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Livre XXX, traitant des rémèdes provenant des animaux

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Livre XXX, traitant des rémèdes provenant des animaux

Message par Stephandra le Mar 19 Avr 2011, 22:24

LIVRE XXX.


TRAITANT DES AUTRES REMÈDES FOURNIS PAR LES ANIMAUX.

I. De l'origine de la magie.

1. Dans les parties antérieures de cet ouvrage nous avons réfuté plus d'une fois, quand le sujet et le lieu l'exigeaient, les impostures magiques. Nous allons encore en révéler la vanité. La magie est du petit nombre des choses sur lesquelles il importe de s'étendre, ne fût-ce qu'à ce titre qu'étant le plus trompeur des ais, elle a eu, par tout le monde et en tout temps, le plus grand crédit. On ne s'étonnera pas de l'influence extrême qu'elle s'est acquise, car elle a seule embrassé et confondu les trois arts qui ont le plus de pouvoir sur l'esprit humain.

2. Elle est née d'abord de la médecine, cela n'est pas douteux ; et, sous l'apparence d'avoir pour objet notre salut, elle s'est glissée comme une autre médecine plus profonde et plus sainte. En second lieu, aux promesses les plus flatteuses et les plus séduisantes elle a joint le ressort de la religion, sujet sur lequel le genre humain est encore aujourd'hui le plus aveugle. Enfin, pour comble, elle s'est incorporé l'art astrologique; or, tout homme est avide de connaître son avenir, et tout homme pense que cette connaissance se tire du ciel avec le plus de certitude. Ainsi, tenant enchaînés les esprits par un triple lien, la magie s'est élevée à un tel point, qu'aujourd'hui même elle prévaut chez un grand nombre de nations, et dans l'Orient commande aux rois des rois.





II. Quand et par qui elle a commencé. Quels sont ceux qui l'ont cultivée.

1. C'est dans l'Orient sans doute qu'elle a été inventée, dans la Perse, par Zoroastre; les auteurs s'accordent sur ce point : mais n'y a-t-il eu qu'un Zoroastre? y en a-t-il eu deux? C'est une question indécise. Eudoxe, qui a prétendu que parmi les sectes philosophiques la magie était la plus illustre et la plus utile, plaçait ce Zoroastre six mille ans avant la mort de Platon ; autant en faisait Aristote. Hermippe, qui a écrit avec beaucoup d'exactitude sur toutes les parties de cet art, et qui a commenté les deux millions de vers composés par Zoroastre, et mis des tables aux ouvrages de cet auteur, rapporte que Zoroastre a puisé sa doctrine chez Azonaces, et vécu cinq mille ans avant la guerre de Troie.

2. Il faut d'abord s'étonner que ces souvenirs et cet art aient subsisté pendant tant de siècles sans que les monuments écrits aient péri, et en outre sans que la tradition ait été entretenue par des intermédiaires illustres et continus. En effet, est-il beaucoup de personnes qui connaissent, même par ouï-dire, ces mages qu'on elle seuls, Apuscorus et Zaratus de Médie, Marmarus et Arabantiphocus de Babylonie, Tarmoendas d'Assyrie, tous hommes dont il ne reste aucun écrit? Mais ce qu'il y a de plus étonnant encore, c'est qu'Homère garde sur cet art un silence complet dans l'Iliade, tandis que dans l'Odyssée il est continuellement question de magie, au point que ce poème n'a guère d'autre fondement. En effet, d'après les mages, on ne doit pas expliquer autrement Protée, le chant des sirènes, Circé, et l'évocation des enfers.

3. Personne n'a dit non plus dans la suite comment la magie était venue à Telmesse (V, 28 ), ville extrêmement religieuse; en quel temps elle avait passé chez les femmes thessaliennes, qui longtemps ont servi de surnom dans nos contrées; surnom emprunté à une nation qui était sans rapport avec la magie, qui, du moins an temps de Troie, se bornait aux remèdes de Chiron, et qui n'avait pas d'autres foudres que les foudres de Mars. Certes je m'étonne que le renom de magie se soit attaché aux Thessaliens d'Achille, si bien que Ménandre, sans rival dans les connaissances littéraires, a intitulé Thessalienne une comédie représentant les cérémonies mystérieuses par lesquelles des femmes faisaient descendre la lune sur la terre (II, 9 ). Je croirais qu'Orphée ale premier transporté de proche en proche les superstitions magiques avec les découvertes de la médecine, si la Thrace, où il faisait son séjour, n'eût été totalement étrangère à la magie.

4. Le premier, d'après le résultat de mes recherches, qui ait écrit sur ce sujet et dont les ouvrages subsistent, est Osthanes. Il avait accompagné Xerxès dans la guerre faite aux Grecs par ce prince; il dissémina pour ainsi dire les germes de cet art monstrueux, et en infecta tous les lieux qu'il parcourut. Les auteurs exacts placent peu de temps avant lui un autre Zoroastre de Proconnèse. C'est cet Osthanes, cela est certain, qui inspira aux peuples de la Grèce, non l'amour, mais la rage de cette science. Toutefois je remarque qu'anciennement et presque toujours on chercha dans cette science le plus haut point de l'éclat et de la gloire littéraires;

5. du moins Pythagore, Empédocle, Démocrite, Platon, pour s'y instruire, traversèrent les mers, exilés à vrai dire plutôt que voyageurs. Revenus dans leur patrie, ils vantèrent la magie, ils la tinrent en arcane. Démocrite a fait connaître Apollobèches de Coptos et Dardanus de Phénicie. 1l alla chercher les écrits de Dardanus dans le tombeau de ce personnage : quant aux siens, ils ont été composés d'après la doctrine de ces deux hommes. Que tout cela ait été reçu par d'autres et se soit conservé dans la mémoire, c'est ce qui m'étonne le plus au monde. Ici tout est si peu croyable et si révoltant, que ceux qui donnent leur approbation aux autres écrits de Démocrite regardent comme apocryphes les livres magiques qui portent son nom.

6. Mais il n'est que trop vrai c'est lui qui a surtout infatué les esprits de cette attrayante chimère. Il faut aussi remarquer, comme une circonstance singulière, que les deux arts, médecine et magie, se soient développés simultanément, la médecine par Hippocrate, la magie par Démocrite, au temps de la guerre du Péloponnèse, répondant à l'an ami de Rome. Il est une autre secte magique formée par Moise, Jamnès, et Jotapes, tous trois Juifs, mais postérieurs de plusieurs milliers d'années à Zoroastre. Quant à la secte de l'île de Chypre, elle est beaucoup plus récente. Du temps d'Alexandre le Grand la magie reçut un surcroît non petit d'influence par le second Osthanes, qui eut l'honneur d'accompagner ce prince, et qui, ce dont personne ne doute, parcourut presque toute la terre.





III. Si l'Italie l'a pratiquée. Quand , pour la première fois , le sénat a défendu les sacrifices humains.

1. Il existe certainement aussi chez les nations italiennes des traces de la magie, par exemple dans nos lois des Douze Tables et d'autres monuments, comme je l'ai fait voir dans un livre précédent (XXVIII, 4). Ce n'est que l'an 657 de Rome, sous le consulat de Cn. Cornélius Lentulus et de P. Licinius Crassus, qu'il fut défendu par un sénatus-consulte d'immoler un homme (XXVIII, 3, 3) ; ce qui prouve que jusqu'à cette époque on faisait de ces horribles sacrifices.





IV. Des druides des Gaules.

1. Les Gaules ont été aussi possédées par la magie, et même jusqu'à notre temps; car c'est l'empereur Tibère qui a supprimé leurs druides, et cette tourbe de prophètes et de médecins. Mais à quo bon rapporter ces prohibitions au sujet d'un art qui a franchi l'Océan, et qui a pénétré jusqu'où cesse la nature? La Bretagne cultive aujourd'hui même l'art magique avec foi et de telles cérémonies, qu'elle semblerait l'avoir transmis aux Perses. Ainsi tous les peuples, quoiqu'en discorde et inconnus les uns aux autres, se sont accordés sur ce point. On ne saurait donc suffisamment estimer l'obligation due aux Romains pour avoir supprimé ces monstruosités dans lesquelles tuer un homme était faire acte de religion, et manger de la chair humaine une pratique salutaire.





V. Des espèces de la magie.

(II.) 1. Comme l'enseignait Osthanes, il y a plusieurs espèces de magie : la magie emploie l'eau, les boules, l'air, les étoiles, les lampes, les bassins, les haches, et beaucoup d'autres moyens; toutes pratiques qui promettent la divination, et en outre les colloques avec les ombres et les enfers. De notre temps, l'empereur Néron a eu la preuve que ces choses n'étaient que vanité et chimères. En effet, non moins que pour les chants de la cithare et de la tragédie, il se passionna pour la magie : quel excitant que la plus haute des fortunes humaines avec les vices profonds de l'âme! Avant tout il désira de commander aux dieux, et rien chez lui ne fut plus magnanime. Jamais personne ne prodigua plus d'encouragements à un art; pour cela rien ne lui manquait, ni richesses, ni pouvoir,ni intelligence pour apprendre, ni le reste, dans un naturel qui fatigua le monde.

2. C'est une preuve immense, indubitable, de la fausseté de cet art, que Néron y ait renoncé. Et plût au ciel qu'il eût consulté sur ses soupçons les enfers et tous les dieux qu'on voudra, plutôt que d'avoir remis son odieuse inquisition aux prostituées et aux suppôts de mauvais lieux ! Il n'y a point de superstition, quelque barbare et farouche qu'on la suppose, qui n'eût été plus douce que les pensées qui l'agitaient. Par là, et d'une façon plus sanglante, il peupla d'ombres nos demeures.




VI. Faux-fuyants des magiciens,

1. Les magiciens ont certaines défaites : ainsi ils disent que les dieux n'obéissent pas ou ne se laissent pas voir à ceux qui ont des taches de rousseur. Serait-ce là l'obstacle qui arrêta Néron? Du côté du corps, rien ne lui manquait. Quant au reste, il lui était loisible de choisir les jours convenables, facile d'avoir des brebis complètement noires, agréable même d'immoler des hommes. Le mage Tiridates était venu le trouver à Rome, apportant dans sa personne le triomphe d'Arménie, et, à cause de cela, foulant les provinces sur son passage. Il n'avait pas voulu aller par mer, parce que les mages regardent comme interdit de cracher dans la mer, et de souiller cet élément par quelques-unes des excrétions nécessaires à l'humanité. II avait avec lui amené des mages, il avait initié Néron à des festins magiques; et cependant l'empereur, qui lui donnait un royaume, ne put recevoir de lui l'art de la magie.

2. Soyons donc bien persuadés que c'est une chose détestable, impuissante, vaine, ayant pourtant quelques secrets trop réels; mais alors ce n'est plus l'art de la magie, c'est l'art des empoisonnements. Qu'on se figure les mensonges des anciens mages, puisque le grammairien Apion, que nous-même avons vu dans notre jeunesse, a écrit que la plante cynocéphalie ( XXV, 80) (5), appelée en Égypte osirites, est propre à la divination et bonne contre tous les maléfices, mais que si on l'arrache tout entière, celui qui l'arrache meurt aussitôt; que lui-même avait évoqué des ombres pour interroger Homère sur sa patrie et sur ses parents : toutefois il n'osait pas publier ce qu'il prétendait lui avoir été répondu par le poète.





VII. Opinion des magiciens sur les taupes; remèdes, v.

(III.) 1. Je citerai une preuve particulière de la vanité de l'art des magiciens : de tous les animaux, c'est la taupe qu'ils admirent le plus, la taupe, maltraitée à tant d'égards par la nature, condamnée à une cécité perpétuelle, ajoutant à ces ténèbres les ténèbres souterraines où elle est enfouie et comme enterrée. Les entrailles de la taupe sont celles auxquelles ils ont le plus de confiance. C'est l'animal qu'ils regardent comme le plus propre aux mystères religieux ; si bien qu'à celui qui avalera un coeur de taupe récent et palpitant ils promettent le don de deviner et la connaissance des événements futurs. Ils assurent qu'on guérit le mal de dents en y attachant une dent arrachée à une taupe vivante. Nous indiquerons en lieu et place leurs autres assertions sur cet animal. Ce qu'on y trouvera de plus vraisemblable, c'est que les taupes guérissent la morsure de la musaraigne, puisque, comme nous l'avons dit (XXIX, 27, 5 ), la terre prise aux ornières est aussi un remède dans ce cas.

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Message par Stephandra le Mar 19 Avr 2011, 22:25

VIII. Pour les douleurs de dents.

1. Au reste, toujours selon le dire des mages, on guérit le mal de dents avec la cendre de la tête d'un chien mort de la rage. Cette tête doit être brûlée sans les chairs, et on injecte la cendre avec de l'huile de cyprus (XII, 51) dans l'oreille, du côté de la douleur. On guérit le même mal en scarifiant la gencive de la dent malade avec la plus grosse dent gauche d'un chien, avec un os de l'épine d'un dragon ou d'un serpent d'eau (XXXII, 26) ; ce serpent doit être mâle et blanc : on scarifie aussi la gencive avec la plus grosse dent de cet animal. Quand ce sont les dents d'en haut qui font mal, on attache au cou du malade deux dents de la mâchoire supérieure, et quand la douleur est en bas, deux dents de la mâchoire inférieure. On se frotte de sa graisse quand on va à la chasse du crocodile. On scarifie les gencives avec les os du front d'un lézard, qu'on extrait pendant la pleine lune, sans leur laisser toucher la terre.

2. On fait un collutoire avec les dents de chien bouillies dans du vin, jusqu'à réduction de moitié. La cendre de ces dents avec du miel est utile aux enfants dont la dentition est difficile. On en fait aussi un dentifrice. Dans les dents creuses on met de la cendre de crottes. de rat, ou du foie sec de lézard. Mordre le coeur d'une couleuvre, ou le porter au cou, passe pour efficace. ll en est parmi les mages qui recommandent de manger un rat deux fois par mois, ce qui est, suivant eux, un préservatif. Les vers de terre bouillis dans de l'huile, et injectés dans l'oreille du côté dolent, donnent du soulagement. La cendre de ces vers introduite dans les dents cariées les fait tomber facilement, et, en friction, apaise la douleur des dents intactes. Il faut brûler ces vers dans un tesson. Ils sont encore utiles bouillis avec la racine de mûrier dans du vinaigre scillitique; ou emploie cette préparation en collutoire.

3. Le ver qu'on trouve dans l'herbes appelée bassin de Vénus (XXV, 108), introduit dans les dents creuses, est merveilleusement, utile. Quant à la chenille du chou, elle fait tomber les dents par son contact. On fait des injections dans l'oreille avec les punaises de la mauve mêlées à l'huile rosat. Les petits grains de sable qu'on trouve dans les cornes des limaçons, introduits dans les dents creuses, enlèvent sur-le-champ la douleur. La cendre de coquilles de limaçon, avec de la myrrhe, est bonne pour les gencives, ainsi que la cendre d'un serpent brûlé avec du sel dans un pot de terre, injectée avec de l'huile rosat dans l'oreille du côté opposé; la vieille peau que les couleuvres quittent au printemps, chauffée avec de l'huile et de la résine de teda (XVI, 19, 2 ), et injectée dans l'une ou l'autre oreille : quelques-uns ajoutent de l'encens et de l'huile rosat. Cette môme préparation introduite dans les dents creuses les fait tomber sans souffrance. C'est un conte, je pense, de dire que les couleuvres blanches se dépouillent de cette peau vers le lever du Chien; cela ne se voit pas en Italie; et il est encore beaucoup moins croyable que la mue soit aussi tardive dans les pays chauds. On ajoute, au reste, que cette peau, même étant vieille, avec la cire, fait promptement tomber les dents. Une dent de couleuvre attachée au cou calme le mal de dents. Des gens prétendent que c'est un bon remède de prendre de la main gauche une araignée, de la piler dans de l'huile rosat, et d'injecter cela dans l'oreille du côté dolent.
4. Des os de poule conservés dans un trou de muraille, pourvu que le canal médullaire soit intact, font, dit-on, cesser à l'instant la douleur, si on touche la dent ou si on scarifie la gencive; mais il faut jeter l'os aussitôt. On obtient le même résultat avec de la fiente de corbeau enveloppée dans de la laine, ou avec de la fiente de moineau chauffée dans de l'huile, et injectée dans l'oreille du côté malade. Ce dernier remède cause une démangeaison insupportable; et pour cela il vaut mieux frotter la partie de cendre de jeunes moineaux brûlés avec des sarments : on délaye cette cendre dans du vinaigre.





IX. Pour le mauvais goût et les ulcères de la bouche.

(IV.) 1. On recommande, comme un moyen propre à donner bonne haleine, de se frotter les dents avec de la cendre de rat et du miel; quelques-uns y mêlent de la racine de marathrum (fenouil). Se curer les dents avec une plume de vautour rend l'haleine aigre; se servir pour cure-dents d'une épine de porc-épic les affermit. On guérit les ulcérations de la langue et des lèvres avec des hirondelles cuites dans du vin miellé; les crevasses de la bouche, avec de la graisse d'oie ou de poule, avec du suint uni à la noix de galle, avec des toiles blanches d'araignée, ou avec les petites toiles que cet insecte tisse entre les poutres. Si on se brûle la bouche avec quelque chose de trop chaud, on se guérit immédiatement avec du lait de chienne.







X. Pour les taches de rousseur.

1. On fait disparaître les taches de la face par le suint avec le miel de Corse, qui passe pour très âpre; les petites écailles de la peau du visage, par le suint appliqué avec de l'huile rosat et de la laine; quelques uns ajoutent du beurre. Si ce sont des taches de vitiligo, on emploie, après les avoir piquées avec une aiguille, le fiel de chien. Pour les meurtrissures et les ecchymoses, on se sert du poumon de bélier et de brebis coupé par petites tranches et appliqué chaud, ou de fiente de pigeon. La graisse d'oie ou de poule entretient la peau du visage. Pour le lichen on emploie en topique la fiente de rat dans du vinaigre, et la cendre de hérisson dans de l'huile.

2. Dans ce traitement on recommande d'étuver préalablement le visage avec du nitre dans du vinaigre. On fait disparaître les affections de la face avec la cendre, dans du miel, des limaçons gros et petits, qu'on rencontre communément. La cendre de tous les limaçons condense et échauffe, par une vertu détersive qui lui est propre; c'est pour cela qu'on l'incorpore dans les caustiques, et qu'on l'emploie en topique pour les affections psoriques et le lentigo. Je trouve encore qu'on donne le nom de fourmis d'Hercule à des fourmis qui, pilées avec un peu de sel, guérissent ces affections. Le bupreste (XXII, 36) est un insecte rare en Italie, très semblable au scarabée à longues pattes. Au milieu des herbes, le boeuf particulièrement l'avale sans s'en apercevoir : le bupreste (et c'est de là que lui vient son nom) cause chez le boeuf, en lui touchant le fiel, une telle inflammation, qu'il le fait crever.

3. Cet insecte, avec du suif de bouc en topique, enlève le lichen de la face par une vertu septique, comme il a été dit plus haut (XXIX, 30, 3). Le sang de vautour broyé avec la racine du chamaeleon blanc, que nous avons dit être une herbe (XXIX, 21), et avec de la résine de cèdre, et recouvert d'une feuille de chou, guérit la lèpre; il en est de même des pattes de sauterelle broyées avec du suif de boue. On guérit les boutons par la graisse de volaille pilée, et pétrie avec de l'oignon. Une très bonne substance pour le visage est le miel dans lequel des abeilles sont mortes; mais ce qu'il y a de mieux pour nettoyer la face et en effacer les rides, c'est la graisse de cygne. Les stigmates imprimés sur le visage s'effacent avec de la fiente de pigeon dans du vinaigre.






XI. Pour les affections de la gorge.

1. Je trouve qu'on guérit le coryza en baisant une mule sur le museau. On traite les affections de la luette et le mal de gorge avec la fiente, séchée à l'ombre, d'agneaux qui n'ont pas encore mangé d'herbe. On guérit la luette avec du jus d'escargots percés avec une aiguille; il faut que les escargots soient suspendus à la fumée. Pour la même affection on emploie la cendre d'hirondelle avec du miel, ce qui est bon aussi pour le mat de gorge. Le lait de brebis en gargarisme soulage les affections des amygdales et de la gorge. Les mille-pieds pilés, la fiente de pigeon, soit en gargarisme avec du vin de raisin sec, soit appliquée à l'extérieur avec des figues sèches et du nitre, adoucissent les âcretés de la gorge et les fluxions. Il faut faire cuire les escargots sans les laver, en ôter seulement la terre, les piler, et les donner en boisson dans du vin de raisin sec. Quelques-uns pensent que les escargots d'Astypalée sont les plus efficaces, ainsi que la préparation détersive qu'on en tire. On adoucit encore ces affections en frottant la partie avec un grillon, ou en touchant les amygdales avec les mains qui l'ont broyé.






XII. Pour les angines et les tumeurs strumeuses.

1. Pour l'angine ou a un remède très prompt dans le fiel d'oie avec l'élatérion (XX, 2) et le miel, dans la cervelle de chouette, dans la cendre d'hirondelle avalée avec de l'eau chaude : ce dernier remède est dû au poète Ovide. Mais de tous les remèdes tirés des hirondelles le plus efficace est celui que fournissent les petits des hirondelles sauvages; on les reconnaît à la forme de leur nid (x, 49). Cependant les petits des hirondelles de rivage sont encore plus efficaces; on donne ce nom à celles qui font leur nid dans les trous des rivages. D'après quelques-uns, il faut manger un petit d'hirondelle d'une espèce quelconque, et alors on est garanti des angines pour toute l'année. On les étouffe et on les brûle avec le sang dans mi pot; on administre cette cendre avec du pain ou en boisson.

2. Quelques-uns y mélent égale portion de cendre de belette. C'est un remède pour les écrouelles; on le fait prendre chaque jour en boisson. aux épileptiques. On prend encore en breuvage pour l'angine, à la dose d'une drachme, les hirondelles conservées dans du sel. Le nid de cet oiseau, pris en boisson, passe pour guérir la même affection. On regarde le mille pieds (XXXIX, 39, 3) comme un topique très efficace dans l'angine. D'autres font prendre vingt et un de ces insectes broyés dans une hémine d'eau miellée, à l'aide d'un roseau, attendu que s'ils touchent les dents ils sont inefficaces. On donne encore comme remède le bouillon d'un rat cuit avec de la verveine, une courroie de peau de chien dont on fait trois tours autour du cou, de la fiente de pigeon délayée dans de l'huile et du vin. Un brin de vitex du nid d'un milan guérit, dit-on, en amulette, la rigidité des nerfs du cou et l'opisthotonos.

3. (V.) Pour les scrofules ulcérées on a le sang de belette, la belette même bouillie dans du vin : cependant on ne s'en sert pas quand la tumeur a été ouverte avec l'instrument tranchant. On dit que prise en aliment elle produit le même effet; ou bien on la fait brûler avec des sarments, et à la cendre on mêle de l'axonge. On attache au malade un lézard vert; au bout de trente jours, il faut en attacher un autre. Quelques-uns conservent le coeur de cet animal dans un petit vase d'argent, pour les scrofules des femmes. Les vieux escargots, ceux principalement qui s'attachent aux jeunes arbrisseaux, pilés avec leur coquille, constituent un topique, de même que la cendre d'aspic avec le suif de taureau; la graisse de couleuvre avec de l'huile; la cendre de couleuvre avec de l'huile ou de la cire.

4. Il est encore avantageux contre les scrofules de manger des couleuvres dont on a coupé la tête et la queue, ou de boire la cendre de couleuvres ainsi préparées et brûlées dans un vase de terre neuf. Elles sont beaucoup plus efficaces si on les a tuées entre deux ornières. On recommande encore d'appliquer un grillon tiré de son trou avec la terre qui le recouvre; de la fiente de pigeon, soit seule, soit avec de la farine d'orge ou d'avoine dans du vinaigre; de la cendre de taupe dans du miel. D'autres appliquent le foie de taupe écrasé entre les mains, et ne lavent la partie qu'au bout de trois jours.

5. On affirme que la patte droite de cet animal est un remède pour les scrofules. D'autres coupent la tête d'une taupe, la pilent avec la terre que cet animal soulève, en forment des pastilles, les mettent dans une botte d'étain, et s'en servent pour tous les gonflements, pour les apostèmes et pour les affections siégeant au cou; ils interdisent alors la chair de porc. On appelle taureaux des scarabées de terre qui ressemblent à la tique, et dont le nom vient des petites cornes qu'ils portent ; d'autres les nomment poux de terre. Avec la terre que ces insectes ont fouillée on fait un topique pour les scrofules et maux semblables, et pour la goutte; on reste trois jours sans laver la partie :

6. ce remède sert pour un an, et on lui attribue toutes les propriétés que nous avons rapportées à l'article du grillon (XXIX, 39 ). Quelques-uns emploient de la même façon la terre remuée par les fourmis. D'autres attachent autant de vers de terre qu'il y a de tumeurs scrofuleuses, lesquelles se dessèchent en même temps que les vers. D'autres coupent, comme nous l'avons dit (XXIX, 21), une vipère, vers le lever du Chien ; ils en font brûler le milieu, puis ils donnent une pincée de cette cendre à boire pendant trois fois sept jours; c'est ainsi qu'ils guérissent les scrofules. Quelques-uns passent autour des tumeurs scrofuleuses le fil de lin auquel a été suspendue par le cou une vipère, jusqu'à ce qu'elle fût morte. On emploie encore les mille-pieds avec un quart de térébenthine, remède qu'on recommande pour tous les apostèmes.

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Re: Livre XXX, traitant des rémèdes provenant des animaux

Message par Stephandra le Mar 19 Avr 2011, 22:25


XIII. Pour les douleurs des épaules.

1. La cendre de belette avec la cire guérit les douleurs d'épaule. Pour empêcher les aisselles des enfants de se garnir de poils, il faut les leur frotter avec des oeufs de fourmis. Les marchands d'esclaves, pour empêcher le poil des adolescents de venir trop tôt, emploient le sang des testicules des agneaux qu'on châtre. Ce sang, appliqué après l'avulsion des poils, ôte aussi la mauvaise odeur de ces parties.






XIV. Pour les douleurs de la région précordiale.

1. Nous appelons d'un seul mot, praecordia, les viscères de l'homme. Quand ils sont douloureux en quelque partie que ce soit, un jeune chien qui tette, pressé sur la partie douloureuse, gagne, à ce qu'on prétend, le mal. C'est ce qu'on reconnaît en éventrant le chien, et en arrosant ses entrailles avec du vin; on trouve alors gâté dans l'animal le viscère où l'homme sentait du mal; c'est une obligation religieuse d'enterrer l'animal. Ceux que nous nommons chiens de Melita (III, 30, 3), appliqués fréquemment à l'estomac, en apaisent les douleurs; et on s'aperçoit que l'affection du malade passe à ces animaux; car ils perdent la santé, et le plus souvent ils meurent. (VI.) On guérit les affections du poumon avec des rats et surtout avec des rats d'Afrique, qu'on écorche, qu'un fait cuire dans de l'huile et du sel, et qu'on mange. Cette préparation est bonne aussi pour les crachements de pus ou de sang.





XV. Pour les douleurs de l'estomac.

1. Un des meilleurs remèdes pour l'estomac est de manger des escargots. II faut leur faire jeter un bouillon en les laissant intacts, puis les faire griller sur les charbons sans y rien ajouter; ensuite les prendre avec du vin et du garum (XXXI, 43). Les escargots d'Afrique sont les meilleurs. On a récemment reconnu l'efficacité de ce moyen sur nombre de personnes. Ou fait aussi la recommandation de les prendre en nombre impair. Toutefois ils ont un suc qui rend l'haleine forte. Pour les hémoptysies, ou ôte la coquille, on écrase l'animal, et on le donne dans de l'eau.

2. Les plus estimés sont ceux d'Afrique, et parmi ceux d'Afrique ceux du promontoire du Soleil (IX, 82), puis les escargots d'Astypalée, puis ceux de Sicile, pourvu qu'ils soient de médiocre grosseur, car les gros sont durs et sans suc; puis ceux des Baléares, nommés cavatiques, parce qu'ils viennent dans les cavernes. Parmi les escargots des îles on estime ceux de Caprée (III, 12). Mais de toutes ces espèces aucunes, ni vieilles ni fraîches, ne font un mets agréable. Les escargots de rivière et les escargots blancs ont une odeur fétide. Les escargots des bois font mal à l'estomac et relâchent le ventre, comme tous ceux d'une petite espèce. Au contraire, les escargots de mer sont bous en général pour l'estomac; toutefois c'est dans les douleurs de ce viscère que l'efficacité en est le plus grande.

3. On dit qu'en ce cas ce qu'il y a de mieux, quelle qu'en soit l'espèce, c'est de les avaler vivants, avec du vinaigre. Il y a en outre un escargot nommé acérate (sans cornes); il est large, et naît de différentes manières. Nous parlerons de ses usages en lieu et place (f o). Le jabot des volailles, séché et mêlé dans la boisson, ou grillé frais, calme les catarrhes de poitrine et la toux humide. Avaler des escargots crus, pilés dans trois cyathes d'eau tiède, apaise la toux. On guérit les catarrhes en s'enveloppant un doigt quelconque avec de la peau de chien. Le bouillon de perdrix récrée l'estomac.







XVI. Pour les douleurs du foie et les vomissements de sang.

1. Pour les douleurs de foie on a la belette sauvage prise en aliment, son foie, un furet cuit comme un cochon de lait. Dans l'asthme on se sert du mille-pieds; on en délaye trois fois sept dans du miel attique, et on boit ce mélange avec un roseau; car le contact de ces insectes noircit tous les vases (XXX, 12 ). Quelques-uns en font griller un setier dans un plat jusqu'à ce qu'ils deviennent blancs; alors ils y mêlent du miel. D'autres nomment cet insecte centipède, et recommandent de le donner dans de l'eau. On fait manger des escargots à ceux qui ont des défaillances, à ceux dont l'esprit est aliéné, à ceux qui ont des vertiges : on pile un escargot avec sa coquille dans trois cyathes de vin ; on chauffe ce mélange, et on le donne à boire ordinairement pendant neuf jours.

2. Quelques-uns donnent un escargot le premier jour, deux le suivant, trois le troisième, deux le quatrième, un le cinquième; c'est aussi de cette façon qu'ils traitent l'asthme et les vomiques. Il est, suivant quelques-uns, un animal semblable à la sauterelle, sans ailes, et qui, nommé troxalis en grec, n'a pas de nom en latin. Bon nombre d'auteurs pensent que c'est le même que le grillon. On recommande d'eu faire griller vingt et de les prendre dans du vin miellé pour l'orthopnée et l'hémoptysie. Il y eu a qui versent sur les escargots, sans les laver, du vin de mère-goutte ou de l'eau de mer, qui les font cuire de cette manière et qui les mangent, ou qui les avalent broyés avec leur coquille dans le vin de mère-goutte. C'est aussi un remède pour la toux.

3. Le miel dans lequel des abeilles sont mortes guérit en particulier les vomiques. Pour l'hémoptysie on emploie le poumon de vautour brûlé avec des sarments, mêlé avec moitié de fleurs de grenadier ou bien uni à des portions égales de coing et de lis, et pris soir et matin dans du vin, s'il n'y a pas de fièvre; s'il y a fièvre on le donne dans de l'eau où des coings ont bouilli.






XVII. Pour la rate.

1. La rate fraîche de mouton, d'après les préceptes des mages, s'applique sur la rate douloureuse; et celui qui fait la médication dit que c'est pour la rate. Ensuite on recommande d'enfermer cette rate avec du mortier dans la muraille de la chambre à coucher, de la sceller d'un anneau, et de réciter trois fois neuf fois certaines paroles. La rate d'un chien, enlevée à l'animal vivant et mangée, guérit des maux de rate. Quelques-uns l'attachent fraîche sur la partie même. D'autres font manger au malade, sans qu'il le sache, la rate d'un chien de deux jours dans du vinaigre scillitique, ou la rate d'un hérisson.

2. On emploie encore la cendre d'escargot avec de la graine de lin et d'ortie, et du miel, jusqu'à guérison complète; un lézard vert suspendu vivant dans un pot, à l'entrée de la chambre à coucher du malade, qui, en entrant et sortant, doit toucher l'animal de la main; la cendre de la tête d'un hibou incorporée à un onguent; le miel dans lequel des abeilles sont mortes; l'araignée, et surtout l'araignée loup (XI, 23 ).





XVIII. Pour les douleurs du côté et des lombes.

1. Dans les maux de côté on recommande le coeur d'une huppe et la cendre d'escargots bouillis dans une décoction d'orge ; on fait encore de ces escargots seuls un topique. On saupoudre les breuvages avec la cendre du crâne d'un chien enragé. Pour les douleurs lombaires on a le stellion d'outre-mer, auquel on ôte la tête et les intestins, et dont on boit la décoction dans du vin avec un demi-denier de pavot noir; le lézard vert, dont on ôte les pattes et la tête et qu'on mange; trois escargots écrasés avec leur coquille et bouillis dans du vin avec quinze grains de poivre. On rompt les pattes d'un aigle dans un sens contraire au pli du jarret, et on attache la patte droite à droite et la patte gauche à gauche, suivant le côté douloureux. Le mille-pieds, que nous avons appelé oniscos (XXIX, 39, 3), guérit la même affection, à la dose d'un denier dans deux cyathes de vin. Les mages recommandent de mettre un ver de terre dans une écuelle de bois fendue d'abord, puis raccommodée avec un fil de fer, de l'humecter, et de l'enfouir là d'où on a tiré le ver, puis de boire de l'eau dans l'écuelle : ils affirment que cela est merveilleux pour la coxalgie.






XIX. Pour la dysenterie.

(VII.) 1. On guérit la dysenterie par du bouillon de gigot de mouton cuit dans de l'eau avec de la graine de lin; par du vieux fromage de brebis; par du suif de mouton bouilli dans du vin astringent, ce qui est bon aussi pour l'iléus et les vieilles toux; par le stellion d'outre-mer, auquel on a ôté les intestins, la tète, les pattes et la peau, qu'on fait bouillir et qu'on mange; par deux escargots et un oeuf, pilés avec la coquille, chauffés dans un pot neuf avec du sel et deux cyathes de vin de raisin sec, ou du suc de dattes et trois cyathes d'eau, et donnés en boisson.

2. On fait encore brûler les escargots, et on en administre la cendre dans du vin, avec un peu de résine. Les escargots nus dont nous avons parlé (XXIX, 36) se trouvent surtout en Afrique; ils sont très bons pour la dysenterie : on en fait brûler cinq avec un demi-denier d'acacia, et on fait avaler deux cuillerées de cette cendre dans du vin de myrte ou un vin astringent quelconque, avec une égale quantité d'eau chaude. Quelques-uns emploient de cette manière tous les escargots d'Afrique; d'autres, de préférence, donnent en lavement un même nombre d'escargots d'Afrique ou gros escargots. Si le flux de ventre est considérable, ils y joignent gros comme une fève d'acacia.

3. Pour la dysenterie et le ténesme, on fait bouillir dans un vase d'étain avec de l'huile rosat la vieille peau laissée par les serpents, ou, si on la fait bouillir dans un vase d'autre matière, on l'administre avec un instrument d'étain. Le bouillon de poulet guérit les mêmes affections; mais le bouillon d'une vieille volaille, fortement salé, relâche le ventre. Le jabot d'une poule, grillé et donné dans do l'huile et du sel, calme les douleurs da flux céliaque; mais il faut que, préalablement, la poule et le malade se soient abstenus de nourriture (XXIX, 36, 1). On emploie encore la fiente de pigeon grillée et en boisson. La chair de ramier, cuite dans du vinaigre, guérit la dysenterie et l'affection céliaque. Pour la dysenterie on emploie une grive rôtie avec des baies de myrte; un merle; du miel dans lequel les abeilles sont mortes, bouilli.

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Re: Livre XXX, traitant des rémèdes provenant des animaux

Message par Stephandra le Mar 19 Avr 2011, 22:26

XX. Pour l'iléus et les autres affections du ventre.

1. On donne le nom d'iléus à une affection très grave. On soulage, dit-on, le malade avec le sang d'une chauve-souris qu'on a mise en pièces, ou en lui en frottant le ventre. On arrête le cours de ventre, d'abord avec des escargots préparés comme nous l'avons dit pour l'asthme (XXX, 16), puis avec la cendre des escargots brûlés vivants, qu'on prend dans du vin astringent, avec le foie rôti de volailles, avec le jabot, qu'on jette ordinairement, gardé et humecté de suc de pavot ( d'autres le font griller, récent, et le donnent à boire dans du vin), avec le bouillon de perdrix, avec le jabot de perdrix broyé seul dans du vin noir, avec un ramier sauvage cuit dans de l'oxycrat, avec une rate de mouton grillée et broyée dans du vin, avec la fiente de pigeon qu'on mêle à du miel, et qu'on emploie en topique.

2. Le ventre d'une orfraie, desséché et pris en breuvage, est excellent pour ceux qui ne digèrent pas ; il suffit même de le tenir à la main en mangeant; quelques-uns, pour cette raison, le font porter en amulette; mais il ne faut pas le garder trop longtemps, parce qu'il fait maigrir. Le sang des canards mâles arrête aussi le cours de ventre. Les escargots en aliment dissipent les flatuosités. On traite les tranchées par la rate de brebis grillée et prise dans du vin, par un ramier bouilli dans de l'oxycrat, par les apodes (martinets, X, 55) dans du vin, parla cendre, prise en breuvage, d'un ibis brûlé sans ses plumes. Une autre recette qu'on donne pour les tranchées tient du merveilleux : si on applique sur le ventre un canard, le mal passe à cet animal, qui meurt. Le miel dans lequel des abeilles sont mortes, bouilli, guérit encore les tranchées.

3. On traite très bien la colique avec une alouette rôtie et mangée. Quelques-uns recommandent de la brûler avec ses plumes dans un vase neuf, de la pulvériser, et de prendre de cette cendre trois cuillerées dans de l'eau pendant quatre jours. Suivant d'autres, il faut s'attacher à la cuisse un coeur d'alouette; suivant d'autres, il faut avaler ce coeur récent et encore chaud. Il existe une maison consulaire, du nom d'Asprenas, dans laquelle, de deux frères, l'un s'est guéri de la colique en mangeant une alouette, et en portant le coeur de cet oiseau renfermé dans un bracelet d'or; l'autre, par un certain sacrifice qui fut fait dans une chapelle de briques crues, en forme de fourneau, et qui fut murée après l'accomplissement de la cérémonie. L'orfraie n'a qu'un seul intestin, qui, par une propriété merveilleuse, digère tout ce qui est ingéré. Il est certain que la partie inférieure de cet intestin, portée en amulette, est bonne contre la colique. II est des maladies cachées des intestins au sujet desquelles on raconte des choses merveilleuses :

4. Si à l'estomac surtout, et à la poitrine, on applique pendant trois jours de petits chiens (XXX, 14) avant qu'ils y voient, et s'ils reçoivent des gorgées de lait de la bouche du malade, ils contractent la maladie et s'affaiblissent; si on les ouvre, on reconnaît la cause de l'affection de l'homme. Il faut que ces animaux en meurent et qu'on les inhume en les couvrant de terre. D'après les mages, si on se frotte le ventre avec du sang de chauve-souris, on est préservé de la colique pendant toute une année, ou si la colique est actuelle on se guérit en ayant le courage d'avaler l'eau dans laquelle on se lave les pieds.






XXI. Pour les calculs et la vessie.

(VIII.) 1. Contre les calculs il est bon de t se frotter le ventre avec de la fiente de rat. On dit que la chair du hérisson est agréable si on le tue d'un seul coup sur la tête, avant qu'il se soit mouillé de son urine, et que ceux qui ont mangé de cette chair ne sont plus susceptibles de contracter la strangurie. La chair de cet animal ainsi tué guérit la dysurie; de même les fumigations que l'on fait avec. Au contraire, si le hérisson s'est mouillé de son urine (VIII, 56), ceux qui en mangent sont, dit-on, attaqués de strangurie.

2. Comme lithontriptique, on recommande de prendre dans du vin ou dans du vin de raisin sec des vers de terre ou des escargots bouillis, comme il a été dit par l'asthme (XXX, 16). Pour guérir la dysurie on ôte les escargots de leur coquille, on les broie, et on en prend trois dans un cyathe de vin, deux le jour suivant et un le jour d'après. Pour chasser les calculs on fait prendre en boisson la cendre de coquilles d'escargot ou le foie de l'hydre, la cendre de scorpion dans du pain ou avec une sauterelle, les petites pierres qui se trouvent clans la poche des volailles ou dans le ventricule des ramiers broyées et mises dans les boissons, le jabot des volailles sec, ou, s'il est frais, rôti. On prend encore la fiente de ramier avec de la bouillie de fèves contre les calculs et les autres maux de la vessie; semblablement, la cendre des plumes de ramier dans du vinaigre miellé;

3. la cendre des intestins de cet oiseau, à la dose de trois cuillerées; un petit morceau d'un nid d'hirondelle délayé dans de l'eau chaude; le ventre desséché de l'orfraie; la fiente de tourterelle bouillie dans du via miellé, ou le bouillon de tourterelle. Il est bon encore pour les affections urinaires de manger des grives avec des baies de myrte, des cigales grillées dans des plats, de prendre en breuvage le mille-pieds appelé oniscos (XXIX, 39); dans les douleurs de vessie, la décoction de pieds d'agneau. Le bouillon de volailles très cuites relâche le ventre et adoucit les âcretés; il en est de même de la fiente d'hirondelle avec du miel, en suppositoire.






XXII. Pour les affections du siège et des parties génitales.

1. Des remèdes très efficaces pour les affections du siège sont : le suint, auquel quelques-uns ajoutent de la tuthie et de l'huile rosat; la cendre d'une tête de chien ; la vieille dépouille d'un serpent, dans du vinaigre; s'il y a des rhagades, la cendre de crottes blanches de chien avec de l'huile rosat, préparation qu'on dit être une invention d'Esculape, et enlever aussi très bien les verrues ; la cendre de fiente de rat; la graisse de cygne; le suif de boeuf. On guérit la chute du rectum avec le suc qu'on extrait des escargots en les piquant. Les contusions de cette partie se guérissent par la cendre du rat des champs, avec du miel; par le fiel de hérisson, avec le fiel de chauve-souris; par la graisse d'oie avec la cervelle du même oiseau, de l'alun et du suint; par la fiente de pigeon avec du miel. Une araignée dont on a ôté la tête et les pattes, employée en frictions, guérit en particulier les condylomes. Contre les cuissons causées par l'âcreté des matières, on a la graisse d'oie avec de la cire de Carthage, de la céruse et de l'huile rosat; la graisse de cygne.

2. On dit que ces substances guérissent aussi les hémorroïdes. Dans la coxalgie, on se trouve bien, dit-on, d'escargots crus, pilés, et pris en breuvage dans du vin amminéen (XIV, 4, 2) et du poivre; d'un lézard vert mangé après qu'on lui a ôté les pattes, les intestins et la tête; d'un stellion avec trois oboles de pavot noir. Pour les ruptures et les convulsions on a le fiel de brebis avec du lait de femme. La liqueur qui s'écoule d'un poumon rôti de bélier guérit les démangeaisons et les verrues des parties génitales.

3. Pour les autres affections de ces parties on a la cendre des toisons, même sales, avec de l'eau; le suif de la panse de mouton, surtout du côté des reins, avec du sel et de la poudre de pierre ponce; la laine en suint, dans de l'eau froide; la chair de mouton, brûlée, dans de l'eau ; la cendre du sabot d'une mule; la poudre de dents de cheval pilées. Pour les testicules on donne la poudre des os d'une tête de chien broyée sans la chair. Si l'une des bourses est pendante, on indique pour remède la bave des escargots en friction. Dans le traitement des ulcères mauvais de cette partie et des ulcères humides on emploie la cendre d'une tête de chien fraîche; les escargots, gros ou petits, broyés dans du vinaigre; la dépouille des couleuvres dans du vinaigre, ou la cendre de cette dépouille; le miel dans lequel des abeilles sont mortes, avec de la résine; les escargots sans coquille, qui, avons-nous dit (XXX, 19 et XXIX, 36), viennent en Afrique, broyés avec de la fleur d'encens et du blanc d'oeuf : on ne les enlève qu'au bout de trente jours; quelques-uns, au lieu d'encens, y mettent un oignon.

4. On recommande singulièrement pour l'hydrocèle le stellion; on ôte la tête, les pattes et les intestins; on fait griller le reste, et on en mange souvent. Pour l'incontinence d'urine (XXXII, 35) on donne de la graisse de chien avec de l'alun fondu gros comme une fève; des escargots d'Afrique brûlés avec leur coquille et pris en boisson; trois langues d'oie rôties et mangées : ce remède vient d'Anaxilaüs. Le suif de mouton, avec du sel grillé, ouvre les tumeurs, qu'on résout par la fiente de rat avec de la fleur d'encens et de la sandaraque, par la cendre de lézard, par le lézard lui-même, fendu et appliqué, par des mille-pieds broyés et mélangés avec un tiers de térébenthine;

5. quelques-uns mêlent de la terre de Sinope (terre rouge) avec un escargot écrasé. La cendre de coquilles d'escargot, mêlée à de la cire, a une vertu résolutive, ainsi que la fiente de pigeon en topique, soit seule, soit avec de la farine d'orge ou d'avoine. Les cantharides, avec de la chaux, enlèvent les tumeurs comme ferait le scalpel. Les petits escargots employés en topique avec du miel soulagent les tumeurs des aines.






XXIII. Pour la goutte et les affections des pieds.

(IX.) 1. Pour prévenir les varices on frotte les jambes des enfants avec du sang de lézard : le frotteur et le malade doivent être à jeun. Pour calmer la goutte on ale suint avec du tait de femme et de la céruse ; la fiente liquide de mouton ; les poumons de mouton; le fiel de bélier, avec du suif; les rats fendus, en topique; le sang de belette avec du plantain, en topique; la cendre d'une belette brûlée vivante, dans du vinaigre et de l'huile rosat, appliquée avec une plume, ou cette même cendre incorporée avec de la cire et de l'huile rosat; le fiel de chien, qu'on applique non pas avec les doigts, mais avec une plume; la fiente de poule ; la cendre de vers de terre avec le miel, on ne l'enlève qu'au bout de trois jours :

2. d'autres aiment mieux I'appliquer avec de l'eau; d'autres appliquent les vers eux-mêmes à la dose d'un acétabule, avec trois cyathes de miel, faisant auparavant frictionner les pieds malades avec de l'huile rosat. Les gros escargots enlèvent, dit-on, les douleurs des pieds et des articulations : on en fait prendre deux, pilés dans du vin; on les applique aussi avec le suc de l'herbe helxine (XXI, 56, 1) ; quelques-uns se contentent de tes écraser dans du vinaigre ; d'autres prétendent que du sel brûlé avec une vipère dans un pot de terre neuf délivre de la goutte, pourvu qu'on en prenne souvent, et qu'il est utile aussi de se frotter les pieds avec de la graisse de vipère. On affirme qu'on obtient le même effet de la chair de milan gardée quelque temps, broyée, et prise à la dose d'une pincée dans de l'eau; du sang de cet oiseau en topique sur les pieds avec l'ortie;

3. des premières plumes du ramier, broyées avec l'ortie. Pour les douleurs articulaires, on fait un topique de la fiente de pigeon, de la cendre de belette ou d'escargot, avec de l'amidon ou de la gomme adragant. Les foulures des articulations se guérissent très bien avec la toile d'araignée ; il en est qui préfèrent la cendre de ces toiles ou la cendre dé fiente de pigeon avec de la polenta et du vin blanc. Pour les luxations, un remède souverain est le suif de mouton avec la cendre de cheveux de femme.

4. Sur les engelures on applique du suif de mouton avec de l'alun, de la cendre de tête de chien ou de fiente de rat. Les mêmes substances, avec addition de cire, mènent à cicatrisation les ulcères détergés. Pour le même objet on a le charbon de loir brûlé, avec de l'huile; le charbon de rat des champs, avec du miel; le charbon de vers de terre, avec de vieille huile; le charbon de l'escargot nu. Tous les ulcères des pieds se guérissent par la cendre d'escargots brûlés vivants. La cendre de fiente de poule, celle de fiente de pigeon dans de l'huile, guérissent les ulcérations des pieds. Pour les écorchures causées par les chaussures on a la cendre d'une vieille semelle, le poumon d'agneau, le poumon de bélier.

5. La poudre de dents de cheval pilées guérit en particulier les suppurations qui se forment sous les ongles. Le sang de lézard vert, légèrement broyé, guérit, en topique, les pieds des hommes et des bêtes de somme. Pour détruire les cors des pieds on a l'urine de mulet ou de mule, appliquée avec la boue où elle a été rendue; la fiente de brebis; le foie d'un lézard vert, ou son sang appliqué sur un flocon de laine; les vers de terre dans de l'huile, la tête d'un stellion, broyée avec pareil poids de vitex, dans de l'huile; la fiente de pigeon, bouillie dans du vinaigre.

6. Pour les verrues de toute espèce on a l'urine de chien nouvelle, appliquée avec la boue où elle a été rendue; la cendre de crottes de chien, avec de la cire; la fiente de brebis; le sang frais d'un rat, ou le rat lui-même fendu, en topique; le fiel de hérisson; la tète de lézard, ou le sang ou la cendre de l'animal tout entier; la vieille peau quittée par les couleuvres; la fiente de volaille avec de l'huile et du nitre. Les cantharides, écrasées avec l'uva taminia (XXIII, 13), corrodent les verrues, et il faut guérir les érosions qui restent avec les moyens que nous avons indiqués pour la cicatrisation des ulcères.

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Re: Livre XXX, traitant des rémèdes provenant des animaux

Message par Stephandra le Mar 19 Avr 2011, 22:27

XXIV. Pour les maladies qui sont à craindre pour le corps tout entier.

(X.) 1. Maintenant revenons aux affections qui attaquent le corps entier. D'après les mages, le fiel d'un chien mâle, noir, est un amulette pour toute une maison : il suffit d'y faire avec ce fiel des fumigations ou des purifications pour la préserver de tous les maléfices. Il en est de même du sang de chien, si on en asperge les murailles ou des parties génitales de cet animal, si on les enfouit sous le seuil de la porte. Ceci surprendra moins ceux qui savent combien les mages racontent de merveilles de la tique, le plus immonde des êtres vivants, parce que c'est le seul qui n'ait point d'issue pour les excréments (XI, 40 ), et que sa digestion ne finit que par sa mort, ce qui fait qu'il vit plus longtemps quand il ne mange pas;

2. ils prétendent qu'il vit ainsi sept jours, mais que mangeant il crève plus tôt. D'après eux, une tique prise à l'oreille gauche d'un chien et portée en amulette calme toutes les douleurs. Ils en tirent aussi des présages pour la vie: si le malade répond à celui qui apporte la tique, et qui, se tenant debout au pied du lit, l'interroge sur sa maladie, la mort n'est pas à craindre; si au contraire il ne répond rien, il succombera- Ils ajoutent que le chien à l'oreille gauche duquel on la prend doit être complètement noir. Nigidius a laissé par écrit que les chiens fuient toute la journée la présence d'un homme qui a pris une tique sur un cochon. Les mages assurent que les individus en délire reprennent la raison si on les asperge avec du sang de taupe, et que ceux qui sont tourmentés par les dieux nocturnes et par les faunes sont délivrés de leurs visions s'ils se frottent matin et soir avec la langue, les yeux, le fiel et les intestins d'un dragon, bouillis dans du vin et de l'huile et refroidis pendant la nuit au grand air.





XXV. Pour les frissons.

1. D'après Nicandre, on remédie au refroidissement en attachant au malade un amphisbène mort, ou seulement sa peau; il ajoute que si on l'attache à un arbre qu'on abat, les bûcherons n'éprouvent pas de froid, et coupent l'arbre plus aisément. Aussi est-ce le seul des serpents qui s'expose au froid; il est le premier qui reparaisse avant même le chant du coucou. Autre merveille relative au coucou : Si dans l'endroit où quelqu'un entend cet oiseau pour la première fois on circonscrit l'espace occupé par le pied droit; et qu'on enlève la terre, il ne viendra point de puces partout où vous répandrez cette terre.






XXVI. Pour la paralysie

1. Pour les personnes menacées de paralysie on recommande comme très utile la graisse de loir et de souris bouillie; pour les phtisiques, les mille-pieds pris en breuvage, comme nous avons dit pour l'angine. (XXX, 12); le lézard vert cuit dans trois setiers de vin qu'on fait réduire à un cyathe, et dont on prend une cuillerée par jour, jusqu'à parfaite guérison; la cendre d'escargot prise dans du vin.





XXVII. Pour l'épilepsie.

1. Pour l'épilepsie on a le suint avec un peu de myrrhe, délayé, gros comme une noisette, dans deux cyathes de vin, et pris après le bain; les testicules de bélier séchés et pilés, à la dose d'un demi-denier dans de l'eau ou une hémine de lait d'ânesse; pendant cinq jours avant et après ce traitement on défend de boire du vin. On fait un magnifique éloge du sang de mouton en boisson; du fiel de mouton, et surtout d'agneau, avec du miel ;

2. de la chair d'un petit chien qui tette (on coupe la tête et les pieds, et on la prend dans du vin et de la myrrhe); du lichen on callosités d'une mule prises dans trois cyathes d'oxymel; de la cendre du stellion d'outre-mer, prise dans du vinaigre; de la peau, prise en boisson, que le stellion quitte comme la couleuvre ; quelques-uns ont donné à prendre dans un breuvage ce lézard même, éventré avec un roseau et séché; d'autres l'ont fait manger, rôti sur une broche de bois. Il est important de connaître les moyens de lui prendre la vieille peau d'hiver qu'il quitte; autrement il l'avale, car c'est, dit-on, de tous les animaux le plus rusé pour frustrer l'homme (VIII, 49); aussi le nom de cet animal (stellion) est-il devenu une injure. On remarque les endroits où il se retire pendant l'été.

3. C'est ordinairement dans les corniches des portes et des fenêtres, dans les lieux voûtés, dans les tombeaux. Aux premiers jours du printemps on place au-devant de ces trous des cages faites de roseaux fendus; plus elles sont étroites plus elles lui plaisent, parce qu'il se dépouille plus facilement de sa vieille peau; mais aussi, dès qu'il l'a quittée, il ne peut plus regagner son trou. Il n'y a rien qu'on préfère à ce remède pour l'épilepsie. On emploie encore la cervelle de belette séchée et prise en breuvage, le foie de cet animal, ses testicules, sa vulve, son estomac séché et pris avec de la coriandre, comme nous avons dit (XXIX, 16); la cendre de cet animal, la belette sauvage mangée tout entière; le furet, auquel on attribue les mêmes propriétés;

4. le lézard vert, dent on coupe les pattes et la tête, et qu'on assaisonne pour prévenir le dégoût; ta cendre d'escargots avec de la graine de lin et d'ortie, et du miel, en onction. Les mages recommandent la queue de dragon attachée avec des nerfs de cerf dans de la peau de chevreuil, les petites pierres tirées du ventre des petits d'hirondelle et portées au bras gauche : on dit en effet que l'hirondelle fait avaler une petite pierre à ses petits dès qu'ils sont sortis de la coquille. Si au commencement de la première attaque on fait manger à un épileptique le premier petit pondu par une hirondelle, il est délivré de la maladie. On emploie le sang d'hirondelle avec l'encens, ou le coeur avalé chaud.

5. De plus, une petite pierre prise dans leur nid appliquée sur l'épileptique le soulage incontinent, et portée en amulette le garantit pour toujours. On vante le foie de milan que le malade avale, et la vieille peau des serpents; le foie de vautour pilé avec le sang de l'animal et pris pendant trois fois sept jours; le cœur d'un petit de vautour en amulette. Quant au vautour lui-même, on recommande d'en faire manger au malade, et cela après qu'il s'est rassasié de la chair d'un cadavre humain. Quelques-uns recommandent de prendre en breuvage l'estomac de cet oiseau, dans une coupe de bois de cerrus (chêne; XVI, 6); ou des testicules de coq dans de l'eau et du lait : il faut auparavant s'être abstenu de vin pendant cinq jours; on garde de ces testicules pour cet usage. On a même fait prendre en breuvage vingt et une mouches rousses trouvées mortes; on en donne moins à des individus faibles.






XXVIII. Pour l'ictère.

(XI.) 1. Pour l'ictère on a la crasse des oreilles ou des mamelles de brebis, à la dose d'un denier, avec un peu de myrrhe et deux cyathes de vin; la cendre d'une tète de chien dans du vin miellé; un mille-pieds dans une hémine de vin ; des vers de terre dans du vinaigre miellé, avec de la myrrhe, en boisson; le vin dans lequel on a lavé les pattes d'une poule, d'abord nettoyées avec de l'eau (il faut que ces pattes soient jaunes) ; la cervelle de perdrix ou d'aigle dans trois cyathes devin; la cendre des plumes ou des intestins d'un ramier, dans du vin miellé, à la dose de trois cuillerées; la cendre de moineaux brûlés à un feu de sarments, à la dose de deux cuillerées dans de l'eau miellée. Il est un oiseau auquel sa couleur a fait donner le nom d'ictère; il suffit, dit-on, de le regarder pour être guéri de la jaunisse, et l'oiseau meurt. Je pense que c'est celui qu'on nomme en latin galgule (X, 50).






XXIX. Pour la phrénitis.

1. Dans la phrénitis, le poumon de mouton attaché chaud autour de la tête parait avantageux : quant à faire boire de la cervelle de rat dans de l'eau ou de la cendre de belette, ou même des chairs gardées de hérisson, qui le pourrait, à un homme saisi d'un délire furieux, quand même l'effet du remède serait certain? Je rangerai la cendre des yeux de hibou au nombre de ces recettes ridicules par lesquelles les charlatans se jouent de la crédulité des hommes. C'est surtout dans les fièvres que la médecine renonce à leurs prescriptions : ils ont partagé ce traitement en douze signes, suivant les passages du soleil et ceux de la lune, ce qu'il faut complètement rejeter, ainsi que je vais le montrer en rapportant quelques-unes de leurs recettes, prises dans un grand nombre.

2. Ils recommandent, quand le soleil traverse les Gémeaux, de frotter le malade avec la cendre, pulvérisée et incorporée à de l'huile, des crêtes, des ouïes et des ongles d'un coq; si c'est la lune, avec ses éperons et ses barbes; si l'un ou l'autre de ces deux astres traverse la Vierge, avec des grains d'orge; si le Sagittaire, avec des ailes de chauve-souris; si la lune traverse le signe du lion, avec les feuilles du tamarix, et, ajoutent-ils, du tamarix cultivé; si le Verseau, avec des charbons de buis réduits en poudre. Parmi ces remèdes nous n'omettrons point ce qu'il y a de reconnu pour bon, ou du moins de vraisemblable : ainsi, ils recommandent d'exciter les léthargiques par de fortes odeurs, et entre autres sans doute, en brillant des testicules gardés, ou du foie de belette. Ils regardent aussi comme utile d'attacher autour de la tête des léthargiques un poumon chaud de mouton.





XXX. Pour les fièvres.

1. Dans la fièvre quarte la médecine clinique est à peu près impuissante; aussi nous allons indiquer pour cette affection bon nombre de remèdes des mages, et d'abord ceux qu'ils recommandent de porter en amulettes : la poussière dans laquelle un épervier s'est roulé (on la met dans un petit linge, qu'on attache avec un fil rouge); la dent la plus longue d'un chien noir; la guêpe qui vole toujours seule, et qu'on nomme peudosphex (fausse guêpe) (on la prend de la main gauche et on l'attache au cou du fébricitant; d'autres emploient la première guêpe vue de l'année); la tète coupée d'une vipère, ou le coeur arraché à l'animal encore vivant, le tout porté dans un petit linge ;

2. le museau et le bout des oreilles coupés à un rat, qu'on laisse aller après cette opération (on les porte dans une étoffe rose); l'oeil droit arraché à un lézard vivant, et renfermé, avec la tète de l'animal qu'on a coupée sur-le-champ, dans de la peau de chèvre ; le scarabée qui forme de petites boules. A cause de cet insecte, la plus grande partie de l'Égypte met les scarabées au nombre des divinités ; fait dont Apion donne une interprétation curieuse, disant, pour justifier les rites de sa nation, que ce scarabée imite les travaux du soleil. Les mages font encore porter en amulette un autre scarabée, quia les cornes repliées (XI, 34), et qu'il faut prendre de la main gauche.

3. Ils recommandent d'attacher à l'un et à l'autre bras un troisième scarabée, coupé en deux, qu'on nomme foulon et qui est tacheté de blanc; les autres se portent au bras gauche. En outre, ils indiquent le coeur de couleuvre, arraché de la main gauche à l'animal vivant; quatre noeuds de la queue du scorpion, avec son aiguillon, attachés avec une étoffe noire : il faut que le malade ne voie pas le scorpion, qu'on lâche, et reste trois jours sans apercevoir celui qui a attaché l'amulette, qu'il enfouit dans la terre après la troisième période de la fièvre. On enveloppe encore une chenille dans un petit linge, qu'on entoure trois fois d'un fil, en y faisant autant de noeuds, et eu disant à chaque fois pourquoi l'on fait cette opération; une limace, dans une petite peau, ou quatre tètes de limaces coupées avec un roseau;

4. un mille-pieds roulé dans de la laine; les petits vers (XI, 38) qui produisent le taon, avant que les ailes de l'insecte poussent; d'autres vers velus qu'on trouve sur les arbrisseaux épineux : quelques-uns attachent en amulette quatre de ces vers, renfermés dans une coquille de noix. On emploie encore les escargots nus. On met sous l'oreiller du malade un stellion renfermé dans une boite, et on lui donne la liberté à la fin de l'accès. On recommande d'avaler le coeur d'un plongeon de mer arraché sans fer du corps de l'oiseau, de l'écraser après l'avoir fait sécher, et de le prendre dans de l'eau chaude. On prescrit le coeur d'hirondelle avec du miel.

5. D'autres font prendre avant l'accès une drachme de fiente d'hirondelle dans trois cyathes de lait de chèvre ou de brebis, ou de vin de raisin sec. Il en est qui conseillent d'avaler les hirondelles tout entières. Les Parthes, pour se guérir de la fièvre quarte, prennent de la peau d'aspic à la dose d'un sixième de denier, avec une dose égale de poivre. D'après le philosophe Chrysippe, le phryganion porté en amulette est un remède pour la fièvre quarte; mais il ne dit point quel animal c'est, et nous n'avons trouvé personne qui le connût. Cependant nous avons dû faire mention d'un animal indiqué par un auteur si grave, dans le cas où un autre serait plus heureux en ses recherches.

6. Manger de la chair de corneille, et faire des frictions avec le nid de cet oiseau, passe pour très utile dans les longues maladies. On pourra encore, puisqu'il est vrai que dans la souffrance on aime à trouver de nombreux motifs d'espérer, expérimenter dans les fièvres tierces si la toile de l'araignée nommée loup est utile, appliquée, avec l'insecte même, sur les deux tempes et le front, dans une compresse enduite de résine et de cire; ou si cet insecte porté en amulette dans un roseau guérit cette fièvre comme il guérit, dit-on, les autres; ou si enfin il en est de même avec un lézard vert renfermé vivant dans un vase dont il remplit la cavité, et porté en amulette : on affirme que ce moyen délivre souvent des récidives.

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Re: Livre XXX, traitant des rémèdes provenant des animaux

Message par Stephandra le Mar 19 Avr 2011, 22:28

XXXI. Pour l'hydropisie.

1. Pour l'hydropisie on donne en breuvage gros comme une noisette de suint dans du vin, avec un peu de myrrhe; quelques-uns ajoutent de la graisse d'oie dans du vin de myrte. La crasse des mamelles de brebis a le même effet, ainsi que la chair de hérisson séchée, et prise en aliment. Les matières vomies par les chiens et appliquées sur le s'entre procurent, dit-on, l'évacuation des eaux.





XXXII. Pour l'érysipèle.

(XII.) 1. Pour l'érysipèle on ale suint avec la tuthie et l'huile rosat; le sang de tique; les vers de terre, appliqués avec du vinaigre; un grillon écrasé avec les mains : l'effet de ce dernier moyen est que celui qui l'emploie avant que le mal ait commencé en est garanti pour toute l'année; mais il faut se servir du fer pour enlever le grillon avec la terre de son trou. On a encore la graisse d'oie; la tête de vipère, séchée, brûlée, et appliquée avec du vinaigre; la vieille peau quittée par les serpents, appliquée à la sortie du bain avec de l'eau, du bitume et du suif d'agneau.





XXXIII. Pour les charbons.

1. On guérit le charbon par la fiente de pigeon appliquée seule sur-le-champ, ou appliquée avec de la graine de lin dans du vinaigre miellé; par l'application d'abeilles mortes dans du miel. On le guérit encore en le saupoudrant de polenta. Dans le charbon et les autres ulcérations des parties génitales, on emploie le suint dans du miel, avec des scories de plomb. Pour les charbons qui commencent on se sert de la fiente de mouton. Les tumeurs et tout ce qui a besoin d'émollients se traitent très bien par la graisse d'oie ainsi que par la graisse de grue.





XXXIV. Pour les furoncles.

1. Comme remède des furoncles on indique : une araignée appliquée sans qu'on en ait prononcé le nom, et détachée nu bout de trois jours; une musaraigne que l'on fait mourir en la suspendant, et qui ne doit plus toucher la terre, passée trois fois autour du furoncle, pendant que l'opérateur et le malade crachent trois fois aussi; la fiente de poule, surtout celle qui est rousse, appliquée fraîche dans du vinaigre ; l'estomac d'une cigogne, cuit dans du vin ; des mouches, en nombre impair, dont on frotte la partie malade avec le doigt annulaire; les ordures provenant de l'oreille des moutons; le vieux suif de brebis avec de la cendre de cheveux de femme ; le suif de bélier avec de la poudre de pierre ponce et un poids égal de sel.





XXXV. Pour les brûlures.

1. Pour les brûlures on se sert de la cendre de tête de chien; de la cendre de loir avec de l'huile; de la fiente de brebis avec de la cire; de la cendre de rats; de la cendre d'escargots, laquelle efface jusqu'à la cicatrice; de la graisse de vipère; de la cendre de fiente de pigeon, appliquée avec de l'huile.





XXXVI. Pour les douleurs des nerfs.

1. Pour les nodosités des nerfs on emploie la cendre de la tète de vipère dans de l'huile de cyprus (XII, 51) ; les vers de terre., appliqués avec du miel; pour les douleurs de nerfs, un amphisbène mort, porté en amulette; la graisse de vautour séchée avec l'estomac de l'oiseau et broyée avec du vieux oing; la cendre de tête de hibou prise dans du vin miellé avec un oignon de lis, si nous en croyons les mages. Dans les contractions nerveuses on emploie de la chair de ramier gardée, en aliment; pour les spasmes, la chair de hérisson, la cendre de belette- La vieille peau quittée par les serpents, portée en amulette dans de la peau de taureau, préserve des spasmes. Le foie de milan, séché, pris à la dose de trois oboles dans trois cyathes d'eau miellée,. garantit de l'opisthotonos.





XXXVII. Pour les affections des ongles et des doigts.

1. Les envies et les excroissances qui se forment aux doigts se guérissent par la cendre de tête de chien ; par la vulve de chienne, bouillie dans de l'huile, après des onctions de 'beurre de brebis avec du miel; par la vésicule du fiel d'un animal quelconque. Pour les rugosités des ongles, on a: les cantharides appliquées avec de la poix; et détachées le troisième jour; les sauterelles avec du suif de boue; le suif de mouton : quelques-uns y mêlent du gui et du pourpier; d'autres; de la fleur de cuivre et du gui, et détachent ce topique au bout de trois jours.






XXXVIII. Pour arrêter l'écoulement du sang.

(XIII.) 1. On arrête l'épistaxis par le suif de mouton pris à la panse, et introduit dans les narines; par la présure, surtout celle d'agneau, introduite ou injectée dans les narines, remède qui réussit là même où d'autres ont échoué; par la graisse d'oie, avec égale quantité de beurre, que l'on introduit dans les narines en forme de pastilles; par la terre attachée aux escargots; par les escargots eux-mêmes tirés de leur coquille. On arrête le sang qui coule des narines par des escargots. pilés et appliqués sur le front; par la toile d'araignée. La cervelle ou le sang de coq arrête les hémorragies qui viennent du cerveau; il en est de même du sang de pigeon, conservé coagulé pour cet usage. Quand il s'écoule d'une blessure du sang en trop grande quantité, on a, pour l'arrêter, un remède merveilleux c'est d'appliquer de la cendre de crottin de cheval, brûlé avec des coquilles d'oeuf.





XXXIX. Pour les ulcères et les plaies.

1. On traite les plaies par le suint avec la cendre d'orge, et le vert-de-gris, à parties égales. Cette préparation est bonne aussi pour les ulcères carcinomateux et serpigineux. Elle ronge Ies bords des ulcères, et réduit au niveau de la peau les excroissances fongueuses. Elle est incarnante aussi et mène les plaies à cicatrisation. La cendre de crottes de brebis, avec du nitre, est d'une grande vertu pour la guérison des carcinomes, ainsi que la cendre de l'os de la cuisse d'agneau, principalement pour les ulcères qui ne tendent pas à se cicatriser; grande aussi est la vertu des poumons, du bélier surtout; lesquels ramènent avec beaucoup d'efficacité au niveau de la peau les exeroissances formées par les ulcères.

2. Avec la fiente de mouton chauffée dans un four de cuisine et pétrie, on fait tomber le gonflement des plaies, on déterge et on guérit les fistules ainsi que les épinyetides. Mais c'est surtout la cendre de tête de chien qui est efficace. Elle ronge, comme le spodium (XXXIV, 30, toutes les excroissances, et les guérit ; il en est de même de la fiente de rat, de la cendre de fiente de belette. Le mille-pieds, broyé et mélangé avec de la térébenthine et de la terre de Sinope (terre rouge), poursuit les duretés jusque dans la profondeur des ulcères et les carcinomes.

3. Ces mêmes substances sont très bonnes pour les ulcères envenimés par les vers. Les vers de différentes espèces servent eux-mêmes à des usages admirables. Les cosses qui s'engendrent dans le bois guérissent tous les ulcères. Brûlés avec un poids égal d'anis et appliqués dans de l'huile, ils guérissent les ulcères rongeants. Les vers de terre agglutinent les plaies récentes, et l'on est même persuadé que ce topique réunit en sept jours les nerfs coupés; aussi conseille-t on de conserver ces vers dans du miel. Leur cendre, avec de la poix. liquide ou du miel de Simblos (en Sicile), consume les duretés du bord des ulcères.

4. Quelques-uns les font sécher au soleil et les emploient pour les plaies, dans du vinaigre; ils n'enlèvent ce topique qu'au bout de deux jours. La terre adhérente aux escargots est utile de la même façon. Les escargots tout entiers, tirés de leur coquille, écrasés et en topique, agglutinent les plaies récentes et arrêtent les ulcères rongeants. Les Grecs nomment herpès un animal très bon pour guérir tous les ulcères serpigineux. Pour cette espèce d'ulcère, on broie les escargots avec leur coquille; on dit même qu'avec de la myrrhe et de l'encens ils guérissent les nerfs coupés. La graisse de dragon, séchée au soleil, est très utile. On se sert de la cervelle de coq dans les plaies récentes. Le sel de vipère, pris en aliment, rend, dit-on, les ulcères plus aisés à traiter, et en accélère la guérison. Le fait est que s le médecin Antonins Musa, quand il avait opéré des ulcères réputés incurables, donnait des vipères à manger, et guérissait le mal avec une mer veilleuse rapidité. La cendre de troxalis (XXX, 16 ) avec du miel emporte les bords endurcis des ulcères. La cendre de fiente de pigeon avec de l'arsenic et du miel consume ce qui doit être consumé. La cervelle de hibou avec de la graisse d'oie agglutine, dit-on, les plaies merveilleusement. Pour les ulcères appelés cacoëthes on emploie la cendre des cuisses de bélier avec du lait de femme, après avoir humecté soigneusement avec ce liquide les compresses ; le chat-huant cuit dans l'huile; le tout étant bien consommé, on ajoute du beurre de brebis et du miel. Les abeilles mortes dans du miel amollissent les bords endurcis des ulcères. Pour l'éléphantiasis on se sert du sang et de la cendre de belette. On efface les plaies et les autres marques des coups de fouet, en y appliquant de la peau de mouton fraîchement écorché.






XL. Pour les fractures.

1. Pour les fractures des membres on a en particulier la cendre de cuisses de mouton, qui. est plus efficace avec de la cire. On fait un pareil remède avec des mâchoires de mouton brûlées ensemble, de la corne de cerf, et de la cire fondue dans de l'huile rosat. La cervelle de chien étendue. sur un linge, avec de la laine qu'on met par-dessus et qu'on arrose de temps en temps, consolide eu quatorze jours environ les fractures des os; la consolidation est aussi prompte avec la cendre de rats des champs incorporée dans du miel, ou avec celle de vers de terre, laquelle fait même sortir les esquilles.






XLI. Pour les cicatrices et les taches.

1. Pour redonner de la couleur aux cicatrices, on a le poumon de mouton, particulièrement de bélier, le suif de mouton avec du nitre, la cendre de lézard vert, la peau quittée au printemps par les couleuvres et bouillie dans du vin, la fiente de pigeon avec du miel, laquelle, dans du vin, efface aussi le vitiligo blanc. Pour le vitiligo on emploie encore les cantharides avec deux parties de feuilles de rue : il faut garder ce topique au soleil jusqu'à ce que la peau démange, puis faire des fomentations et frictionner avec de l'huile; après quoi on réapplique le topique, ce que l'on répète plusieurs jours de suite, en prenant garde que la partie ne s'ulcère profondément. Pour le même vitiligo on recommande de faire un liniment avec des mouches de la racine de patience ; avec de la fiente blanche de poule, conservée dans de l'huile vieille et dans une boite de corne; avec le sang (le chauve-souris; avec le fiel de hérisson dans de l'eau. On guérit la gale avec la cervelle de hibou jointe à la fleur de nitre, mais surtout avec le sang de chien. Les escargots, gros ou petits, écrasés et en topique, calment les démangeaisons.






XLII. Pour l'extraction des corps étrangers.

1. On fait sortir les flèches, les traits et tous les corps étrangers qu'il s'agit de tirer des chairs, par l'application d'un rat coupé en deux, niais surtout d'un lézard fendu, ou seulement de sa tête écrasée avec du sel; de ces escargots qui s'attachent par troupes aux feuilles, pilés avec leur coquille; de ceux qu'on mange, dépouillés de leur coquille, surtout avec la présure de lièvre. Les os de couleuvre, avec la présure d'un quadrupède quelconque, produisent en trois jours le même effet. On vante aussi les cantharides pilées, avec de la farine d'orge.


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Re: Livre XXX, traitant des rémèdes provenant des animaux

Message par Stephandra le Mar 19 Avr 2011, 22:28

XLIII. Pour les maladies des femmes.

(XIV.) 1. Dans les maladies des femmes on recommande le placenta de brebis, comme nous l'avons dit dans le chapitre des chèvres (XXVIII, 77, 8 ). La crotte de mouton ale même usage. Les sauterelles employées en fumigation guérissent la strangurie, surtout chez les femmes. Si après la conception une femme mange de temps en temps des testicules de coq, l'enfant qui est dans l'utérus devient, dit-on, mâle. La cendre de porc-épic, en boisson, prévient l'avortement. Le lait de chienne en boisson hale l'accouchement, qui est provoqué par l'arrière-faix du même animal, pourvu que cet arrière-faix n'ait point touché la terre. Le lait en boisson fortifie les reins des femmes en travail. La fiente de rat, délayée dans de l'eau de pluie, rétablit les mamelles gonflées après l'accouchement.

2. Se frotter avec de la cendre de hérisson et de l'huile prévient l'avortement. Le travail est plus facile chez celles qui ont avalé de la fiente d'oie avec deux cyathes d'eau ou les eaux s'écoulant de l'utérus par les parties génitales d'une belette. Les vers de terre, en topique, préviennent les douleurs du cou et des épaules; pris dans du vin de raisin sec, ils expulsent l'arrière-faix lent à sortir; appliqués seuls, ils mûrissent les abcès du sein, les ouvrent, en font sortir l'humeur, et les mènent à cicatrisation. Pris avec du vin miellé, ils font venir le lait. lise trouve aussi de petits vers qui attachés au cou conduisent l'enfant à terme; on les ôte au moment du travail, autrement ils empêcheraient l'accouchement ;

3. il faut encore avoir soin de ne pas les poser à terre. Pour faire concevoir, on en donne en boisson cinq ou sept. Les escargots pris en aliment accélèrent l'accouchement; appliqués avec du safran, la conception; avec de l'amidon et de la gomme adragante, en topique, ils arrêtent les pertes. En aliment, ils sont bons pour les règles. Ils remédient aux déplacements de la matrice, avec un denier de moelle de cerf et autant de cyperus (souchet) pour chaque escargot. Ils dissipent les gonflements de la matrice, tirés de leur coquille et écrasés avec de l'huile rosat. Pour tout cela un choisit de préférence des escargots d'Astypalée. Ceux d'Afrique s'emploient d'une autre façon : on en écrase deux avec une pincée de fenugrec, ou ajoute quatre cuillerées de miel, et on applique cette préparation sur le ventre d'abord, frotté avec de l'huile d'iris.

4. Il y a des escargots blancs, petits et allongés, que l'on voit errer de tous côtés. Ceux-ci, séchés au soleil sur des tuiles et pulvérisés, se mélangent avec de la bouillie de fèves par parties égales; c'est un cosmétique qui blanchit et adoucit la peau. Les escargots, gros et petits, avec de la polenta, ôtent les démangeaisons. Si une femme grosse passe par-dessus une vipère, elle avorte; de même si elle passe par-dessus un amphisbène, pourvu qu'il soit mort; que si elle a un amphisbène vivant dans une boîte, elle peut passer impunément par-dessus un amphisbène mort. Un amphisbène gardé, même mort, facilite les accouchements. Ce qu'il y a d'étonnant, c'est qu'une femme en passant par-dessus un amphisbène non gardé n'en reçoit aucun mal, pourvu qu'elle passe incontinent par-dessus un amphisbène gardé. La fumigation faite avec une couleuvre desséchée est emménagogue.





XLIV. Pour aider l'accouchement.

1. La vieille peau quittée par les couleuvres, attachée aux lombes, facilite l'accouchement; il faut l'ôter aussitôt après le travail terminé. On la donne aussi à boire dans du vin avec de l'encens. Prise autrement, elle est abortive. Le bâton avec lequel on a ôté une grenouille à une couleuvre facilite l'accouchement. La cendre de troxalis (XXX, 16) appliquée avec du miel est emménagogue. L'araignée qui descend le long de son fil, de quelque endroit élevé, a la même vertu : il faut la prendre dans le creux de la main, l'écraser, et l'appliquer à la partie; si on la prend au moment où elle remonte, elle arrête la purgation menstruelle. La pierre aétite (XXXVI, 39), trouvée dans l'aire d'un aigle, préserve le foetus contre toute manoeuvre d'avortement. Une plume de vautour mise sous les pieds aide l'accouchement. Il est certain que les femmes grosses doivent prendre garde à l'oeuf du corbeau, parce que si elles passent pardessus il les fait avorter par la bouche (X, 15 ). La fiente d'épervier prise dans du vin miellé paraît rendre les femmes fécondes. La graisse d'oie ou de cygne amollit les duretés et les tumeurs de la matrice.





XLV. Pour maintenir le sein.

1. La graisse d'oie avec de l'huile rosat et une araignée maintient après l'accouchement le sein dans son état naturel. Les Phrygiens et les Lycaoniens ont trouvé que la graisse d'outarde est bonne pour les maux qui surviennent au sein des nouvelles accouchées. Dans les suffocations hystériques ils foot aussi une application de blattes. La cendre de coquilles d'oeufs de perdrix, mêlée avec de la cadmie et de la cire, conserve au sein sa fermeté (XXVIII, 77, 3). On pense aussi que si on passe trois fois autour du sein un oeuf de perdrix, il ne devient pas pendant, et que ces oeufs pris à l'intérieur rendent la femme féconde et lui donnent du lait en abondance. On ajoute qu'en frottant les mamelles avec de la graisse d'oie on diminue les douleurs ; qu'on résout les môles formées dans l'utérus, et qu'on dissipe les démangeaisons des parties génitales en faisant un liniment avec des punaises écrasées.






XLVI.Pour la dépilation.

1. Le sang de chauve-souris a une vertu dépilatoire; mais, appliqué sur la joue des enfants, il n'est pas suffisamment efficace, si l'on n'applique ensuite du vert-de-gris ou de la graine de ciguë : de cette façon, ou bien on détruit complètement les poils, ou bien ils ne sont jamais que du duvet. On pense obtenir le même résultat avec la cervelle de chauve-souris. La cervelle est de deux sortes, rouge et blanche. Quelques-uns mêlent ensemble le sang et le foie de ce même animal. D'autres font consommer une vipère dans trois hémines d'huile, la désossent, et s'en servent en guise d'épilatoire, arrachant préalablement les poils qu'ils veulent empêcher de renaître.

2. Le fiel de hérisson est dépilatoire; mais il faut y mêler de la cervelle de chauve-souris et du lait de chèvre. La cendre de hérisson, sans rien autre, a la même vertu- Frottez avec du lait de chienne à sa première portée les endroits où l'on veut empêcher le poil de venir; arrachez préalablement les poils, dans le cas où il y en a déjà: par ce moyen il n'en poussera pas. Le même effet est produit, dit-on, par le sang d'une tique prise à un chien, par le sang ou le fiel d'une hirondelle. (XV.) On assure que les oeufs de fourmis pilés avec des mouches noircissent les sourcils; que si l'on veut que les enfants aient les yeux noirs la femme enceinte doit manger une souris ; et que la cendre de vers de terre, avec de l'huile, empêche les cheveux de blanchir.






XLVII. Pour les maladies des enfants.

1. Les enfants sujets à être malades par la coagulation du lait en sont préservés par la présure d'agneau prise dans de l'eau. Si la coagulation du lait s'est déjà faite dans l'estomac, on la dissipe avec la présure donnée dans du vinaigre. Pour la dentition la cervelle de mouton est très bonne. On guérit l'inflammation des enfants appelée siriasis en leur attachant des os trouvés dans de la fiente de chien. On guérit les hernies des enfants en les faisant mordre pendant qu'ils dorment par un lézard vert; puis on suspend avec un roseau le lézard à la fumée, et l'on prétend que l'enfant est guéri quand l'animal meurt.

2. La bave d'escargot appliquée sur les yeux des enfants redresse les cils et les fait pousser. La cendre d'escargots avec de l'encens, délayée dans du jus de raisin blanc, guérit les hernies : ce topique doit être employé pendant trente jours. On trouve dans les cornes des escargots de petits grains de sable (XXX, 8, 3) qui portés en amulette rendent la dentition facile. La cendre de coquilles d'escargots incorporée avec de la cire empêche la chute du fondement; mais avec cette cendre il faut mêler la sanie que l'on fait sortir par des piqûres de la cervelle d'une vipère. La cervelle de vipère, attachée avec une petite peau, aide la dentition. Il en est de même des plus grosses dents des serpents. La fiente de corbeau attachée avec de la laine au cou des enfants les guérit de la toux.

3. Il est difficile de garder son sérieux en rapportant certaines recettes; il ne faut cependant pas les omettre, puisqu'elles ont été consignées. Pour les hernies des enfants on recommande de les traiter par un lézard; ce lézard doit être mâle, ce qu'on reconnaît à ce qu'il n'a qu'un trou sous la queue- On lui fait mordre la partie malade à travers une étoffe d'or, ou d'argent, ou de pourpre; puis ou l'attache dans une coupe qui n'ait pas encore servi, et on l'expose à la fumée. On arrête l'incontinence d'urine chez les enfants en leur faisant manger des rats bouillis. Les grandes cornes des scarabées, lesquelles sont dentelées, attachées au cou des enfants, ont la propriété des amulettes.

4. On dit qu'il est dans la tête du serpent boa une petite pierre qu'il rejette quand il craint d'être tué : si, le surprenant, on lui coupe la tète et qu'on en tire cette pierre, elle aide admirablement à la dentition, étant attachée au cou des enfants. On demande d'y attacher pour le même usage la cervelle du même serpent; la petite pierre, ou petit os, qu'on trouve dans le dos de la limace. Un remède admirable est la cervelle de mouton, dont ou frotte les gencives ; de même que la graisse d'oie appliquée avec le suc d'ocymum (basilic) est merveilleuse pour les maux d'oreille. Dans les plantes épineuses il est de petits vers hérissés de duvet; on les attache au cou des enfants, et ils les guérissent, dit-on, incontinent quand ils ont dans le gosier quelque arête.






XLVIII. Pour le sommeil.

1. On emploie comme soporatif le suint délayé avec un peu de myrrhe dans deux cyathes de vin, ou mêlé avec de la graisse d'oie et du vin de myrte; Je coucou, attaché avec de la peau de lièvre; le bec d'un héron, attaché au front dans un morceau de peau d'âne : on croit que le bec seul, trempé dans du vin, ale même effet. Au contraire, la tête d'une chauve-souris, sèche et portée en amulette, empêche le sommeil.






XLIX. Pour exciter à l'acte vénérien.

1. Un lézard qu'on a fait mourir dans de l'urine d'homme est antiaphrodisiaque pour celui qui a rendu l'urine; car, selon les mages, cet animal entre dans les philtres. On attribue la même propriété à la fiente d'escargot et à celle de pigeon prise avec de l'huile et du vin. On range parmi les aphrodisiaques pour les hommes : la partie droite d'un poumon de vautour, attachée avec un morceau de peau de grue; cinq jaunes d'oeufs de pigeon, avalés dans du miel avec un denier de saindoux; les moineaux ou les oeufs de moineau, en aliment; le testicule droit d'un coq, attaché avec de la peau de bélier. On prétend que la cendre d'ibis, employée en friction avec de la graisse d'oie et de l'huile d'iris après la conception, empêche l'avortement, et que les testicules d'un coq de combat, qu'on frotte de graisse d'oie et qu'on attache avec de la peau de bélier, sont antiaphrodisiaques;

2. même effet si l'on place sous le lit les testicules d'un coq quelconque avec du sang de l'oiseau. Les crins de la queue d'une mule, arrachés pendant qu'elle est saillie, font concevoir les femmes malgré elles, si on les attache entre eux pendant le colt. Un homme qui urine dans de l'urine de chien devient, dit-on, plus froid pour l'amour. Chose singulière, si elle est vraie! de la cendre de stellion enveloppée dans un linge est aphrodisiaque tenue dans la main gauche, et antiaphrodisiaque tenue dans la main droite. Le sang de chauve-souris reçu sur des flocons de laine, et mis sous la tête des femmes, les excite à l'amour, ainsi que la langue d'oie prise eu aliment ou en boisson.





L. Pour le phthiriasis, et remèdes divers.

1. Dans le phthiriasis on tue toute la vermine en trois jours avec la vieille peau quittée par les couleuvres et prise en breuvage, avec le petit-lait dépouillé de sa substance caséeuse et pris avec un peu de sel. On assure que les fromages, si au caillé on mêle de la cervelle de belette, ne se gâtent pas en vieillissant, et sont préservés de la dent des rats. On dit encore que la cendre de belette mise dans la pâtée des poulets et des pigeonneaux les met â l'abri de l'attaque des belettes. On guérit les bêtes de somme de la difficulté d'uriner en leur attachant une chauve-souris; des vers intestinaux, en passant trois fois un ramier autour de leurs parties génitales. Chose merveilleuse! le ramier, lâché, meurt, et la bête est incontinent délivrée de son mal.






LI. Pour l'ivresse.

1. En faisant prendre pendant trois jours, dans du vin, des oeufs de chat-huant à des ivrognes, on les dégoûte du vin. Un poumon grillé de mouton prévient l'ivresse, mangé d'avance (XXVIII, 80). La cendre de becs d'hirondelle, broyée avec de la myrrhe et jetée dans le vin qu'on boit, empêche qu'on ne s'enivre. Ce moyen est dû à Horus roi des Assyriens.





LII. Choses remarquables chez les animaux.

1. Il y a encore des singularités présentées par les animaux appartenant à ce volume. Quelques auteurs disent qu'il y a en Sardaigne un oiseau nommé gromphena, semblable à la grue, mais qui, je crois, n'est plus connu, même des Sardes. Dans la même province est l'ophion (moufflon), qui ne ressemble au cerf que par le poil, et qu'on ne trouve pas ailleurs (VIII, 75; XXVIII, 42). Les mêmes auteurs ont parlé du subjugus, sans dire quel animal c'était et où on le trouvait. Je ne doute pourtant pas qu'il n'ait existé, puisqu'on nous indique des remèdes qui en sont tirés- M. Cicéron rapporte qu'il y a des animaux nommés biures, qui rongent les vignes dans la Campanie.






LIII. Autres faits merveilleux.

(XVI.) 1. Voici d'autres merveilles qu'on raconte des animaux dont nous avons parlé Un chien n'aboie pas après un individu tenant une membrane de l'arrière-faix d'une chienne, ou de la fiente ou des poils de lièvre. Parmi les moucherons, les mulions (XI, 19, 3) ne vivent pas plus d'un jour. Ceux qui retirent le miel des ruches, en ayant sur eux le bec du pivert qui creuse les arbres (X, 20), ne sont pas piqués par les abeilles. Les porcs suivent celui qui leur a donné dans une boulette de la cervelle de corbeau. La poussière dans laquelle une mule s'est vautrée calme les ardeurs de l'amour, jetée sur le corps. On met en fuite les souris si on châtre. une souris mâle et qu'on la lâche. Pilez ensemble. une peau de couleuvre, du sel, de la farine et du serpolet; faites avaler cela avec du vin aux bêtes à cornes dans le temps que le raisin mûrit, et elles se porteront bien toute l'année ; même résultat si on leur donne des petits d'hirondelle dans trois boulettes.

2. Si l'on ramasse la poussière sur les traces des couleuvres, cette poussière rappelle dans la ruche les abeilles dispersées. En attachant le testicule droit du bélier, Il n'engendre que des brebis (VIII, 72, 2). Aucun travail ne fatigue ceux qui portent des nerfs pris aux ailes et aux pattes de grue. Les mules ne ruent pas quand elles ont bu du vin. Parmi toutes les substances il n'y a que le sabot de mule qui ne soit pas corrodé par le poison de la fontaine du Styx. Lorsque Antipater en envoya pour le faire prendre à Alexandre le Grand, Aristote lui indiqua cette propriété du sabot de mule, propriété mémorable, mais dont l'indication couvre le philosophe d'infamie. Maintenant passons aux poissons.


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Stephandra
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Re: Livre XXX, traitant des rémèdes provenant des animaux

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