'anus, il procure le sommeil. L'odeur seule de l'opium passe pour être soporifique.


XXXIII. L'oignon.



Les médecins ne s'accordent pas sur les vertus de l'oignon. Suivant Dioscoride, il enfle et alourdit la tête, ou excite la soif chez ceux qui en mangent. Galien prétend qu'il est nuisible aux bilieux, mais qu'il est très salutaire aux flegmatiques. Esculape dit qu'il est sain, surtout pour l'estomac, et même que la vue seule de cette plante anime le teint de ceux qui la regardent. "Quiconque, dit-il, mange de l'oignon à jeun tous les jours, ne sera jamais malade tant qu'il vivra." Tous les médecins s'accordent à dire que l'oignon est un aliment somnifère, et qu'il relâche salutairement le ventre. Broyé avec du miel ou dans du vinaigre, il donne, dit-on, un cataplasme qui cicatrise les morsures des chiens. Suivant d'autres, pour obtenir le même effet, il faut le faire cuire avec du vin et du miel, et laisser le cataplasme sur la plaie pendant trois jours. Dioscoride recommande comme très efficace contre les morsures des serpents un cataplasme composé d'oignon, de rue et de sel. Mêlé avec du lait de femme et injecté dans l'oreille, le jus d'oignon en dissipe ordinairement les douleurs les plus violentes. Mêlé avec de l'eau et pris en boisson, ce suc remédie aux extinctions subites de la voix. Aspiré par les narines, il en fait écouler les mauvaises humeurs. Pris en boisson ou comme aliment, l'oignon est un puissant emménagogue. Le jus d'oignon, mêlé avec de la graisse de poule, et employé à plusieurs reprises comme onguent, cicatrise les écorchures que les sandales ou les bottines causent quelquefois aux pieds. On prétend que celui qui s'en frotte les dents le matin, n'est jamais exposé à l'odontalgie. Mangé avec du pain, l'oignon cicatrise les ulcères de la bouche. Trempé et cuit dans l'huile, il apaise les douleurs que la dysenterie cause dans les entrailles. En se frottant souvent la tête avec de l'oignon broyé, on peut faire renaitre les cheveux aux endroits qui en sont dépouillés. Il ôte la mauvaise haleine, et dissipe les dégoûts. Les médecins recommandent les topiques d'oignon pilé contre les hémorroïdes. Le jus d'oignon, uni au miel, éclaircit la vue, et, mêlé avec du vinaigre et souvent employé en friction, fait disparaître les taches de la peau.


XXXIV. La buglose.



La buglose (nom grec qui signifie langue de boeuf) est une herbe qui, souvent prise avec du vin, chasse la bile rouge et recuite, et remédie aussi aux faiblesses d'estomac causées par la surabondance de la bile noire. Elle dissipe encore les humeurs nuisibles du poumon. Le jus de cette herbe, pris dans de l'eau tiède, est d'une merveilleuse efficacité contre la sciatique. Broyée dans du vin, la buglose a, suivant un grand nombre de personnes qui en ont fait l'épreuve, la vertu de conserver la mémoire. On dit qu'une décoction de cette herbe, répandue  à table, anime la joie des convives.

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Message par Stephandra le Mar 12 Avr 2011, 12:34

XXXV. Le sénevé.



Entre les herbes dont Pythagore a fait l'éloge, le sénevé a le premier rang. Cette herbe a une force de chaleur et de siccité de quatrième degré. Elle chasse et dissipe les humeurs visqueuses. Elle est d'une nature si chaude, qu'elle brûle la peau. Sa force est surtout dans sa graine. Ingérée, elle aiguillonne les sens, relâche le ventre, brise la pierre, active la sécrétion de l'urine et facilite l'écoulement des règles. Broyée dans de l'eau tiède et employée en gargarisme au soleil, elle débarrasse du coryza. On l'emploie avec succès comme sternutatoire, car elle a la vertu de délivrer la tête de tout embarras. Pris comme aliment, le sénevé fortifie l'estomac et guérit l'asthme. Broyé, mis dans du vinaigre et appliqué sur la plaie, il neutralise l'effet de la morsure des serpents. Il est un contre-poison contre les mauvais champignons. Quoique cette herbe soit, comme je l'ai dit, extrêmement caustique et qu'elle brûle la peau, elle ne laisse pas d'avoir, par cela même, une infinité de vertus : elle dessèche les humeurs de la tête qui se jettent sur les yeux, et purge les poumons des mucosités qui les obstruent. Elle remédie aux affections de l'estomac, à la toux et à la phtisie. Elle guérit, par les vésicules qu'elle détermine sur la peau, les douleurs rebelles de la cuisse, que les Grecs appellent sciatiques. Elle dissipe les obstructions de la rate et du foie, et remédie, en général, à toutes les affections chroniques. Comme le sénevé s'emploie en cataplasme dans une infinité de cas, et que les médecins varient dans la confection de ce remède, je vais faire connaître la manière dont Ménémachus veut qu'on le prépare. Mettez dans un mortier de la graine de sénevé avec de la mie de pain dont la proportion soit d'un tiers ; joignez-y des figues sèches, du miel et du vinaigre, dont la dose soit en rapport avec l'âge du malade ou la nature du mal : car plus les figues et le miel abondent, plus le sinapisme est violent ; et si, au contraire, c'est le pain et le vinaigre qui dominent, il est moins mordant. Je vous conseille de ne point mépriser ce remède, car j'en ai souvent éprouvé l'efficacité. Je ne prétends pas, toutefois, qu'il soit un spécifique universel ; on ne doit, au contraire, y recourir que rarement, et seulement dans les maladies graves et invétérées. Pline recommande de détremper la racine et la semence de sénevé dans du vin miellé. Suivant cet auteur, le vin, après s'être emparé de leur principe salutaire, devient une boisson très efficace contre les maux de gorge et d'estomac, contre les affections des yeux et la plupart de celles qui affligent la tête. On tire aussi de sa graine une huile qui est bonne contre les douleurs des reins et l'engourdissement des nerfs. La tige tendre du sénevé donne un jus qui, sans aucun ingrédient, et employé comme gargarisme, apaise les maux de dents. On prétend que la graine de cette herbe a la vertu d'adoucir la voix de ceux qui en mangent. Mêlée avec du vieux oing et employée comme onguent, elle dissipe les scrofules. La fumée qu'exhale cette graine lorsqu'on la brûle soulage, dit-on, les épileptiques, et remédie, par sa siccité, aux affections hystériques. Broyé avec des figues et appliqué sur la tête rasée du malade, ou employée souvent en friction sur les pieds, le sénevé dissipe la léthargie. Triturée avec du miel ou du saindoux, il donne un onguent qui, souvent employé, remédie à l'alopécie ; mêlé avec du vinaigre et employé en lotions, il fait disparaître les dartres. Il chasse aussi la fièvre périodique, lorsqu'on a soin d'en manger avant le retour du frisson.


XXXVI. Le chou.



La plante à laquelle nous avons donné le nom de chou, s'appelle chez les Grecs brassica. Quoique ce soit une plante vulgaire de nos jardins, le chou ne laisse pas d'avoir un grand nombre de vertus salutaires. Suivant Caton, les Romains l'employèrent comme médicament pendant six cents ans. Ce ne fut que très tard que, la médecine a été chez eux réduite en art, et jusque-là ils se bornaient à demander aux légumes de leurs jardins des secours contre les maladies du corps. Caton prétend que le chou cru, broyé et employé en cataplasme, a la vertu de cicatriser les blessures, même invétérées, ainsi que les affections cancéreuses. Il recommande de laver d'abord la plaie avec de l'eau ou du vin tiède, avant d'y appliquer le topique, qui doit être renouvelé deux fois par jour. Broyé avec de la farine d'orge, de la rue, de la coriandre et un peu de sel, le chou donne un cataplasme très efficace contre les douleurs aiguës de la podagre, contre l'arthritis, les fistules, les luxations et toutes sortes de tumeurs. L'urine de ceux qui ont mangé du chou, contient une chaleur convenable à la guérison des maux de nerfs. Il est bon de frotter souvent les enfants de cette urine, dans l'intérêt de leur santé. Telles sont les propriétés que Caton attribue au chou. On dit que Chrysippe a écrit un livre sur les vertus de cette plante. Tous les auteurs s'accordent, à dire que le chou, mangé dans sa verdeur, contribue à éclaircir la vue. Il rend le lait des femmes plus abondant, et facilite chez elles l'écoulement périodique du sang ; il est stomachique et aide à la digestion. Bien cuit, il resserre, dit-on, le ventre ; à moitié cuit, il le relâche. Mangé cru et arrosé de vinaigre, il dissipe les obstructions de la rate. Sa graine facilite l'expulsion du fœtus mort dans la matrice. Broyé et cuit avec du vieux oing, additionné d'une quantité d'huile de rose, le chou a la vertu d'apaiser les ardeurs immodérées de la fièvre. Il faut alors l'appliquer en cataplasme sur l'estomac ou sur la partie la plus brûlante du corps. Broyé et combiné avec de l'alun de roche et du vinaigre, on obtient une pâte qui fait disparaître les dartres et autres affections de la peau. Le même remède empêche la chute des cheveux, dissipe l'enflure des testicules et remédie aux diverses maladies qui attaquent les parties génitales. Il est plus efficace dans ce dernier cas, si aux ingrédients ci-dessus on ajoute des fèves cuites. Un cataplasme de chou, de fenugrec et de vinaigre est très efficace contre les douleurs des articulations et contre la goutte. La cendre du chou, bien triturée avec du vieux oing, n'est pas moins bonne contre les douleurs du côté ou la sciatique. Ce remède, quoique d'une nature fort commune, ne laisse pas d'avoir son efficacité. La graine de chou, mêlée avec-du vinaigre, donne une boisson qui détruit les vers qui s'engendrent dans les intestins. Sa racine sèche et brûlée produit une cendre qui, appliquée sur la luette, a, par sa siccité, la vertu de la relever. Les médecins conseillent de mâcher des feuilles vertes de chou et d'en avaler le jus, comme un moyen très propre à dissiper l'enrouement. Injecté dans les narines, le jus de cette plante purge la tête. L'ivresse a peu de prise sur ceux qui ont la précaution de. manger du chou avant boire. Suivant Melicius, une racine de chou suspendue au cou guérit toutes les affections de la luette ; mais il faut prendre garde que cette racine ne touche la terre après avoir été arrachée.


XXXVII. Le panais.



La vertu du panais réside seulement dans sa graine et dans sa racine. Bouillie dans du vin miellé, sa racine donne une décoction très efficace contre les affections de la rate et du foie, et contre les douleurs des lombes. Bouillie dans du lait, elle donne une boisson très bonne contre l'asthme invétéré et la dysenterie. Sa racine, suspendue au cou, apaise, dit-on, les douleurs des testicules. Soit qu'on en mange, soit qu'on en porte sur soi, le panais est un talisman contre les serpents. Il porte à l'amour ceux qui en mangent abondamment. En se frottant les gencives avec sa racine, on parvient très souvent à se guérir du mal de dents le plus violent. La graine de panais, bue avec du vin, neutralise l'effet funeste de la piqûre du scorpion, et dissipe chez les femmes cette enflure du ventre qui ressemble à la grossesse. Broyée avec du miel et employée comme topique, elle guérit les affections cancéreuses. Le nom de pastinaca dérive de pastus (pâture), parce que nulle autre racine ne donne un aliment qui lui soit comparable.

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Message par Stephandra le Mar 12 Avr 2011, 12:35

XXXVIII. L'origan.



On s'accorde à reconnaître à l'origan une force de chaleur et de siccité du troisième degré. Une décoction de cette plante dans du vin donne un breuvage dont l'usage neutralise l'effet de toutes les morsures venimeuses. Prise avec de l'hydromel, cette plante est un antidote très efficace contre les ingestions d'aconit et d'un grand nombre d'autres poisons. Mangé ou pris en boisson, l'origan remédie aux fractures. Sous cette dernière forme, il dissipe l'hydropisie et sèche les tumeurs. Bu avec de l'hydromel, à la dose d'un oxifale, il chasse la bile noire. Administré soit en boisson, soit en topique, soit en fomentation, après avoir été broyé ou cuit, il rappelle l'écoulement périodique du sang chez les femmes. Sa poudre, mêlée avec du miel, apaise la toux. L'eau dans laquelle cette plante a bouilli devient une fomentation qui éteint les démangeaisons, et fait disparaître les achores et toutes les taches de la peau. Un bain pris dans cette même eau dissipe la jaunisse. Le jus de cette herbe, broyée toute fraîche, a, par sa siccité, la vertu de guérir les enflures de la luette et du gosier. Comme gargarisme, il remédie aux plaies de la bouche. Injecté dans les narines avec de l'huile d'iris, il purge la tête du mauvais sang qui la surcharge. Injecté dans l'oreille avec du lait, il en apaise les douleurs. En mêlant ce jus avec de l'oignon et du sumac de Syrie, puis en faisant chauffer ce mélange au soleil, au temps de la canicule, pendant quarante jours, dans un vase d'airain, on obtient une préparation qui, placée sous le lit, en chasse, dit-on, toutes les bêtes nuisibles. Les personnes dont la digestion est devenue laborieuse pour une cause quelconque, se trouveront bien d'en boire avec du vin blanc. Avec de l'eau chaude, il apaise les coliques d'estomac. Un flocon de laine en suint imbibé de jus d'origan, d'huile et de vinaigre, et appliqué sur la partie malade, est très efficace contre les luxations et les contusions. Pris en boisson, l'origan est diurétique et anthelminthique. Mâché pendant un certain temps, il apaise le mal de dents. Le jus de cette plante est une boisson qui remédie à toutes les affections intérieures. Mêlé avec des figues sèches broyées, il est sudorifique. Combiné avec de la fleur de farine et employé comme cataplasme, il dissipe souvent ou apaise les redoutables douleurs de la sciatique.


XXXIX. Le serpolet.



Les anciens ont donné au serpolet le nom de serpillum, parce qu'il rampe en quelque sorte sur la terre. Il est d'une nature à la fois chaude et sèche. Broyé et bouilli avec du vinaigre et de l'huile de rose, il donne un liniment qui apaise les douleurs de tête. L'odeur du serpolet brûlé met en fuite les serpents et toutes bêtes venimeuses. Les moissonneurs ont soin d'en mêler à leurs aliments, afin de pouvoir s'endormir sans crainte des insectes nuisibles. Pris soit en boisson, ou appliqué sur la partie lésée, il neutralise l'effet des morsures venimeuses. Macéré dans le vinaigre, il donne une potion qui, lorsqu'on en fait usage, active la sécrétion de l'urine, apaise les coliques et les douleurs de la rate. En ajoutant du miel à ces ingrédients, on obtient un breuvage très salutaire dans l'hémoptysie. Bu avec du vin, le serpolet apaise les douleurs du foie, et facilite l'écoulement périodique du sang chez les femmes.


XL. La violette.



La violette ne le cède en rien à la rose ou au lis, ni pour la beauté, ni pour l'odeur, ni pour les propriétés. Elle est humide et froide au premier degré. On en distingue trois espèces, dont chacune se reconnaît à la couleur de sa fleur, qui est blanche ou noire ; mais ces trois espèces ont toutes à peu près les mêmes vertus médicales. Broyées et appliquées en cataplasme, elles apaisent les inflammations. Elles donnent une boisson qui dissipe l'ivresse. L'odeur seule de la violette suffit pour dissiper la pesanteur de tête. On obtient le même effet en se couronnant le front de cette fleur. Une infusion de violette remédie à l'angine. La violette pourpre, macérée dans l'eau, donne un breuvage qui passe pour avoir la vertu de soulager principalement les enfants épileptiques. La racine de violette, broyée avec de la myrrhe et du safran, et appliquée pendant la nuit sur les yeux, en dissipe l'inflammation. Broyées avec du miel et employées comme onguent, ses feuilles cicatrisent les ulcères de la tête. En ajoutant du vinaigre, on obtient une mixtion qui, employée comme cataplasme, guérit toutes les collections purulentes. Une décoction de violette employée souvent en fomentation, dissout les tumeurs de la matrice. Un onguent composé de cire et de violettes, souvent appliqué sur la partie affectée, remédie aux crevasses de l'anus qu'on appelle rhagades. S'il y a pustule, il faut ajouter du miel. La graine de violette macérée dans le vin facilite l'écoulement périodique du sang chez les femmes. Broyée dans du vinaigre, et administrée en potion ou en topique, la racine dissout les engorgements de la rate et les ardeurs de la goutte. L'herbe verte ou la fleur sèche ou fraîche de la violette donne une boisson qui purge l'estomac de la bile rouge, et dissipe les affections causées par cette bile ou par le sang épanché sous les fausses côtes ou dans les poumons. La même boisson apaise la toux ou l'asthme chez les enfants. On fait avec la violette, comme avec la rose, une huile qui a une infinité de vertus. Injectée dans l'oreille, elle en dissipe le tintement et la douleur ; en contribuant à refroidir un peu la tête, elle remédie aux affections diverses auxquelles elle est sujette ; elle ranime le corps languissant ; elle fait périr les ascarides lombricoïdes, soit qu'on l'emploie en lavement, en boisson ou en fomentation ; elle fait tomber aussi la crasse farineuse de la tête. Si la tête a été atteinte d'un coup qui, en contractant la bouche, fasse perdre l'usage de la langue, on boira d'abord du vin où l'on aura broyé de la violette ; puis, si c'est le côté droit de la tête qui a été lésé, on appliquera sur la plante du pied gauche un cataplasme de cette fleur broyée ; si la contusion existe du côté gauche, on placera le cataplasme sous le pied droit. Au moyen de cette médication, la bouche revient à son état naturel, et la langue reprend, le jour même, ses fonctions habituelles. Voilà ce qu'enseigne le médecin Justus dans ses écrits. On attribue encore à la violette un autre effet merveilleux : en avalant une certaine quantité de jus de racines de violette blanche, préalablement mâchées, on arrêtera promptement les hémorragies résultant d'une blessure reçue. Pline attribue cette vertu à la réglisse.

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Message par Stephandra le Mar 12 Avr 2011, 12:36

XLI. L'aristoloche.



On distingue trois espèces d'aristoloches : l'une appelée longue, parce que sa racine est longue ; l'autre ronde, parce que sa racine est ronde ; la troisième, appelée clématite, de son nom grec κληματίς, possède à peu près les mêmes vertus que la seconde. Toutes les trois ont une siccité du premier degré, et une chaleur du second. Prise avec du vin, l'aristoloche ronde remédie aux morsures venimeuses, neutralise l'effet des poisons, et précipite l'arrière-faix. Prise avec du poivre et de la myrrhe, elle préserve, après l'accouchement, de toute putréfaction intérieure ; il suffit même, pour obtenir cet effet, de l'appliquer sous la matrice. Elle est également bonne contre l'asthme et les rhumes. Avec de l'eau, elle remédie à la pleurésie. Broyée et employée en topique, elle fait sortir les corps pointus qui auraient pu s'introduire dans l'épaisseur des tissus. Avec du miel, elle purifie et cicatrise les blessures. En ajoutant de l'iris, et en se frottant les gencives avec cette mixtion, on préserve les dents de la carie. Bue avec de l'eau, l'aristoloche dissipe les obstructions de la rate, les douleurs de côté, et est d'une merveilleuse efficacité contre les fièvres malignes ; elle dissipe aussi, mieux que tout autre remède, les spasmes, et les douleurs aiguës et la goutte, quand on en fait un long usage ; elle est de plus, souvent efficace contre l'épilepsie, calme les douleurs violentes des entrailles et ranime les membres des paralytiques. Sa fumée, dit-on, met en fuite le malin esprit, et égaye les enfants. Sa racine, pilée et introduite dans la plaie, a la vertu de cicatriser les fistules ; mais il faut avoir soin de la bien laver avant de s'en servir. Administrée à l'intérieur, elle arrête, dit-on, le hoquet. L'aristoloche longue a toutes les vertus de la ronde, mais à un moindre degré. C'est pourquoi, à défaut de cette dernière, il faudra employer la longue dans la proportion d'une demie en sus. Une décoction d'aristoloche longue, employée en fomentation ou en boisson, dissipe, d'une manière merveilleuse, les affections de la matrice, en débilitant les humeurs. Pline prétend que cette plante, combinée avec de la chair de bœuf, et appliquée sur la matrice après la conception, fait naître des enfants mâles. Broyée et mêlée avec de la chaux, l'aristoloche ronde tue les poissons : ce qui l'a fait appeler par quelques personnes poison de la terre.


XLII. Le marrube.



Le marrube, que les Grecs appellent πράσιον, est une plante à laquelle les médecins attribuent une force de chaleur et de siccité du second degré. Une décoction faite avec cette plante entière, ou seulement avec sa graine, est très bonne contre la phthisie et les diverses affections de la poitrine ; elle est encore plus efficace, si l'on y joint de l'iris. Cette mixtion dissipe aussi l'asthme et calme la toux. Elle facilite l'accouchement et précipite l'arrière-faix. Combiné avec du miel, le marrube déterge les blessures, et cicatrise les ulcères rongeurs. Pris en boisson, il apaise les douleurs de côté. Le jus desséché de cette plante est efficacement employé dans tous les cas que nous venons d'énumérer. Mêlé avec du vin et du miel, ce jus éclaircit la vue ; injecté dans les narines, il dissipe la jaunisse. Il remédie aussi aux douleurs d'oreille les plus violentes ; mais il faut pour cela le mélanger avec de l'huile de rose. Cependant le marrube est nuisible, dit-on, à ceux qui souffrent de la vessie ou des reins.


XLIII. L'iris.



L'iris doit son nom à la couleur de sa fleur, qui rappelle celles de l'arc-en-ciel. On lui donne l'épithète d'illyrique, parce qu'elle abonde, dit-on, en Illyrie. On lui attribue une force de chaleur et de siccité du second degré. Sa vertu réside surtout dans sa racine. Il faut, pour la dessécher, la couper en petits morceaux ronds, qu'on enfile en laissant entre eux un intervalle ; et la suspendre à l'ombre dans un lieu sec : faute de cette précaution, on a de la peine à la conserver pendant une année entière. Cette racine, macérée dans du vin, a la vertu d'apaiser la toux et de procurer le sommeil. Réduite en poudre et prise dans du vin, elle dissipe les humeurs cachées dans le diaphragme. Bue avec de l'hydromel, elle chasse la bile ; avec du vinaigre, elle apaise les coliques et neutralise l'effet des poisons. Bue avec du vin, la poudre d'iris remédie aux maux de rate, à la contracture, et aux maladies causées par le froid ; elle facilite aussi l'écoulement périodique du sang chez les femmes. Une décoction de racine d'iris, employée en fomentation, amollit la matrice. Prise en lavement, elle est très efficace contre les douleurs de la sciatique. Cette même racine combinée avec du miel, donne un médicament qui, introduit dans le vagin, fait sortir l'arrière-faix, et cicatrise les fistules où on le fait pénétrer. Réduite en poudre et mêlée avec du miel, cette racine donne un emplâtre qui dessèche les blessures et fait renaître la chair sur les os dénudés. En incorporant avec du miel un mélange composé d'une partie de poudre d'ellébore blanc et deux parties de poudre de racine d'iris, on obtient une sorte d'onguent qui fait disparaître du visage les taches de rousseur et les papules qui le déparent.


XLIV. L'aunée.



L'aunée, que l'on appelle communément elna, et que les médecins nomment helenium, est une herbe dont tout le monde connaît la forme. On lui attribue une humidité du premier degré, et une chaleur du second. Une décoction de cette herbe, prise en boisson, facilite l'écoulement périodique du sang chez les femmes, active la sécrétion de l'urine, provoque l'expulsion du fœtus mort dans la matrice, et passe pour relâcher le ventre. Broyée et appliquée sur la partie douloureuse, sa racine dissipe la sciatique. Un cataplasme de feuilles d'aunée cuites dans du vin, appliqué sur les reins, est très efficace contre la néphralgie. Réduite en poudre et incorporée avec du miel, sa racine devient un aliment qui apaise la toux et remédie à l'orthopnée. Le jus de cette herbe, mêlé à celui de la rue, est un breuvage efficace, dit-on, dans les cas de fractures.


XLV. L'hysope.



L'hysope a une force de siccité et de chaleur du troisième degré. En faisant bouillir ensemble de l'hysope, du miel et des figues sèches, on obtient une boisson d'une utilité incontestée dans les catarrhes les plus violents et dans toutes les affections du poumon ; elle débarrasse, en outre, les intestins des ascarides lombricoïdes. Employée en gargarisme, cette décoction dissipe l'enrouement. Prise souvent en breuvage, elle est également efficace contre•les humeurs qui descendent de la tête dans la poitrine, et qui produisent souvent la toux ou la phtisie. L'hysope réduite en poudre et incorporée avec du miel a les mêmes vertus. Broyée toute verte dans de l'oxymel, elle donne un breuvage qui relâche le ventre et chasse les vents et les humeurs visqueuses. Joignez-y du cardamome, et vous obtiendrez une mixtion encore plus efficace contre la constipation. Verte ou sèche, l'hysope donne une boisson dont l'usage prolongé ranime et embellit le teint. Broyée avec du nitre et des figues sèches, et .appliquée sur la rate, elle en dissout les tumeurs, et remédie ordinairement à l'hydropisie en desséchant les humeurs. Bue avec du vin, elle relâche l'épigastre et dissout toutes les tumeurs qui peuvent se former dans l'intérieur du corps. Le mal de dents cède incontinent à une fomentation de vinaigre où l'on a fait bouillir. de l'hysope. La fumée de cette herbe brûlée dissipe les tintements d'oreilles. Bouillie et appliquée en cataplasme, elle fait disparaître les taches livides du corps : injectée dans les narines, elle dissipe la jaunisse. Mêlée avec de l'huile de rose, et injectée dans les oreilles, elle en apaise les douleurs les plus aiguës.

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Re: Des vertus des plantes par Macer Floridus, 1832

Message par Stephandra le Mar 12 Avr 2011, 12:38

XLVI. L'asaret.



La plante que les Grecs appellent ἄσαρον, et les Latins vulgago, a, dit-on, une force de chaleur et de siccité du troisième degré. Prise en boisson, elle provoque les urines, facilite l'écoulement périodique du sang chez les femmes, et remédie aux affections du foie ; elle soulage les hydropiques et dissipe les douleurs de la sciatique. Une décoction d'asaret est aussi très bonne contre les maladies hystériques. Prise en breuvage, cette plante dissipe la jaunisse et, comme l'ellébore, elle purge l'épigastre par des vomissements ; mais, pour prévenir la violence et le danger de cette sorte de purgation, voici comment il faut préparer cette plante : considérez, d'abord l'âge et la force du malade, et l'époque de l'année ; observez si le climat est très froid ou très chaud, ou s'il est tempéré ; car cette herbe convient mieux aux hommes de moyen âge et à la jeunesse, qu'aux vieillards et aux enfants ; aux hommes gras et forts, qu'à ceux qui sont maigres et débiles ; l'administration en est plus avantageuse dans un climat froid que dans un climat chaud ; enfin les corps endurcis par le travail s'en trouvent mieux que ceux qui sont amollis par l'oisiveté. En se conformant à ces prescriptions et en ayant égard aux autres circonstances du même genre, on peut en toute sûreté se servir de l'asaret et de toutes autres espèces de plantes comme vomitifs ou laxatifs. Mais pour sortir des généralités, je me bornerai ici à indiquer comment on doit administrer l'asaret : prenez trente feuilles fraîches de cette herbe, versez dessus une•quantité de vin suffisante pour les recouvrir de ce liquide, et laissez-les-y macérer pendant une nuit entière ; puis, le lendemain matin, broyez-les dans le vin où elles ont macéré. Cela fait, donnez d'abord à manger au malade, en quantité suffisante, des légumes cuits avec du porc frais ; puis donnez-lui à boire, à sa discrétion, du fort vin blanc ; et, après avoir ainsi préparé les voies, faites-lui boire le jus filtré de l'asaret. Le nombre de feuilles que je viens d'indiquer doit être prescrit à des sujets grands et forts ; pour les autres, on déterminera la quantité en raison de la force, de l'âge et de la saison.


XLVII. La menthe.



La menthe a une force de chaleur et de siccité du second degré. Prise en boisson, elle est digestive ; elle fortifie l'estomac, et arrête les vomissements ; elle fait périr les ascarides lombricoïdes. Elle remédie aux diverses affections des testicules, et, pour obtenir cet effet, il faut les fomenter avec de l'eau où l'on a fait bouillir cette herbe. Broyée et appliquée sur les mamelles, elle rend au lait sa liquidité. Injectée dans les oreilles avec du miel, elle en apaise les douleurs. Employée en friction, elle fait disparaître les aspérités de la langue. Bue avec du vin cuit jusqu'à réduction des deux tiers, elle facilite d'ordinaire l'accouchement. Broyée avec du sel, et appliquée en cataplasme, elle cicatrise les morsures des chiens. Avec du vinaigre, elle remédie à l'hémoptysie. La femme qui s'introduit du jus de cette herbe dans le vagin, avant que de se livrer aux plaisirs de l'amour, ne peut concevoir. Ce jus, mêlé au fromage, l'empêche de se corrompre ; on obtient le même effet en plaçant dessus cette herbe toute verte.


XLVIII. Le souchet.



Le souchet a, dit-on, une force de chaleur et de siccité du deuxième degré. Pris en boisson, il dissout la pierre, purifie et relâche les voies urinaires. Suivant Apollodore, en fomentant les parties sexuelles de la femme avec l'eau où a bouilli cette plante, on facilite l'expulsion du fœtus mort dans son sein. Suivant le même auteur, en aspirant à plusieurs reprises la fumée du souchet brûlé, on remédie aux douleurs de la rate ; et celui qui, même en santé, se soumet à l'action de cette fumée, acquiert encore plus de force et de légèreté. Le jus de cette herbe, mêlé avec de l'huile d'olive, et employé comme liniment, remédie aux douleurs des aisselles et guérit l'intertrigo ; pris souvent en boisson, il dessèche les humeurs surabondantes. Réduit en poudre et incorporé avec du miel, le souchet cicatrise merveilleusement les ulcères et les plaies gangrenées ; il est surtout efficace contre les ulcères de la bouche. Pris en boisson, il fortifie l'estomac affaibli, et soulage beaucoup les hydropiques qui en font souvent usage, en donnant cours aux humeurs aqueuses par les voies urinaires. Broyé et associé à de fort vinaigre, c'est un remède précieux contre les ulcères rongeurs.


XLIX. La pivoine.



La pivoine, au dire des médecins, a une force de chaleur et de siccité du deuxième degré. Bue avec de l'hydromel, elle remédie aux affections de la rate, du foie et des reins. Avec des amandes bien broyées, elle facilite l'écoulement périodique du sang chez les femmes, et arrête la diarrhée. Une décoction de pivoine dans du vin, prise souvent en breuvage, apaise les douleurs aiguës de-la vessie, dissipe le vertige, calme les maux d'estomac et les affections néphrétiques, et chasse la jaunisse ; elle dissout le calcul chez les enfants. La graine de cette plante, prise souvent en boisson, prévient le cauchemar. Sa racine, suspendue au cou des enfants épileptiques, est, suivant Galien, un remède très efficace. Il raconte qu'il fut un jour témoin du phénomène suivant : un enfant épileptique, de huit ans environ, portait ordinairement au cou une racine de pivoine ; la racine s'étant détachée par hasard, l'enfant, presque en même temps, fut pris d'attaques qui cessèrent dès que la pivoine eût été de nouveau attachée à son cou. Galien, voulant s'assurer du fait, détacha une seconde fois la racine du cou de l'enfant ; alors les mêmes phénomènes se renouvelèrent. C'est ainsi qu'il reconnut avec certitude la vertu de cette plante. Suivant Dioscoride, prise en boisson ou suspendue au cou du malade, la pivoine remédie à l'épilepsie sans distinction d'âge. Prenez quinze grains de pivoine ; au moment où sa graine commence à rougir, et mêlez-les avec du vin, vous obtiendrez une boisson qui arrête l'hémorragie utérine. La même quantité de grains noirs remédie à toutes les affections de la matrice.
On distingue deux espèces de pivoine ; l'une qu'on appelle mâle, et l'autre, qui est plus petite, femelle. La racine de la pivoine mâle a la longueur de deux palmes et la grosseur du doigt ; celle de la pivoine femelle se divise, dit-on, en plusieurs jets, et donne, combinée avec du vin, une boisson qui purge la matrice après l'accouchement. Pour tous les autres cas, les deux espèces ont les mêmes vertus.


L. La mélisse.



La mélisse, que les Grecs appellent, μελισσόϕυλλον est vulgairement nommée barrocus par les Latins. Elle est singulièrement aimée des abeilles, qui se plaisent surtout à butiner sur ses fleurs. Si vous avez soin de frotter les ruches avec cette herbe broyée, les abeilles ne s'enfuiront pas, surtout si vous y joignez du lait : c'est le moyen qu'emploient les cultivateurs pour retenir les essaims. Cette herbe, broyée et appliquée en topique, a la vertu de guérir incontinent les piqûres d'abeilles, de guêpes ou d'araignées. Broyée avec du sel, elle est souvent efficace contre les scrofules invétérées, et remédie, dit-on, aux maladies de l'anus. Le jus de mélisse, bouilli avec du sel, purge les femmes et dissipe les enflures de mauvaise nature. Une décoction de la plante verte, prise en boisson, arrête les dysenteries invétérées et calme les douleurs de ventre ; elle remédie également à l'asthme et à l'orthopnée, cicatrise les ulcères et dissipe les douleurs des articulations. Appliquée en cataplasme avec du sel, elle guérit la morsure des chiens. Une décoction de mélisse facilite l'écoulement périodique du sang chez les femmes ; et, employée comme gargarisme, elle apaise le mal de dents. Suivant Pline, des frictions faites avec le jus de cette herbe, mêlé avec du miel, éclaircissent la vue.


LI. Le séneçon.



Le séneçon, appelé par les Grecs ἠριγέρων, doit son nom à la ressemblance des poils de sa fleur avec ceux du chien. Il croit sur les murs, dans les jardins et sur les toits. Il passe pour être d'une nature froide, et sa racine n'est point en usage dans la médecine. La fleur et la feuille de celte plante, broyées dans une petite quantité de vin doux, et appliquées chaudes, dissipent le gonflement de l'anus et des testicules. En y ajoutant de l'encens, on obtient un cataplasme qui remédie aux maux de nerfs et cicatrise en peu de temps toutes sortes de blessures. L'extrémité des tiges du séneçon, broyées, ont les mêmes vertus. Quelques médecins défendent d'en faire usage en boisson, parce que quelques auteurs affirment qu'elle peut suffoquer ceux qui en boivent. Pline, au contraire, prétend que le vin dans lequel on a broyé du séneçon a été efficacement administré contre la jaunisse et contre les maladies de la vessie, et que plusieurs personnes en ont éprouvé les heureux effets. Suivant le même auteur, cette même potion a encore été prescrite avec succès contre les affections du cœur et du foie. Il dit aussi que, pris dans du vin de raisins cuits au soleil. le séneçon apaise la colique et remédie aux diverses maladies des entrailles ; qu'arrosé de vinaigre et mangé tout vert, il produit les mêmes effets ; que, broyé avec du sel, il a la vertu de dissiper les scrofules Si vous souffrez du mal de dent, déracinez cette herbe en écartant la terre, et sans employer le fer, mordez-la trois fois légèrement avec la dent malade, en crachant chaque fois après l'avoir mordue ; puis replantez-la au même endroit, et tout cela avec les précautions nécessaires pour qu'elle puisse reprendre vie ; à partir de ce moment, s'il faut s'en rapporter à Pline, vous n'éprouverez plus de douleur.


LII. La chélidoine.



Les médecins distinguent.deux espèces de chélidoine, la grande et la petite. Elles sont toutes deux bonnes pour les yeux. Suivant Pline, l'hirondelle s'en sert pour rendre la vue à ses petits, même lorsqu'on leur a crevé les yeux. Il dit que cette herbe naît au retour de cet oiseau, et se dessèche au moment de son départ ; que c'est pour cela qu'on l'a nommée chélidoine, de χελιδών, qui en grec signifie hirondelle. Cueillez cette herbe au moment de la floraison, et faites-la bouillir avec du sel, à petit feu, dans un vase d'airain, jusqu'à ce qu'elle ait jeté toute son écume, et que la décoction ait presque pris la consistance du miel ; vous obtiendrez• un collyre dont l'usage sera d'une utilité incomparable pour dissiper les brouillards qui offusquent la vue. Broyée avec de l'aneth, et administrée dans du vin blanc, sa racine est très efficace contre la jaunisse. On prétend qu'en mâchant cette racine, on se préserve du mal de dents. Un cataplasme de feuilles de chélidoine broyées dans du vin, fait disparaître les taches du corps.

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Re: Des vertus des plantes par Macer Floridus, 1832

Message par Stephandra le Mar 12 Avr 2011, 12:40

LIII. La centaurée.



Il y a, ainsi que je l'ai déjà dit de beaucoup d'autres herbes, deux espèces de centaurée, la grande et la petite. Comme la grande est peu connue, je ne parlerai que des propriétés de la petite, qui est, je crois, connue de tout le monde. Cette plante est un siccatif puissant employée en cataplasme, elle cicatrise, promptement les plaies récentes, et dispose les anciennes à la guérison. Une décoction de centaurée est très efficace contre la sciatique ; appliquée sur l'anus, elle en étanche le sang et en apaise les douleurs ; employée en fomentation, elle remédie aux maux des nerfs. Administré en boisson, le jus de cette herbe facilite l'écoulement périodique du sang chez les femmes, et l'expulsion du fœtus mort dans la matrice. Pris avec du vin, il purge le corps par des évacuations. Mêlé avec du miel, il donne un collyre qui éclaircit la vue. Il remédie à toutes les affections dont je viens de parler, lorsqu'on a soin de l'exprimer de la plante au temps de l'automne, et de le faire sécher aux rayons d'un soleil ardent.


LIV. La serpentaire.



L'herbe que les Grecs appellent δρακόντεια, et qui est communément nommée serpentaire, doit ce nom aux taches de son écorce, qui a quelque ressemblance avec celles de la peau du serpent. Je crois plutôt que les anciens lui ont donné ce nom parce qu'elle neutralise le venin des serpents par la vertu des semblables. On prétend qu'en se frottant avec la racine broyée de cette herbe, on n'a rien à redouter de l'attaque des serpents. Prise dans du vin, elle remédie à leurs morsures. Mêlé avec de l'huile et injecté dans l'oreille, le jus de sa graine en apaise les douleurs. Un flocon de laine, imbibé de ce jus, et introduit dans les narines, fait disparaître les excroissances qu'on appelle polypes. Il est également efficace contre les affections cancéreuses. Pur ou mêlé avec du miel, le suc de la racine de serpentaire a la vertu d'éclaircir la vue et de remédier aux différentes affections des yeux. On obtient le même effet en mangeant sa racine rôtie. Trente grains de sa semence dans de la piquette donnent une boisson qui purifie les yeux. L'odeur de sa fleur fanée, aspirée par les narines, facilite l'expulsion du fœtus mort dans le sein de la mère. Broyée et appliquée sous la matrice, sa racine produit le même effet. Prise réduite en poudre et incorporée avec du miel, cette racine apaise la toux, guérit les catarrhes et arrête l'hémoptysie ; elle débarrasse parfois pour toujours la poitrine des humeurs qui s'y étaient portées. Soit rôtie, soit bouillie, la racine de serpentaire est utile pour toutes les affections que je viens d'énumérer. Bue avec du vin, elle est aphrodisiaque. Broyée avec de la bryone et du miel, elle est diurétique, elle déterge les plaies de mauvaise nature et guérit les fistules. Avec du vinaigre seulement, elle fait disparaître les taches du corps. Il y a une maladie des pieds, qu'on appelle pernio (engelure au talon) de pernicies (perte, destruction), en raison du dommage qu'en éprouve le membre qui en est affecté, et que le vulgaire appelle mule. Cette maladie, qui est ordinairement produite par le froid, cède à une fomentation d'eau où l'on a fait bouillir de la racine de serpentaire.


LV. La guède.



La guède, que les Grecs appellent ἴσατις, est une herbe très précieuse pour les teinturiers. Un cataplasme fait de ses feuilles broyées arrête le sang des blessures, les cicatrise, quelque dangereuses qu'elles soient, et dissout toutes sortes de tumeurs. Broyée avec du miel,elle déterge les ulcères sordides. Combinée avec un blanc d’œuf et employée comme topique, elle dissipe les taches du corps et remédie au mal qu'on appelle feu sacré.


LVI. L'ellébore blanc.



On distingue deux espèces d'ellébore : le blanc, qui purge par en haut ; le noir, qui purge par en bas. Ils ont tous deux une force de chaleur et de siccité du troisième degré. L'ellébore blanc est plus énergique que le noir : aussi parlerai-je d'abord du premier. De quelque manière qu'on l'applique, il facilite l'expulsion du fœtus mort dans le sein de la mère. Réduit en poudre et aspiré par les narines, il provoque des éternuements qui dissipent les maux de tête. Mêlé aux préparations ophtalmiques, il est très efficace, dit-on, contre les maladies des yeux. Réduit en poudre et mêlé avec de la bouillie, il tue les rats ; avec du lait, il fait mourir les mouches. Pris en boisson, il passe pour un vomitif qui purge l'estomac des humeurs diverses qui le travaillent, et qui remédie à toutes sortes d'affections invétérées, telles que le vertige, la folie, la mélancolie, l'épilepsie, la frénésie. Il est d'une merveilleuse efficacité dans les débuts de l'hydropisie ; il fait disparaître la lèpre, il dissipe le tétanos et la goutte, il arrête les tremblements, il remédie aux coliques et aux différentes affections de l'estomac, il apaise les douleurs de la sciatique ; il calme la toux invétérée. et surtout la fièvre quarte datant de plusieurs années. Pline recommande de se préparer soigneusement pendant sept jours avant de faire usage de cette herbe ; il veut qu'on tempère le corps par des aliments humides, qu'on ne soupe pas trop tard la veille quand on doit la prendre le lendemain matin, et qu'on choisisse un jour serein, chaud, clair et sans vent. Si l'on ne prend ces précautions, on s'expose, dit-il, à des douleurs cruelles. Suivant le même auteur, l'ellébore, pour n'être pas nuisible, doit être cuit auparavant avec de la bouillie ou des lentilles. Il en interdit l'usage aux vieillards et aux enfants, aux personnes faibles et timides, et aux hommes d'un caractère efféminé. Il recommande de n'en donner qu'avec beaucoup de réserve à ceux qui sont maigres. D'autres prétendent qu'il faut le prendre cuit dans de la tisane, dans de l'hydromel ou dans du pain : qu'ainsi mélangé, il est plus efficace. On dit que Philon a composé un petit ouvrage sur la manière de prendre cette herbe. Hippocrate, dans ses Aphorismes, se borne à en faire mention comme d'une plante très utile. Plusieurs auteurs ont traité de ses vertus, et enseigné la manière dont il faut s'en servir, selon la nature des malades. J'ai feuilleté un grand nombre d'ouvrages mais je n'ai trouvé dans aucun qu'il faille s'assujettir à une dose déterminée : les auteurs ont cru suffisant, sans doute, de se baser sur les forces et l'âge du malade, ainsi que sur le temps où l'on peut s'en servir ; cependant il me paraît un peu inconsidéré de conseiller, sans indiquer la dose, l'emploi d'un médicament qui se manifeste souvent par des effets subits et dangereux. Suivant Pline, Thémison en donnait d'abord deux drachmes, puis quatre ; cependant il ne me paraît pas avoir déterminé lui•même la dose à laquelle on doit le prescrire. En conseillant de donner une drachme ou quatre scrupules d'ellébore noir, il me semble avoir donné à entendre qu'il ne faut pas excéder une demi-livre d'ellébore blanc, parce qu'il est, de son aveu, beaucoup plus énergique que le noir.


LVII. L'ellébore noir.



L'ellébore noir n'est ni aussi énergique ni aussi dangereux que le blanc. Les anciens conseillent de le faire cuire dans des lentilles ou dans une petite quantité de bouillon. Pris ainsi, selon eux, il remédie à la folie et calme les douleurs de la goutte. Administré en breuvage, il passe pour dissiper l'hydropisie en provoquant la fièvre ; il soulage merveilleusement les paralytiques, apaise toutes les douleurs des articulations, et fait évacuer la bile et toutes sortes d'humeurs. Une décoction d'ellébore noir, prise en boisson, dissipe l'obscurcissement des yeux. Sous forme de cataplasme. il mûrit et guérit les abcès. Un petit morceau de sa racine appliqué et laissé pendant deux jours sur les callosités d'une fistule, arrête la suppuration. Broyé avec de la farine d'orge et employé comme cataplasme, il dissipe l'enflure de l'hydropisie ; appliqué sur les parties sexuelles des femmes, il facilite l'écoulement des règles et détermine l'expulsion du fœtus mort dans la matrice. Introduit et conservé pendant deux ou trois jours dans les oreilles, il rend l'ouïe aux sourds. Appliqué en cataplasme, il fait disparaître les taches. du corps, il dissipe la lèpre et toutes les affections psoriques. Bouilli avec du vinaigre et employé comme collutoire, il apaise les douleurs de dents les plus violentes. Pline conseille de l'administrer à la dose d'une drachme : pris dans cette mesure, il relâche le ventre. Suivant cet auteur, il ne faut pas excéder quatre oboles.


LVIII. La verveine.



La verveine, que les Grecs appellent ἱεροβοτάνη et περιστερεών, se divise en deux espèces, qui ont toutes deux à peu près les mêmes vertus. Prise souvent avec du vin, elle dissipe la jaunisse. Broyée avec du vin et appliquée en cataplasme, elle neutralise l'effet des morsures venimeuses : il faut avoir soin, toutefois, de renouveler le cataplasme pendant quatre jours. Le jus tiède de la verveine, employé comme collutoire, cicatrise les plaies de la bouche. On obtient le même effet avec une décoction de cette herbe fraîche. En se gargarisant fortement avec cette décoction tiède, on arrête la gangrène de la bouche. Broyée toute fraîche et appliquée en cataplasme, la verveine cicatrise les blessures ; prise avec du vin, elle est un antidote contre tous les poisons. Prenez trois racines de verveine avec autant de feuilles, puis faites-les cuire dans de l'eau, et vous obtiendrez un breuvage qui, pris avant le retour du frisson, chasse la fièvre intermittente. Quatre feuilles avec autant de racines, administrées de la même manière, ont la même vertu contre la fièvre quarte. Une décoction de cette herbe et de vin, répandue à table, anime la gaîté des convives, comme je l'ai dit de la buglosse. Si, tenant de la verveine à la main, vous dites à un malade : "Frère, comment vous portez-vous?" et qu'il vous réponde : "Bien", il vivra ; s'il vous répond : "Mal", il n'y a aucun espoir de guérison. Quelques médecins conseillent de tresser une couronne de verveine et d'en ceindre la tête des personnes atteintes d'une maladie quelconque : le mal, disent-ils, disparaîtra aussitôt. Suivant Pline, cette plante est très efficace contre les douleurs d'entrailles, contre les affections du côté, du foie, de la poitrine, et surtout celles du poumon, et contre la phtisie. Mêlée avec du vieux oing, elle dissout les engorgements des glandes parotides. Joignez à la verveine une égale quantité de l'herbe qui tire son nom de ses mille feuilles et de bétoine, puis faites détremper le tout dans l'eau, et vous obtiendrez une boisson qui est, dit-on, d'une efficacité merveilleuse contre la pierre. Pline prétend que les mages font un grand éloge de cette herbe : suivant eux, elle remédie à toutes sortes de maladies, et celui qui s'en frotte obtient tout ce qu'il veut. Ils disent aussi que, grâce à sa vertu miraculeuse, on se concilie la faveur des grands, et qu'on se délivre de la fièvre et d'une infinité d'autres maux semblables. Quelque libérale que puisse être la nature dans ses dons,ce que les mages disent de la vertu de cette herbe me semble devoir être rangé parmi les contes de vieilles femmes.


LIX. La germandrée.



La germandrée, que les Grecs appellent χαμαιδρῦς, et les latins gamandrea, a une force de chaleur et de siccité du troisième degré. Bue avec de l'eau, elle détermine l'expulsion du fœtus mort dans le sein de la mère, calme la toux et remédie aux fractures ; bue avec du vinaigre, elle sèche la rate ; avec du vin, elle facilite l'écoulement périodique du sang chez les femmes, guérit l'hydropisie commençante, et neutralise l'effet de la piqûre des bêtes venimeuses. Employée en cataplasme, elle est également efficace dans les différents cas dont je viens de parler. Broyée avec du miel et appliquée sur la partie malade, elle cicatrise les ulcères sordides, même invétérés. Le jus de cette herbe, incorporé avec du miel et employé en fomentation, éclaircit la vue. Broyée et mêlée avec de l'huile, elle remédie au refroidissement du corps lorsqu'on s'en frotte, et rappelle la chaleur naturelle.


LX. La morelle.



La morelle, que les Grecs appellent στρύχνον, et les Latins morella, est d'une nature très froide. Injecté goutte à goutte dans l'oreille, le jus de cette herbe en apaise à l'instant les douleurs. Employée en cataplasme, la morelle remédie à l'aegilops et aux douleurs de tête. Broyée avec du sel et du pain, et appliquée sur la partie malade, elle dissout l'engorgement des glandes parotides. Des frictions faites avec le jus de cette herbe calment les démangeaisons. On peut s'en servir aussi, en l'appliquant sur les parties sexuelles des femmes pour arrêter la ménorragie. Les feuilles de morelle, broyées et combinées avec de la bouillie de farine d'orge, donnent un cataplasme qui dissipe le feu sacré et les dartres rongeantes. En ajoutant de la litharge, de la céruse et de l'huile rosat, on rend ce cataplasme encore plus efficace.


LXI. La jusquiame.



La jusquiame, que les Grecs appellent ὑοσχύαμος, et les Latins caniculata, est une herbe d'une nature très froide. On en compte trois espèces, qui se distinguent par la couleur de leur graine, blanche, roussâtre ou noire. Celle dont la graine est blanche est la plus estimée. A défaut de celle-ci, ou se sert ordinairement de l'espèce dont la graine est roussâtre. Quant à la troisième, on n'en fait guère usage en médecine. Les feuilles de la jusquiame, broyées et combinées avec de la bouillie d'orge, donnent un cataplasme qui dissout les tumeurs de toute nature, et qui a la vertu incomparable d'apaiser les ardeurs, de la goutte. Injecté dans les oreilles, le jus de cette herbe tue les vers qui s'engendrent dans cet organe, et calme les différentes douleurs auxquelles il est sujet. Un gargarisme de vinaigre tiède, où l'on a fait bouillir des racines de jusquiame, est un remède très efficace contre les douleurs de dents les plus violentes. Le jus de la graine de cette herbe, employé en fomentation, apaise l'inflammation des yeux et sèche les humeurs visqueuses qui en découlent. En administrant à la dose d'une obole cette graine mêlée avec une égale quantité de graine de pavot et d'hydromel, on arrête la ménorragie chez les femmes, et on guérit, dit-on, ceux qui sont atteints d'hémoptysie. Ce mélange, souvent pris en breuvage, arrête les vomissements de sang, quelle que soit la cause dont ils proviennent. Broyée dans du vin et employée en cataplasme, la même graine dissipe le gonflement des mamelles et des testicules. Elle entre dans la composition d'un grand nombre d'emplâtres et de médicaments. Cette herbe, mangée comme un légume, cause la manie, et son jus, distillé sur une blessure quelconque, produit le même effet.

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Message par Stephandra le Mar 12 Avr 2011, 12:41

LXII. La mauve.



La mauve a été appelée malva par les anciens, en raison de ses propriétés laxatives. Sextus Niger et Dioscoride prétendent qu'elle est mauvaise pour l'estomac ; cependant, suivant les mêmes médecins, préparée et mangée comme un légume, elle ne laisse pas d'être très efficace contre les affections internes : elle remédie aux affections de la vessie, et neutralise l'effet des substances vénéneuses. Ils pensent que rien n'est plus propre à cicatriser sur-le-champ une blessure vive, qu'un cataplasme de feuilles de mauve et de saule, broyées ensemble à poids égaux. Les mêmes auteurs ajoutent que, mêlée avec du vieux oing, cette herbe est très bonne pour la guérison des fractures. Appliquée sur la partie malade, une seule racine de mauve suffit pour apaiser les douleurs de dents ; attachée à la cuisse avec un fil, elle excite à l'amour. Ils prétendent encore que les femmes qui portent sur elles une racine de cette herbe, enveloppée de laine noire, se préservent des maladies du sein. Suivant la Thébaine Olympias, cette racine, broyée dans de la graisse d'oie, et appliquée en pessaire sous la matrice, provoque l'avortement. Des feuilles de mauve pilées avec un peu de sel donnent un cataplasme qui remédie à l'aegilops. Le jus de cette herbe est également bon contre la piqûre des abeilles. En y mêlant de l'huile et en se frottant le corps avec cette mixtion, on peut braver l'aiguillon de ces mouches. Une décoction de mauve et d'urine, employée en lotion, fait disparaître la teigne hideuse et la crasse, ce fléau de la tête. La feuille de cette herbe, bouillie avec de l'huile et appliquée en cataplasme, apaise le feu sacré. Préparée de la même manière, elle remédie aux brûlures. Une décoction de la mène herbe, employée comme topique, est également efficace contre les obstructions hystériques et les affections internes de la matrice et de l'anus.


LXIII. Le parelle.



Le lapathum est appelé communément parelle. On en distingue quatre espèces, qui toutes ont à peu près les mêmes vertus médicales. Elles sont toutes aussi d'une nature chaude et âpre et, par conséquent stomachiques. Prise comme aliment, cette herbe fortifie l'estomac et fait rendre les vents qu'il renferme ; elle resserre aussi, dit-on, le ventre. Une décoction tiède de lapathum, employée en fomentation, apaise les douleurs prurigineuses et fait disparaître les dartres qui rongent la peau. Soigneusement broyées et cuites dans du vin, ses racines dissolvent les écrouelles et les tumeurs des glandes parotides. Une décoction de cette herbe, employée tiède en gargarisme, dissipe le gonflement de la luette et le mal de dents. Prise en boisson, .elle arrête la dysenterie et apaise les coliques. Injectée tiède dans l'oreille, elle en calme les douleurs. Ses racines cuites dans du fort vinaigre, et appliquées en cataplasme sur la partie malade, dissipent, en les séchant, les gonflements de la rate, quelle que soit leur intensité. Une décoction de racines dans du vin ou de l'eau, prise en boisson, arrête la ménorragie et dissout la gravelle. Cette décoction est également bonne contre la jaunisse. La racine de lapathum, suspendue au cou, préserve des écrouelles.


LXIV. L'ivraie.



L'ivraie, que les Grecs nomment λόλιον, est une herbe qui nuit beaucoup au blé, et qu'on appelle vulgairement nigella. Elle a la vertu de dissiper les humeurs cancéreuses et de cicatriser les ulcères rongeurs. Pour obtenir cet effet, il faut la broyer avec du raifort et un peu de sel, et l'appliquer sur la partie malade. Employée de la même manière, elle fait disparaître les dartres et la lèpre. Combinée avec du soufre vif, de la fiente de colombe et de la graine de lis, et cuite dans du vin, elle donne un cataplasme qui dissipe les écrouelles, fait percer les abcès et dissout toutes sortes d'obstructions. Cuite dans de l'hydromel avec de l'encens et du safran, et appliquée sur la cuisse, elle apaise les douleurs de la goutte sciatique. Employée en fumigation, elle facilite, dit-on, l'accouchement.


LXV. La ciguë.



La ciguë est une herbe froide et vénéneuse, dont le jus donne la mort à ceux qui en boivent. Comme elle a pour effet de laisser des taches sur le cadavre, ces taches sont des signes auxquels on peut reconnaître si une personne a été victime de ce genre de mort. Chez les Athéniens, les criminels condamnés à la peine capitale buvaient la ciguë, et le grand Socrate a illustré ce genre de mort. Je ne rechercherai pas quelle est la nature de cette herbe considérée comme poison, mon dessein étant de faire connaître les vertus salutaires des plantes, et non ce qu'elles ont de nuisible. S'il arrive qu'une personne soit en danger de mort pour avoir bu de la ciguë, on peut en neutraliser l'effet en lui faisant prendre du vin tiède riche en principes généreux. Mais, quoique cette herbe, convertie en breuvage, ait de funestes effets, elle est cependant très salutaire lorsqu'on l'emploie comme topique. Ainsi la feuille de ciguë, broyée toute verte et appliquée sur le front, est un remède très efficace contre l'épiphora. On obtient le même effet en fomentant les paupières avec le jus. Employée de la même manière, elle dissipe le feu sacré et les dartres. Suivant Anaxilaüs, la jeune fille qui a soin, dans l'adolescence, de•se frotter les mamelles avec le jus de ciguë, conservera toujours son sein ferme et bien proportionné. Broyée et appliquée sur les mamelles, cette herbe tarit le lait des femmes. Des cataplasmes de ciguë broyée, souvent renouvelés sur l'os pubis,•éteignent les ardeurs érotiques et arrêtent les écoulements spermatiques. Mêlée avec de la litharge et de la graisse, et appliquée chaude sur le corps, elle calme admirablement les douleurs de la goutte, ainsi que j'en ai fait l'expérience. Enfin, pour ne pas entrer dans de minutieux détails, la ciguë broyée est un remède efficace contre toutes sortes d'inflammations.


LXVI. Le poivre.



Après avoir enseigné dans mes vers les vertus des herbes vulgaires qui croissent dans nos jardins, il me reste à parler des herbes exotiques que le commerce a fait connaître à presque tout le monde. Je commencerai par énumérer les vertus du poivre, plus connu comme condiment que par ses propriétés médicales.
Le poivre a une force de chaleur et de siccité du troisième degré. On en distingue trois espèces : le poivre blanc, le poivre long et le poivre noir. Les deux premières espèces étant connues seulement des médecins, je ne m'occuperai que du poivre noir, et me bornerai à dire ce que je sais de cette troisième espèce.
Pris cru ou cuit, ou incorporé avec du miel, le poivre noir est digestif et efficace dans les affections du foie. Il neutralise l'effet des morsures venimeuses, il dissipe les dégoûts, il remédie aux différentes affections du thorax, et prévient le retour des fièvres périodiques lorsqu'on a soin d'en prendre avant le frisson. Combiné avec des baies ou des feuilles de laurier broyées, et détrempé dans du vin tiède, il donne une boisson qui apaise la colique. Mêlé avec de la poix dure et appliqué en cataplasme, il dissout les écrouelles. C'est un des ingrédients les plus efficaces des remèdes qu'on emploie ordinairement contre l'obscurcissement de la vue. Mêlé avec du nitre, il fait disparaître les taches de la peau. Broyé, à quantité égale, avec de la cendre d'excréments humains, rien n'est, dit-on, plus efficace contre les affections cancéreuses. Il serait impossible d'énumérer toutes les vertus du poivre ; il entre dans la plupart des médicaments et dans un grand nombre d'antidotes renommés. Ceci me donne à penser que, peut-être, on fait peu l'éloge du poivre, précisément parce que ses vertus sont innombrables.


LXVII. Le pyrèthre.



Le pyrèthre a une force de chaleur et de siccité du quatrième degré. Le mal de dents produit par le contact de l'eau froide se calme en mâchant cette plante et la gardant longtemps dans la bouche, ou en l'employant, macérée dans du vinaigre, sous forme de collutoire. Par le même moyen, on dissipe l'enflure de la langue, on relève la luette surchargée par le poids de l'humeur qui y afflue, et on guérit une infinité d'autres maladies de la bouche. Prise avec du miel, cette herbe est très bonne contre l'épilepsie et les attaques de nerfs. Suspendue au cou des enfants épileptiques, elle conjure, à ce qu'on croit, par son odeur seule, les attaques de cette terrible maladie. Une décoction de pyrèthre dans l'huile, employée en fomentation avant le retour du frisson, diminue ou apaise les ardeurs de la fièvre. Les maux de reins cèdent également à la vertu de ce remède. Cette décoction est surtout très efficace contre la paralysie, et le malade sur qui on en aura fait usage par des frictions énergiques et réitérées, éprouvera un sensible soulagement. En s'en frottant légèrement tout le corps, elle dilate les pores et active la transpiration ; elle ranime les membres engourdis, préserve le corps de tout refroidissement, et remédie aux contractions nerveuses. Broyé et détrempé dans de l'huile, le pyrèthre a les mêmes vertus, et l'on peut l'employer en frictions sur toutes les parties du corps.


LXVIII. Le gingembre.



Comme les médecins reconnaissent au gingembre des propriétés médicales analogues à celles du poivre, je m'abstiendrai d'en parler ici.


LXIX. Le cumin.



Le cumin a une force de chaleur et de siccité du troisième degré. Sous quelque forme qu'on le prenne, il chasse les vents qui torturent les entrailles et entravent les fonctions de l'estomac ; il ranime la chaleur digestive de l'estomac et du foie, et apaise, dit-on, les ardeurs érotiques. Bouilli dans du vinaigre, il arrête le flux de ventre. Mangé avec de la bouillie, il devient un spécifique très efficace contre l'orthopnée. Pris avec du vin, il neutralise l'effet des morsures,venimeuses. Broyé avec de la farine de fève et du miel tiède, et appliqué en cataplasme, il dissipe le gonflement des testicules. Pris avec de la bouillie, il arrête l'écoulement du sang chez les femmes. Il rend pâles, dit-on, les personnes qui en mangent souvent.


LXX. Le galanga.



Le galanga dissout les flegmons de l'estomac, fortifie les personnes flegmatiques, est un bon carminatif, ranime la faculté digestive et apaise la colique. Il contribue surtout à purifier l'haleine, ranime la chaleur des reins et porte à l'amour.


LXI. Le zédoaire.



Le zédoaire, pris en breuvage. passe pour être un excellent contre-poison, et avoir la vertu de neutraliser l'effet de la morsure des reptiles. Il fortifie l'estomac, le débarrasse des vents qui l'incommodent, et, par un usage prolongé, dissipe les dégoûts. Il remédie aux affections chroniques de l'estomac ; et, pour obtenir cet effet, il faut en mâcher à jeun et en avaler le jus avec la salive. Il détruit les vers qui s'engendrent dans les intestins, et dissipe l'odeur désagréable que l'ail ou le vin pris avec excès communiquent à l'haleine.


LXXII. Le caryophylle.



Le caryophylle a une force de chaleur et de siccité du second degré. Pris en boisson, il fortifie le foie et l'estomac, et remédie à presque toutes les affections internes. Une drachme de caryophylle broyée dans du lait frais de vache donne une boisson qui porte à l'amour et fortifie la mémoire.

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Message par Stephandra le Mar 12 Avr 2011, 12:42

LXXIII Le cinnamome.



On distingue trois espèces de cinnamomes ; mais on regarde comme le plus précieux celui qui est le plus léger et dont la saveur est à la fois mordante et douce. Il sèche les humeurs de l'estomac, le fortifie et aide à la digestion. Il soulage le foie, est diurétique, emménagogue. Il est également efficace contre la toux et les affections catarrheuses, et remédie particulièrement à cette espèce d'hydropisie qu'on appelle lympanite. c'est encore un excellent spécifique contre les maux de reins les plus graves. Il neutralise l'effet de la morsure des reptiles. Associé aux remèdes ophtalmiques, il sèche les humeurs aqueuses. Broyé dans de fort vinaigre, et appliqué sur le visage, il fait disparaître les taches de rousseur. il dissipe aussi cette affection cutanée qui tire son nom du mot impes (impétuosité, c'est-à-dire de la rapidité avec laquelle elle se développe).
La grosse espèce de cinnamome a la vertu d'arrêter le flux hémorroïdal ; et, pour obtenir cet effet, il faut la broyer dans de l'eau froide et l'administrer sous forme de boisson, que le malade devra prendre à jeun. La dose de cette espèce de cinnamome doit être alors de deux drachmes.


LXXIV. Le costus.



On distingue deux espèces de costus : l'une lourde et rouge, qui est très amère et qui croît dans l'Inde ; l'autre, légère, sans amertume, blanchâtre, qui croit dans l'Arabie. La première est la plus efficace en médecine.
Pris en boisson avec du vin tiède, le costus est diurétique, remédie aux affections de la rate et du foie,et apaise les douleurs de côté. Employé en fumigation, il facilite l'écoulement périodique du sang chez les femmes et calme les douleurs de la vulve. On obtient le même effet en l'appliquant en pessaire. Broyé avec du miel et employé en fomentation, il chasse les vers ascarides lombricoïdes, et fait disparaître les taches de rousseur du visage. Pris avec de l'hydromel, il porte à l'amour. Des frictions faites avant le retour du frisson avec une décoction de costus dans l'huile, délivrent de la fièvre. On remédie de la même manière à la goutte sciatique et à l'enflure des membres. La poudre du costus cicatrise à 'instant les plaies invétérées.


LXXV. Le spica-nard.



Suivant les médecins, le spica-nard, autrement appelé nard indien, a une force de chaleur et de siccité du premier degré. Pris en boisson, il fortifie le foie,et apaise les douleurs d'estomac. L'apozème de spica-nard purge les reins, soulage la vessie, active la sécrétion de l'urine, facilite l'écoulement périodique du sang chez les femmes, dissipe la jaunisse, et chasse ces humeurs nuisibles qui descendent quelquefois de la tête dans la poitrine par la luette, cicatrise les blessures et les plaies intérieures, et débarrasse l'estomac des vents qui l'incommodent. Placée sous la matrice, cette plante a encore la vertu d'arrêter la ménorragie. Prise dans de l'eau froide, elle apaise les palpitations de cœur et la nausée ; dans du vin cuit, elle est aphrodisiaque.Bouillie et employée en fomentation,elle amollit les obstructions de la matrice. Employée tiède de la même manière, elle calme, assure-t-on, la démangeaison des yeux et fortifie les cils.
Il y a une autre espèce de nard qu'on appelle nard celtique, parce qu'il naît dans le pays des Celtes, qui a les mêmes propriétés que le nard indien, mais moins énergiques.


LXXVI. L'encens.



L'encens a une force de chaleur et de siccité du second degré. Broyé dans un blanc d’œuf ou dans du lait tiède de femme, il éclaircit la vue. Broyé et combiné avec du vinaigre, de la poix et du lait, il a surtout la vertu de cicatriser les blessures récentes. Mêlé avec de la graisse de porc, il remédie aux brûlures ; avec du miel, il dissout les panaris. Broyé et détrempé dans du vin tiède, il apaise, assure-t-on, les douleurs d'oreilles. Broyé et mêlé avec de la craie du mont Cimole et du vin rosat, il dissipe le gonflement des• mamelles. Pris avec du vin ou du vinaigre, c'est le remède le plus efficace qu'on connaisse contre l'hémoptysie. Broyé avec du lait de femme et appliqué comme topique, il remédie aux ulcères qui se forment dans l'anus ou dans tout autre partie du corps. Un topique composé d'encens, d'aloès et de blanc d’œuf, et appliqué sur la veine ouverte ou sur une blessure saignante, arrête l'hémorragie. Il faut avoir soin, dans ce cas, de ne vas lever l'appareil avant qu'on ne soit sûr que la plaie est fermée ; et même, au besoin, il faut appliquer un second emplâtre sur le premier, jusqu'à ce que la cicatrice soit assez bien formée pour se solidifier par elle-même. Il n'y a pas, dit-on, de meilleur remède pour étancher le sang. L'odeur de l'encens a la vertu de fortifier la mémoire. Mâché avec de l'origan, il provoque l'expectoration et par là purge la tête des mauvaises humeurs qui la surchargent, en même temps qu'il déterge la langue. Mêlé avec de la graisse d'oie ou de canard, il donne un cataplasme qui remédie aux brûlures.


LXXVII. L'aloès.



Il y a deux espèces d'aloès, dont l'une, qui est rougeâtre à l'extérieur, et qui a intérieurement la couleur du foie, est appelée hépatique. Elle a des propriétés médicales très développées : aussi est-elle plus utile que l'autre dont la cassure offre la couleur de la poix. Elle purifie l'estomac, la tête et les articulations, en expulsant les humeurs nuisibles par des évacuations qui ne fatiguent pas le corps. Elle dissipe la jaunisse et remédie aux affections du foie. Réduite en poudre et injectée dans les plaies, elle les déterge et les cicatrise. Employée de la même manière, elle guérit les ulcères et les blessures du membre viril et des testicules. Détrempée dans l'eau et appliquée en cataplasme, elle dissout les tumeurs des lèvres et des narines, et dissipe la teinte livide qui flétrit le tour des yeux. Mêlée avec du vinaigre et de l'huile rosat, et employée en fomentation, elle calme d'une manière merveilleuse le mal de tête et apaise les démangeaisons des yeux. Un cataplasme composé d'aloès bien broyé avec du vin, fortifie les cheveux et les empêche de tomber. Triture avec du vin et du miel, et employé en collutoire, l'aloès guérit les affections de la langue, des gencives, et toutes les maladies de la bouche. Pris en boisson, il relâche doucement le ventre. Suivant Oribasius, il est stomachique, quoique, en général, tout ce qui relâche le ventre soit contraire à l'estomac. Suivant le même auteur, deux drachmes d'aloès, mêlées avec de l'hydromel, chassent la bile et les flegmes ; deux ou trois pilules composées d'aloès et de jus de chou vert, de la grosseur d'une fève ou d'un pois chiche, provoquent des évacuations qui débarrassent le corps des humeurs nuisibles. En prenant souvent ce purgatif, de manière, toutefois, à ne pas en faire abus et à ne pas surexciter l'estomac, on ne sera presque pas sujet au mal de tête. Rien n'est plus salutaire pour les yeux, comme j'en ai fait moi-même l'expérience. S'il s'agit, de remédier à une forte constipation, en broyant ensemble de l'aloès et de la scammonée, dans la proportion de deux parties du premier et d'une de la seconde, on obtiendra le soulagement désiré.

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