Livre XXVIII, traitants des remèdes tirés des animaux.

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Livre XXVIII, traitants des remèdes tirés des animaux.

Message par Stephandra le Mar 19 Avr 2011, 22:36

LIVRE XXVIll,


TRAITANT DES REMÈDES TIRÉS DES ANIMAUX

I et II Remèdes tirés de l'espèce humaine.

(1) [1] Nous aurions épuisé l'exposition de toutes les choses produites entre le ciel et la terre, et il ne resterait à palier que des substances fossiles, si l'étude des propriétés médicinales des herbes et des arbrisseaux ne nous détournait de notre chemin, et ne nous conduisait vers les remèdes, plus puissants, que fournissent les animaux, eux-mêmes sujets aux remèdes. Nous qui avons décrit les plantes, la beauté des fleurs, et tant de végétaux rares et difficiles à trouver, nous tairons-nous sur les ressources qu'il y a dans l'homme même pour l'homme, et sur tous ces remèdes vivants qui sont parmi nous ? Non; d'autant que la vie est un tourment si elle n'est exempte de douleurs et de maladies.

[2] Nous mettrons ici tous nos soins, au risque de faire naître l'ennui, notre projet étant d'avoir moins d'égard à l'agrément qu'à l'utilité. Nos recherches s'étendront jusqu'aux choses étrangères et aux usages des barbares; ce que nous rapportons, nous le rapportons sous la garantie des auteurs : cependant nous nous sommes appliqué à ne choisir que des faits établis par l'uniformité des témoignages, et nous avons préféré l'exactitude à l'abondance. Mais il est un avertissement très nécessaire à donner : nous avons déjà parlé des propriétés des animaux et des découvertes qui leur sont dues (en effet, ils ne nous ont pas moins servi en découvrant des re mèdes, qu'ils ne nous servent en nous en fournissant) : ici nous indiquerons seulement les secours médicinaux qu'on y trouve; sujet, du reste, que nous n'avons pas complètement omis dans les livres consacrés aux animaux. Ce qui nous reste à dire, quoique d'un genre différent, y est donc lié.


II. [1] Nous commencerons par l'homme, et notre première recherche sera en lui pour lui-même, au tout d'abord se présente une immense difficulté (XXVIII, 2). Les épileptiques boivent le sang des gladiateurs, sorte de coupes vivantes. Quoi ! on ne peut sans horreur voir les bêtes féroces en faire autant dans la même arène; et ces malade; regardent comme très efficace de recueillir sur l'homme même, et de la plaie béante, le sang chaud, fumant, et pour ainsi dire la vie elle-même, tandis qu'on regarderait comme une monstruosité d'approcher une bouche humaine de la plaie saignante d'une bête farouche ! D'autres recherchent la moelle des fémurs et la cervelle des enfants.

[2] Il y a même eu parmi les Grecs bon nombre de gens qui ont indiqué la saveur de chaque viscère, de chaque partie, ayant tout essayé jusqu'aux rognures des ongles, comme s'il fallait pour recouvrer la santé devenir bête féroce, et mériter la maladie par le remède même : tentatives justement frappées d'inutilité, si elles échouent. On ne se permet point de regarder les entrailles humaines : que sera-ce de les manger ! Qui a inventé ces horreurs ? C'est toi que j'accuse ici, destructeur de tout droit humain, artisan de monstruosités, qui as le premier fait de tels essais, sans doute pour que les hommes ne t'oubliassent point !

[3] Quel est celui qui a songé à goûter de chaque partie humaine ? Quelle conjecture l'a conduit ? Rome peut avoir été l'origine d'une telle médecine ? Qui a su rendre les poisons plus innocents que les remèdes ? Je veux que ces horribles usages soient dus à des barbares, à des étrangers... Mais les Grecs ne les ont-ils pas faits leurs ? Il existe des mémoires de Démocrite où l'on trouve que les os de la tête d'un malfaiteur sont plus utiles pour certaines maladies, et pour d'autres ceux de la tête d'un ami et d'un hôte.

[4] Appolonius a écrit que c'était un excellent remède pour le mal de dents, de scarifier les gencives avec une dent d'un homme mort de mort violente; Miletus, que le fiel de l'homme guérissait les cataractes. Artémon a fait faire, dans le crâne d'un homme tué et non brûlé, de l'eau puisée à une fontaine la nuit, pour l'épilepsie; Antaeus a fait avec le crâne d'un pendu des pilules pour la morsure du chien enragé. Bien plus, les hommes ont servi à guérir les bêtes : dans la tympanite des boeufs, on a perforé les cornes, et on y a introduit des os humains; dans certaines maladies des porcs, on leur a donné du froment qui avait passé la nuit dans un endroit où avait été tué ou brûlé un homme. Loin de nous, loin de nos écrits de pareilles choses !

[5] Nous ne rapporterons pas d'abominables pratiques, mais nous indiquerons les remèdes que peut fournir l'homme : ainsi le lait des nouvelles accouchées a pu être utile, de même que la salive, les attouchements et choses semblables. Nous ne regardons pas la vie comme tellement désirable, qu'il faille la prolonger à tout prix. Qui que tu sois qui penses autrement, tu n'en mourras pas moins, et tu auras vécu souillé ou abominable. Aussi, parmi les remèdes de l'âme on doit mettre au premier rang cette maxime : De tous les biens donnés à l'homme par la nature, il n'en est pas de plus grand qu'une mort opportune; et ce qu'il y a de mieux en cela, c'est que chacun peut se la procurer.





III. Les paroles ont-elles quelque vertu médicatrice ?

(II.) [1] Au sujet des remèdes fournis par l'homme, il s'élève d'abord une grande question toujours pendante : Les paroles et les charmes magiques ont-ils quelque puissance ? S'ils en ont, il conviendra de les rapporter à l'homme. Consultés en particulier, les gens les plus sages n'en croient rien; et cependant, en masse, les actes de tous les instants impliquent, sans qu'on s'en aperçoive, la croyance à cette puissance. Ainsi on pense que sans une formule de prière il serait inutile d'immoler des victimes, et que les dieux ne pourraient être convenablement consultés. De plus, il y a des paroles diverses, les unes d'impétration, les autres de dépulsion, d'autres de recommandation.

[2] Nous avons vu que des personnes revêtues de magistratures souveraines ont prononcé des formules déterminées : pour n'omettre ou ne transposer aucun mot, un homme prononce la formule qu'il lit sur le rituel, un autre est préposé pour suivre toutes les paroles, un autre est chargé de faire observer le silence, un musicien joue de la flûte pour qu'aucune autre parole ne soit entendue; et ces deux faits remarquables sont consignés, à savoir : que toutes les fois qu'un sacrifice a été troublé par des imprécations, ou que la prière a été mal récitée, aussitôt le lobe du foie ou le coeur de la victime a disparu ou a été doublé, sans que la victime ait bougé.

[3] On conserve encore, comme un témoignage immense, la formule que les Décius, père et fils, prononcèrent en se dévouant. On a la prière récitée par la vestale Tuccia, lorsque, accusée d'Inceste, elle porta de l'eau dans un crible, l'an de Rome 609. Un homme et une femme, Grecs d'origine ou de quelqu'une des autres nations avec qui nous étions alors en guerre, ont été enterrés vivants dans le marché aux boeufs; et cela s'est vu même de notre temps.

[4] La prière usitée dans ce sacrifice, laquelle est récitée d'abord par le chef du collège des Quindécemvirs, arrachera certainement à celui qui la lira l'aveu de la puissance de ces formules, puissance confirmée par huit cent trente ans de succès. Aujourd'hui nous croyons que nos vestales retiennent sur place, par une simple prière, les esclaves fugitifs qui ne sont point encore sortis de Rome. Si l'on admet cela, si l'on pense que les dieux exaucent quelques prières ou se laissent ébranler par ces formules, il faut concéder le tout (01). Le fait est que nos pères ont perpétuellement rapporté des exemples confirmatifs, assurant même qu'on peut, ce qui est le plus difficile de tout ceci, attirer la foudre du ciel, comme nous l'avons dit en son lieu (II, 54).





IV. Que l'on peut et conserver et détourner l'effet des prodiges

[1] L. Pison, dans le premier livre de ses Annales, rapporte que le roi Tullus Hostilius (II, 54), ayant voulu, d'après les livres de Numa, évoquer Jupiter du ciel à l'aide du sacrifice prescrit par ce prince, fut frappé de la foudre pour n'avoir pas accompli exactement le rit. D'ailleurs beaucoup d'auteurs font voir, qu'avec des paroles on change de grandes destinées et d'importants présages : pendant qu'on jetait sur le mont Tarpéien les fondements du temple, on trouva une tête humaine; des députés furent pour cela envoyés (02) à Olenus Calenus, le plus célèbre des devins d'Étrurie; celui-ci, comprenant la gloire et le succès attachés à ce présage, essaya de les transporter à sa nation par une question : il traça devant lui sur la terre, avec son bâton, la figure d'un temple; et s'adressant aux députés :

[2] "Voici donc ce que vous dites, Romains : c'est ici que sera le temple de Jupiter très bon, très grand, c'est ici que nous avons trouvé la tête." La tradition constante des Annales est que le destin aurait passé à l'Étrurie si les députés, prévenus par le fils du devin, n'avaient répondu : "Ce n'est pas ici précisément que nous disons que la tête a été trouvée; c'est à Rome." On rapporte qu'il en fut de même quand un quadrige de terre cuite, destiné à être placé sur le sommet du même temple, eut extraordinairement grossi dans le four, et que, une seconde fois, le présage fut fixé à Rome de la même façon. Cela suffit pour montrer par des exemples que l'effet des présages est en notre puissance, et que la valeur qu'ils ont dépend de la manière dont on les reçoit.

[3] Du moins, dans la doctrine des augures, c'est un principe que les imprécations et les auspices, quels qu'ils soient, sont nuls pour ceux qui au début d'une entreprise quelconque déclarent n'y donner aucune attention, ce qui est un des plus grands bienfaits de la bonté divine; car enfin ne lit-on pas dans les lois mêmes des Douze Tables, en termes précis : Celui qui jettera un sort sur les moissons...; et dans un autre endroit : Celui qui prononcera un maléfice...

[4] Verrius Flaccus cite ses auteurs, auteurs qu'il juge dignes de foi, lorsqu'il dit que dans les sièges on faisait avant tout évoquer par des prêtres romains le dieu tutélaire de la ville, et qu'on lui promettait à Rome le même culte ou un culte plus grand. Ce rit est resté dans la discipline des pontifes, et il est certain que l'on a tenu caché le nom (03) de la divinité tutélaire de Rome, pour empêcher quelque ennemi d'en faire autant.

[5] Au reste, tout le monde craint pour soi d'être l'objet d'imprécations; de là l'usage quand on a avalé des oeufs ou des escargots d'en briser aussitôt les coquilles, ou de les percer avec la cuiller. De là cette imitation amoureuse des enchantements, dans Théocrite chez les Grecs, dans Catulle chez les Latins, et en dernier lieu dans Virgile (Ecl. VIII). Beaucoup croient aussi que les ouvrages de poterie se brisent par les paroles; d'autres admettent que les serpents mêmes répondent à l'enchantement par l'enchantement, qu'ils n'ont que cette sorte d'intelligence, et qu'ils se rassemblent au chant des Marses, même dans le repos de la nuit.

[6] On va jusqu'à écrire sur les murailles certaines paroles contre les incendies. Mais il n'est pas aisé de dire ce qui décrédite le plus tout cela, ou les mots barbares et impossibles à prononcer, ou les mots latins bizarres, et qu'on peut d'autant moins s'empêcher de trouver ridicules, que notre imagination attend toujours quelque chose d'infini, de capable d'ébranler la divinité, ou plutôt d'assez puissant pour lui commander. Homére (Od., XIX, 457) a dit qu'Ulysse arrêta par un charme le sang qui s'échappait d'une blessure reçue à la cuisse; Théophraste (De enthusiasmo, ap. Athen. XIV, p. 624), que la coxalgie est guérie par le même moyen. Caton a rapporté une formule bonne pour les luxations (XVII, 46, 6) : M. Varron, pour la goutte. Le dictateur César, après une chute dangereuse de toiture, ne manquait jamais, à ce qu'on rapporte, dès qu'il était assis en voiture, de répéter trois fois une certaine formule, pour être garanti d'accident en voyage; précaution qu'aujourd'hui, à notre connaissance, on prend généralement.



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Message par Stephandra le Mar 19 Avr 2011, 22:37

V. Usages divers.

[1] Pour confirmer ce qui vient d'être dit, je veux en appeler au sentiment intime de chacun. Pourquoi, en effet, nous souhaitons-nous réciproquement une heureuse année au premier jour de l'an ? Pourquoi, dans les purifications publiques, choisit-on pour conduire les victimes des gens porteurs de noms heureux ? Pourquoi usons-nous d'adoration particulière pour prévenir les maléfices, invoquant la Némésis grecque, dont, pour cette raison, la statue est à Rome dans le Capitole, bien que cette déesse n'ait point de nom en latin (XI, 103) ? Pourquoi, lorsque nous parlons des morts, protestons-nous que nous n'en voulons point à leur mémoire ?

[2] Pourquoi croyons-nous que les nombres impairs ont pour toute chose plus de vertu, vertu qui se reconnaît dans les fièvres à l'observation des jours ? Pourquoi aux premiers fruits disons-nous que ceux-ci sont vieux, et que nous en souhaitons de nouveaux ? Pourquoi salue-t-on ceux qui éternuent, ce que Tibère, qui était certainement le plus sombre des hommes, exigeait, dit-on, même en voiture ? Quelques personnes trouvent qu'il est plus religieux alors de nommer ceux qu'on salue. Les absents (c'est une opinion reçue) sont avertis que l'on parle d'eux par le tintement de leurs oreilles. Attale [Phitométor] assure que si en voyant un scorpion on dit deux, l'insecte s'arrête, et ne pique point. Et, à propos de scorpion, personne en Afrique n'entreprend quoi que ce soit sans avoir prononcé auparavant le mot Afrique;

[3] tandis que dans les autres pays on commence par demander aux dieux leur bonne volonté. Est-on à table, nous voyons chacun ôter l'anneau qui est au doigt. Il est encore bien d'autres pratiques religieuses. En portant de la salive avec son doigt derrière son oreille, on croit adoucir les inquiétudes de l'esprit. Quand on veut marquer de la faveur le proverbe nous ordonne de nous presser les pouces. Pour saluer nous portons la main droite à la bouche, et nous tournons tout le corps à droite; inflexion que les Gaulois font à gauche, la regardant comme plus religieuse. Les hommes de toutes les nations s'accordent à frapper dans leurs mains quand il éclaire.

[4] Si dans un repas on vient à parler d'incendie nous répandons, pour écarter k présage, de l'eau sous les tables. On regarde comme un très mauvais présage de balayer le plancher quand quelqu'un se lève de table, ou d'ôter la table ou le buffet pendant que boit un convive. II y a de Servius Sulpicius, homme du premier rang, un écrit où il explique pourquoi il ne faut pas quitter la table; car de son temps on ne comptait pas encore plus de tables que de convives. Après un éternuement on regarde comme un détestable présage de rapporter un plat ou une table si l'un ne mange pas après cela quelque chose, ou de cesser complètement de manger.

[5] Ces pratiques ont été établies par ceux qui croyaient les dieux présents dans toutes les affaires et à tous les instants, et qui par cette piété nous les ont laissés propices, malgré nos vices. On a encore noté qu'il ne s'établit un silence complet et soudain dans une table que lorsque le nombre des convives est pair, et qu'il en résulte danger pour la considération de l'un quelconque d'entre eux. Anciennement on rendait un morceau tombé de la main, du moins à table; et on défendait de souffler dessus pour le nettoyer. On tire augure des paroles ou des pensées dans le moment où cet accident arrive, accident qui est du plus funeste présage s'il échoit à un pontife célébrant le repas de Pluton. L'expiation est de remettre le morceau sur la table, et de le brûler en présence du dieu Lare. On assure que les médicaments sont inutiles si avant de les administrer on les a posés par hasard sur une table.

[6] Se couper les ongles pendant les marchés de Rome sans dire mot et en commençant par l'index est regardé comme de mauvais augure pour les affaires pécuniaires. On dit que toucher à ses cheveux le dix-septième jour de la lune et le vingt-neuvième les empêche de tomber et préserve du mal de tête. Une loi rurale observée dans la plupart des métairies de l'Italie défend aux femmes en marchant dans la campagne de tourner leurs fuseaux, ou même de les porter découverts, parce que c'est contraire à toute chose espérée, et particulièrement aux moissons.

[7] II n'y a pas longtemps, M. Servilius Nonianus, prince de la cité, à la première crainte de l'ophtalmie, avant d'articuler le nom de mal, et avant que personne lui en eût parlé, portait au cou un papier enveloppé dans du linge, et marqué des deux lettres grecques P et A : Mutianus, trois fois consul, portait de la même façon une mouche vivante dans un petit linge blanc; et ces deux personnages affirmaient qu'à l'aide de ces amulettes ils étaient préservés de l'ophtalmie. II existe contre la grêle contre plusieurs sortes de maladies, contre les brûlures, certaines incantations, dont quelques-unes même ont été éprouvées; mais, au milieu de la grande diversité des opinions, je n'ose les faire connaître, et là dessus je laisse chacun penser ce qu'il voudra.






VI. Remèdes tirés de l'homme et observations.

(III.) [1] En parlant des singularités des nations (VII, 2 ), nous avons fait connaître des hommes à nature monstrueuse et à regard malfaisant, ainsi que plusieurs propriétés des animaux, qu'il est superflu de répéter. Le corps de certains hommes est tout entier médicinal : par exemple, les hommes de ces familles redoutées des serpents guérissent les personnes mordues, soit par un simple attouchement, soit par une légère succion. A cette catégorie appartiennent les Psylles, les Marses, et ceux qu'on nomme Ophiogènes (VII, 2, 5) dans l'île de Chypre (04). Un certain Evagon, appartenant à cette famille et député à Rome, fut, par forme d'expérience, mis par les consuls dans un tonneau rempli de serpents, qui, à l'admiration universelle, ne firent que le lécher.

[2] Le signe commun à cette famille, si elle subsiste encore, est une odeur forte qui se fait sentir au printemps. La sueur même de ces hommes n'était pas moins un remède que leur salive. Les individus qui naissent à Tentyris, île du Nil, sont si redoutés des crocodiles (VIII, 38), que leur voix seule fait fuir ces animaux. La présence de ces différentes espèces d'hommes antipathiques aux serpents suffit pour guérir, cela est certain; de même que les plaies s'aggravent à l'entrée de ceux qui ont été autrefois mordus par un serpent ou un chien. Ces derniers font également avorter les couvées des poules et le fruit du bétail. Quand le venin est une fois entré dans le corps, il en reste tant, que les personnes qui ont été infectées deviennent elles-mêmes venimeuses : le remède est de leur faire d'abord laver les mains, et d'asperger avec cette eau ceux que l'on traite.

[3] D'un autre côté, les individus qui ont été piqués par le scorpion ne le sont jamais à l'avenir par les frelons, les guêpes et les abeilles : on s'en étonnera moins quand on saura qu'un habit qui a été porté à un enterrement n'est pas attaqué par les vers, et qu'on ne peut guère tirer les serpents de leurs trous si ce n'est en employant la main gauche; (IV.) quand on saura que des secrets trouvés par Pythagore un des plus certains est celui-ci, à savoir, que dans les noms imposés aux enfants un nombre impair de voyelles annonce claudication, perte de la vue, ou autre accident du côté droit; et un nombre pair, du côté gauche. Les accouchements laborieux se terminent, dit-on, à l'instant lorsque quelqu'un fait passer par-dessus la maison où est la femme en travail une pierre ou un trait qui ait tué en trois coups trois animaux, un homme, un sanglier et un ours :

[4] le succès est plus probable quand on se sert d'un javelot de vélite tiré, sans avoir touché terre, du corps d'un homme; porté dans la maison, ce javelot produit les mêmes effets. De la même façon, les flèches tirées du corps sans avoir touché la terre, et mises sous le lit, produisent l'effet des philtres : c'est ce qu'on lit dans Orphée et Archélaüs; et encore, que l'on guérit les épileptiques en leur faisant manger de la chair d'une bête percée du fer avec lequel un homme a été tué. Quelques individus ont une vertu médicinale en certaines parties de leur corps; tel était le pouce du roi Pyrrhus, comme nous l'avons dit (VII, 2, 12). A Élis on montrait une côte de Pélops, qu'on assurait être d'ivoire. Aujourd'hui encore, bien des gens, par religion, ne veulent pas se raser les signes au visage.






VII. De la salive.

[1] La salive d'un homme à jeun est, comme nous l'avons enseigné (VII, 2, 7), le premier des antidotes contre les serpents; mais il importe d'en signaler à la société les autres propriétés. Nous crachons pour nous préserver de l'épilepsie, c'est-à-dire que nous repoussons la contagion. De la même façon, nous écartons les fascinations et la mauvais présage de la rencontre d'une personne boitant du pied droit. Nous demandons aux dieux grâce pour quelque espérance trop présomptueuse en crachant dans notre sein. Par la même raison, il est d'usage dans tous les remèdes de cracher trois fois en conjurant le mal, et d'aider ainsi les effets des médicaments, comme aussi de marquer trois fois avec de la salive, à jeun, les furoncles naissants.

[2] Voici quelque chose de merveilleux, mais facile a expérimenter : si on se repent d'avoir porté un coup de près ou de loin, il n'y a qu'il cracher aussitôt dans la paume de la main avec laquelle on a frappé : à l'Instant la personne frappée cesse de ressentir de la douleur. C'est ce qu'on vérifie souvent après avoir roué de coups une bête de somme, à laquelle ce moyen fait aussitôt reprendre son allure. Quelques-uns, au contraire, rendent les coups plus pesants en crachant auparavant dans leur main, de la manière susdite. Ne refusons donc pas de croire qu'on guérit les lichens et les lèpres en les frottant tous les jours avec de la salive, à jeun; qu'on guérit l'ophtalmie en y faisant pareille onction le matin; les carcinomes, en pétrissant avec de la salive la plante appelée mal de la terre (XXV, 54, 3) : le torticolis, en portant de la salive, à jeun, avec la main droite au jarret droit, avec la main gauche au jarret gauche; qu'enfin, si quelque animalcule est entré dans l'oreille, il suffit de cracher dans cette partie pour l'en faire sortir.

[3] C'est un préservatif contre les sortilèges, de cracher sur son urine après l'avoir rendue, de cracher dans le soulier du pied droit avant de le mettre, de cracher en traversant un endroit où l'on a couru quelque danger. Marcion de Smyrne, qui a écrit un livre sur les effets des médicaments non composés, rapporte que la sa live fait crever les scolopendres marines, ainsi que les rubètes et les grenouilles. Opillus dit qu'elle fait crever les serpents si on leur crache dans la gueule au moment ou ils l'ont béante. Salpé prétend qu'on dissipe l'engourdissement d'un membre quelconque en crachant dans son sein, ou en touchant avec de la salive la paupière supérieure.

[4] Si nous ajoutons foi à ce qui vient d'être dit, croyons encore à l'efficacité des pratiques suivantes : A l'arrivée d'un étranger, ou quand on regarde un enfant endormi, la nourrice crache trois fois. quoiqu'il soit déjà sous la protection du dieu Fascinus, protecteur non seulement des enfants, mais encore des généraux, divinité dont le culte, confié aux vestales, fait partie de la religion romaine; ce Fascinus qu'on attache au char des triomphateurs comme le médecin de l'en vie, de même qu'une voix chargée d'une semblable expiation les avertit de se retourner (05), afin de conjurer derrière eux la fortune, ce bourreau de la gloire.





VIII. Du cérumen.

[1] La morsure de l'homme compte parmi les plus dangereuses. Le remède est le cérumen; ce qui ne doit point étonner, puisque cette matière, appliquée sur-le-champ, guérit les blessures faites par les scorpions et les serpents. Le cérumen provenant des oreilles de la personne blessée vaut mieux pour elle; il guérit aussi les envies. Une dent humaine réduite en poudre est un antidote contre la morsure des serpents.




IX. Des cheveux, des dents, etc.

[1] Les premiers cheveux qu'on coupe aux enfants, et en général les cheveux de tous les impubères, attachés autour des membres goutteux, calment, dit-on, les attaques. Les cheveux des hommes guérissent dans de vinaigre les morsures des chiens, dans de l'huile ou du vin les plaies de tête. On dit, s'il faut le croire, que les cheveux d'un homme détaché de la croix guérissent les fièvres quartes. La cendre de cheveux guérit les carcinomes. La première dent qui tombe à un enfant, pourvu qu'elle ne touche pas la terre, enchâssée dans un bracelet et portée continuellement au bras, garantit des maux de matrice.

[2] Le gros orteil, lié à l'orteil voisin, guérit les tumeurs des aines. A la main droite, les deux doigts du milieu, légèrement attachés ensemble avec une bandelette de lin, préservent des catarrhes et des ophtalmies. Une pierre rendue par un calculeux, attachée sur le pubis, soulage, dit-on, les autres calculeux, guérit aussi les douleurs de foie, et accélère l'accouchement. Granius a ajouté qu'une pierre tirée par la taille était plus efficace. On procure un prompt accouchement à une femme en travail si l'homme dont elle a conçu, déliant sa ceinture, la met à cette femme, l'ôte ensuite, après avoir prononcé pour formule : "Je l'ai liée et je la délierai", et se retire aussitôt.

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Re: Livre XXVIII, traitants des remèdes tirés des animaux.

Message par Stephandra le Mar 19 Avr 2011, 22:37

Du sang, du coït, etc.

[1] Le sang de l'homme même, de quelque partie qu'il sorte, est un topique très efficace pour l'angine, au dire d'Orphée et d'Archélaüs; et, appliqué sur la bouche de ceux qui viennent de tomber d'épilepsie, il les fait se relever aussi tôt. Suivant d'autres, pour l'épilepsie il faut piquer les gros orteils et mettre au visage quelques gouttes de sang qui sort, ou bien qu'une vierge touche le malade du pouce droit; d'où ils conjecturent que dans cette maladie il faut user de la chair d'animaux vierges. Eschine, d'Athènes, guérissait avec la cendre des excréments les angines, les amygdalites, la chute de la luette et les carcinomes : il appelait ce médicament botryon. Plusieurs sortes de maladies se résolvent au premier coït ou à la première éruption des règles (VIII, 51, 4), 41; sinon, ces maladies, surtout l'épilepsie, deviennent chroniques. Bien plus, on assure que les personnes blessées par les serpents et les scorpions sont soulagées par le coït, mais que les femmes qui s'y prêtent souffrent de cette copulation. On assure que ceux qui, en se lavant les pieds, se touchent trois fois les yeux avec l'eau du bain, ne sont sujets ni à l'ophtalmie ni à aucune incommodité de la vue.





XI. Des morts.

[1] La main d'un individu enlevé par une mort prématurée guérit, assure-t-on, par le contact les scrofules, les parotides, les angines. Quelques-uns prétendent qu'il suffit d'être touché du revers de la main gauche d'un mort quelconque, pourvu qu'il soit du sexe du malade. Arracher avec les dents, en tenant les mains derrière le dos, un fragment d'un bois frappé par la foudre, et appliquer ce fragment sur une dent douloureuse, est, dit-on, propre à enlever la douleur. Il en est qui prescrivent de recevoir sur la dent malade la fumée de la dent d'une personne de son sexe, ou d'y attacher une dent canine prise à un mort non enseveli. On dit que la terre trouvée dans un crâne fait tomber les cils;

[2] que s'il y a crû quelque herbe cette herbe mâchée fait tomber les dents, et que les ulcères circonscrits avec un ossement humain ne font pas de progrès. D'autres prennent de l'eau de trois puits différents à mesures égales, mêlent ces eaux ensemble, en font d'abord une libation dans un vase de terre neuf, et administrent le restant en boisson pour les fièvres tierces, dans l'accès : les mêmes, pour les fièvres quartes, attachent au cou du malade un fragment, enveloppé dans de la laine, d'un clou pris à une croix, ou une corde ayant servi à un crucifiement; et après la guérison ils cachent cette amulette dans une caverne où le soleil ne pénètre pas.





XII. Rêveries diverses des magiciens.

[1] Voici des rêveries des mages : Une pierre à rémouleur, sur laquelle on a aiguisé beaucoup de ferrements, mise, sans qu'il le sache, sous l'oreiller d'un homme défaillant par l'effet de quelque poison, lui fait déclarer ce qu'on lui a donné, en quel lieu, en quel temps, mais sans lui faire nommer l'auteur du crime. Un homme foudroyé qu'on retourne du côté de sa blessure parle aussitôt, cela est certain. Quelques-uns, pour guérir les tumeurs des aines, y attachent un fil pris à la toile, auquel ils font neuf ou sept nœuds, nommant à chaque noeud quelque veuve; on attache encore avec un fil un clou ou quelque autre chose sur quoi on ait marché, et on fait porter le tout au malade, pour que la plaie ne fasse aucun mal.

[2] On arrache les verrues depuis le vingtième jour de la lune en regardant cet astre, couché sur le dos dans un sentier, en tenant les bras étendus au-dessus de la tête, et en se frottant avec tout ce qu'on peut attraper. On dit qu'en extirpant un cor au moment où tombe une étoile, on le guérit sur-le-champ; que si on verse du vinaigre (06), sur les gonds des portes, il s'y forme une boue qui, appliquée au front, guérit le mal de tête; que la corde d'un pendu dont on s'entoure les tempes produit le même effet. Si une arête de poisson s'est fixée dans la gorge, il suffit, pour la taire tomber, de plonger les pieds dans l'eau froide; si c'est un os de quelque autre animal, on applique sur la tête des fragments du même os (07); si c'est du pain, on met du même pain dans l'une et l'autre oreille.





XIII. Des ordures provenant du corps humain.

[1] En Grèce, où l'on fait argent de tout, les gymnases ont mis au rang des remèdes les plus efficaces jusqu'à la crasse du corps humain (XV, 5). Les raclures du corps des athlètes sont émollientes, échauffantes, résolutives, incarnantes, propriétés résultant du mélange de la sueur et de l'huile. On les emploie en pessaire dans l'inflammation et la contraction de la matrice. Employées ainsi, elles sont emménagogues. Elles guérissent l'inflammation du siège et les condylomes, les douleurs des nerfs, les luxations, les nodosités des articulations. Les raclures obtenues à la suite des bains sont plus efficaces pour les mêmes usages; aussi les incorpore-t-on aux médicaments suppurants. Les raclures auxquelles on mêle du cérat et de la boue relâchent à la vérité les articulations, réchauffent et résolvent avec plus d'efficacité, mais ont moins de vertu pour le reste.

[2] Des auteurs très célèbres ont proclamé (recherche impudente et qui dépasse toute croyance)i le fluide spermatique comme un remède souverain contre les piqûres des scorpions. D'un autre côté, on recommande pour les femmes, en pessaire, contre la stérilité, le premier excrément rendu par les enfants, et nommé méconium. Que dis-je ? on est allé jusqu'a racler les murailles mêmes des gymnases; et on prétend que ces ordures ont une primauté échauffante, et résolvent les tumeurs. On les applique sur les ulcères des vieillards et des enfants, sur les écorchures et sur les brûlures.




XIV. Remèdes qui dépendent de la volonté de l'homme.

[1] Il ne faut pas non plus oublier les remèdes qui dépendent de la volonté humaine : s'abstenir de tout aliment ou de toutes boissons, ou seulement de vin, ou de viande, ou de bains, quand la santé exige un de ces retranchements, est rangé parmi les remèdes les plus utiles. Dans celte catégorie entrent l'exercice du corps, celui de la voix, les onctions, les frictions suivant l'art. Une friction forte resserre, une friction douce amollit; fréquente, elle amaigrit; modérée, elle engraisse. Mais rien n'est plus salutaire que de se promener ou de se faire porter, et cela de plusieurs façons : l'équitation est très bonne à l'estomac et aux cuisses; la navigation, à la phtisie (XXXII, 33); le changement de lieu, aux maladies de longue durée. On peut encore se guérir par le sommeil ou par le lit, ou par des vomissements non trop répétés.

[2] Coucher sur le dos est avantageux à la vue; sur le ventre, à la toux : sur les côtés, au rhume. Suivant Aristote et Fabianus, c'est vers le printemps et l'automne qu'on rêve le plus, et dans le coucher sur le dos, tandis que dans le coucher sur le ventre on ne rêve pas. Théophraste prétend que la digestion se fait plus rapidement sur le côté droit, et plus difficilement sur le dos. Le plus puissant des remèdes, qu'on peut toujours s'administrer soi-même, c'est le soleil, ainsi que les frictions avec les linges et le brosses. Se faire verser de l'eau chaude sur la tête avant le bain de vapeur, et de l'eau froide ensuite, est une pratique très salutaire; de même, prendre de l'eau froide avant les aliments, en boire de temps en temps en mangeant, en avaler avant de s'endormir, et, si cela convient, interrompre son sommeil pour en reprendre encore.

[3] Il faut remarquer qu'aucun animal n'aime à boire chaud, et qu'ainsi boire chaud n'est pas naturel. On a des expériences qui prouvent que pour empêcher la mauvaise haleine il faut se laver la bouche avec du vin pur avant de s'endormir; qu'il faut se la rincer le matin avec de l'eau froide, un nombre impair de fois, pour se préserver du mal de dents; qu'on se garantit de l'ophtalmie en se lavant les yeux avec de l'oxyrat; (V.) qu'enfin un régime varié, sur lequel on ne s'observe pas (08), contribue à la santé générale.

[4] Hippocrate (De rat. vict. acut.) assure que les entrailles des personnes qui ne déjeunent passe fatiguent plus tôt que celtes des autres; mais il a fait cette observation en vue d'un régime modère, et non des festins; car dans le fait la tempérance est ce qu'il y a de plus utile. L. Lucullus avait chargé un de ses esclaves de réprimer sa gourmandise, et, comble d'ignominie, un vieillard chargé de triomphes se faisait arrêter la main à table, même quand il dînait au Capitole. N'est-il pas honteux d'obéir plus facilement à son esclave qu'à soi-même ?





XV. De l'éternuement.

(VI.) [1] Les éternuements provoqués par une plume soulagent la pesanteur de tête. On dit que baiser les naseaux d'une mule produit le même effet. Les éternuements font cesser le hoquet. Pour le hoquet, Varron conseille de se gratter alternativement la paume de chaque main; et on prescrit communément de transporter son anneau de la main gauche au plus long doigt de la droite, ou de plonger les mains dans de l'eau chaude. Théophraste dit que les vieillards éternuent plus difficilement que les autres.





XVI. Du coït.

[1] Démocrite condamnait les plaisirs de l'amour comme une action violente, dans laquelle s'élance du corps humain un autre homme. Il est certain que le mieux est d'en user rarement : cependant ils donnent du ton aux athlètes devenus trop pesants, et rétablissent la voix quand de claire elle devient voilée. Ils guérissent les douleurs des lombes, l'obscurcissement de la vue, l'aliénation et la mélancolie.





XVII. Remèdes divers.

[1] Se tenir assis, les doigts entrelacés les uns dans les autres en engrenure, auprès d'une femme grosse ou d'une personne à qui l'on administre un médicament, est un maléfice; découverte qu'on fit, dit-on, quand Alcmène accoucha d'Hercule. C'est encore pis si les doigts embrassent un seul genou ou tous les deux. Il y a encore maléfice à mettre les cuisses tantôt sur un genou, tantôt sur l'autre; aussi nos ancêtres ont défendu, dans les assemblées des généraux et des magistrats, cette posture, comme mettant obstacle à tout ce qui pouvait s'y traiter. Ils l'ont défendue aussi dans les sacrifices et les prières publiques.

[2] Quant à l'usage de se découvrir la tête en présence des magistrats, ils l'ont établi, non comme marque de respect, mais pour la santé, d'après Varron, parce que la tête se fortifie par l'habitude d'être découverte. Quand il est entré quelque chose dans un oeil, il est bon de comprimer l'autre; quand de l'eau a pénétré dans l'oreille droite, de sauter sur le pied gauche, la tête penchée sur l'épaule droite, et de faire la même chose en sens contraire pour l'oreille gauche. Si la salive cause de la toux, il faut se faire souffler au front par quelqu'un. Si la luette est tombée il faut qu'un homme prenant le malade par le sommet de la tête, avec les dents, le tienne suspendu.

[3] Dans la douleur de cou on frotte les jarrets, dans la douleur de jarret on frotte le cou. Si on est pris au lit de crampes dans les jarrets ou dans les jambes, on mettra les pieds à terre; si la crampe occupe le membre gauche, on saisit avec la main droite le gros orteil gauche, et vice versa pour le membre droit. On serre les extrémités du corps ou le bout de l'oreille, pour faire cesser les frissons ou une épistaxis excessive.

[4] On attache avec de la toile ou du papyrus les parties génitales à leur extrémité, ou la cuisse au milieu, pour arrêter l'incontinence d'urine. Pour les faiblesses d'estomac on se serre les pieds, ou on met les mains dans de l'eau chaude. Il est très salutaire dans beaucoup de cas de parler peu : on sait que Mécène Melissus (09) s'assujettit pendant trois ans au silence, après une hémoptysie suite d'une convulsion. Quand on tombe de voiture; quand, montant ou étendu, on est menacé de quelque accident, et quand un coup arrive, Il est très avantageux de retenir sa respiration; procédé dont on doit l'Indication à un animal, comme nom l'avons dit (VIII, 58).

[5] Enfoncer un clou de fer dans l'endroit où a porté d'abord la tête d'un épileptique qui tombe, passe pour délivrer de cette maladie. Uriner dans le bain, couché sur le ventre, calme, dit-on, les douleurs des reins, des lombes et de la vessie. Il est étonnant combien les blessures guérissent plus promptement lorsqu'on at tache l'appareil avec le noeud d' Hercule : on dit même qu'une ceinture attachée avec ce noeud et portée tous les jours a une certaine utilité, qui est due à Hercule, inventeur de ce noeud. Démétrius a fait un livre sur le nombre quatre, et il explique pourquoi il ne faut jamais boire quatre cyathes ou quatre setiers. Il est bon de se frotter le derrière des oreilles dans l'ophtalmie, et le front dans le larmoiement. Un présage tiré de l'homme lui-même, et montrant que la mort n'est pas à craindre dans la maladie actuelle, c'est la possibilité de se voir dans la pupille du malade comme dans un miroir.

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Re: Livre XXVIII, traitants des remèdes tirés des animaux.

Message par Stephandra le Mar 19 Avr 2011, 22:38

XVIII. De l'urine.

[1] L'urine est dans les auteurs un sujet considérable non seulement de spéculations théoriques, mais encore d'observations religieuses. On y a fait des distinctions méthodiques. Celle des eunuques est, dit-on, bonne pour rendre les femmes fécondes. Parmi les remèdes tirés de l'urine dont on peut parler honnêtement, celle des enfants impubères est souveraine centre la bave de l'aspic ptyas, ainsi nommé patte qu'il lance, comme en crachant, son venin dans les yeux des hommes. Elle l'est aussi contre l'aibuco, les taches, les taies, l'argema, les maladies des paupières; contre les brûlures, avec la farine d'ers; contre la suppuration des oreilles et les petits vers qui s'y engendrent, bouillie jusqu'à réduction de moitié avec une tête de poireau dans un vase de terre neuf. La vapeur de cette décoction est encore emménagogue.

[2] Salpé recommande d'en étuver les yeux pour raffermir la vue, et en fait un liniment pour les coups de soleil, avec un blanc d'oeuf, et plus efficacement avec celui d'un oeuf d'autruche, liniment qu'on laisse appliqué deux heures. On se sert de l'urine pour enlever les taches d'encre. L'urine d'homme guérit la goutte; ce qui le prouve, ce sont les foulons, qui, assure-t-on, sont préservés de la sorte de cette maladie. A de l'urine vieille on mêle de la cendre d'huître calcinée, pour les éruptions qui surviennent au corps des enfants et pour tous les ulcères humides; on en fait un topique pour les chairs rongées, les brûlures, les affections du siège, les rhagades et les piqûres des scorpions.

[3] Les accoucheuses les plus célèbres ont déclaré qu'aucune autre lotion ne guérit plus efficacement les démangeaisons corps, et, avec addition de nitre, les ulcères de la tête, le porrigo, les ulcères rongeants, et surtout ceux des parties génitales. Au reste, l'urine de chacun (qu'on nous permette de le dire) vaut le mieux, appliquée toute récente et seule, pour les morsures des chiens, ou les piquants que les hérissons ont laissés dans les chairs; on l'applique avec une éponge ou de la laine. Pétrie avec de la cendre, elle est bonne pour la morsure des chiens enragés et pour celle des serpents. Quant aux scolopendres, on dit une chose merveilleuse : il suffit que celui qui a été blessé par ces animaux se touche le haut de la la tête avec une goutte de son urine, pour être aussitôt guéri.




XIX. Pronostics relatifs à la santé, tirés de l'urine.

[1] L'inspection de l'urine fournit des indications sur la santé. Si le matin elle est incolore et ensuite jaune, le premier état indique que la digestion se fait; le second, qu'elle est faite. Quand l'urine est rouge, mauvais signe; très mauvais quand elle est noire. Une urine bulleuse et épaisse est mauvaise. Un sédiment blanc menace de l'invasion d'une douleur les articulations ou les viscères. Une urine verte annonce une maladie des viscères; pâle, une maladie bilieuse; rouge, une maladie du sang.

[2] Mauvaise aussi est l'urine où se montrent comme du son et de petits nuages. Une urine ténue et claire est mauvaise. Une urine épaisse et puante est mortelle, et chez les enfants une urine ténue et aqueuse. Les mages défendent que pour uriner on se découvre en face du soleil ou de la lune, ou qu'on arrose avec l'urine l'ombre de qui que ce soit. Hésiode (Op. et Dies, 727) conseille d'uriner contre un corps placé en face, de peur qu'en se découvrant on n'offense quelque divinité. Osthanes assure que pour se préserver contre toute substance funeste il faut, le matin, faire tomber de son urine sur son pied.





XX. De la femme : remèdes.

(VII.) [1] Les remèdes qu'on dit tirés du corps de la femme approchent des plus étonnants prodiges: et nous ne parlons pas ici des enfants nés avant terme, coupés par morceaux pour de criminelles pratiques, ni des horreurs du sang menstruel, ni de tant d'autres recettes révélées non seulement par les sages-femmes, mais encore par les courtisanes elles-mêmes. On dit que l'odeur des cheveux de femme brûlés fait fuir les serpents; que la même odeur dissipe les suffocation hystériques: que la cendre, s'ils ont été brûlés dans un vase de terre ou avec de l'écume d'argent (litharge), guérit les granulations et le prurigo des yeux; avec du miel, les ulcères des enfants et les verrues; avec du miel et de l'encens, les plaies de tête et tous les clapiers des ulcères; avec de la graisse de porc, les tumeurs et la goutte; qu'en topique elle arrête l'érysipèle, l'hémorragie et les fourmillements.





XXI. Du lait de la femme.

[1] Quant à l'usage du lait de femme, on s'accorde à dire que ce liquide est très doux, très délicat, très bon, dans les fièvres de longue durée et le flux céliaque, surtout le lait d'une femme qui a sevré. On le trouve très efficace dans le malacla, dans les déchirements d'estomac, dans les fièvres; avec de l'encens, dans les fluxions des mamelles. Si on l'instille directement dans l'oeil, où un coup a fait extravaser le sang, qui est douloureux ou pris de fluxion, il produit de très bons effets, surtout avec du miel et du suc de narcisse, ou de la fleur d'encens. Dans tous les cas le lait d'une femme qui est accouchée d'un entant mâle est le plus efficace, et encore plus celui d'une femme qui a mis au monde deux jumeaux mâles: Il faut qu'elles s'abstienne de vin et d'aliments âcres.

[2] Mêlé à du blanc d'oeuf, et appliqué sur le front avec de la laine, il fait cesser les fluxions des yeux. Quand une grenouille a aspergé l'oeil de sa bave, c'est un remède excellent. Contre la morsure du même animal on l'emploie à l'intérieur et à l'extérieur. On assure qu'une personne qui a été frottée avec le lait de la mère et de la fille en même temps est préservée pour la durée entière de sa vie de toute affection des yeux. Mélangé avec un peu d'huile il guérit les affections des oreilles; chauffé avec de la graisse d'oie il fait cesser la douleur d'oreille causée par un coup. Si l'oreille exhale une mauvaise odeur, comme cela est ordinaire dans les longues maladies de cette partie, on y introduit de la laine imbibée avec ce lait où on a délayé du miel. On l'instille avec de l'élatérion (XX, 2) dans les yeux qui restent jaunes à la suite de l'ictère. En boisson c'est un re mède souverain contre les breuvages empoisonnés, préparés avec le lièvre marin, le bupreste; contre le dorycnion (convolvulvus dorycnium), au dire d'Aristote;

[3] contre la folie produite par un breuvage de jusquiame. On recommande d'en faire un topique avec la ciguë pour la goutte :d'autres emploient (XXX, 23) le suint de la laine et la graisse d'oie; préparation dont on se sert aussi pour les douleurs de la matrice. En boisson, au dire de Rabirius, il arrête le cours de ventre, et est emménagogue. Le lait d'une femme accouchée d'une fille n'est souverain que pour la guérison des affections du visage. Le lait de femme guérit les maladies des poumons; si on y mêle l'urine d'un garçon impubère ou du miel attique, à la dose d'une cuillerée chaque, je trouve que cette préparation fait cesser les bourdonnements d'oreilles. On prétend que les chiens auxquels on fait boire du lait d'une femme accouchée d'un garçon ne deviennent jamais enragés.





XXII. De la salive de la femme.

[1] La salive d'une femme à jeun passe pour bonne aux yeux pleins de sang; bonne aussi contre les fluxions, cas auquel il faut en mouiller de temps en temps les coins des yeux enflammés; pratique encore plus efficace si la femme s'est abstenue la veille d'aliment et de vin. Je trouve aussi que l'on soulage la céphalalgie en attachant autour de la tête une bandelette de femme.





XXIII. Du sang des règles.

[1] Après cela il n'y a plus de limite : la grêle, les tourbillons, la foudre, toutes les tempêtes célestes, sont détournées par une femme qui, ayant ses règles, se découvre. Sur mer il n'est pas besoin qu'elle ait ses règles; il suffit qu'elle se découvre pour calmer l'orage. Quant aux règles mêmes, qui produisent des choses monstrueuses, comme nous l'avons dit en lieu et place (VII, 13), on en tire de sinistres présages. Qu'il nous soit permis d'en rapporter quelques-uns. Si les règlent coïncident avec une éclipse de lune ou de soleil, les maux qu'elles causent sont irrémédiables; il en est de même quand elles coïncident avec l'absence de la lune : alors le coït est funeste et mortel pour les mâles.

[2] C'est dans ce temps qu'elles ternissent la pourpre, tant ces circonstances en augmentent la force. Dans toute autre époque les règles coulant, si la femme fait nue le tour d'un champ de blé, on voit tomber les chenilles, les vers, les scarabées, et les autres insectes nuisibles. Métrodore de Scepsis dit que ce procédé a été découvert, en Cappadoce, à propos de la pullulation des cantharides, et qu'en conséquence les femmes y parcourent les champs avec leurs jupes retroussées. Ailleurs l'usage veut qu'elles aillent pieds nus, avec la chevelure et la ceinture dénouée; mais il faut prendre garde que cela se fasse au lever du soleil, car la semence se dessécherait. L'attouchement d'une femme en cet état gâte ressource les jeunes vignes, et fait mourir incontinent la rue et le lierre, plantes douées de vertus très puissantes.

[3] En voila beaucoup sur la farce de ces purgations : cependant il est encore certain que les abeilles désertent leur ruche touchée par une femme en cet état; que les lins noircissent dans la chaudière; que le fil du rasoir s'émousse dans la main du barbier; que les vases de cuivre touchés contractent une odeur fétide et se rouillent, surtout si la lune est alors à son décours; que les cavales, si elles sont pleines, avortent par l'attouchement, bien plus, par le seul regard de la femme, même de loin, si elle est à sa première menstruation après la perte de sa virginité, ou si vierge elle est alors menstruée pour la première fois. Le bitume de Judée ne cède qu'à la force du sang menstruel :un fil d'une étoffe qui a été imbibée de ce sang en détruit l'adhérence, comme nous l'avons dit (VII, 13).

[4] Le feu même, qui triomphe de tout, ne peut triompher du sang menstruel : ce sang incinéré, si on en saupoudre les étoffes à laver, altère en effet la pourpre, et ternit l'éclat des couleurs. Cette substance malfaisante n'épargne même pas le sexe qui en est la source : elle provoque l'avortement chez une femme enceinte qu'on en frotte, ou qui seulement passe par-dessus. Laïs et Eléphantis ont écrit au sujet des abortifs des choses tout à fait contradictoires, indiquant, par exempte, un charbon de racine de chou, ou de myrte, ou de tamarix, éteint dans ce sang; disant que les ânesses sont sans concevoir autant d'années qu'elles ont mangé de grains d'orge trempés dans ce sang; énumérant enfin tant d'autres propriétés monstrueuses ou inconciliables, car l'une assure que la fécondité est procurée par les mêmes moyens que l'autre indique pour rendre une femme stérile: le meilleur est de n'en rien croire.

[5] Bythus de Dyrrachium prétend que les miroirs ternis (VII, 13) par l'aspect de femmes ayant leurs règles redeviennent brillants si ces mêmes femmes regardent ces miroirs par derrière; et que toute mauvaise influence des menstrues est détruite si les femmes ont sur elles le poisson appelé surmulet. D'un autre côte, beaucoup de gens attribuent des vertus médicinales à une substance aussi malfaisante, assurant qu'on en fait un topique pour la goutte, et que les femmes en cet état adoucissent les écrouelles, les parotides, les tumeurs, les érysipèles, les furoncles, les fluxions des yeux. D'après Laïs et Salpé, la morsure des chiens enragés et les fièvres tierces et quartes sont guéries avec de la laine de bélier noir imbibée de sang menstruel, et renfermée dans un bracelet d'argent;

[6] d'aprés Diotimus de Thèbes, il suffit d'un petit morceau d'étoffe quelconque, ou même d'un fil, ainsi trempé dans ce sang et porté dans un bracelet. La sage-femme Sotira dit qu'un moyen très efficace de guérir les fièvres tierces et quartes est d'en frotter la plante des pieds du malade, ce qui est d'un effet encore bien plus sûr si l'opération est faite par la femme elle-même, et à l'insu du malade. C'est aussi, d'après elle, un moyen de faire cesser l'accès des épileptiques. Le médecin Icétidas garantit la guérison de la fièvre quarte par le coït, pourvu que ce soit au début des règles. Tout le monde convient que si une personne mordue par un chien a de l'horreur pour l'eau et les boissons, il suffit de mettre sous sa coupe un lambeau d'étoffe imprégné de ce sang, pour dissiper l'hydrophobie: sans doute elle cesse, grâce à la sympathie signalée par les Grecs, attendu que les chiens qui goûtent de ce sang deviennent enragés, comme nous l'avons dit (VII, 13).

[7] Ce sang incinéré, avec addition de farine de cheminée (suie) et de cire, guérit les ulcères de toutes les bêtes de somme: cela est certain. II est certain aussi que les taches faites aux étoffes par ce sang ne peuvent être enlevées que par l'urine de la femme dont il provient; que ce sang incinéré, mêlé seul à l'huile rosat, calme, appliqué au front, les douleurs de tête, surtout chez les femmes, et que cet écoulement est de la qualité la plus violente chez les femmes dont la virginité a été détruite par la nature seule et l'âge. On convient aussi, et c'est ce que je crois le plus volontiers, qu'Il suffit de toucher avec ce sang les poteaux d'une porte pour rendre vains les maléfices des mages, espèce d'hommes très menteurs, comme on peut s'en convaincre.

[8] Voici, en effet, une de leurs promesses les plus modestes : Prendre les rognures des ongles des pieds et des mains du malade, les amalgamer avec de la cire; dire qu'on cherche un remède pour la fièvre tierce, quotidienne ou quarte, et appliquer le tout avant le lever du soleil, à la porte d'une autre maison, voilà le remède qu'ils recommandent pour ces maladies. Combien menteurs si la re cette est fausse: combien coupables si la maladie se transporte, en effet, par ce moyen ! Ceux dont les secrets sont les plus innocents prescrivent de jeter les rognures des ongles de tous les doigts à l'entrée des fourmilières, de prendre la première fourmi qui entraîne de ces rognure, et de l'attacher au cou, ce qui guérit la maladie.

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Re: Livre XXVIII, traitants des remèdes tirés des animaux.

Message par Stephandra le Mar 19 Avr 2011, 22:40

XXIV. Des animaux étrangers : de l'éléphant,

(VIII.) [1] Voilà ce qu'il est permis de rapporter, et encore, le plus souvent, il a fallu de mander pardon au lecteur. Le reste n'est qu'un tissu d'horreurs et d'infamies, et nous nous hâtons de laisser l'exposé des remèdes tirés de l'homme. Maintenant nous allons parler des animaux, et des effets les plus remarquables. Le sang de l'éléphant, surtout de l'éléphant mâle, arrête toute les fluxions qu'on nomme rhumatismes. On enlève, dit-on, avec la raclure d'ivoire incorporée à du miel attique les taches de la face; avec la sciure, les paronychies. L'attouchement de la trompe calme la douleur de tête, surtout si l'animal éternue en même temps. La partie droite de la trompe, appliquée avec de la terre rouge de Lemnos, est aphrodisiaque. Le sang est bon dans la consomption; le foie, dans l'épilepsie.





XXV. Du lion,

[1] La graisse de lion avec de l'huile rosat préserve la peau du visage de toute espèce de taches, et en conserve la blancheur. Elle guérit les parties gelées par la neige et les tumeurs des articulations. Les mages imposteurs promettent un crédit facile auprès du peuple et des rois à ceux qui se sont frottés avec cette graisse, surtout avec celle d'entre les sourcils de l'animal, endroit où il ne peut y en avoir. Même promesse avec les dents du lion, surtout celles du côté droit, et avec les barbes de la mâchoire Inférieure. Le fiel, avec addition d'eau, employé en onction, éclaircit la vue; avec addition de la graisse du même animal, il dissipe l'épilepsie; mais il faut ne faire qu'en goûter, et, aussitôt après l'avoir pris, courir pour le digérer. Le coeur, en aliment, guérit la fièvre quarte; la graisse, avec l'huile rosat, les fièvres quotidiennes. Les bêtes fuient ceux qui s'en sont frottés; on croit même qu'elle sauve des embûches.





XXVI. Du chameau,

[1] La cervelle de chameau, desséchée et prise en boisson dans du vinaigre, guérit, dit-on, l'épilepsie: de même le fiel, bu avec du miel, ce qui de plus guérit l'angine. On prétend que la queue desséchée relâche le ventre, et que la cendre de la fiente, avec de l'huile, rend les cheveux bouclés. La cendre guérit la dysenterie, en topique, et en boisson à la dose d'une pincée; elle guérit aussi l'épilepsie. On dit que l'urine est très bonne pour les foulons; qu'elle l'est aussi pour les ulcères humides; que les barbares la gardent pendant cinq ans, et qu'ils la prennent en boisson à la dose d'une hémine comme purgatif; que les soies de la queue, tordues et portées au bras gauche, guérissent les fièvres quartes.






XXVII. De l'hyène,

[1] De tous les animaux l'hyène est celui duquel les mages racontent le plus de merveilles, allant jusqu'à lui attribuer même la connaissance des arts magiques et la vertu d'attirer à soi (VIII, 44) les hommes, auxquels elle fait perdre l'esprit. Nous avons rapporté (VIII, 44) le changement de sexe auquel l'hyène est assujettie annuellement, et les autres monstruosités qu'elle présente : maintenant nous exposerons tout ce qu'on en rapporte dans la médecine. On dit que l'hyène est particulièrement l'effroi des panthères, à tel point que celles-ci ne cherchent même pas à se défendre, et qu'elles n'attaquent pas un homme ayant sur lui de la peau d'hyène.

[2] Chose merveilleuse! si l'on suspend vis-à-vis l'une de l'autre les peaux d'une hyène et d'une panthère, les poils de la peau de panthère tombent. Quand l'hyène fuit devant le chasseur, elle tourne, dit-on, à droite, et va occuper les traces du chasseur, qu'elle laisse passer devant elle; si elle réussit le chasseur est frappé d'aliénation, et même tombe de cheval; mais si elle tourne à gauche c'est la preuve qu'elle faiblit et qu'elle sera bientôt prise. On la prend, ajoute-t-on, plus facilement quand le chasseur a fait sept noeuds à sa ceinture, et au fouet qui fait obéir son cheval. De plus, comme le charlatanisme des mages est subtil et plein de subterfuges, ils recommandent de la prendre à l'époque où la lune passe par le signe des Gémeaux, la peau conservant alors presque tous ses poils.

[3] On prétend que la peau de la tête attachée à la tête du malade guérit la céphalalgie; que le fiel, appliqué sur le front, guérit l'ophtalmie ou préserve même complètement de cette affection, bouilli dans trois cyathes de miel attique, et employé en onction avec une once de safran; que cette préparation dissipe les nuages et la cataracte, et que si on l'a laissée vieillir, elle éclaircit mieux la vue, qu'il faut la garder dans une boîte de cuivre; qu'elle guérit l'argema, les granulations des yeux, les excroissances, les taies; qu'on guérit la cataracte en frottant l'oeil du suc qui sort du foie de l'hyène, cuit frais avec du miel bien écumé;

[4] qu'on fait cesser le mal des dents en les touchant avec les dents d'hyène correspondantes, ou en les y attachant; que les épaules de l'animal calment les douleurs des épaules et des bras; que les dents arrachées du côté gauche de sa mâchoire, étant enveloppées dans de la peau de mouton ou de bouc, et portées en amulette, guérissent les maux d'estomac; que les poumons pris en aliment sont bons pour le flux céliaque; que la cendre des poumons appliquée avec de l'huile soulage les maux d'estomac; que la moelle du dos avec de l'huile vieille et le fiel est bonne pour les nerfs; que le foie goûté trois fois avant l'accès guérit la fièvre quarte; que la goutte est guérie par la cendre de l'épine dorsale, avec la langue et le pied droit d'un veau marin et du fiel de taureau, le tout cuit également, et appliqué dans une peau d'hyène; que pour la même maladie on emploie le fiel avec la pierre d'Assos (XXXVI, 27): que pour le tremblement, le spasme, les soubresauts, les palpitations de coeur, il faut manger un peu du coeur cuit, incinérer le reste, et appliquer la cendre avec la cervelle d'hyène;

[5] que cette même composition ou le fiel seul est dépilatoire, pourvu qu'on ait préalablement arraché les poils qu'on ne veut pas laisser revenir; qu'on ôte par ce moyen les cils nuisibles; que la chair des lombes mangée et appliquée avec de l'huile guérit les douleurs lombaires; qu'on guérit la stérilité des femmes en donnant à manger un oeil d'hyène avec de la réglisse et de l'aneth, tellement qu'on garantit la conception en trois jours. On raconte qu'une des grandes dents attachée avec un fil préserve des frayeurs nocturnes, et de la terreur qu'inspirent les ombres.

[6] On recommande dans le délire de faire des fumigations avec une de ces dents, et de l'attacher sur la poitrine du malade avec la graisse des reins, ou le foie ou la peau. On garantit une femme contre les fausses couches, si elle porte au cou, dans une peau de gazelle, la chair blanche de la poitrine de l'hyène, sept poils, et les parties génitales du cerf. Les parties naturelles du même animal prises dans du miel sont aphrodisiaques; suivant le sexe, même chez les hommes qui auraient de l'aversion pour les femmes. Bien plus, on assure que ces mêmes parties naturelles et une certaine vertèbre conservées avec le cuir adhérent maintiennent la concorde dans une maison entière : cette vertèbre est appelée atlantion, c'est la première de l'épine. C'est aussi un remède pour l'épilepsie.

[7] L'odeur de la graisse brûlée met en fuite les serpents. La mâchoire broyée avec de l'anis, et prise en aliment, calme le frisson. En fumigation elle est emménagogue. On pousse le charlatanisme jus qu'à assurer qu'un homme portant au bras une dent du côté droit de la mâchoire supérieure ne manquera jamais avec un javelot l'objet qu'il vise. Le palais de l'hyène desséché et chauffé avec de l'alun d'Égypte guérit la mauvaise odeur et les ulcères de la bouche; il faut renouveler trois fois dans la bouche ce mélange. Les chiens n'aboient pas après ceux qui ont une langue d'hyène dans leur soulier, sous la plante du pied.

[8] La partie gauche de la cervelle appliquée au nez adoucit les maladies pernicieuses, soit des hommes, soit des animaux. La peau du front préserve des fascinations. La chair du cou, soit mangée, soit séchée, et prise en boisson, guérit la douleur des lombes; les nerfs du dos et des épaules en fumigation, les douleurs nerveuses. Les barbes approchées des lèvres d'une femme sont un philtre amoureux. Le foie donné en breuvage délivre des tranchées et des calculs. Le coeur pris en aliment ou en boisson est un remède pour toutes les douleurs du corps; la rate, pour la rate; l'épiploon avec de l'huile, pour les ulcères enflammés; la moelle, pour les douleurs de l'épine et pour les courbatures.

[9] Les nerfs des reins pris en boisson dans du vin avec de l'encens restituent la fécondité enlevée par un maléfice. La matrice donnée en boisson avec l'écorce d'une grenade douce est bonne pour la matrice des femmes. Dans un accouchement laborieux, la graisse des lombes en fumigations délivre aussitôt la femme. La moelle du dos en amulette est un secours contre les vaines imaginations. Les parties génitales de l'hyène mâle en fumigation guérissent le spasme. Pour l'ophtalmie, les ruptures, les inflammations, on emploie l'attouchement des pattes, qu'on a conservées, les pattes gauches pour les parties droites, les pattes droites pour les parties gauches. La patte gauche portée par-dessus une femme en travail est mortelle; la patte droite procure un accouchement facile. La vésicule qui a contenu le fiel prise dans du vin ou en aliment guérit la maladie cardiaque (10);

[10] la vessie prise dans du vin, l'incontinence d'urine. L'urine qu'on trouve dans la vessie même, avalée avec de l'huile, du sésame et du miel, est avantageuse dans les maladies invétérées. On emploie en fumigation, pour les ruptures, la première côte et la huitième; pour les accouchements, les os de l'épine; pour les tranchées, le sang pris avec de la polenta. En marquant avec ce sang les poteaux des portes on arrête partout les pratiques des mages, qui ne peuvent plus ni évoquer les dieux ni leur parler, de quelque façon qu'ils l'essayent, soit par les lampes, soit par le bassin, soit par l'eau, soit par la boule (XXX, 5). La chair mangée est efficace contre la morsure du chien enragé; le foie est encore plus efficace.

[11] Des chairs ou des ossements humains, lorsqu'il s'en trouve dans l'estomac d'une hyène tuée, sont, en fumigation, un remède pour la goutte. Si parmi ces restes il se rencontre des ongles, c'est un présage de mort pour quelqu'un de ceux qui ont pris l'animal. Les excréments ou les os qu'il rend lorsqu'on le tue sont des préservatifs contre les maléfices des mages. La fiente qu'on trouve dans les intestins, desséchée, est bonne en boisson pour la dysenterie. Appliquée avec la graisse d'oie elle soulage ceux dont la santé générale a été dérangée par une substance malfaisante. Se frotter avec la graisse et coucher sur la peau d'une hyène guérit les personnes mordues par un chien. D'un autre côté, en frottant quelqu'un avec la cendre de l'astragale gauche et le sang de belette bouillis ensemble on le rend odieux à tout le monde; même résultat si l'on fait cuire un oeil d'hyène.

[12] Mais voici qui l'emporte surtout : on indique le rectum de l'hyène comme un moyen de se défendre des iniquités des chefs et des puissants, de réussir dans les demandes, les jugements et les procès; il suffit de l'avoir sur soi. L'anus, attaché au bras gauche, est un philtre si puissant, qu'il suffit que celui qui le porte regarde une femme pour être suivi par elle aussitôt. La cendre des poils de cette partie, appliquée avec de l'huile sur les hommes qui sont livrés à des débauches honteuses, les rend non seulement pudiques, mais encore austères.






XXVIII. Du crocodile, XIX. De la crocodilée, XI.

[1] On ne compte guère moins de fables sur le crocodile. Celui qui vit sur la terre et sur l'eau est très grand; on en distingue en effet deux espèces. Les dents de la mâchoire droite du crocodile amphibie attachées au bras droit sont, si nous y ajoutons fol, aphrodisiaques. Les dents canines remplies d'encens, car elles sont creuses, guérissent les fièvres réglées; mais il faut que le malade reste cinq jours sans voir celui qui les lui a attachées. On attribue la même vertu contre l'invasion des frissons fébriles aux petites pierres tirées du ventre. Pour le même effet les Égyptiens frottent de sa graisse leurs malades. L'autre crocodile (VIII, 39) lui ressemble, mais il est beaucoup plus petit; il ne vit que sur la terre et parmi les fleurs les plus odorantes;

[2] aussi recherche-t-on beaucoup ses intestins, imprégnés d'une odeur agréable. Ce qu'on nomme crocodilée est une substance très bonne pour les affections des yeux, et pour les cataractes ou les nuages; ou l'emploie en onction avec le suc de poireau. Appliquée avec de nulle de cyprus (XII, 51) elle enlève les boutons de la face; avec de l'eau elle guérit toutes les maladies dont la nature est de s'étendre sur le visage, et elle rend à la peau son éclat. Elle fait disparaître le lentigo, les boutons et toutes les taches. Contre l'épilepsie on la prend dans du vinaigre miellé, à la dose de deux oboles. En pessaire elle est emménagogue.

[3] La meilleure est la plus blanche, friable, la moins pesante, et donnant une odeur de ferment entre les doigts quand on la comprime. Elle se lave comme la céruse. On la sophistique avec de l'amidon ou de la terre cimoliée; mais la sophistication la plus ordinaire est de prendre des crocodiles, et de ne les nourrir que de riz. On recommande comme un remède souverain contre la cataracte de se frotter les yeux avec du fiel incorporé dans du miel. On assure qu'il est salutaire dans les affections de matrice de faire des fumigations avec les intestins et le reste du corps de l'animal; ou bien d'entourer la femme avec de la laine imprégnée de cette vapeur. La cendre de la peau des deux crocodile appliquée avec du vinaigre sur les parties qu'il est besoin d'inciser, ou l'odeur de cette peau brûlée, rend complètement insensible à l'action de l’instrument tranchant.


[4] Le sang des deux crocodiles, en onction, éclaircit la vue et efface les taies. Le corps même, à l'exception de la tête et des pieds, se donne, bouilli, pour la coxalgie, et guérit la toux invétérée, particulièrement chez les enfants, ainsi que les douleurs lombaires Ces animaux ont aussi une graisse dont le contact fait tomber les poils. Cette graisse, en onction, protège contre les crocodiles; et on l'instille dans les morsures qu'ils ont faites. Le coeur, attaché dans la laine d'une brebis noire sans mélange d'aucune autre couleur, et provenant d'une première portée, guérit, dit-on, la fièvre quarte.

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Re: Livre XXVIII, traitants des remèdes tirés des animaux.

Message par Stephandra le Mar 19 Avr 2011, 22:41

XXIX. Du caméléon,

[1] Aux crocodiles nous joindrons des animaux très semblables, et pareillement exotiques. Et d'abord le caméléon, que Démocrite a jugé digne d'être l'objet d'un livre spécial, et dont chaque membre est consacré. Nous avons lu, non sans un grand divertissement, ce livre, qui nous a découvert et dévoilé les mensonges et le charlatanisme des Grecs. Le caméléon ressemble pour la grosseur au crocodile terrestre; il n'en diffère que parce que la courbure de son épine forme un angle plus sensible, et qu'il a la queue plus large. Il est, dit-on, le plus timide des animaux, et c'est pour cela qu'il change de couleur. Il a un ascendant particulier sur toute l'espèce des éperviers : on prétend qu'il les attire lorsqu'ils volent au-dessus de lui, et qu'il les livre ainsi sans résistance aux autres animaux, qui les mettent en pièces.

[2] Démocrite raconte que la tête et le gosier du caméléon, brûlés avec du bois de chêne, déterminent la pluie et le tonnerre: même effet avec le foie brûlé sur une tulle. Les autres particularités qu'il rapporte appartenant aux maléfices, nous les omettrons, bien que les regardant comme fausses, et nous ne continuons que pour faire voir le ridicule de ces choses : par exemple, l'oeil droit arraché à l'animal vivant efface avec le lait de chèvre les taies; la langue, en amulette, garantit des dangers de l'accouchement;

[3] le caméléon favorise l'accouchement s'il se trouve alors dans la maison, mais si on l'y apporte du dehors il est très pernicieux. La langue, enlevée l'animal vivant, a de l'influence sur l'issue des procès. Le coeur, attaché avec de la laine noire de la première tonte, guérit la fièvre quarte. La patte droite de devant, attachée au bras gauche arec de la peau d'hyène, est souveraine contre les vols et les terreurs nocturnes. La mâchoire (11) du côté droit préserve des frayeurs et des paniques. La patte gauche, brûlée dans un four avec la plante appelée également chamaeléon (XX, 21), avec addition d'onguent , mise en pastilles : ces pastilles, renfermées dans un vase de bois, rendent, si nous y ajoutons foi, invisible celui qui les a. L'épaule droite donne la victoire sur les adversaires ou les ennemis, surtout si, après avoir jeté à terre les nerfs du même membre, on le foule aux pieds.

[4] Quant à dire à quelles monstruosités Démocrite consacre l'épaule gauche et comme envoie les songes que l'on veut et à qui l'on veut, j'en ai honte; tous ces songes sont dissipés par l'attouchement du pied droit. La léthargie causée par le pied droit est dissipée par le pied gauche. On guérit la céphalalgie en versant sur la tête du vin dans lequel on a fait macérer un des flancs de l'animal. En frottant les pieds avec de la cendre de la cuisse ou du pied gauche, mêlée avec du lait de truie, on y fait venir la goutte.

[5] On est tenté de croire que des onctions faites pendant trois jours avec le fiel guérissent la cataracte (12) ; que ce fiel versé goutte à goutte sur du feu met en fuite les serpents: que jeté dans de l'eau il force les belettes à se rassembler; qu'appliqué sur le corps il est dépilatoire. On attribue le même effet au foie appliqué avec un poumon de grenouille buissonnière. En outre, on affirme que le foie triomphe des philtres amoureux; que les mélancoliques se guérissent en buvant dans de la peau de caméléon le suc de la plante appelée chamaeléon; que si avec les intestins et ce qu'ils contiennent (or on sait que cet animal ne prend (VIII, 51) aucune nourriture), mis dans de l'urine de guenon, on frotte la porte de ses ennemis, ceux-ci deviennent l'objet de la haine universelle;

[6] que la queue arrête le cours des fleuves et des torrents, et endort les serpents; que cette même queue, préparée avec le cèdre et la myrrhe, et attachée à une branche double de palmier, fend les eaux que l'on en frappe, de sorte qu'on voit distinctement tout ce qu'elles renferment: et plût aux dieux que Démocrite lui-même eût été touché de ce merveilleux rameau, auquel il attribue encore la vertu d'arrêter un bavardage Immodéré ! Il est évident que ce philosophe, d'ailleurs sagace et qui a bien mérité du genre humain, a été égaré par un désir excessif d'être utile aux hommes.






XXX. Du scinque, IV.

[1] A la même catégorie appartient le scinque (VIII, 38), que quelques-uns ont appelé crocodile de terre, mais dont la peau est plus blanche et plus mince. Toutefois la différence principale qui le sépare du crocodile, c'est l'arrangement de ses écailles, tournées de la queue vers la tête. Le plus grand est celui de l'Inde, puis celui de l'Arabie. On les apporte salés. La tête et les pieds, pris dans du vin blanc, sont aphrodisiaques, surtout avec le satyrion (XXVI, 62) et la graine de roquette, chaque substance à la dose d'une drachme, avec addition de deux drachmes de poivre ; on en fait des pastilles d'une drachme, qu'on prend en buisson. La chair des flancs, à la dose de deux oboles, avec de la myrrhe et du poivre, prise à l'intérieur de la même façon, passe pour produire le même effet, avec plus d'énergie. Au dire d'Apelle, le scinque est bon contre les blessures faites par les flèches empoisonnées, pris avant et après. C'est aussi un ingrédient des antidotes célèbres. Sextius prétend que bu dans une hemine de vin, à la dose de plus d'une drachme, il cause la mort. Il ajoute que le bouillon de scinque pris avec du miel est antiaphrodisiaque.






XXXI. De l'hippopotame, VII.

[1] Il est entre le crocodile et l'hippopotame une certaine affinité, habitant le même fleuve, et étant l'un et l'autre amphibies. L'hippopotame est, comme nous l'avons dit (VIII, 40), l'inventeur de la saignée. il abonde au-dessus de la préfecture de Saïs. La cendre de sa peau, appliquée avec de l'eau, guérit les tumeurs; sa graisse, les fièvres froides, ainsi que sa fiente en fumigation. Les dents du côté gauche guérissent les douleurs de dents : on scarifie les gencives avec. La peau du côte gauche du front appliquée sur les aines est antiaphrodisiaque. La cendre de la même partie répare la perte des cheveux. On prend une drachme du testicule, dans de l'eau, contre les serpents. Les peintres emploient le sang de cet animal.






XXXII. Du lynx, V.

[1] Aux pays étrangers appartiennent encore les lynx, qui, de tous les quadrupèdes, ont la vue la plus perçante. On prétend dans l'île de Carpathos obtenir un remède très efficace en brûlant tous leurs ongles avec la peau: cette cendre prise en boisson réprime le libertinage des hommes; et il suffit d'en asperger les femmes pour obtenir chez elles le même effet. Elle guérit aussi les démangeaisons. L'urine du lynx est un remède contre la dysurie; aussi cet animal s'empresse-t-il, dit-on, de la recouvrir de terre avec ses pattes aussitôt qu'il l'a rendue (VIII, 57): on l'indique encore comme un remède pour le mal de gorge. Voilà pour les animaux étrangers.






XXXIII. Remèdes communs, tirés des animaux sauvages ou des animaux apprivoisés de même espèce. Usage du lait, et observations, LIV.

[1] Maintenant retournons au monde romain, et parlons d'abord des remèdes communs mais excellents, que nous tirons des animaux; (IX.) par exemple, du lait. Le meilleur à chacun est le lait maternel. Il est très mauvais que les nourrices conçoivent ; les enfants ainsi nourris se nomment colostrats (XI, 96), attendu que le lait se coagule en fromage dans leur estomac : on donne le nom de colostrum au premier lait après les couches, lequel forme un congulum spongieux. Le lait le plus nourrissant est celui de femme, quel qu'il soit, ensuite celui de chèvre; d'ou peut-être la mythologie a dit que Jupiter fut nourri de ce dernier lait. Le lait le plus doux après celui de femme est celui de chamelle; le plus actif est celui d'ânesse.

[2] Celui des espèces et: des individus de grande taille passe plus facile ment que tout autre. Le lait de chèvre est le plus convenable à l'estomac, parce que cet animal vit plus de feuilles que d'herbe. Celui de vache est plus médicinal. Celui de brebis est plus doux et plus nutritif, mais convient moins à l'estomac, parce qu'il est plus gras. Toute espèce de lait est plus aqueux an printemps qu'en été, et provenant de pâturages verts. Le meilleur est celui qui reste sur l'ongle sans couler. Il fait moins de mal quand il a bouilli, surtout avec des cailloux de mer. Le lait de vache est le plus relâchant. Tout lait qui a bouilli gonfle moins.

[3] On emploie le lait en boisson pour toutes les ulcérations internes, surtout pour celles des reins, de la vessie, des intestins, de la gorge, des poumons; à l'extérieur, pour les démangeaisons de la peau, pour les éruptions pituiteuses, après un peu de diète. Nous avons dit, en parlant des plantes (XXV, 53, 3), com ment en Arcadie on fait prendre le lait de vache pour la phtisie, la consomption et la cachexie. On cite des exemples de guérison (13) de la podagre et de la chiragre, par l'usage du lait d'ânesse. A ces espèces de lait les médecins en ont ajouté un qu'ils ont appelé schistos (caillé); on le prépare de cette manière: On prend du lait de chèvre de préférence, on le fait bouillir dans un vase de terre neuf, on le remue avec des branches de figuier fraîches, en ajoutant autant de cyathes (0 litr., 045) de vin miellé qu'il y a d'hémines (0 litr., 27) de lait.

[4] Quand le mélange bout, pour qu'il ne se répande pas, on y met un cyathe d'argent plein d'eau froide, et l'on prend garde qu'il ne tombe de cette eau dans le lait. Tiré du feu, il se divise en se refroidissant, et le sérum se sépare du lait. Quelques-uns font bouillir jusqu'à réduction des deux tiers ce même sérum, déjà rendu très puissant par le vin miellé, et le laissent refroidir à l'air. La meilleure manière de prendre ce sérum est par hémines, à des intervalles réglés, pendant cinq jours. Il est avantageux, après avoir bu, de se faire porter en voiture ou autrement. On le donne pour l'épilepsie, la mélancolie, la paralysie, la lèpre, l'éléphantiasis, les maladies articulaires.

[5] Le lait s'administre en lavement pour les érosions produites par les médicaments, et, dans l'ardeur de la dysenterie, bouilli avec des cailloux de mer ou de la décoction d'orge. Le lait de vache ou de brebis est meilleur pour les érosions d'Intestins. On le donne aussi en lavement, trait fraîchement, pour la dysenterie. On le donne cru pour les affections du colon, de la matrice; pour les morsures de serpents, ou contre le venin, pris à l'intérieur, de la chenille de pin, du bupreste, de la cantharide ou de la salamandre. On recommande en particulier le lait de vache à ceux qui ont pris du colchique, de la ciguë, du dorycnion (convolvulus doryrcnium) ou du lièvre marin. On recommande le lait d'ânesse pour le plâtre, la céruse, le soufre et le vif-argent, ainsi que pour la constipation dans les fièvres. C'est un très bon gargarisme pour l'ulcération de la gorge. On le donne à l'intérieur aux malades affaiblis qui veulent réparer leurs forces et qui sont affectés de ce qu'on appelle atrophie, ainsi qu'aux fébricitants sans céphalalgie.

[6] Les anciens faisaient un grand secret d'administrer aux enfants avant de manger, ou lorsqu'ils sentaient de la chaleur au fondement en allant à la selle, une hémine de lait d'ânesse, ou, à défaut de lait d'ânesse, de lait de chèvre. Un remède souverain dans l'orthopnée, c'est le sérum de lait de vache, avec addition de cresson. On étuve les yeux dans l'ophtalmie avec un mélange composé d'une hémine de lait et de quatre drachmes de sésame pilé. Le lait de chèvre guérit les affections de la rate : pour cela, après avoir fait jeûner les chèvres pendant deux jours, on les alimente le troisième avec du lierre; et alors on boit leur lait pendant trois jours consécutifs, sans autre nourriture. D'un autre côté, l'usage du lait est contraire à la céphalalgie, aux affections du foie, de la rate, des nerfs ; aux fièvres, aux vertige, à moins qu'on ne veuille purger ; aux catarrhes, à la toux, à l'ophtalmie. Le lait de truie est excellent pour le ténesme, la dysenterie, et aussi la phtisie. Des auteurs ont soutenu qu'il était aussi très salutaire aux femmes.





XXXIV. Des fromages, XII.

[1] Nous avons parlé des différentes sortes de fromages, en traitant des mamelles et des autres parties des animaux (XI, 97). Sextius attribue les mêmes qualités au fromage fait du lait de cavale et appelé hippace qu'à celui de vache. Les fromages non salés, c'est-à-dire frais, conviennent à l'estomac. Le vieux fromage resserre le ventre, diminue l'embonpoint, et vaut encore mieux pour l'estomac. En général, les salaisons diminuent l'embonpoint, et les aliments doux l'augmentent. Le fromage récent, avec du miel, efface les meurtrissures. Le fromage mou resserre le ventre. En pastilles que l'on fait bouillir dans du vin astringent, puis griller sur un plat avec du miel, il apaise les tranchées. Le fromage appelé sapron (avancé), broyé dans du vin avec du sel et des sorbes sèches, et pris à l'intérieur, guérit le flux céliaque. Le fromage de chèvre, broyé et appliqué, guérit le charbon des parties génitales: même effet quand il est aigre, appliqué avec de l'oxymel. Dans le bain, on le fait alterner avec l'huile, en friction, pour enlever les taches du corps.

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Re: Livre XXVIII, traitants des remèdes tirés des animaux.

Message par Stephandra le Mar 19 Avr 2011, 22:42

XXXV. Du beurre, XXV.

[1] Du lait aussi provient le beurre, mets exquis pour les nations barbares, et dont chez elles l'usage distingue les riches du peuple. Il se fait surtout de lait de vache; d'où le nom qu'il porte (bouturon, fromage de vache). Le plus gras est celui de brebis. On en fait aussi avec le lait de chèvre. En hiver on chauffe le lait, en été on se borne à l'agiter beaucoup en de longs vases qui ne reçoivent l'air que par un petit trou pratiqué au- dessous de leur orifice lui-même, bien bouché. On ajoute un peu d'eau pour le faire aigrir.

[2] La partie la plus caillée surnage : on l'ôte en mettant du sel, c'est ce qu'on nomme oxygala; on fait cuire le reste en des pots : là ce qui surnage est le beurre, qui est de nature huileuse. Plus l'odeur est forte, plus on en fait cas. Vieux, il entre dans plusieurs compositions. Il est, de sa nature, astringent, adoucissant, incarnant, purgatif.





XXXVI. Du petit-lait, I.

[1] On prépare encore l'oxygala d'une autre manière, en mêlant du lait aigre avec le lait récent qu'un veut faire aigrir; ainsi préparé il est très bon pour l'estomac: nous en dirons les propriétés en lieu et place (14).





XXXVII. Usage de la graisse, et observations, LII.

[1] Parmi les remèdes commun, le plus estimé ensuite est la graisse, surtout la graisse de porc, dont les anciens faisaient même un usage religieux. Aujourd'hui encore les nouvelles mariées en entrant dans la demeure conjugale ont pour habitude de mettre, avec le doigt, de cette graisse aux poteaux de la porte. On la fait rancir de deux manières, ou avec du sel ou sans sel; plus elle est vieille, mieux elle vaut. On l'appelle axonge (15), mot que les Grecs ont commencé à introduire dans leurs livres. La cause des propriétés de la graisse de porc n'est rien moins qu'occulte, puisque cet animal se nourrit de la racine des plantes; aussi son fumier même sert-il à une infinité d'usages.

[2] Pour cette raison, nous ne parlons ici que du porc nourri en plein champ, dont la femelle, surtout celle qui n'a point porté, donne le lard le plus utile. Toutefois, celui du sanglier l'est encore davantage On emploie l'axonge pour amollir, échauffer, résoudre, déterger. Quelques médecins la recommandent pour la goutte avec de la graisse d'oie, du suif de taureau et du suint; si la douleur persiste, avec de la cire, du myrte, de la résine et de la poix. L'axonge préparée sans sel guérit les brûlures, même celles que produit la neige; avec de la cendre d'orge et de la noix de galle en quantités égales, les engelures. Elle est bonne pour les écorchures, ainsi que pour dissiper les fatigues et les courbatures causées par de longues marches. Pour les toux invétérées on fait cuire de la graisse fraîche, à la dose de trois onces, dans trois cyathes de vin, avec du miel.

[3] La vieille graisse même, quand elle s'est rancie sans sel, prise en pilules, guérit la phtisie; car, en général, on n'emploie la graisse salée que dans les cas où il faut déterger, et lorsqu'il n'y a point d'ulcération. Quelques-uns font cuire pour la phtisie trois onces d'axonge et de vin miellé dans trois cyathes de vin; et, attachant des compresse trempées dans ce mélange aux flancs, à la poitrine et aux épaules de ceux qui ressentent les atteintes de cette maladie, ils leur font prendre, tous les quatre jours, de la poix liquide dans un oeuf; et telle est la force de cette graisse, qui appliquée même au genou elle revient à la bouche, et que les malades croient la cracher. Les femmes se servent très avantageusement, comme cosmétique, de la graisse d'une truie qui n'a pas porté.

[4] Toute espèce de graisse est bonne contre la gale: on y mêle un tiers de suif avec de la poix, et on fait chauffer le tout ensemble. L'axonge non salée, employée en pessaire, arrête les avortements imminents. Avec de la céruse ou de l'écume d'argent, elle donne aux cicatrices la couleur du reste de la peau. Avec du soufre, elle guérit les ongles rugueux.

[5] Elle empêche les cheveux de tomber. Avec un quart de noix de galle, elle cicatrise les ulcères de la tête des femmes. Fumée elle empêche les cils de tomber. On la donne aux phtisiques par once, bouillie avec une hémine de vin vieux, jusqu'à ce que le tout soit réduit à trois onces; quelques-uns y ajoutent un peu de miel. Avec de la chaux on en fait un topique pour les tumeurs, les furoncles, l'endurcissement des mamelles. Elle guérit les ruptures, les convulsions, les luxations; avec l'ellébore blanc, les clous, les crevasses, les callosités; avec la poudre d'un pot qui a contenu des salaisons, les parotides ainsi que les scrofules. En friction, dans le bain , elle fait disparaître les démangeaisons et les papules. On l'emploie encore pour la goutte, d'une autre façon : mêlez avec de la graisse de la vieille huile, et ajoutez de la pierre sarcophage (XXXVI, 27) en poudre, et de la quintefeuille pilée dans du vin, ou avec de la chaux, ou avec de la cendre. On en fait encore un emplâtre particulier, très bon contre l'inflammation des ulcères : on mêle avec soixante-quinze deniers de graisse en poids cent deniers d'écume d'argent. On regarde comme utile d'appliquer sur les ulcères de la graisse de verrat, et si l'ulcère est serpigineux, d'y ajouter de la résine.

[6] Les anciens employaient surtout l'axonge à graisser les essieux pour faire tourner plus aisément les roues: c'est de là que vient le nom d'axonge (axis, essieu; ungere, oindre). Dans cet emploi, où elle se mêle à la rouille des roues, elle devient un remède pour les affections du siège et des parties viriles. Les anciens médecins estimaient surtout la graisse tirée des reins; ils en ôtaient les veines, la lavaient plusieurs fois dans de l'eau de pluie, la faisaient cuire à diverses reprises dans un vase de terre neuf, et alors la mettaient en réserve. II est certain que salée elle est plus émolliente, échauffante, résolutive, et qu'elle est encore plus utile ayant été lavée dans du vin. Masurius rapporte que les anciens donnaient la palme à la graisse de loup, et que pour cette raison les nouvelles mariée étaient dans l'usage d'en frotter les poteaux des portes pour détourner les maléfices.




XXXVIII. Du suif.

[1] Le suif est chez les ruminants ce que la graisse est chez le porc. On l'emploie à d'autres usages, mais il n'a pas moins d'efficacité. Pour préparer toute espèce de suif on ôte les veines, on le lave dans de l'eau de mer ou de l'eau salée ; on le pile dans un mortier en y versant de l'eau de mer, puis on le fait cuire à diverses reprises jusqu'à ce qu'il n'ait plus aucune odeur, et enfin on le fait blanchir en l'exposant continuellement au soleil. Le plus estimé est celui des reins. Si on veut employer du vieux suif en médicament, un recommande de le faire fondre d'abord, puis de le lavera plusieurs reprises avec de l'eau froide, de le faire fondre de nouveau en y versant un vin qui ait beaucoup de parfum, et de le faire cuire et recuire de cette façon jusqu'à ce que toute mauvaise odeur disparaisse. Plusieurs prescrivent en particulier de traiter de la même manière la graisse des taureaux, des lions, des panthères et des chameaux ; nous en dirons les usages en lieu et place.







XXXIX. De la moelle.

[1] Les moelles rentrent encore dans la même catégorie. Toutes sont émollientes, incarnantes , siccatives, échauffantes. La plus estimée est celle de cerf, puis celle de veau, puis celle de bouc et de chèvre. On les prépare avant l'automne, en les lavant fraîches et en les faisant sécher à l'ombre. On les fend et on les passe au tamis, on les exprime avec des linges, et on les met en réserve dans des pots de terre, en des endroits frais.





XL. Du fiel.

[1] Entre tous les remèdes communs fournis par les animaux, on peut dire que le fiel est au rang des plus efficaces. Par sa vertu, il échauffe il mord, il divise, il attire, il résout. On regarde comme plus pénétrant celui des petits animaux; aussi !e préfère-t-on pour les compositions ophtalmiques. Le fiel de taureau est le plus puissant; on l'emploie même comme mordant pour dorer le bronze et les cuirs. Tout fiel se prépare de la façon suivante : On le prend frais; on lie avec un gros fil l'orifice de la poche; on le met tremper pendant une demi-heure dans l'eau bouillante, puis on le fait sécher à l'ombre, et on le garde dans du miel. On rejette le fiel du cheval; il est rangé parmi les poisons. C'est pour cela qu'il n'est pas permis au flamine des sacrifices de toucher un cheval ; et cependant on immole un cheval à Rome dans les cérémonies publiques.





XLII. Du sang.

[1] Bien plus, le sang de cheval est corrosif; de même le sang des cavales, excepté des cavales vierges, ronge le bord des ulcères et les élargit. Le sang de taureau, frais, est réputé un poison, exceptée à Aegyra (IV, 6, 1);car dans ce lieu la prêtresse de la Terre, lorsqu'elle va rendre quelque oracle, boit du sang de taureau avant des cendre dans la caverne. Telle est la force de la sympathie souvent signalée, qu'elle est quelquefois produite par la religion, ou par la nature du lieu. On rapporte que Drusus (XXXIII, 6, 4), tribun du peuple, but du sang de chèvre, voulant par sa pâleur accuser Q. Caepion, son ennemi, de lui avoir donné du poison, et exciter la haine contre lui. Le sang de bouc a tant de force, qu'il n'y a point de meilleure trempe pour le fer, qui se polit mieux avec la rouille produite par ce sang, qu'avec la lime. Le sang des animaux ne pouvant être regardé comme au remède général, il faut parler séparément des propriétés de chaque espèce.

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Re: Livre XXVIII, traitants des remèdes tirés des animaux.

Message par Stephandra le Mar 19 Avr 2011, 22:44

XLII. Remèdes particuliers tirés des animaux et rangés par ordre de maladies : contre les serpents : du cerf, III; du chevreau; de l'ophion, du sanglier, XII; des chèvres et des boucs, XCVI; de l'âne, LXXVI.

[1] Nous allons donc exposer les remèdes, maladie par maladie : c'est contre les serpents qu'il y en a le plus. Personne n'ignore que les cerfs sont destructeurs de ces reptiles (VIII, 10, 7) et qu'Ils les tirent de leurs trous pour les manger. Ce n'est pas seulement le cerf entier et vivant qui est funeste aux serpents; ses membres, séparément, ont la même vertu. La fumée du bois brûlé les met en fuite, comme nous avons dit (VIII, 50) ; mais on prétend que les os du haut du gosier, brûlés, les rassemblent. L'on dort en sûreté sur des peaux de cerf, sans craindre l'approche de ces reptiles. La présure de cerf, prise dans du vinaigre, est un antidote contre la blessure faite par les serpents; et si on en a seulement touché, on est à l'abri pour ce jour-là de leur attaque.

[2] Les testicules séchés, ou l'organe mâle, sont salutaires, donnés dans du vin ; de même l'estomac, nommé centipellio (le bonnet). Il suffit d'avoir sur soi une dent de cerf, ou d'avoir été frotté de la moelle ou du suif de cerf ou de faon, pour mettre en fuite les serpents. On préfère aux plus grands remèdes la caillette d'un faon tiré de l'utérus de sa mère, comme nous l'avons dit (VIII, 50). Du sang de cerf. si l'on brûle en même temps du dracontion (XXXI, 91), du cunilago (XX, 63), de l'anchuse, à un feu de bois de lentisque, rassemble, dit-on, les serpents, qui se dispersent si, ôtant le sang, on ajoute du pyrèthre. Je trouve dans les auteurs grecs un animal plus petit que le cerf, lui ressemblant par le pelage, qui se nommerait ophion (XXX, 52), et ne se verrait qu'en Sardaigne : je pense qu'il n'existe plus, aussi ne dirai-je rien des remèdes qu'on en tirait. (X.)

[3] Contre les serpents on vante la cervelle de sanglier avec le sang, ainsi que le foie desséché et pris avec de la rue dans du vin, ou la graisse avec du miel et de la résine. Même propriété du foie de verrat, mais seulement du lobe de la vésicule, à la dose de quatre deniers, et de la cervelle avalée dans du vin. On dit que la corne de chèvre ou le poil brûlés mentent en fuite les serpents; que la cendre de cette corne, à l'intérieur ou à l'extérieur, est souveraine contre les morsures de ces reptiles; que le lait de chèvre pris avec l'uva taminia (XXIII, 13 et 14), ou l'urine du même animal avec le vinaigre scillitique, ont la même propriété, ainsi que le fromage de chèvre appliqué avec de l'origan ou le suif avec de la cire.

[4] On indique encore, comme on le verra, mille remèdes tirés de cet animal, ce qui m'étonne; car on prétend qu'il n'est jamais sans fièvre (VIII, 46). Les animaux sauvages du même genre, qui est très nombreux, comme nous l'avons dit (VIII, 79 ), sont encore plus efficaces. Les boucs ont des propriétés particulières. Démocrite en attribue encore davantage au bouc dont la mère n'a porté que lui. On recommande d'appliquer sur les morsures des serpents la fiente de chèvre bouillie dans du vinaigre, et la rendre de cette fiente fraîche dans du vin. En général, les personnes qui se rétablissent difficilement, après avoir été mordues par les serpents, se refont très bien dans les étables à chèvres.

[5] Ceux qui veulent un remède plus efficace attachent sur-le-champ à la plaie les intestins d'une chèvre tuée exprès, avec les excréments qui s'y trouvent. D'autres font brûler de la chair fraîche de chevreau avec le poil, et par cette fumigation chassent les serpents. On emploie encore pour les morsures de serpent, et aussi pour le scorpion et la musaraigne, la peau récente de chevreau, ainsi que la chair et la fiente d'un cheval nourri dans les champs, ou la présure de lièvre dans du vinaigre. On dit que les personnes frottées avec la présure de lièvre sont à l'abri de toutes les piqûres venimeuses. La crotte de chèvre, bouillie avec du vinaigre, est un remède excellent pour les piqûres des scorpions; le lard et le bouillon de porc, pour ceux qui ont avalé un bupreste.

[6] Bien plus, si une personne dit à un âne, à l'oreille, qu'elle a été piquée par un scorpion, le mal passe, dit-on, aussitôt à l'âne. Toutes les bêtes venimeuses sont d'ailleurs mises en fuite par la fumée du poumon de cet animal. Il est avantageux de faire faire aux individus piqués par un scorpion des fumigations avec la fiente de veau.




XLIII. Contre la morsure du chien enragé : remèdes tirés du veau, LVIII.

[1] Quelques-uns coupent jusqu'au vif autour des blessures faites par un chien enragé; puis ils y appliquent de la chair de veau, et donnent à l'intérieur ou du bouillon de veau ou de l'axonge broyée avec de la chaux. On affirme que l'application d'un foie de bouc garantit de toute atteinte de l'hydrophobie. On recommande encore la crotte de chèvre appliquée avec du vin, les excréments de blaireau, de coucou et d'hirondelle, bouillis, et pris en boisson. Pour les autres morsures des bêtes, on applique du fromage de chèvre sec avec de l'origan, et on en administre à l'intérieur; pour les morsures faites par l'homme, de la chair de boeuf cuite, celle de veau est plus efficace, pourvu qu'on ne l'ôte pas avant le cinquième jour.





XLIV. Contre les maléfices.

[1] On dit qu'un mufle de loup séché protège contre les maléfices; et pour cette raison on en attache à la porte des maisons de la campagne. La peau du cou tout entier passe pour avoir la même vertu; car l'influence de l'animal est si puissante, que, sans compter ce que nous en avons dit (VIII, 34), il suffit que les chevaux mettent le pied sur ses traces, pour être frappés de torpeur (XXVIII, 81).






XLV. Contre les poisons.

[1] Quand on a avalé du vif-argent, le lard est le remède. Le lait d'ânesse, à l'intérieur, amortit les poisons, et en particulier la jusquiame, le gui, la ciguë, le lièvre marin, l'opocarpathum (16), le pharicon (17), le dorycnum (XXVIII, 21), et l'effet du lait caillé dans l'estomac; car le lait qui vient à se cailler dans cet organe est aussi un poison (XX, 53). Nous indiquerons plusieurs autres usages du lait d'ânesse : seulement on se souviendra qu'il doit être pris fraîchement trait ou chauffé peu de temps après, car aucun ne s'évente plus tôt. Les os de l'âne, concassés et bouillis, se donnent contre le poison du lièvre marin.

[2] Les ânes sauvages ont les mêmes propriétés, mais plus actives. Les Grecs n'ont point parlé du cheval sauvage (VIII, 16), parce qu'il n'y en avait point dans leur pays: néanmoins on doit penser qu'il a les mêmes propriétés, mais plus fortes, que le cheval. Le lait de cavale triomphe du venin du lièvre marin et des poisons des flèches. Les Grecs n'ont point expérimenté les propriétés des urus ou bisons, qui remplissent les forêts de l'Inde; on doit croire que chez cet animal tout est proportionnellement plus fort.

[3] On dit que le lait de vache est le re mède de tous les poisons, et surtout des poisons indiqués plus haut; que si on a pris de l'ephemerum (colchique) ou des cantharides, il les fait revomir, et que le bouillon de chèvre neutralise de même les cantharides. Contre les poisons qui tuent par ulcération on a recours au suif de veau ou de boeuf. Quand on a avalé des sangsues le beurre est le remède, avec du vinaigre que l'on a chauffé à l'aide d'un ferrement. Il est, même seul, utile contre les poisons; car si on n'a pas d'huile il en tient lieu. Avec du miel il guérit les morsures des mille-pieds.

[4] Le bouillon de tripes pris à l'intérieur passe pour triompher des poisons susdits, et en particulier de l'aconit et de la ciguë: la même propriété est attribuée au suif de veau. Le fromage de chèvre frais se donne à ceux qui ont bu du gui. Le lait de chèvre est un remède contre les cantharides, et, avec l'uva taminia (XXIII, 13 et 14), contre un breuvage d'ephemerum (colchique). Le sang de chèvre, cuit avec la moelle, se prend contre le venin des flèches; le sang de chevreau, contre les autres poisons; la présure de chevreau, contre la glu provenant du chamaeléon blanc (XXIII, 21) et contre le sang de taureau, contre lequel on a aussi la présure de lièvre dans du vinaigre.

[5] La présure de lièvre, ou de chevreau ou d'agneau, à la dose d'une drachme dans du vin, est bonne contre la pastenague et contre la piqûre ou la morsure de tous les animaux marins. On incorpore aussi la présure de lièvre dans les antidotes. Le papillon que la lumière des lampes attire est compté parmi les substances malfaisantes ; on lui oppose le foie de chèvre. Le fiel de la chèvre est un préservatif contre les maléfices faits avec la belette des champs (XXXIX, 16). (XI.) Maintenant revenons à l'exposition des maladies par espèces.





XLVI. Pour la tête et l'alopécie.

[1] Le graisse d'ours, avec addition de ladanum et d'adiantum (XXIII, 30), empêche les cheveux de tomber, et guérit l'alopécie et la chute des sourcils, avec les champignons des lampes et la suie qui se trouve à leur bec. Avec le vin elle est bonne pour le porrigo, maladie que guérit aussi la cendre de corne de cerf dans du vin. Cette substance empêche la vermine de se mettre dans les cheveux. Pour le porrigo on emploie encore le fiel de chèvre, avec de la terre cimoliée et du vinaigre; on laisse un peu sécher cette préparation sur la tête. Le fiel de truie avec l'urine de taureau a la même propriété; s'il est vieux, il périt de plus, avec addition de soufre, les éruptions furfuracées.

[2] La rendre des parties génitales d'un âne rend, dit- on, les cheveux plus épais, et les empêche de blanchir; il faut l'appliquer, broyée avec du plomb et de l'huile, sur la tête rasée. Les parties génitales d'un ânon, avec l'urine, ont la même vertu; on y ajoute du nard pour rendre cette préparation moins dégoûtante. On traite l'alopécie par le fiel de taureau, chauffé avec de l'alun d'Égypte. On guérit très bien les ulcères humides de la tête avec l'urine de taureau, et aussi avec de la vieille urine d'homme, pourvu qu'on y ajoute du cyclaminos (XXV, 67) et du soufre. Mais le fiel de veau est encore plus efficace. Cette substance, chauffée avec du vinaigre, détruit aussi les lentes. Le suif de veau pilé avec du sel est très bon pour les ulcères de la tête;

[3] on vante aussi la graisse de renard, mais particulièrement les excréments de chat appliqués avec une quantité égale de moutarde. La poudre ou la cendre de corne de chèvre, et surtout de bouc, avec addition de nitre, de graine de tamarix, de beurre et d'huile, empêche merveilleusement les cheveux de tomber; il faut préalablement raser la tête. La cendre de chair de chèvre, appliquée avec de l'huile, rend les sourcils noirs. Le lait de chèvre enlève, dit-on, les lentes; la fiente avec du miel guérit l'alopécie. La cendre de la corne des pattes avec de la poix empêche les cheveux de tomber. On calme la douleur de tête avec la cendre de lièvre et de l'huile de myrte; on la guérit aussi en buvant l'eau qui reste de la boisson d'un boeuf ou d'un âne, et, si nous y ajoutons foi, en portant en amulette les parties génitales d'un renard mâle. La cendre de corne de cerf appliquée avec du vinaigre, ou de l'huile rosat, ou de l'huile d'iris, a le même effet.

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Re: Livre XXVIII, traitants des remèdes tirés des animaux.

Message par Stephandra le Mar 19 Avr 2011, 22:46

XLVII. Pour les affections des yeux .

[1] Pour les fluxions des yeux on emploie en topique le suif de boeuf cuit avec de l'huile. La cendre de corne de cerf s'emploie de la même façon pour les granulations des yeux; on regarde comme plus efficaces les pointes mêmes du bois. Il est avantageux dans la cataracte de faire des frictions avec les excréments du loup. La cendre de ces mêmes excréments avec du miel attique est bonne en onctions pour la vue trouble; il en est de même du fiel d'ours. La graisse de sanglier avec de l'huile rosat est bonne pour les épinyctides. La cendre de corne d'âne appliquée avec du lait d'ânesse enlève les taies et taches des yeux.

[2] La moelle de boeuf prise à la jambe droite de devant, et pilée avec de la suie, est bonne aux affections causes par les elle, aux maux des paupières et des angles de l'oeil. Pour cet usage on en fait avec la suie une espèce de calliblépharon (fard des paupières ). La meilleure suie se fait avec une mèche de papyrus et de l'huile de sésame; on fait tomber cette suie dans un vase neuf, avec une plume. Elle est très efficace pour empêcher de repousser les cils qu'on a arrachés. On fait des collyres avec le fiel de boeuf et un blanc d'oeuf ; on délaye cette préparation dans de l'eau, et on s 'en frotte pendant quatre jours.

[3] Le suif de veau avec la graisse d'oie et le suc d'ocirnum (basilic?) est excellent pour les affections des paupières. La moelle de veau arec un poids égal de cire et d'huile, ou d'huile rosat et addition d'un oeuf, forme un topique pour les granulations des paupières. Le fromage de chèvre mou appliqué avec de l'eau chaude calme les fluxions des yeux; s'il y a gonflement on l'applique avec du miel: dans les deux cas il faut fomenter l'oeil avec du sérum chaud. Dans les ophtalmies sèches on emploie en topique des rognons de porc brûlés et pilés. On prétend que les chèvres n'ont jamais d'ophtalmies, parce qu'elles mangent certaines herbes. II en est de même des chevreuils; aussi recommande-t-on d'avaler, à la nouvelle lune, la fiente de ces animaux, enveloppée dans de la cire; et comme ils voient aussi bien la nuit que le jour, on pense que le sang de bouc guérit cette affection de la vue appelée par les Grecs nyctalopie. On attribue la même vertu au foie de chèvre cuit dans du vin astringent.

[4] Quelques-uns frottent les yeux avec le suc qui s'écoule d'un foie de chèvre rôti, ou avec le fiel du même animal, et prescrivent de se nourrir de cette viande, et d'exposer, pendant quelle cuit, les yeux malades à la vapeur qui en sort: d'après eux, il importe aussi que le foie soit de couleur rousse. On recommande encore d'exposer les yeux à la va peur d'un foie bouilli dans un pot de terre, ou, suivant d'autres, rôti. Le fiel de chèvres s'emploie à plusieurs usages : avec le miel, contre les brouillards de la vue; avec un tiers d'ellébore blanc, contre la cataracte ; avec du vin, contre les taies, l'albugo, les brouillards, le ptérygton, l'argena; avec le suc de chou, pour les paupières: on arrache d'abord les cils, et on laisse la préparation sécher sur la partie; avec du lait de femme, contre les éraillements des yeux: pour toutes ces affections on regarde comme plus efficace le fiel vieux.

[5 ] On ne rejette pas non plus la fiente appliquée avec du miel pour les fluxions de yeux; la moelle de chèvre ou le poumon de lièvre, pour les douleurs des yeux : le fiel de chèvre avec du vin cuit ou du miel, pour les brouillards de la vue. On recommande contre l'ophtalmie de frotter les yeux avec de la graisse de loup ou de la moelle de porc. On assure que ceux qui portent dans un bracelet une langue de renard sont à l'abri de l'ophtalmie.





XLVIII. Pour les douleurs et les affections des oreilles.

[1] La douleur et les affections de l'oreille sont guéries par l'urine de sanglier conservée dans un vase de verre; par le fiel de sanglier, ou de porc ou de boeuf, avec parties égales d'huile de ricin et d'huile rosat; mais surtout par le fiel de taureau chauffé avec du suc de poireau, ou avec du miel s'il y a suppuration: ce dernier, chauffé seul dans une écorce de grenade, est bon contre la mauvaise odeur des oreilles. Avec du lait de femme, il guérit très bien les fractures des oreilles. Quelques-uns pensent qu'il faut se laver les oreilles avec cette substance quand l'ouïe devient dure ; d'autres, après avoir lavé les oreilles avec de l'eau chaude, y font mettre un mélange de ce fiel, de vieille peau de serpent et de vinaigre, le tout enveloppé dans de la laine.

[2] Si la surdité est considérable on instille dans les oreilles ce fiel chauffé avec la myrrhe et la rue dans une écorce de grenade, ou du lard très gras, et des excréments d'âne récents, avec de l'huile rosat : tout cela doit être chauffé. On préfère l'écume de cheval, ou la cendre d'excréments de cheval récent, avec de l'huile rosat; le suif de bœuf avec de la graisse d'oie; le beurre frais; l'urine de chevreau ou de taureau, ou de la vieille urine de foulon chauffée au point que la vapeur sorte par le cul du bocal ;on y mêle aussi un tiers de vinaigre, et un peu de l'urine d'un veau qui n'a point encore goûté l'herbe. On applique aussi aux oreilles, après les avoir échauffée, la bouse du veau mêlée avec son fiel, la peau que quittent les serpents: tous ces remèdes s'enveloppent dans de la laine.

[3] On emploie encore le suif de veau avec de la graisse d'oie et du suc d'ocimum (basilic?), de la moelle de veau, à laquelle on mêle du cumin broyé, et qu'on injecte; contre les douleurs d'oreilles on se sert du sperme de verrat, recueilli de la truie avant qu'il tombe à terre. La colle faite avec les parties génitales du veau, et dissoute dans l'eau, s'emploie pour les fractures de l'oreille. Dans les autres affections de cette partie on se sert de la graisse de renard, du fiel de chèvre, avec de l'huile rosat tiède ou du jus de poireau ; et quand il y a quelque rupture, avec du lait de femme. On recommande le fiel de boeuf avec l'urine de chèvre ou de boue, en cas de dureté de l'oreille ou de suppuration. Pour quoi que ce soit, on pense que ces substances sont plus efficaces lorsqu'elles ont été fumées vingt jours dans une corne de chèvre. On vante encore la présure de lièvre à la dose d'un tiers de denier, avec un demi-denier de sacopenum (XX, 75), dans du vin amminéen (XIX, 4, 2) . La graisse d'ours, mêlée à poids égal avec de la cire et du suif de taureau, dissipe les parotides; quelques-uns emploient aussi l'hypocisthis (XXVI, 31) et le beurre appliqué seul, pourvu qu'on fomente préalablement la partie avec une décoction de fenugrec, ce qui est plus efficace avec le strychnos (XXI, 105). On se sert aussi des testicules de renard et du sang de taureau séché et broyé. L'urine de chèvre échauffée s'instille dans les oreilles. On applique encore les excréments de cet animal avec de l'axonge.





XLIX. Pour les douleurs de dents.

[1] La cendre de corne de cerf raffermit les dents et calme les douleurs qu'elles causent, soit en friction, soit en collutoire ; quelques-uns regardent la poudre de corne non brûlée comme plus efficace pour les mêmes usages. On fait des dentifrices de ces deux façons. La cendre de la tête du loup est un grand remède; et il est certain qu'il se trouve presque toujours dans ses excréments des os qui en amulette ont la même efficacité. On instille dans l'oreille de la présure de lièvre contre la douleur de dent. La cendre de la tête du lièvre est un dentifrice; avec addition de nard, elle dissipe la mauvaise odeur de la bouche; quelques-uns aiment mieux y mêler de la cendre de tête de souris. On trouve latéralement dans le lièvre un os pointu comme une aiguille; on conseille, dans le mal de dents, de faire des scarification avec cet os.

[2] L'os de l'astragale du boeuf raffermit les dents ébranlées et douloureuses dont on l'approche allumé. La cendre de ce même os avec de la myrrhe est un dentifrice. Les os des pieds de cochon brûlés ont le même effet; de même ceux qui s'emboîtent dans la cavité cetyloïde. On sait qu'introduits dans le gosier des bêtes de somme ils guérissent les vers des dents, et que brûlés ils raffermissent les dents. Les dents ébranlées par un coup sont raffermies par le lait d'ânesse ou par la cendre des dents du même animal, ainsi que par la poudre des lichens du cheval, injectée dans l'oreille avec de l'huile. Par lichen j'entends non l'hippomane (VIII, 66), substance malfaisante que j'omets, mais des durillons qui se forment au genou du cheval et au-dessus du sabot.

[3] De plus, dans le coeur du cheval (XI, 70), on trouve un os semblable aux plus grandes dents canines. On prétend qu'une dent malade dont on scarifie la gencive avec cet os ou avec une dent tirée de la mâchoire d'un cheval mort et de l'ordre de celle qui fait mal, cesse aussitôt d'être douloureuse. Anaxilaüs a écrit que brûler dans des lampes la liqueur qui s'échappe des cavales après qu'elles ont été saillies fait paraître (18) les assistants monstrueusement affublés de têtes de cheval, et qu'il en est de même des ânesses. Quant à l'hippomane, il a une telle force pour les maléfices, que, jeté dans la fonte d'une figure d'airain qui doit représenter une jument d'Olympie, il excite le rut le plus furieux chez les étalons qui en approchent.

[4] Un autre remède pour les dents est la colle de menuisier bouillie dans de l'eau, appliquée, et ôtée peu après; on lave aussitôt les dents avec du vin dans lequel ont bouilli des écorces de grenades douces. On regarde aussi comme un remède de se laver les dents avec du lait de chèvre ou du fiel de taureau. La cendre de l'os frais de l'astragale des chèvres, et, pour ne pas nous répéter, de tous les quadrupèdes nourris dans les fermes, forme un bon dentifrice.





L. Pour les affections du visage.

(XII.) [1] On croit que le lait d'ânesse efface les rides du visage, rend la peau plus délicate, et en entretient la blancheur. On sait que certains femmes s'en fomentent le visage sept cents fois par jour, observant scrupuleusement ce nombre. Poppée, femme de l'empereur Néron, mit le lait d'ânesse à la mode; elle s'en faisait même des bains, et pour cela elle avait des troupeaux d'ânesses qui la suivaient dans ses voyages (XI, 95). Les boutons que l'âcreté de la pituite produit sur le visage disparaissent frottés avec du beurre, et encore mieux si on y mêle de la céruse. Du beurre pur, et par-dessus de la farine d'orge, gué rissent les affections serpigineuses de la face.

[2] On guérit les ulcères du visage en y appliquant, encore humide, la poche d'une vache qui vient de mettre bas. Ce qui suit paraîtra frivole; cependant il ne faut pas l'omettre, en faveur des femmes qui tiennent à leur teint : l'astragale d'un jeune taureau blanc, bouilli pendant quarante jours et quarante nuits, jusqu'à ce qu'Il soit liquéfié, et appliqué sur un linge, entretient la blancheur de la peau et en efface les rides. On dit que la bouse de taureau donne du vermillon aux joues ; que la crocodilée même (XXVIII, 28) ne fait pas mieux, mais qu’il faut se laver avant et après avec de l'eau froide. Le hâle, et tout ce qui altère la coloration de la peau, se corrige à l'aide de la bouse de veau pétrie à la main, avec de l'huile et de la gomme.

[3] Les ulcérations et les crevasses de la bouche guérissent avec du suif de veau ou de boeuf, joint à de la graisse d'oie et du suc d'ocimum (basilic ?). II est une autre mixture faite avec le suif de veau, la moelle de cerf et les feuilles de l'aubépine, le tout pilé ensemble. La moelle avec de la résine, quand même ce ne serait que de la moelle de vache, et le bouillon de vache, ont la même vertu. Un remède souverain contre les lichens du visage, c'est la colle préparée avec les parties génitales des veaux, fondue dans du vinaigre avec le soufre vif, et remuée avec une branche de figuier : on s'en met deux fois par jour, et elle doit être récente. Cette même colle, bouillie dans du miel et du vinaigre, guérit la lèpre, contre laquelle on a aussi le foie de bouc appliqué chaud. L'éléphantiasis est guéri par le fiel de chèvre; les éruptions lépreuses et furfuracées, par le fiel de taureau avec addition de nitre, par l'urine d'âne vers le lever du Chien. Les taches du visage sont enlevées par le fiel de taureau ou d'âne délayé dans de l'eau sans addition; on a soin, lorsque le visage a pelé, d'éviter le soleil et le grand air.

[4] Pour le même effet on emploie le fiel de taureau ou de veau, avec de la graine de cunila (XX, 61) et de la cendre d'une corne de cerf, qui doit avoir été brûlée au lever de la Canicule. Le suif de l'âne fait revenir la couleur aux cicatrices et aux parties attaquées par le lichen et la lèpre. Le fiel de bouc efface de plus le lentigo, avec addition de fromage, de soufre vif et de cendre d'éponge, jusqu'à consistance de miel. Certains ont préféré se servir de vieux fiel en y mêlant du son chaud au poids d'une obole, et quatre fois autant de miel; mais il faut auparavant bien frotter les taches. Le suif de bouc est efficace aussi avec la nielle, le soufre et l'iris. On s'en sert pour les crevasses des lèvres, avec la graisse d'oie, la moelle de cerf, la résine et la chaux. Je lis, dans certains auteurs, que ceux qui ont des taches de lentigo ne sont point propres aux cérémonies magiques.





LI. Pour les amygdales et les tumeurs strumeuses.

[1] Le lait de vache ou de chèvre est bon pour les ulcérations des tonsiles ou de la trachée-artère. On l'emploie en gargarisme, tiède, comme il vient d'être trait ou chauffé ; le lait de chèvre vaut mieux bouilli avec de la mauve et un peu de sel. Le bouillon de tripes, en gargarisme, est bon pour les ulcérations de la langue et de la trachée-artère. Ou emploie particulièrement pour les amygdales, en topique, les reins de renard séchés et broyés avec du miel; pour l'angine, le fiel de taureau ou de chèvre avec du miel. Le foie de blaireau, dans de l'eau, guérit la mauvaise odeur de la bouche; le beurre, les ulcérations.

[2] Frotter à l'extérieur avec de la bouse fait, dit-on, rendre par la bouche ou tomber dans l'estomac une épine ou tout autre corps engagé dans le gosier. Les scrofules sont dissipées par le fiel de sanglier ou de boeuf, appliqué chaud. Quant à la présure de lièvre avec du vin, sur un linge, on ne l'applique que sur les scrofules ulcérées. On résout encore les tumeurs scrofuleuses par la cendre de la corne du pied d'un âne ou d'un cheval, appliquée dans de l'huile ou de l'eau; par l'urine chaude; par la cendre d'un pied de boeuf, dans de l'eau ; par de la bouse très chaude, dans du vinaigre; par du suif de chèvre, avec de la chaux; par des excréments de chèvre bouillis dans du vinaigre; par des testicules de renard. On emploie aussi le savon inventé dans les Gaules pour rendre les cheveux blonds : il se prépare avec du suif et des cendres; le meilleur se fait avec des cendres de hêtre et du suif de chèvre; il est de deux sortes, mou et liquide. L'un et l'autre sont en usage chez les Germains, et les hommes s'en servent plus que les femmes.

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Re: Livre XXVIII, traitants des remèdes tirés des animaux.

Message par Stephandra le Mar 19 Avr 2011, 22:50

LII. Pour les douleurs du cou.

[1] Pour les douleurs du cou on se frotte avec du beurre ou de la graisse d'ours; pour le torticolis, avec le suif de boeuf, lequel est bon aussi contre les scrofules avec de l'huile. La douleur avec inflexibilité, qu'on nomme opisthotonos, est guérie avec de l'urine de chèvre instillée dans les oreilles, ou avec des excréments de chèvre appliqués avec des oignons. On traite les ongles contus en y attachant le fiel d'un animal quelconque; les excroissances des doigts, avec le fiel de taureau séché et dissous dans de l'eau chaude. Quelques-uns y ajoutent du soufre et de l'alun, le tout a poids égal.





LIII. Pour la toux et le crachement de sang.

[1] La toux se traite par le foie de loup dans du vin chaud, par le fiel d'ours avec addition do miel, par la cendre des sommités d'une corne de boeuf, par la salive de cheval bue pendant trois jours (mais on prétend que le cheval meurt), par le poumon de cerf, avec le gosier du même animal, séché à la fumée, puis broyé dans du miel et donné chaque jour en éclegme: pour cela celui du cerf daguet est plus efficace. L'hémoptysle se guérit par la cendre de cerne de cerf, par la présure de lièvre à la dose d'un tiers de denier, avec de la terre de Samos et du vin de myrte, à l'intérieur. La cendre des excréments du lièvre, prise le soir dans du vin, calme la toux de la nuit. La fumée des poils de lièvre bridés fait sortir du poumon les matières qu'on a peine à cracher.

[2] Les ulcérations purulentes de la poitrine et du poumon, et la mauvaise haleine provenant du poumon sont très bien guéries par le beurre, cuit avec une dose égale de miel attique jusqu'à ce qu'il devienne roux, et pris le matin à la dose une cuillerée. Quelques-uns, au lieu de miel, ont conseillé d'ajouter la résine du mélise. Sil y a hémoptysie, on indique comme utile le sang de boeuf pris en petite quantité et avec du vinaigre; le sang de boeuf, car il y aurait imprudence à ce fier au sang de taureau. Pour les crachements de sang invétérés on prend, dans de l'eau chaude, trois oboles de colle de taureau.





LIV. Pour les douleurs d'estomac.

(XIII.) [1] On traite les ulcérations de l'estomac par le lait d'ânesse et aussi par le lait de vache; les déchirements, par la chair de boeuf culte avec du vinaigre et du vin; les fluxions, par la cendre de corne de cerf; les hématémèses, par le sang de chevreau récent, bu chaud à la dose de trois cyathes, avec une quantité égale de fort vinaigre; par de la présure de chevreau, prise à la dose d'une partie sur deux parties de vinaigre.





LV. Pour les douleurs de foie et l'asthme.

[1] Les douleurs de foie se guérissent par le foie de loup sec, pris dans du vin miellé; par le foie d'âne sec, avec deux parties de persil et trois noix, broyé dans du miel et pris en aliment: par le sang de bouc, préparé en aliment. Pour l'asthme ce qu'il y a de plus efficace, c'est le sang des chevaux sauvages (VIIII, 16), en boisson; puis le lait d'ânesse bouilli avec des oignons, et réduit de tette façon en petit lait, qu'on prend tiède : on ajoute sur trois hémines de lait un cyathe de cendre infusé dans de l'eau, puis délayé dans du miel. Le foie de renard ou le poumon dans du vin noir, ou le fiel d'ours dans de l'eau, rend aussi la respiration plus libre.






LVI. Pour les douleurs des lombes.

[1] Pour les douleurs lombaires et tout ce qui a besoin d'émollients, il convient de faire des frictions avec de la graisse d'ours, ou de mêler dans le vin qu'on boit la cendre de vieux excréments de sanglier ou de pourceau. Les mages supportent Ici aussi leurs mensonges. D'abord on calme la rage des boucs en leur frottant la barbe avec cette composition ; et on la leur coupe ensuite, ils ne passent jamais dans un autre troupeau. Ils mêlent à la fiente de porc de la fiente de chèvre, et ils recommandent de la tenir aussi chaude que possible dans le creux de la main, sur le linge mouillé; mais il faut si la douleur est à gauche faire cela de la main droite ; si à droite, de la gauche. Ils veulent aussi que pour cet emploi on ramasse ce crottin avec la pointe d'une aiguille d'airain.

[2] La prescription est de tenir le remède dans la main jusqu'à ce qu'on sente que la chaleur est parvenue aux lombes. Puis ils font frotter la main avec un poireau pilé, et les lombes avec le crottin même, incorporé dans du miel. Ils conseillent encore pour le même mal d'avaler des testicules de lièvre. Pour la coxalgie, ils appliquent de la bouse de vache chauffée dans des feuilles sur la cendre. Pour les douleurs des reins, ils prescrivent d'avaler crus les reins d'un lièvre, ou cuits, mais sans y toucher avec les dents. Ils assurent qu'il suffit d'avoir sur soi un astragale de lierre pour être à l'abri des maux de ventre.





LVII. Pour la guérison de la rate.

[1] Les affections de la rate se guérissent par le fiel de sanglier ou de porc en boisson, ou par la cendre de corne de cerf dans du vinaigre, mais surtout par une vieille rate d'âne (on en ressent l'effet au bout de trois jours). Les premiers excréments rendus par un ânon (les Syriens donnent à cela le nom de polea), s'administrent dans du vinaigre miellé. On donne encore une langue de cheval sèche dans du vin, remède souverain que Caecilius Bion dit avoir appris des barbares. La rate de boeuf s'emploie de la même manière; mais si elle est fraîche on la fait manger rôtie ou bouillie. On fait encore avec vingt gousses d'ail pilées et un setier de vinaigre, le tout dans une vessie de boeuf, un topique pour le douleurs de la rate.

[2] Les mages recommandent pour le même mal d'acheter la rate d'un veau au prix qu'on la fait, sans marchander, circonstance importante pour leur superstition; de la couper en long, d'en attacher un morceau de chaque côté de la tunique du malade; de laisser tomber ces morceaux à ses pieds en lui mettant cette tunique, puis de des ramasser, et de les faire sécher à l'ombre. Pendant que tout cela se fait, la rate du malade se dégonfle, et bientôt la guérison est complète. On emploie utilement aussi le poumon de renard séché dans la cendre et pris dans de l'eau, et en topique la rate de chevreau.





LVIII. Pour le bas-ventre.

(XIV.) [1] Le cours de ventre est arrêté par le sang de cerf, par la cendre de corne de cerf, par le foie du sanglier pris frais, sans sel, dans du vin; par le foie de porc rôti, ou le foie de bouc bouilli dans cinq hémines de vin; par la présure de lièvre, gros comme un pois chiche, dans du vin, ou s'il y a fièvre, dans de l'eau. D'autres ajoutent de la noix de galle; d'autres encore se contentent du sang de lièvre seul, avec du lait bouilli. On prend, dans de l'eau, la cendre de crottin de cheval, la cendre de la base d'une vieille corne de taureau, qu'on met simplement dans de l'eau ; le sang de bouc cuit sur la braise, la décoction d'une peau de chèvre cuite avec son poil.

[2] La présure de cheval, le sang ou la ruelle ou le foie de chèvre, relâche le ventre; de même le fiel de loup, attaché à l'ombilic avec de l'élaterion (XX,2), le lait de cavale en boisson, le lait de chèvre avec du sel et du miel, le fiel de chèvre avec du suc de cyclaminos (XXV, 67) et un petit morceau d'alun (quelques-uns y ajoutent de préférence du nitre et de l'eau), le fiel du taureau pilé avec de l'absinthe et réduit en forme de suppositoire, le beurre pris en grande quantité.

[3] L'affection coeliaque et la dysenterie sont guéries par le foie de vache, la cendre de corne de cerf à la dose d'une pincée dans de l'eau, la présure de lièvre pétrie dans du pain, ou s'il y a flux de sang, dans de la polenta, la cendre des excréments de sanglier, ou de porc, ou de lièvre, mê lée dans du vin tiède, en boisson. On compte aussi parmi les remèdes du flux coeliaque et de la dysenterie le bouillon de veau, qu'on donne communément. Le lait d'ânesse en boisson est plus avantageux si on ajoute du miel. La cendre de crottin d'âne dans du vin n'est pas moIns efficace pour ces deux affections. De même la polea indiquée plus haut (XXVIII, 57). On recommande même, s'il y a flux de sang, la présure de cheval, que quelques-uns nomment hippace, la cendre de crottin de cheval, la poudre des dents pilées du même animal, le lait de vache cuit en boisson.

[4] Pour la dysenterie on recommande d'ajouter un peu de miel, et s'il y a des tranchées, de la cendre de corne de cerf ou du fiel de taureau mêlé à du cumin, et d'appliquer sur l'ombilic des tranches de citrouille. Pour les deux affections on donne en lavement du fromage de vache frais; du beurre, à la dose de quatre hémines, avec deux onces de térébenthine, ou avec une décoction de mauve ou avec de l'huile rosat. On donne encore le suif de veau ou de boeuf. On fait cuire la moelle de ces animaux avec de la farine, un peu de cire et de l'huile, de manière que cela puisse être avalé. On pétrit cette moelle dans du pain. On administre le lait de chèvre bouilli jusqu’à réduction de moitié ;s'il y a des tranchées on y ajoute du vin de mère-goutte.

[5] Pour les tranchées quelques-uns pensent qu'il suffit d'administrer même une seule prise de présure de lièvre dans du vin tiède. Ceux qui sont plus prudents appliquent sur le ventre un topique fait avec du sang de chèvre, de la farine d'orge et de la résine. On recommande pour toutes les inflammation du ventre d'appliquer du fromage mou; pour l'affection cœliaque et la dysenterie, du fromage vieux pilé dans de la farine, un cyathe de fromage dans trois cyathes de vin.

[6] Le sang de chèvre cuit avec la moelle guérit la dysenterie. On traite le flux coeliaque par le foie rôti de chèvre, et mieux par le foie de bouc cuit dans du vin astringent et pris en boisson, ou appliqué sur l'ombilic avec de l'huile de myrte; quelques-uns le font cuire dans trois setiers d'eau, jusqu'à et qu'il soit réduit à une hémine, et y ajoutent de la rue. On se sert de la rate rôtie de chèvre ou de bouc, du suif de bouc dans du pain cuit à la cendre, de la graisse des reins de la chèvre : on l'avale seule aussitôt, et on la prend dans de l'eau médiocrement froide; quelques-uns administrent le suif de chèvre bouilli dans de l'eau, avec de la polenta, du cumin, de l'aneth et du vinaigre. Dans l'affection coeliaque on applique sur le ventre du crottin de chèvre, cuit avec du miel. Pour l'affection coeliaque et la dysenterie on se sert de la présure de chevreau gros comme une fève dans du vin de myrte, en boisson ; du sang de chevrean arrangé en un mets appelé sangulculus. Pour la dysenterie on donne en lavement la colle de taureau fondue dans de l'eau chaude. La fiente de veau bouillie dans da vin dissipe les flatuosité.

[7] On recommande beaucoup pour les affections intestinales la présure de cerf cuite avec des lentilles et de la bette, et prise en aliment ; la cendre du poil de lièvre bouillie avec du miel, le lait de chèvre en boisson, cuit avec de la mauve et un peu de sel: si on y ajoute de la présure, le remède n'en vaut que mieux. La même vertu appartient au suif de chèvre dans un potage quelconque; on avale, aussitôt après, de l'eau froide. La cendre des cuisses de chevreau est, dit-on, un merveilleux remède pour les hernies, ainsi que la fiente de lièvre bouillie avec du miel, et dont on prend tous les jours gros comme une fève: ces deux remèdes passent pour avoir guéri des personnes dans un état désespéré. On vante en core la décoction d'une tête de chèvre avec son poil.





LIX. Pour le ténesme, le ténia, et la colique.

[1] Le ténesme, c'est-à-dire une envie fréquente et sans effet d'aller à la selle, se guérit par le lait d'ânesse ou le lait de vache en boisson. Les vers intestinaux sont expulsés par la cendre de corne de cerf en boisson. Les os que nous avons dit se trouver dans les excréments du loup (XXVIII, 49)„ attachés au bras, guérissent les affections du colon, pourvu qu'ils n'aient point touché la terre. La polean dont nous avons parlé ci-dessus (XXVIII, 57), est excellente, cuite dans du sapa (XIV, 11, 2); de même la poudre d'excréments de porc avec addition de cumin, dans une décoction de rue: de même la cendre d'un jeune bois de cerf mêlée à des escargots d'Afrique pilés avec leur coquille, et bue dans du vin.

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Re: Livre XXVIII, traitants des remèdes tirés des animaux.

Message par Stephandra le Mar 19 Avr 2011, 22:51

LX. Pour la vessie et Ies calculs.

(XV.) [1] On traite les maux de vessie et l'affection calculeuse par l'urine de sanglier et par la vessie même de cet animal, prise en aliment : ces deux substances sont plus efficaces si préalablement on les a mises à la fumée. II faut manger cette vessie bouillie; et si c'est pour une femme, on prend la vessie d'une truie. On trouve dans le foie du sanglier et du porc commun de petits calculs ou des corps blancs, semblables par la dureté à de petites pierres; on les pile et on les prend dans du vin, ce qui, dit-on, fait sortir les calculs. L'urine du sanglier lui est tellement à charge (VIII, 77, 4), que s'il ne l'a rendue il n'a pas la force de s'enfuir, et qu'il est accablé par les chasseurs comme s'il était enchaîné; on dit qu'elle brûle et consume les calculs. Les reins de lièvre séchés pris dans du vin font sortir les pierres.

[2] Dans la cuisse de porc nous avons dit (XXVIII, 49) qu'il y a des os articulaires; la décoction en est utile aux affections urinaires. Les reins d'âne, séchés, pilés et donnés dans du vin pur, guérissent la vessie. Les lichens ou tubérosités calleuses des jambes du cheval, prises dans du vin ou dans du vin miellé pendant quarante jours, font sortir les calculs. On recommande la cendre du sabot de cheval dans du vin ou de l'eau; les excréments, dans du vin miellé, des chèvres, et mieux des chè vres sauvages; la cendre de poil de chèvre. Pour le charbon des parties génitales on emploie la cervelle ou la sang de sanglier ou de porc; pour les affections serpigineuses de ces parties, le foie de ces animaux brûlé, surtout on applique sur le ventre du crottin de chèvre, cuit avec du miel. Pour l'affection coeliaque et la dysenterie on se sert de la présure de chevreau gros comme une fève dans du vin de myrte, en boisson ; du sang de chevreau arrangé en un mets appelé sangulculus. Pour la dysenterie on donne en lavement la colle de taureau fondue dans de l'eau chaude. La fiente de veau bouillie dans da vin dissipe les flatuosité.

[3] On recommande beaucoup pour les affections intestinales la présure de cerf cuite avec des lentilles et de la bette, et prise en aliment ; la cendre du poil de lièvre bouillie avec du miel, le lait de chèvre en boisson, cuit avec de la mauve et un peu de sel: si on y ajoute de la présure, le remède n'en vaut que mieux. La même vertu appartient au suif de chèvre dans un potage quelconque; on avale, aussitôt après, de l'eau froide. La cendre des cuisses de chevreau est, dit-on, un merveilleux remède pour les hernies, ainsi que la fiente de lièvre bouillie avec du miel, et dont on prend tous les jours gros comme une fève: ces deux remèdes passent pour avoir guéri des personnes dans un état désespéré. On vante encore la décoction d'une tête de chèvre avec son poil.





LXI. Pour les affections des parties génitales et du siège.

[1] Pour les affections du siège on a un excellent remède dans le fiel d'ours avec la graisse; quelques-uns ajoutent de l'écume d'argent (litharge) et de l'encens. Le beurre aussi est bon avec de la graisse d'oie et de l'huile rosat; les doses de ces ingrédients sont réglées par la nature même, car il faut qu'ils soient faciles à appliquer en onction. Le fiel de taureau sur de la charpie est un excellent remède; il cicatrise les rhagades. Pour les enflures dans cette partie on emploie le suif de veau, pris surtout aux aines ; on y mêle de la rue. Pour les autres affections on a le sang de chèvre avec de la polenta. Le fiel de chèvre guérit spécialement les condylomes, ainsi que le fiel de loup dans du vin. Le sang d'ours dissipe les tumeurs et les apostèmes de toutes les parties; de même le sang de taureau sec et pilé.

[2] Mais le remède par excellence est, dit-on, le calcul de l'onagre, que cet animal, quand on le tue, rend avec son urine: ce calcul, d'abord liquide, se solidifie à terre; attaché à la cuisse, il dissipe toutes les fluxions et délivre de toutes les suppurations; mais il est rare à trouver, tous les onagres n'en ont pas: le remède n'en est que plus célèbre. On se loue de l'urine d'âne avec la nielle, de la cendre de sabot de cheval appliquée avec de l'huile et de l'eau; du sang de cheval, surtout d'étalon; du sang de boeuf, du fiel de boeuf.

[3] La viande de boeuf appliquée chaude a les mêmes effets, ainsi que la cendre de la corne du pied de boeuf dans de l'eau ou du miel; l'urine de chèvre; la chair de bouc cuite dans de l'eau; les excréments de bouc cuits avec du miel; le fiel de verrat; l'urine de porc appliquée dans de la laine. On sait que l'équitation écorche les cuisses, ce qui cause de fortes cuissons: le meilleur remède est de se frotter les parties avec de l'écume ramassée à la bouche même du cheval. Les aines se tuméfient aussi à la suite d'ulcères; on les guérit en mettant dans la plaie trois crins de cheval noués de trois noeuds.





LXII. Pour la goutte et les douleurs de pied.

(XVI.) [1] Pour la goutte on emploie la graisse d'ours et le suif de taureau à poids égal avec de la cire; quelques-uns ajoutent de l'hypocisthis (XXVII, 31) et de la noix de galle; d'autres préfèrent le suif de bouc avec les excréments de chèvre, le safran, la moutarde ou des tiges de lierre pilées, de la pariétaire ou des fleurs de concombre sauvage. On se sert de la bouse de vache avec la lie de vinaigre. On vante les excréments d'un veau qui n'a pas encore mangé d'herbe, ou le sang de taureau sans autre addition; un renard cuit vivant, jusqu'à ce qu'il ne reste plus que les os: en loup cuit vivant dans de l'huile, jusqu'à consistance de cérat; le suif de bouc, avec partie égale d'elxine (XXI, 56) et un tiers de moutarde; la cendre des excréments de chèvre avec de l'axonge. On dit encore qu'il est très avantageux, dans la coxalgie, de brûler le dessous des gros orteils avec ces excréments bouillants ;

[2] que le fiel d'ours et les pattes de lièvre attachées à la partie malade sont un excellent remède pour les affections articulaires; qu'on adoucit la goutte en portant sur soi continuellement une patte de lièvre coupée sur l'animal vivant. La graisse d'ours guérit les engelures et les crevasses des pieds; elle est très efficace avec addition d'alun. Même propriété dans le suif de chèvre, dans la poudre de dents de cheval, dans le fiel de sanglier ou de porc, dans le poumon de ces animaux appliqué avec la graisse, quand même les pieds auraient été blessés ou meurtris par quelque choc. Pour les pieds gelés on a la cendre de poil de lièvre; pour la contusion des pieds on a le poumon de lièvre haché ou incinéré. Les coups de soleil se traitent très bien par la graisse d'âne ou par le suif de boeuf, avec de l'huile rosat; les cors, les crevasses, les oignons, par la fiente de sanglier ou de porc appliquée fraîche, et ôtée le troisième jour; par la cendre de l'astragale de ces animaux, par le poumon de sanglier, ou de porc, ou de cerf.

[3] Les écorchures causées par les chaussures se traitent par l'urine d'âne appliquée avec la boue qui s'y est mêlée; les cors, par le suif de boeuf avec la fleur d'encens; les engelures, par du cuir brûlé, surtout si ce cuir vient d'un vieux soulier; les lésions que produit la chaussure, par la cendre d'une peau de chèvre dans de l'huile. On calme les douleurs des varices par la cendre de fiente de veau cuite avec des bulbes de lis et un peu de miel; préparation qui convient pour toutes les inflammations et les menaces de suppuration (19); elle convient aussi pour la goutte et les maladies articulaires, mais encore mieux la fiente de veau mâle. Pour les articulations foulées on emploie le fiel de sanglier ou de porc appliqué sur un linge chaud, la fiente d'un veau qui n'a pas encore mangé d'herbe, la fiente de chèvre cuite avec du miel dans du vinaigre. On traite les ongles malades par le suif de veau, par le suif de chèvre, en y mêlant de la sandaraque. On enlève les verrues à l'aide de la cendre d'excréments de veau dans du vinaigre, à l'aide de la boue produite par l'urine d'âne.




LXIII. Pour l'épilepsie.

[1] Dans l'épilepsie il est bon de manger des testicules d'ours, ou d'avaler, dans du lait de cavale ou dans de l'eau, des testicules de sanglier; d'avaler de l'urine de sanglier dans du vinaigre miellé: elle est plus efficace quand elle s'est desséchée dans sa vessie. On donne encore des testicules de porc séchés et broyés dans du lait de truie; avant et après, pendant plusieurs jours, on s'abstient de vin. On donne des poumons de lièvres salés, avec un tiers d'encens, dans du vin blanc, pendant trente jours; la présure du même animal; la cervelle d'âne dans de l'eau miellée, exposée auparavant à la fumée dans des feuilles, à la dose d'une demi–once par jour; la cendre du sabot d'âne prise en boisson pendant un mois entier, à la dose de deux cuillerées; les testicules d'âne gardés dans du sel et mêlés à une boisson, surtout au lait d'ânesse ou à de l'eau. La poche dans laquelle est enveloppé l'ânon, surtout quand c'est un mâle, mise sous le nez d'un épileptique à l'approche de l'accès, le prévient. Il en est qui recommandent de manger le coeur d'un âne mâle et noir, avec du pain, en plein air, à la première ou à la seconde lune; d'autres prescrivent la chair, d'autres le sang délayé avec da vinaigre, pendant quarante jours; quelques-uns mêlent de l'urine de cheval avec de l'eau ferrée prise chez les serruriers, et la même boisson leur sert à guérir la folie. Pour l'épilepsie on donne en boisson le lait de cavale, et, dans du vinaigre miellé, les lichens ou callosités des jambes des chevaux. On donne la chair de chèvre rôtie sur le bûcher d'un homme, prescription des mages. On donne le suif de chèvre cuit dans la vésicule biliaire de cet animal, avec un poids égal de fiel de taureau ; il faut que la vésicule n'ait pas touché la terre, et on doit le boire debout. dans de l'eau. L'odeur de corne de chèvre ou de cerf brûlée fait déclarer l'épilepsie. On dit que l'urine d'ânon en onction avec du nard est bonne pour les coups de sang.




LXIV. Pour l'ictère.

[1] Contre l'ictère on a la cendre de corne de cerf, le sang d'ânon dans du vin. La fiente rendue par un ânon aussitôt après sa naissance, gros comme une fève dans du vin, guérit l'ictère en trois jours; la fiente de poulain a la même propriété.





LXV. Pour les fractures des os.

[1] On a pour les fractures un remède souverain : la cendre des mâchoires d'un sanglier ou d'un porc. Le lard bouilli, et attaché autour de la partie, les consolide avec une merveilleuse rapidité. Pour les fractures de côtes on recommande comme remède unique la fiente de chèvre dans du vin vieux ; elle ouvre, elle attire, elle guérit.





LXVI. Pour les fièvres.

[1] La chair de cerf est un fébrifuge, comme nous l'avons dit (VIII, 50, 8). Les fièvres réglées sont guéries, si nous en croyons les mages, par l'oeil droit d'un loup, salé, et porté en amulette. Il est une espèce de fièvre qu'on appelle amphémèrine : on s'en guérit, dit-on, en avalant dans deux hémines d'eau trois gouttes de sang tirées de la veine de l'oreille d'un âne. Pour la lièvre quarte les mages recommandent d'attacher des excréments de chat avec le doigt d'un hibou, et, pour qu'il n'y ait pas récidive, de garder cela jusqu'après le terme du septième accès.

[2] Qui a pu, dites-moi, inventer un pareil remède? Quel est ce mélange ? Pourquoi a-t-on choisi de préférence le doigt d'un hibou? De plus modestes ont dit qu'il fallait prendre dans du vin, avant l'accès de la fièvre quarte, le foie d'un chat tué au décours de la lune, gardé dans du sel. Les mêmes mages appliquent sur les doigts des pieds la cendre de la bouse de boeuf arrosée avec de l'urine d'enfant, et attachent aux mains un coeur de lièvre. Avant l'accès, ils font boire de la présure. On donne aussi avec du miel de fromage de chèvre frais, dont on a exprimé avec soin le petit-lait.




LXVII. Pour la mélancolie, le léthargus et la phtisie.

(XVII. ) [1] Pour la mélancolie on donne la bouse de veau cuite dans du vin. On réveille les léthargiques avec les callosités des jambes de l'âne appliquées aux narines dans du vinaigre; avec la fumée de la corne ou des poils de chèvre ; avec le foie de sanglier; aussi le donne-t-on aux personnes engourdies. Pour la phtisie on a le foie de loup dans du vin, le lard d'une truie maigre nourrie d'herbe, la chair d'âne avec le bouillon qui en provient: c'est de cette façon qu'on guérit généralement dans l'Achaïe cette maladie. On dit que la fumée de la bouse de vache sèche, quand l'animal est au vert, avalée à l'aide d'un roseau, est bonne pour les phtisiques.

[2] On donne en boisson la pointe de la corne de boeuf brûlée, avec du miel, à la dose de deux cuillerées. Le suif de chèvre dans un potage d'alica, (XVIII, 29, 4) ou frais, fondu avec du vin miellé à la dose d'une once par cyathe, et remué avec une branche de rue, est, au dire de bon nombre de personnes, un remède pour la phtisie et la toux. Un auteur digne de fois affirme qu'un phtisique désespéré fut rétabli par un cyathe de suif de bouquetin et pareille mesure de lait. Il en est qui ont écrit s'être bien trouvés de la cendre de fiente de porc dans du vin de raisin sec et du poumon de cerf, surtout de cerf daguet, séché à la fumée et broyé dans du vin.





LXVIII. Pour l'hydropisie

[1] Pour l'hydropisie on a l'urine contenue dans la vessie de sanglier, et donnée à petite dose; celle qui a séché dans la vessie est plus efficace. On donne, à la dose de trois cuillerées dans une hémine de vin miellé, la cendre de la bouse de taureau de préférence, mais aussi de boeuf (je parle d'animaux élevés dans les herbages); on appelle cette bouse bolbiton (ordure) : on prend de la bouse de vache pour les femmes, de la bouse de taureau pour les hommes, distinction dont les mages ont voulu faire un mystère. On emploie en topique la bouse de veau mâle, la cendre de la fiente de veau avec la graine du staphylinus (daucus carotta, Sibth.) par égale portion, dans du vin; le sang de chèvre avec la moelle: on croit le sang de bouc encore plus efficace, surtout si l'animal a été nourri de lentisque.





LXIX. Pour l'érysipèle et les éruptions dues à la pituite.-

[1] Pour l'érysipèle on emploie en topique la graisse d'ours, surtout celle des reins, la bouse de veau récente ou la bouse de vache, le fromage de chèvre sec avec du poireau, des raclures de peau de cerf obtenues avec la pierre ponce et broyées dans du vinaigre; quand il y a rougeur et prurit, l'écume de cheval ou la cendre du sabot: pour les éruptions pituiteuses, la cendre du crottin d'âne avec du beurre; pour les papules noires, le fromage de chèvre sec, délayé dans du miel et du vinaigre: l'opération se fait dans le bain, et on n'emploie pas d'huile; pour les pustules, la cendre de fiente de porc dans de l'eau, en topique, ou la cendre de corne de cerf.

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Re: Livre XXVIII, traitants des remèdes tirés des animaux.

Message par Stephandra le Mar 19 Avr 2011, 22:51

LXX. Pour les luxations, les endurcissements et les furoncles.

[1] Pour les luxations on a la fiente récente de sanglier ou de porc, la bouse de veau, l'écume de verrat récente avec du vinaigre, les crottes de chèvre avec du miel, la chair de boeuf en topique. Pour les gonflements on emploie la fiente de porc chauffée dans un test, et pilée avec de l'huile. Toutes les duretés du corps sont très bien amollies par la graisse de loup en topique. Quant aux abcès dont il s'agit de procurer l'ouverture, on a un excellent remède dans la bouse de vache chauffée sur la cendre, ou dans la crotte de chèvre cuite avec du vin ou du vinaigre. On traite les furoncles par le suif de boeuf mêlé au sel, ou s'il y a douleur, trempé dans l'huile, liquéfié et sans sel : on emploie de la même manière le suif de chèvre.




LXXI. Pour les brûlures. De l'épreuve de la colle de taureau, et remèdes qu'on en tire, VII.

[1] Pour les brûlures on a la graisse d'ours avec les oignons de lis, la fiente sèche de sanglier ou de porc, la cendre de leurs soies provenant des brosses qui servent à blanchir les murailles, broyée avec de la graisse ; la cendre de l'astragale d'un boeuf avec de la cire et de la moelle de cerf ou de taureau, la fiente de lièvre. Les crottes de chèvre guérissent, dit-on, les brûlures sans cicatrice. On fait avec les oreilles et les parties génitales de taureau une excellente colle, qui est tout ce qu'il y a de mieux pour les brûlures; mais aussi rien de plus sujets être falsifié avec de vieilles peaux quelconques, et même des souliers bouillis. La colle de Rhodes est celle qui trompe le moins; aussi les peintres et les médecins l'emploient-ils. Plus elle est blanche, meilleure elle est; on rejette celle qui est noire et ligneuse.





LXXII. Pour les douleurs des nerfs et les contusions.

[1] Pour les douleurs de nerfs on regarde comme très utile la crotte de chèvre cuite dans du vinaigre avec du miel, quand même le nerf tendrait à la putréfaction. On traite les ruptures et les contusions par la fiente de sanglier ramassée au printemps et séchée. On traite de même ceux qui se sont donné un effort eu conduisant les quadriges, ceux qui ont été blessés par la roue, ceux qui ont des meurtrissures, de quelque façon que ce soit; on peut l'employer même récente; Il en est qui la croient plus efficace cuite dans du vinaigre. On prétend même que cette fiente réduite en poudre, et bue dans du vinaigre, est bonne pour les ruptures, les blessures et les chutes. Les plus difficiles en prennent la cendre dans de l'eau; et l'on rapporte que l'empereur Néron était dans l'usage de se rafraîchir avec cette bois son, voulant, même de la sorte, se recommander auprès des conducteurs de char. La fiente de porc passe pour avoir presque autant de vertu.







LXXIII. Pour arréter les hémorragies.

(XVIII.) [1] On arrête les hémorragies par la présure de cerf dans du vinaigre, par la présure de lièvre, par la cendre du poil de lièvre, par la cendre du crottin d'âne: le crottin venant des mâles est plus efficace; on y mêle du vinaigre, et on l'applique avec de la laine sur toutes les hémorragies. On emploie de même le poil de la tête et de la cuisse du cheval; la cendre de la bouse du veau, dans du vinaigre; la cendre de la corne ou de la fiente de chèvre, dans du vinaigre ; le suc qui s'écoule du foie de bouc haché, et qui passe pour plus efficace; la cendre du foie de chèvre, ou de bouc prise dans du vin ou appliquée dans du vinaigre aux narines; la cendre d'une outre de bouc à mettre le vin, avec un poids égal de résine: ce remède arrête le sang et agglutine la plaie. La présure de chevreau dans du vinaigre, et la cendre des cuisses brûlées de cet animal passent pour avoir la même vertu.






LXXIV. Pour les ulcères et les carcinomes.

[1] Les ulcères des jambes et des cuisses se traitent par la graisse d'ours avec de la terre rouge; les ulcères serpigineux, par le fiel de sanglier avec de la résine et de la céruse, par la cendre des mâchoires de sanglier ou de porc, par la fiente de porc appliquée sèche, par la fiente de chèvre chauffée dans du vinaigre. On déterge et on cicatrise les autres ulcères par le beurre, par la cendre de corne de cerf, par la moelle de cerf, par le fiel de taureau avec de l'huile de cyprus (XII, 51) ou d'iris. Sur les blessures faites par le fer on applique la fiente récente de porc, ou cette fiente séchée en poudre.

[2] Quand les ulcères sont phagédéniques et fistuleux on y met du fiel de taureau avec du suc de poireau ou du lait de femme; on y met encore du sang en poudre avec la plante appelée cotylédon (XXV, 101). On traite les carcinome par la présure de lièvre arrosée de vin, avec pareil poids de câpres; la gangrène, par le fiel d'ours appliqué avec une plume; les ulcères serpigineux, en les saupoudrant avec la cendre de sabot d'âne. Le sang de cheval corrode les chairs par une vertu septique; il en est de même du charbon de crottin sec de cheval : on traite les ulcères phagédéniques par la cendre de cuir de bœuf avec du miel. La chair de veau, ainsi que la bouse de vache avec du miel, empêche le gonflement des plaies récentes. La cendre de cuisse de veau dans du lait de femme guérit les ulcères sordides et les ulcères cacoéthes; la colle de taureau fondue, ôtée au bout de trois jours, les plaies récentes faites par le fer. Le fromage de chèvre sec, dans du vinaigre et du miel, déterge les ulcères. Le suif avec de la cire arrête le progrès des ulcères serpigineux, et, avec de la poix et du soufre, les guérit entièrement. La cendre des cuisses de chevreau, dans du lait de femme, a la même vertu pour les ulcères cacoéthes. La cervelle de truie guérit les charbons, rôtie et en topique.






LXXV. Pour la gale.

[1] La gale de l'homme se guérit très bien par la moelle d'âne, par l'urine du même animal appliquée avec la boue; par le beurre, qui réussit dans la gale des bêtes de somme avec de la résine chaude; par la colle de taureau fondue dans du vinaigre, avec addition de chaux ; par le fiel de chèvre, avec de l'alun calciné. La fiente de boeuf guérit l'éruption appelée boa (XXIV, 35, 3) du nom du remède qu'on emploie. On traite la gale des chiens avec le sang frais de boeuf; on frotte l'animal une seconde fois avec ce sang lorsqu'il est sec, et le lendemain on le nettoie avec de la cendre de lessive.





LXXVI. Pour l'extraction des corps enfoncés dans nos parties, et pour la guérison des cicatrices.

[1] On fait sortir les épines et autres corps étrangers par les excréments de chat, par la crotte de chèvre dans du vin, par une présure quelconque, mais surtout par celle de lièvre, avec de la fleur d'encens et de l'huile, ou avec un poids égal de glu, ou avec la propolis. On ramène à la couleur du reste du corps les cicatrices noires, avec du suif d'âne; le fiel de veau échauffé les efface; les médecins y ajoutent de la myrrhe, du miel et du safran, et le gardent dans une boîte de cuivre; d'autres y mêlent de la fleur de cuivre (XXXIV, 24).

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Re: Livre XXVIII, traitants des remèdes tirés des animaux.

Message par Stephandra le Mar 19 Avr 2011, 22:52

LXXVII. Pour les maladies des femmes.

(XIX.) [1] On provoque les menstrues avec le fiel de taureau en pessaire dans de la laine en suint (Olympias de Thèbes y ajoute de l'hysope et du nitre), avec la cendre de corne de cerf en boisson; la même cendre, en topique, est bonne pour les maux de la matrice, ainsi que le fiel de taureau en pessaire à la dose de deux oboles, avec de l'opium. II est bon de faire des fumigations pour la matrice avec le poil de cerf. On prétend que les biches se sentant pleines avalent un petit caillou; ce caillou, trouvé dans leurs excréments ou dans la matrice (car il se rencontre quelquefois aussi dans cet organe), empêche, porté en amulette, l'avortement. On trouve encore dans le coeur et dans la matrice de petits os très bons pour les femmes enceintes et pour celles qui accouchent.

[2] Quant à l'espèce de pierre ponce qu'on rencontre de même dans le ventre des vaches, nous en avons parlé à propos des boeufs (XI, 79, 3). La graisse de loup en topique amollit la matrice; le foie en calme les douleurs. II est avantageux aux femmes qui vont accoucher de manger de la chair de loup, ou, si elles sont en travail, d'avoir auprès d'elles une personne qui en ait mangé, tant cet animal a de vertu contre les maléfices; mais quand cette personne vient de dehors elle gâte tout.

[3] Le lièvre est aussi d'un grand usage pour les femmes; le poumon sec, en boisson, est favorable à la matrice; le foie, pris dans de l'eau avec de la terre de Samos, est emménagogue. La présure facilite la sortie de l'arrière-faix (il faut s'abstenir de bain la veille) ; en pessaire dans de la laine avec du safran et du suc de poireau, elle fait sortir les foetus morts. On pense que les parties génitales femelles d'un lièvre, en aliment, font concevoir des mâles; qu'il en est de même des testicules et de la présure de cet animal; que l'embryon arraché du ventre d'une hase rend la fécondité à une femme qui a cessé de concevoir ; mais, au lieu de l'embryon, les mages font boire à l'homme de la sanie de lièvre. Ils donnent à une jeune fille neuf grains de fiente de lièvre, pour que les mamelles n'augmentent pas de volume; ils appliquent la présure avec du miel, pour le même motif; le sang de lièvre, là où ils veulent empêcher les poils arrachés de repousser.

[4] Pour les gonflements de la matrice, il est avantageux d'employer en topique la fiente de sanglier ou de porc, avec de l'huile; cette même fiente séchée et en poudre, mise dans la boisson, dissipe encore mieux ces flatuosités, quand même les femmes affectées seraient grosses ou en couche. En administrant du lait de truie avec du vin miellé, on facilite l'accouchement; pris seul, ce lait fait venir le lait aux accouchées qui en manquent. En frottant le sein d'une femme avec du sang de truie, on l'empêche de trop grossir. Si le sein est douloureux, on calme la douleur en faisant boire du lait d'ânesse; ce lait, pris avec du miel, est emménagogue. Le vieux suif d'âne guérit les ulcération de la matrice; en pessaire sur de la laine, il en ramollit les duretés :

[5] seul, appliqué dans de l'eau, frais ou vieux, il est une sorte de dépilatoire. Une vieille rate du même animal, appliquée dans de l'eau sur le sein, fait venir le lait abondamment. Brûlée, la fumée dissipe l'hystérie. La fumée de sabot d'âne active l'accouchement, et fait même sortir les avortons. Ou ne l'emploie pas non plus en d'autres cas, car elle fait mourir le fruit vivant. Le crottin d'âne appliqué frais arrête, dit-on, merveilleusement les pertes. Il en est de même de la cendre de ce crottin, qui en pessaire est bonne pour la matrice. L'écume de cheval appliquée pendant quarante jours avant que les premiers poils sortent les empêche de paraître. Il en est de même de la décoction de corne de cerf, qui est plus efficace si la corne est récente. Le lait de cavale en injection est bon pour la matrice.

[6] Lorsqu'on sent que l'enfant est mort dans le ventre de la mère, la callosité des jambes de cheval prise dans de l'eau douce le fait sortir; même effet avec la fumée de sabot de cheval ou avec le crottin sec. Le beurre en injection empêche la chute de la matrice. Le fiel de boeuf avec de l'huile rosat ouvre une matrice durcie; à l'extérieur on applique une peau de mouton avec de la térébenthine. On dit que la fumée de bouse de taureau empêche la chute de la matrice et facilite l'accouchement, et que l'usage du lait de vache en boisson aide à la conception. Il est certain que des femmes deviennent stériles pour avoir souffert dans le travail de l'accouchement: Olympus de Thèbes assure qu'on guérit cette cause de stérilité en frottant la partie avant le rapprochement avec du fiel de taureau, de la graisse de serpent, du vert-de-gris et du miel.

[7] Le fiel de veau, dont on enduit les parties pendant les règles au moment des approches, amollit la dureté du ventre; en onction sur l'ombilic il diminue le flux menstruel, et en général il est bon pour la matrice: la dose est un denier de fiel, un tiers de denier d'opium, quantité suffisante d'huile d'amandes; le tout s'applique avec de la peau de moûton. Le fiel du veau mâle, broyé avec la moitié de son poids de miel, se conserve pour les maux de matrice. Si une femme mange vers l'époque de la conception de la chair de veau pillée avec de l'aristoloche, on lui promet qu'elle engendrera un garçon. La moelle de veau cuite dans de l'eau avec du suif et appliquée avec du vin est bonne et pessaire pour les ulcérations de la matrice: il en est de même de la graisse de renard et de la fiente de chat. Cette dernière s'applique avec de la résine et de l'huile rosat.

[8] On regarde comme très utile à la matrice les fumigations avec la corne de chèvre. Le sang des chèvres sauvages avec le palmier de mer (XIII, 49) est dépilatoire. Le fiel des autres chèvres, injecté, amollit les callosités de la matrice, et après le flux menstruel facilite la conception. Il a aussi des propriétés dépilatoires si on le laisse appliqué pendant trois jours sur l'endroit épilé. Les sages-femmes assurent que l'urine de chèvre en boisson et la fiente en topique arrêtent les pertes, quelque considérables qu'elles soient.

[9] La membrane où le chevreau naissant est enveloppé, desséchée et avalée dans du vin, fait sortir l'arrière-faix, On croit utile dans les affections de matrice de faire des fumigations avec le poil de chevreau, et dans les pertes d'administrer la pressure de chevreau, ou d'appliquer la graine de jusquiame. Si l'on frotte les lombes d'une femme avec le sang des tiques prises à un boeuf sauvage noir, on lui inspire de l'aversion pour les plaisirs de l'amour, au dire d'Osthanes: on produit le même effet en faisant boire de l'urine de bouc, où l'on mêle du nard pour en ôter le dégoût.





LXXVIII. Pour les maladies des enfants.

[1] Aux enfants rien n'est plus utile que le beurre, soit seul, soit avec du miel, en particulier dans la dentition, pour les ulcérations des gencives et pour les ulcérations de la bouche. Une dent de loup en amulette empêche les enfants d'avoir peur, et les préserve des maladies de la dentition; la peau de loup produit le même effet. Les plus grosses dents d'un loup attachées au cou des chevaux les rendent, dit-on, infatigables à la course. La présure de lièvre appliquée sur le sein des nourrices arrête la diarrhée des enfants. Le foie d'âne avec un peu de panax, instillé dans la bouche, préserve les enfants de l'épilepsie et d'autres maladies; on recommande de faire cela pendant quarante jours.

[2] En jetant une peau d'âne sur un enfant on l'empêche d'être sujet aux frayeurs. Les premières dents qui tombent aux poulains, attachées au cou des enfants, rendent ta dentition facile; plus sûrement encore si elles n'ont pas touché la terre. Pour les maux de rate on fait manger la rate de boeuf dans du miel, et on l'emploie en topique. Pour les ulcères humides on remploie avec du miel. La rate de veau cuite dans du vin, broyée et appliquée, guérit les aphtes. Les mages font passer une cervelle de chèvre par un anneau d'or, et en font distiller dans la bouche des enfants avant qu'on leur ait donné à téter, pour les préserver de l'épilepsie et des autres maladies de l'enfance. La crotte de chèvre attachée au cou des enfants dans un morceau d'étoffe les empêche de se tourmenter, et surtout les filles. Si on frotte les gencives avec du lait de chèvre ou de la cervelle de lièvre, on rend la dentition facile.





LXXIX. Pour le sommeil et la sueur.

[1] Caton pense que la chair de lièvre en aliment fait dormir. L'opinion vulgaire est qu'elle embellit pour neuf jours, pur jeu de mots sans doute (lepus, lièvre; lepos, grâce) ; mais cette opinion est trop accréditée pour qu'il n'y ait point quelque raison au fond. D'après les mages, le fiel de chèvre, mais seulement d'une chèvre sacrifiée, appliqué en onction sur les yeux ou mis sous l'oreiller, procure le sommeil. On empêche la sueur en se frottant avec de la cendre de corne de chèvre, incorporée dans de I'huile de myrte.






LXXX. Aphrodisiaques; contre l'Ivresse.

[1] Parmi les aphrodisiaques on compte le fiel de sanglier à l'extérieur, la moelle de porc à l'intérieur, le suif d'âne avec de la graisse de jars à l'extérieur, l'humeur qui s'échappe d'une cavale qui vient d'être saillie, et que Virgile même (Georg., III; 280à a décrite, les testicules de cheval séchés et pulvérisés, de manière à être mis dans une boisson; le testicule droit d'un âne pris dans du vin à dose convenable, ou attaché au bracelet; l'écume du même animal recueillie après le coït sur un morceau d'étoffe rose, et mise dans de l'argent, comme le prescrit Osthanes. Salpé ordonne de tremper sept fois les parties génitales d'un âne dans de l'huile bouillante, et de frotter avec cette huile les parties naturelles; Bialcon veut qu'on en avale la cendre, ou qu'on boive l'urine d'un taureau qui vient de saillir, et qu'on se frotte le pubis avec la boue de cette urine. Au contraire les crottes de souris en topique ont pour les hommes une propriété antiaphrodisiaque. Le poumon rôti de sanglier ou de porc garantit de l'ivresse; il faut le manger à jeun le jour même : celui de chevreau produit le même effet.





LXXXI. Observations remarquables touchant les animaux. Remèdes tirés du sanglier, VII; du porc, IX; du cerf, III; du loup, XXVII; de l'ours, XXIV; de l'onagre, XII; de l'âne, LXXVI; du fumier d'ânon, III; du cheval sauvage, XI; de la présure de pou lain, I; du cheval, XIII; du fromage de jument, I; du boeuf sauvage, II; du boeuf, LXXXI; du taureau, LIII; du veau, LIX; du lièvre, LXIV; du renard, XX; du blaireau, II du chat, V; de la chèvre, CXIV; du bouc, XXXI; du chevreau, XXI.

(XX.) [1] On raconte en outre des merveilles des mêmes animaux. Un fer de cheval détaché du sabot, ce qui arrive souvent, mis en dépôt quelque part, est un remède pour le hoquet; il suffit de se rappeler l'endroit où on l'a mis. Le foie de loup ressemble à un sabot de cheval; et les chevaux qui montés par un cavalier suivent la trace des loups ne tardent pas à crever. Les astragales des pores ont la propriété d'exciter la discorde. Dans les incendies, si on peut ôter des étables un peu de fumier, on en fait sortir plus ai sèment les animaux, et les brebis et les boeufs ne s'y rejettent pas.

[2] La chair des boucs perd l'odeur forte qui lui est naturelle si le jour qu'on les tue on leur donne à manger du pain d'orge ou à boire du laser (XIX, 15) délayé dans de l'eau. Aucune viande salée au décours de la lune n'est sujette aux vers. Enfin on a tellement tout examiné, que je trouve qu'un lièvre sourd s'engraisse plus promptement. Quant aux remèdes pour les animaux, si une bête de somme a un flux de sang, il faut lui administrer un lavement de la fiente de porc dans du vin. Dans les maladie des boeufs on emploie le suif, le soufre vif, l'ail sauvage, un oeuf cuit; tout cela pilé se donne dans du vin: on emploie encore la graisse de renard. Le bouillon de chair de cheval en boisson guérit les maladies des porcs. On guérit les maladies de tous les quadrupèdes en faisant cuire une chèvre tout entière avec sa peau, et une grenouille buissonnière. Les renards ne touchent jamais aux volailles qui ont mangé un foie sec de renard, ou si le coq père de ces volailles a coché les poules, ayant au cou un morceau de la peau de ce même animal. La même propriété appartient au fiel de belette.

[3] Les boeufs dans l'île de Chypre se guérissent des tranchées en mangeant des excréments humains. Leurs pieds ne s'usent peint si avant de les mettre en marche on leur frotte les cornes avec de la poix liquide. Les loups n'approchent pas d'un champ si, après en avoir pris un, après lui avoir rompu les pattes et l'avoir égorgé, on répand peu à peu son sang autour du champ, et si on l'enterre ensuite à l'endroit où l'on a commencé de le traîner. On peut encore faire consumer au foyer des dieux lares, où se rassemble la famille, le soc, ôté de la charrue, avec lequel on a tracé le premier sillon de l'année: le loup n'attaquera aucun animal dans le champ tant qu'on observera cet usage. Nous allons maintenant revenir à des animaux spéciaux, qui ne sont ni privés ni sauvages.



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