Livre XX, traitant des remèdes des plantes du jardin.

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Livre XX, traitant des remèdes des plantes du jardin.

Message par Stephandra le Mer 27 Avr 2011, 14:05

LIVRE XX,

TRAITANT DES REMEDES FOURNIS PAR LES PLANTES DE JARDIN.



I et II Du concombre sauvage, XXVI.

I [1] Ici nous entrons dans l'œuvre la plus grande de la nature : nous allons parler à l'homme de ses aliments, et le forcer d'avouer qu'il ignore ce par quoi il vit. Qu'on n'aille pas, trompé par la trivialité des dénominations, regarder ce sujet comme petit et mesquin. J'expliquerai la paix et la guerre naturelles, les haines et les amitiés de choses sourdes et insensibles, faites toutes par l'homme; merveilleux concours que les Grecs ont nommé sympathie, et où l'on voit, l'eau et le feu étant les principes de toute chose, l'eau éteindre le feu, le soleil la dévorer, la lune la produire, et ces deux astres s'éclipser l'un par l'autre;

[2] où l'on veut, pour descendre de ces hauteurs, l'aimant attirer à soi le fer, une autre pierre le repousser (XXXVI, 25); le diamant, la joie de l'opulence, réfractaire et invincible à toutes les violences, se briser par l'action du sang de bouc; et tant d'autres merveilles dont nous parlerons en lieu et place , égales ou plus grandes. Seulement, qu'on nous pardonne de commencer par les objets les plus petits, mais salutaires, et d'abord par les plantes de jardin.



II. (I.) [1] Nous avons dit (XIX, 24) qu'il est un concombre sauvage (momordica elaterium, L.), beaucoup moins gros que le concombre cultivé. On en prépare un médicament dit élatérion; c'est le suc exprimé du fruit. Ce suc en jaillit , même avec danger pour les yeux, si pour le recueillir on n'incise pas le fruit avant la maturité. Cueilli, on garde le fruit une nuit; le lendemain, on l'incise avec un roseau. Quelquefois on le saupoudre de cendre, pour retenir une plus grande quantité de suc. Ce suc, exprimé, est reçu dans de l'eau de pluie, et va au fond. Épaissi au soleil, on en fait des pastilles, grandement utiles aux mortels.

[2] Il guérit l'obscurcissement de la vue, les maux d'yeux et les ulcérations des paupières. On dit que si on touche les racines de la vigne avec ce suc, les oiseaux n'attaquent pas le raisin. Avec la racine cuite dans du vinaigre on fait des applications contre la goutte, et le suc est un remède pour le mal de dents. Séchée et mêlée à la résine, elle guérit l'impétigo, la gale, les maladies appelées psore et lichen, les parotides et les tumeurs; elle colore les cicatrices. Le suc des feuilles avec du vinaigre s'instille dans les oreilles en cas de surdité.






III. De l'étatérium, XXVII.

[1] Le moment de faire l'élatérion est l'automne. Aucun médicament ne se conserve plus longtemps. Il commence à être bon au bout de trois ans. Si on veut l'employer plus tôt, on adoucira les pastilles en les mettant avec du vinaigre dans un pot neuf sur un feu lent. Il vaut d'autant mieux qu'il est plus ancien; et, d'après Théophraste, on a en de l'élaterion conservé pendant deux cents ans. Jusqu'à la cinquantième année il éteint la lumière des lampes. Voici, en effet, le procédé pour l'éprouver : le bout, approché d'une lumière, doit, avant de l'éteindre, la faire scintiller en haut et en bas. L'élatérion, pâle, lisse et légèrement amer, vaut mieux que celui qui est de couleur d'herbe et rude su toucher. On pense que la graine facilite la conception si les femmes la portent attachée avant qu'elle ait touché la terre; et l'accouchement , si on la met enveloppée dans de la laine de bélier sous les reins des femmes, sans qu'elles le sachent; mais il faut l'emporter hors de la maison aussitôt après la délivrance.

[2] Ceux qui vantent le concombre sauvage disent que le meilleur est celui d'Arabie, puis celui d'Arcadie (d'autres assurent que c'est celui de Cyrène) ; qu'il est semblable à l'héliotrope (XXII, 29) ; que le fruit placé dans l'aisselle des feuilles est de la grosseur d'une noix; que la graine représente une queue réfléchie comme celle du scorpion, mais blanche. Pour cette raison, quelques-uns nomment ce concombre scorpionien, et le disent très efficace, par sa graine et son suc , contre les piqûres des scorpions, et très bon pour purger la matrice et le ventre. La dose, suivant les forces du malade, est depuis une demi-obole jusqu'à une obole entière (0 gr., 75). A une plus haute dose il donne la mort. On en fait boire de la sorte contre la maladie pédiculaire et les hydropisies. En topique, avec du miel et de la vieille huile, il guérit les angines et les affections de la trachée-artère.





IV. Du concombre serpentin ou erratique, V.

(II.) [1] Beaucoup pensent que l'espèce dite chez nous concombre de serpent ou concombre erratique (cucumis flexuosus, L.) est la même que la précédente. Les rats ne touchent pas aux objets aspergés avec la décoction de cette plante. Bouillie dans du vinaigre, ces auteurs en font, dans la goutte avec maladie de l'articulation, des applications soulageant aussitôt. Contre le lumbago, on sèche la graine an soleil, on la pile, et on en donne une dose de trente deniers (11 gr., 57) dans une hémine (0 lit., 27) d'eau. Appliquée avec du lait de femme, elle guérit encore les tuméfaction subites. L'élatérion provoque les règles, mais chez les femmes grosses, l'avortement. Il est utile aux asthmatiques. Pour l'ictère on l'injecte dans les narines. En friction au soleil, il ôte le lentigo et les taches de la face.





V. Du concombre cultivé, IX.

[1] Beaucoup attribuent toutes les mêmes propriétés aux concombres cultivés. Ceux-ci ont aussi une grande efficacité : une pincée de leur graine, pilée avec du cumin, et bue dans da vin, est un secours contre la toux; contre les affections phrénétiques, bue dans du lait de femme; coutre la dysenterie, à la dose d'un acétabule (0 litr., 068) ; contre les expectorations purulentes, mêles à un poids égal de cumin; contre les affections du foie, dans l'hydromel. Prise avec du vin doux, elle est diurétique, et dans les douleurs néphrétiques on la donne en lavement avec le cumin.





VI. Du pépon, XI.

[1] Les pépons (cucurbita pepo, L.) sont un aliment très rafraîchissant, et relâchent le ventre. On fait des applications avec la pulpe dans les épiphoras ou dans les douleurs des yeux. La racine guérit les ulcérations (favus) qu'on nomme ceria, à cause de leur disposition en forme de gâteau de ruche; elle provoque les vomissements; séchée et réduite en farine, on la donne à la dose de quatre oboles (3 grammes) dans de l'hydromel, et celui qui a pris cette potion doit faire à pied cinq cents pas. On mêle cette farine dans les cosmétiques.

[2] L'écorce excite aussi le vomissement; elle nettoie la peau du visage, effet qui est produit également par l'application des feuilles de tous les concombres cultivés. Ces feuilles, avec le miel, guérissent encore les épinyctides; avec le vin, les morsures des chiens, ainsi que les piqûres de l'animal nommé par les Latins millepeda (XXIX, 29) (à mille pieds ), par les Grecs seps, allongé, aux pieds velus, nuisible surtout au bétail; la piqûre est suivie de tuméfaction, et l'endroit piqué se pourrit. Le concombre lui-même, par son odeur, dissipe l'évanouissement. II est certain que, pelés et cuits avec de l'huile et du miel, les concombres sont plus agréables.






VII. De la courge, XVII.

(III.) [1] On trouve encore une courge sauvage, nommée somphos par les Grecs, vide (c'est de là que lui vient ce nom), grosse comme le doigt, et ne croissant que dans les terrains pierreux. Mâchée, elle donne un suc très bon pour l'estomac.





VIII. De la coloquinte, X.

[1] On donne à une autre courge le nom de coloquinte (cucumus colocynthis , L.) ; elle est pleine, mais elle est plus petite que l'espèce cultivée. La coloquinte pâle est meilleure, et on l'emploie en médecine. Desséchée quand elle est verte, elle évacue toute seule par le bas. En lavements, elle remédie à tous les maux des intestins, des reins, des lombes; et à la paralysie ; après en avoir ôté la graine, on la fait bouillir dans de l'hydromel jusqu'à réduction de moitié; on injecte en toute sûreté cette préparation à la dose de quatre oboles (3 grammes ). Elle est bonne aussi à l'estomac, prise en pilules composées de poudre et de miel bouilli.

[2] Dans l'ictère, on prend avec avantage les graines, et de l'hydromel aussitôt après. La pulpe, avec de l'absinthe et du sel, dissipe les maux de dents. Le suc chauffé avec du vinaigre raffermit les dents mobiles; en friction avec de l'huile, il enlève les douleurs de l'épine, des lombes et des hanches. En outre, chose merveilleuse, les graines, en nombre pair, portées dans un linge, guérissent, dit-on, les fièvres appelées périodiques par les Grecs. Le suc des raclures de la courge cultivée, tiède, guérit le mal d'oreilles; la pulpe, sans la graine, les clous des pieds, et les suppurations que les Grecs appellent apostèmes.

[3] Bouillie tout entière, le suc raffermit les dents ébranlées et suspend les douleurs. Le vin bouilli avec cette plante arrête même les fluxions qui se jettent sur les yeux. L'application des feuilles pilées avec des feuilles fraîches de cyprès, ou celle des feuilles cuites dans un vase d'argile, et pilées avec de la graisse d'oie, est un remède pour les plaies. Les raclures de l'écorce calment les gouttes récentes et les chaleurs de la tête, surtout chez les petits enfants; l'application de ces raclures ou celle des graines est utile contre les érysipèles. Le suc de ces raclures, en liniment avec l'huile rosat et le vinaigre, amortit les ardeurs de la fièvre. La poudre de la courge sèche, en application, guérit merveilleusement les brûlures. Le médecin Chrysippe condamnait les courges comme aliment; mais, de l'avis de tous, elles sont très bonnes pour l'estomac et pour les ulcérations des intestins et de la vessie.





IX. Des raves, IX.

[1] La rave a aussi des vertus médicinales; appliquée chaude, elle guérit les engelures. Elle dissipe le froid des pieds. Une décoction chaude de rave guérit les gouttes froides. La rave crue, pilée avec du sel, remédie à toutes les affections des pieds. La graine en liniment et en boisson, dans le vin, passe pour être salutaire contre les morsures des serpents et les venins; beaucoup lui attribuent les propriétés d'un antidote, prise dans le vin et l'huile. Démocrite l'a absolument condamnée en tant que substance alimentaire, à cause des flatuosités qu'elle produit. Dioclès en a fait de grands éloges, disant même qu'elle est aphrodisiaque. Dionysius dit la même chose, surtout si on l'assaisonne avec la roquette. Il ajoute que, grillée et mêlée avec de la graisse, la rave est bonne contre les douleurs des articulations.

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Re: Livre XX, traitant des remèdes des plantes du jardin.

Message par Stephandra le Mer 27 Avr 2011, 14:06

X. De la rave des champs, I.


[1] La rave sauvage (bunias erucago, L.) vient surtout dans les champs; touffue, à graine blanche, et deux fois grosse comme celle du pavot. On l'emploie pour rendre unie la peau du visage et de tout le corps; en y mêle une quantité égale de farine d'ers (XXII, 73), d'orge, de blé et de lupin; la racine est sans aucun usage.





XI. Des navets appelés bunions et bunias, V.

(IV.) [1] Les Grecs distinguent deux espèces de navets (XVIII, 35; XIX, 25) employés en médecine. Le navet à tiges anguleuses, que l'on nomme bunion (bubium pumilum, Sm.) est utile pour les menstrues, les affections de vessie et l'urine : on en fait bouillir les feuilles quand il est en fleur ; on prend cette décoction avec de l'hydromel ou avec une drachme (4 gr., 5) du suc de la plante. La graine rôtie et pilée, dans de l'eau chaude, est bonne contre la dysenterie; on en prend quatre cyathes (0 litr.,18). Mais elle suspend le cours de l'urine si l'on ne boit pas en même temps de la graine de lin. L'autre espèce de navet (chou-navet, brassica napobrassica , L.) se nomme bunias; elle ressemble au raifort et à la rave. La graine est très célèbre contre les poisons; aussi l'emploie-t-on dans les antidotes.






XII. Du raifort sauvage et de l'armorocia.

[1] Vous avons dit qu'il y avait aussi un raifort sauvage (XIX, 26) (cochlearia armoracia, L). Le plus estimé est celui d'Arcadie; toutefois on en trouve ailleurs qui sont plus efficaces comme diurétiques seulement. Du reste, en Italie on emploie le raifort d'été, et on l'appelle armoracia.






XIII. Du raifort cultivé.

[1] Le raifort cultivé, outre ce que nous en avons déjà dit, purge l'estomac, atténue la pituite, provoque l'urine, détache la bile. Une décoction d'écorce de raifort dans du vin, bue le matin à la dose de trois cyathes (0 litr., 135), brise et expulse les calculs. Cette même écorce bouillie dans l'oxycrat s'emploie en liniment contre les morsures des serpents. Pris à jeun le matin avec du miel, le raifort est bon contre la toux. La graine rôtie et le raifort lui-même mâché soulagent les douleurs des flancs. La décoction des feuilles en boisson ou le suc de la plante à la dose de deux cyathes (0 litr., 09) est bon contre la maladie pédiculaire. Le raifort pilé s'emploie en liniment contre le phlegmon; l'écorce avec le miel, contre les meurtrissures récentes. Les personnes assoupies doivent manger des raiforts aussi âcres que possible; les asthmatiques, la graine rôtie, puis pilée avec du miel.

[2] Le raifort est utile aussi contre les venins; Il combat celui des cérastes et des scorpions. Après vous être frotté les mains avec le raifort ou avec la graine, vous manierez impunément ces animaux. Un raifort mis sur un scorpion le fait mourir. Le raifort est utile aussi contre les empoisonnements par les champignons ou la jusquiame, et, au dire de Nicandre, contre le sang de taureau. Les deux Apollodore recommandent encore de le donner contre l'empoisonnement par le gui; mais l'Apollodore de Citium recommande la graine pilée dans l'eau, et celui de Tarente le suc. Le raifort diminue le volume de la rate, est utile au foie et contre les douleurs des lombes; pris avec du vinaigre ou de la moutarde, il est avantageux dans l'hydropisie et la léthargie. Praxagore pense qu'il faut donner le raifort dans l’iléus; Plistonicus, dans la maladie cœliaque. Le raifort guérit les ulcérations des intestins et les suppurations des organes thoraciques, mangé avec du miel.

[3] Quelques-uns aiment mieux pour ces affections faire cuire le raifort dans de la terre détrempée, disant que de la sorte c'est aussi un emménagogue. Pris avec du vinaigre et du miel, il est anthelminthique; bouilli jusqu'à réduction aux deux tiers, et pris dans du vin, il a la même propriété. Il est utile contre l'entérocèle; il fait sortir le sang inutile. Médius recommande en outre de le donner cuit aux hémoptoïques, ainsi qu'aux femmes en couches, pour augmenter le lait. Hippocrate (De morb. mul, II, 67 ) recommande aux femmes qui perdent leurs cheveux de se frotter la tête avec des raiforts ; il conseille (Ib., II, 78) aussi d'en mettre sur l'ombilic, contre les douleurs de matrice. Le raifort ramène les cicatrices à la couleur naturelle. La graine, dans de l'eau, arrête les ulcères qu'on nomme phagédéniques. Démocrite regarde cet aliment comme aphrodisiaque.

[4] C'est peut-être pour cela que quelques-uns l'ont dit nuisible à la voix. Les feuilles, mais seulement celles des raiforts allongés, passent pour rendre la vue plus nette. Quand les raiforts agissent trop fortement, on recommande de donner aussitôt l'hysope ; il y a antipathie entre ces deux plantes. Pour la dureté de l’ouïe, on instille le suc de raifort dans l'oreille. Quand on veut vomir, il est très avantageux d'en manger à jeun.





XIV. Du panais, V. De l'hibisque, ou mauve sauvage, ou pistotoche, XI.

[1] L'hibisque (pastinaca latifolia silvestris) ressemble au panais (XIX, 27 ); on l'appelle aussi mauve sauvage ou plistoloche; il est bon pour les ulcères des cartilages et pour les fractures des os. Les feuilles relâchent le ventre, prises dans de l'eau; elles chassent les serpents ; en liniment elles guérissent les piqûres des abeilles, des guêpes et des frelons. La racine cueillie avant le lever du soleil et enveloppée dans de la laine ayant la couleur qu'on nomme native (VIII, 73), et en outre venant d'une brebis qui ait mis bas une femelle, se porte attachée sur les écrouelles, même en suppuration ; quelques-uns pensent que pour cet usage il faut l'arracher avec un instrument d'or, et prendre garde qu'elle ne touche la terre. Celse (De re med., IV, 24) recommande de mettre la racine bouillie dans de vin sur la goutte sans enflure.





XV. Du staphylinos ou panais sauvage, XXII.

(V.) [1] Le staphylinos (XIX, 27) (daucus carota, L) est une autre espèce de panais: on l'appelle panais errant. La graine pilée et bue dans du vin diminue tellement la tuméfaction du ventre, la suffocation hystérique et les douleurs, qu'elle remet l'utérus en son état naturel. Appliquée avec du vin cuit, elle est bonne contre les tranchées des femmes; chez les hommes, elle est bonne aussi contre les coliques, pilée avec une portion égale de pain, et bue dans du vin. Elle est diurétique; elle arrête les ulcères phagédéniques, mise fraîche avec du miel, ou sèche et saupoudrée de farine. Dieuchès recommande d'en donner la racine dans de l'hydromel pour les affections du foie, de la rate, des flancs, des lombes et des reins.

[2] Cléophante la recommande aussi dans les dysenteries anciennes. Philistion la fait cuire dans du lait; il donne quatre onces de la racine contre la strangurie. Il la donne dans l'eau contre l'hydropisie, et semblablement contre l'opisthotonos, la pleurésie et l'épilepsie. On assure que ceux qui en portent sur eux ne sont pas mordus par les serpents, ou que ceux qui viennent d'en manger ne souffrent pas de la morsure de ces animaux. Avec l'axonge elle se met sur les morsures des reptiles. On mange les feuilles contre les indigestions. Orphée a dit que le staphylinos était un philtre, peut-être parce qu'il est certain que cet aliment est aphrodisiaque; aussi quelques-uns ont-ils prétendu qu'il favorisait les conceptions. Le panais cultivé jouit des mêmes propriétés; toutefois le panais sauvage a plus d'efficacité, et surtout celui qui est venu dans des terrains pierreux. La graine du panais cultivé, prise dans du vin ou dans de l'oxycrat, est salutaire contre la piqûres des scorpions. Les dents frottées avec la racine de cette plante cessent d'être douloureuses.





XVI. Du gingidium.

[1] Les Syriens s'adonnent particulièrement à la culture des jardins; de là le proverbe grec : II y a beaucoup de légumes en Syrie. Ce pays produit une herbe très semblable au staphylinos, appelée ailleurs gingidion (daucus gingidium, L.), mais plus petite et plus amère que le staphylinos, et ayant les mêmes propriétés. Mangée cuite ou crue, elle est très bonne pour l'estomac: elle absorbe toutes les humeurs qu'il renferme.






XVII. Du siser, XI.

[1] Le siser erratique, semblable au siser cultivé (XIX, 28), produit les mêmes effets ; il excite l'estomac; pris avec du vinaigre au silphium (XIX , 15) ou avec du poivre et de l'hydromel, ou avec du garum, il dissipe les dégoûts. Opion le croit diurétique et aphrodisiaque; Dioclès est du même avis, ajoutant qu'il a des vertus cordiales pour les convalescents, et est très utile après des vomissements nombreux; Héraclide l'a donné contre le vif-argent, contre l'impuissance, et aux convalescents. Hicésius a dit que le siser paraissait en effet bon pour l'estomac, mais parce que personne ne pouvait manger trois sisers de suite; toutefois, qu'il est utile aux convalescents qu'on met à l'usage du vin. Le suc du siser cultivé, pris avec le lait de chèvre, arrête le flux de ventre.





XVIII. Du sili, XII.

[1] Et comme la ressemblance des noms grecs jette de la confusion dans la plupart des écrits, nous avons fait un chapitre à part sur le sili (séséli, seseli tortuosum, L. ). Cette plante est généralement connue. Le meilleur sili est celui de Marseille; la graine en est large et roussâtre. Celui d'Ethiopie est au second rang; la graine est plus foncée. Celui de Crète est le plus odorant de tous ; la racine a une odeur agréable. On dit que les vautours mangent la graine. Le sili, chez l'homme, est bon pour les vieilles toux, les ruptures, les convulsions; on le boit dans du vin blanc; de même contre l'opisthotonos, les affections du foie, les tranchées, la strangurie, à la dose de deux ou trois cuillerées.

[2] Les feuilles aussi sont utiles, elles facilitent même le part des quadrupèdes ; on dit que les biches près de mettre bas se nourrissent surtout de cette plante (VIII, 50). On en fait des topiques contre l’érysipèle : la feuille ou la graine est très bonne, prise à jeun, pour aider à la digestion. Le sili arrête le cours de ventre des bestiaux, soit qu'on le mette pilé dans leur boisson, soit qu'on le leur fasse manger avec du sel. On le fait prendre pilé aux bœufs malades.





XIX. De l'aunée, XI.

[1] L'aunée (inula helenium, L.), mâchée à jeun, raffermit les dents, si, du moment qu'elle a été arrachée, elle ne touche plus la terre; confite, elle guérit la toux. Le suc de la racine bouillie chasse le ténia; séchée à l'ombre et réduite en poudre, elle remédie à la toux, aux convulsions, aux flatuosités, et aux affections de la trachée-artère. Elle guérit les morsures des animaux venimeux. Les feuilles dans du vin s'emploient en topique contre la douleur des lombes.

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Re: Livre XX, traitant des remèdes des plantes du jardin.

Message par Stephandra le Mer 27 Avr 2011, 14:07

XX. Des oignons, XXXVII.

[1] Il n'y a pas d'oignon sauvage. L'oignon cultivé éclaircit la vue: pour cela on le flaire et il fait pleurer, ou encore mieux on se frotte les yeux avec le suc. On dit qu'il est soporifique, et qu’il guérit les ulcérations de la bouche, mâché avec du pain. L'oignon frais dans du vinaigre et et en topique, ou l'oignon sec avec du miel et du vin, est bon pour les morsures des chiens; on doit ne l’ôter qu'au bout de trois jours. L'oignon guérit encore les écorchures [causées per les chaussures]. Cuit sous la cendre, beaucoup l'ont appliqué, avec la farine d'orge, sur les épiphores et sur les ulcération des parties génitales.

[2] On emploie le suc en onctions contre les cicatrices des yeux, les albugo et les taches. Avec du miel, on s'en sert contre les morsures des serpents et toutes les plaies. On s'en sert pour les affections des oreilles, avec du lait de femme; contre les bourdonnements d'oreille et la dureté de l’ouïe, on l’a distillé avec de la graisse d'oie et du miel. On l’a fait boire dans de l'eau aux personnes frappées d'un mutisme soudain. On l'a mis dans la bouche pour s'en laver les dents quand elles faisaient mal; il est bon dans les blessures faites par toutes les bêtes, et surtout par les scorpions. On a fait des frictions avec l'oignon pilé contre l'alopécie et les affections psoriques.

[3] Cuit, on l'a donné à manger aux dysentériques et contre les douleurs des lombes. La cendre de pelures d'oignon dans du vinaigre, en topique, est bonne contre les morsures des serpents et du seps multipède (XX, 6). Pour le reste, divergence étonnante entre les médecins : les modernes ont dit que l'oignon était bon pour les organes thoraciques et pour la digestion, mais qu'il causait des flatuosités et de la soif;

[4] l'école d'Asclépiade, que cet aliment donne du teint; que, mangé journellement à jeun, il assure et maintient la santé; qu'il est bon pour l'estomac en agitant les esprits; qu'il relâche le ventre; que, mis en suppositoire, il dissipe les hémorroïdes; que le suc pris avec du suc de fenouil est merveilleux contre les hydropisies commençantes; qu'avec la rue et le miel, il réussit contre l'angine; qu'il réveille les léthargiques. Varron assure que l'oignon pilé avec du sel et du vinaigre, et puis desséché, n'est pas attaqué des vers.






XXI. Du porreau taillé, XXXII.

(VI.) [1] Le poireau taillé (XIX, 33) arrête les épistaxis, si l'on bouche les narines avec cette plante pilée ou mêlée soit à de la noix de galle, soit à de la menthe; il arrête encore les pertes après l'avortement: pour cela on en boit le suc avec du lait de femme. II remédie à la vieille toux et aux affections de la poitrine et des poumons. Les feuilles, en topique, guérissent les brûlures et les épinyctides; on appelle épinyctide une ulcération, aussi nommée syce (figue), située dans l'angle de l'oeil et donnant un écoulement perpétuel; d'autres donnent le nom d'épinyctides à des pustules livides, et qui tourmentent la nuit. Broyé avec du miel, le poireau guérit les autre ulcérations; avec du vinaigre, les morsures des bêtes, et aussi celles des serpents et des autres animaux venimeux ;

[2] les affections des oreilles, avec de la bile de chèvre , ou avec une quantité égale de vin miellé; les tintements, avec du lait de femme; les douleurs de tête, instillé dans les narines , ou, quand on va s'endormir, versé dans l'oreille à la dose de deux cuillerées de suc et une de miel. On boit le suc avec du vin pur contre les blessures faites par les serpents et les scorpions, et avec une hémine de vin (0 lit. 27) contre les douleurs des lombes. Le suc ou le poireau lui-même mangé est bon pour les hémoptysies, les phtisies, les rhumes invétérés;

[3] il est bon aussi dans l'ictère ou l'hydropisie; contre les douleurs néphrétiques, avec le suc de la ptisane (eau d'orge), à la dose d'un acétabule (0 lit., 068 ); à la même dose, dans du miel, il purge la matrice. On le mange contre l'empoisonnement par les champignons; on l'applique sur les plaies. II est aphrodisiaque, apaise la soif, dissipe l'ivresse; mais on dit qu'il affaiblit la vue, qu'il cause des flatuosités, qui cependant ne sont pas nuisibles à l'estomac et qui relâchent le ventre. II donne de l'éclat à la voix (XIX, 33).





XXII. Du porreau à tête, XXXIX.

[1] Le poireau à tête produit les mêmes effets, avec plus de force. Le suc se donne avec de la noix de galle ou de l'encens en poudre, ou du suc d'acacia, dans les crachements de sang. Hippocrate (De morb. mulier., II , text. 89, et De steril., text. 13) recommande de le donner sans mélange; il pense que le poireau à tête ouvre les matrices fermées, et que, pris comme aliment, il augmente la fécondité des femmes. Pilé et dans le miel, il nettoie les ulcères. Il guérit la toux, les catarrhes, les affections du poumon et de la trachée artère, donné dans la ptisane (potage d'orge) ou cru ,excepté la tête, sans pain, mais pris de deux jours l'un, même si on crache du pus. De cette façon encore il embellit la voix, ou excite à l'amour, ou fait dormir. Les têtes, cuite dans deux eaux, arrêtent le cours de ventre et les flux anciens. La pelure bouillie, eu liniment, noircit les cheveux blancs.






XXIII. De l'ail, LXI.

[1] L'ail a beaucoup d'énergie; il est d'une grande utilité quand on change d'eaux et de lieux. II chasse les serpents et les scorpions par son odeur; et, comme quelques-uns l'ont rapporté, c'est, contre les blessures faites par toutes les bêtes, un remède soit en boisson, soit en aliment, soit en topique. En particulier il est utile contre le serpent hémorrhoïs : pour cela il faut le prendre avec du vin, et le rendre par le vomissement. Nous ne serons pas surpris qu'il ait de la vertu contre la morsure venimeuse de la musaraigne, puisqu'il neutralise l'aconit (XXVII, 2), autrement dit pardallanches. Il neutralise la jusquiame; il guérit les morsures des chiens, quand on l'applique avec du miel sur les plaies.

[2] Contre les morsures des serpents on le prend en breuvage, et l'on fait avec les feuilles, dans de l'huile, un topique très efficace. Il est bon pour les meurtrissures , même quand II s'y est formé des ampoules. Hippocrate (De morb mul, I, 74) a pensé que les fumigations faites avec l'ail provoquaient la sortie de l'arrière-faix. Il en a employé la cendre dans de l'huile pour guérir les ulcérations humides de la tête. On a prescrit aux asthmatiques l'ail cuit, on a prescrit aussi l'ail cru et pilé. Dioclès le donne aux hydropiques avec la centaurée, ou dans une figue fendue en deux, pour procurer des évacuations alvines; l'ail bu frais dans du vin pur avec la coriandre procure ce résultat avec plus d'efficacité. Quelques-uns l'ont donné pilé dans du lait aux asthmatiques.

[3] Praxagore le fait prendre dans du vin contre la jaunisse, et dans de l'huile et de la bouillie contre l'iléus; Il en fait aussi un topique contre les écrouelles. Les anciens le donnaient cru aux fous. Dioclès l'a donné bouilli aux phrénétiques. Contre les angines il est bon, pilé en application et en gargarisme. Trois gousses d'ail pilées dans du vinaigre diminuent la douleur des dents; on obtient le même résultat en se lavant la bouche avec une décoction d'ail, et en mettant l'ail lui-même dans les dents creuses.

[4] On en distille le suc avec de la graisse d'oie (XXIX, 39) dans les oreilles. Il arrête la maladie pédiculaire et le porrigo, bu ou pilé avec du vinaigre et du nitre; les catarrhes, avec du lait, ou broyé et mêlé avec du fromage mou. De cette façon Il est bon pour l'enrouement et pour la phtisie , pris avec un bouillon de fèves. En général il vaut mieux cuit que cru, bouilli que rôti, et de celte façon il est utile à la voix. Il expulse les ténias et les autres vers Intestinaux, cuit dans de l'oxymel dans une bouillie, il guérit le ténesme. Bouilli et en topique, il guérit les douleurs des tempes. Cuit avec du miel, puis pilé, il est bon contre les pustules. II est bon contre la toux, cuit avec de la vieille graisse ou avec du lait; contre le crachement de sang ou le crachement de pus, cuit sous la cendre et pris avec une quantité égale de miel ;contre les convulsions et les ruptures, avec du sel et de l'huile. Avec la graisse, il guérit les tumeurs suspectes; avec du soufre et de la résine, il attire en dehors l'humeur des fistules; avec de la poix, il fait sortir les flèches.

[5] Il déterge la lèpre, le lichen, le lentigo, et il guérit, avec l'origan, ou réduit en cendres et appliqué en liniment avec l'huile et le garum. Il s'emploie de la même façon contre l'érysipèle. Brûlé et incorporé au miel, il rend aux parties contuses ou livides leur couleur naturelle. Pris dans les aliments et dans les boissons, il passe pour guérir l'épilepsie. Une gousse avalée avec une obole (0 gr., 75) de silphion (XIX, 15), dans du vin astringent, passe pour dissiper la fièvre quarte. II guérit la toux et les suppurations de poitrine, quelque grandes quelles soient: on le fait cuire avec de la fève concassée, et on use de cet aliment jusqu'à ce que la santé soit recouvrée.

[6] Il est soporifique, et en général il donne au corps une couleur plus vive. II est aphrodisiaque, pilé avec de la coriandre fraîche et bu dans du vin pur. Les inconvénients de l’ail sont d'affaiblir la vue, de causer des flatuosités, de faire, pris en trop grande quantité, mal à l'estomac, et de donner de la suif. Du reste, mêlé avec le blé, et donné en aliment aux poules et à la volaille, il les préserve de la pépie (C, 78 ). On dit que les bêtes de somme urinent facilement et sans douleur si on leur frotte avec l'ail pilé les parties sexuelles.





XXIV. Laitue, XLII. Laitue de chèvre, IV.

(VII.) [1] La première espèce de laitue sauvage est celle qu'on nomme laitue de chèvre (XXVI, 39) ; jetée dans la mer, elle tue aussitôt les poissons dans le voisinage. Le suc laiteux de cette plante, épaissi, puis mis dans du vinaigre à la dose de deux oboles (1 gr., 5 ), avec addition d'un cyatbe (0 litr., 045) d'eau, est donné aux hydropiques. La tige et les feuilles, pilées, et saupoudrées de sel, guérissent les nerfs coupés. Pilées dans du vinaigre, et employées en ablution de la bouche le matin deux fois par mois, elles empêchent les douleurs de dents.





XXV. Du caesapon, I. De l'isatis, I. De la laitue sauvage, VII.

[1] La seconde espèce est celle que les Grecs nomment caesapon; les feuilles pilées, et appliquées avec de la polenta, guérissent les plaies. Celle-ci vient dans les champs. La troisième vient dans les bois ; on la nomme isatis. Les feuilles pilées avec de la polenta sont bonnes pour les blessures. La quatrième est employée par les teinturiers en laine; elle ressemblerait au lapathum sauvage (rumex crispus, L.) par les feuilles si elle ne les avait plus nombreuses et plus noires. Elle arrête le sang, guérit les ulcères phagédéniques et les ulcères putrides et serpigineux, ainsi que les tumeurs liant la suppuration. Elle est bonne contre l'érysipèle par sa racine ou ses feuilles; on la fait boire contre les affections de la rate. Telles sont les propriétés de chaque espèce.

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Re: Livre XX, traitant des remèdes des plantes du jardin.

Message par Stephandra le Mer 27 Avr 2011, 14:08

XXVI. De l'hiéracla, XVII.

[1] Les propriétés communes aux laitues sauvages sont la blancheur, une tige haute quelquefois d'une coudée, et des feuilles rudes ainsi que la tige elle-même. Celle qui a les feuilles rondes et courtes est appelée par quelques-uns hieracia (tragopogon picroides, L.), parce que l'épervier (ἱέραξ ), en la grattant, et en s’humectant les yeux avec le suc, s'éclaircit la vue quand il sent qu'elle est trouble. Le suc de toutes est blanc, et, pour les propriétés, semblable au pavot; on le recueille dans le temps de la moisson en incisant la tige; on le garde dans un vase de terre neuf : c'est un excellent remède pour mainte affection. Il guérit toutes les maladies des yeux, avec du lait de femme : l'argema, les nuages, les cicatrices, toutes les ulcérations croûteuses, et surtout les brouillards.

[2] On s'en sert en application dans de la laine contre l'épiphora. Le même suc purge le ventre, bu dans de l'oxycrat à la dose de deux oboles (1 gr., 5) ; Il remédie aux blessures faites par les serpents, bu dans du vin; on en boit aussi les feuilles et les têtes pilées dans du vinaigre. On en fait des applications surtout contre les piqûres de scorpion ; on les mêle avec du vin et du vinaigre contre les araignées phalanges; elles combattent aussi d'autres poisons, excepté ceux qui tuent par suffocation ou qui attaquent la vessie, excepté aussi la céruse. Dans du miel et du vinaigre, on les met sur le ventre pour expulser les humeurs viciées. Le suc est bon contre les dysuries. Cratevas recommande de le donner aux hydropiques à la dose de deux oboles dans du vinaigre et dans un cyathe de vin. Quelques-uns recueillent aussi le suc des laitues cultivées : il est moins efficace.

[3] Nous avons déjà exposé (XIX, 38) les propriétés particulières des laitues cultivées : c'est de procurer du sommeil, d'éteindre les feux de l'amour, de calmer la chaleur, de purger l'estomac, d'augmenter le sang. Elles en ont beaucoup d'autres encore : elles dissipent les flatuosités, et en rendent l'expulsion facile; elles aident la digestion, sans être elles-mêmes jamais indigestes. Il faut noter qu'aucune substance alimentaire ne peut, prise de même, donner et ôter l'appétit ; c'est la mesure qui change l'effet:

[4] ainsi les laitues, en grande quantité, relâchent; en petite, resserrent. Elles dissolvent la pituite épaisse, et, comme quelques-uns l'ont dit, elles purgent les sens. Elles sont un excellent secours pour les estomacs débilités; dans ces cas, on y ajoute une obole (1 gr., 75) d'oxypore (assaisonnement ou médicament acide), dont on tempère l'âpreté par du vin cuit, jusqu'à lui donner le goût d'une sauce au vinaigre; si la pituite est plus épaisse, on y ajoute du vin de scille ou du vin d'absinthe; et s'il y a de la toux, on y mêle du vin d'hysope. On donne les laitues avec la chicorée sauvage dans les affections céliaques et dans les engorgements des viscères. On donne les laitues blanches en abondance dans la mélancolie et dans les affections de vessie. Praxagore les a données aux dysentériques. Elles sont bonnes aussi contre les brûlure récentes, avant qu'il s'y forme des ampoule on les applique avec du sel.

[5] Elles arrêtent les ulcères serpigineux, appliquée d'abord avec la fleur de nitre, puis dans du vin. Pilées, on en fait des applications sur l'érysipèle. Les tiges pilées avec de la polenta, dans de l'eau froide, calment les contractions et les luxations; dans du vin et de la polenta, les éruptions de papule Dans le choléra, on les a données cuites dans la poêle : en ce cas, ce sont les laitues amères et à grande tige qui sont les plus avantageuses. Quelques-uns les administrent en lavement dans du lait. Ces tiges bouillie sont, dit-on, très bonnes pour l'estomac. La laitue d'été surtout, et la laitue amère pleine de lait, que nous avons appelée méconide (XIX, 38 ), font dormir. Ce lait avec du lait de femme est donné comme très utile pour éclaircir la vue, quand on en fait à temps des onctions sur la tête.

[6] II remédie aux maux d'yeux qui sont un résultat de l'action du froid. Je trouve encore de merveilleuses louanges sur la laitue : avec du miel attique elle est bonne pour les affections de poitrine, non moins que l'aurone; prise en aliment, elle purge les femmes; la graine de la laitue cultivée se donne contre les scorpions; la graine pilée et bue dans du vin empêche les rêves lascifs; les eaux malfaisantes (XXXI, 11, 12, etc) ne nuisent pas à ceux qui mangent de la laitue. Cependant quelques-uns ont dit que lorsqu'on en mange trop souvent elle nuit à la clarté de la vue.





XXVII. De la bette, XXIV.

(VIII.) [1] Les deux bettes fournissent aussi des remèdes. La racine des blanches et des noires, récente, mouillée, et suspendue à un cordon, est, dit-on, efficace contre les morsures des serpents. La bette blanche, cuite et prise avec de l'ail cru, est bonne centre le ténia; les racines de la noire, cuites ainsi dans l'eau, enlèvent le porrigo. En somme, la noire passe pour plus efficace. Le suc de celle dernière guérit les vieilles douleurs de tête et les vertiges; instillé dans les oreilles, il fait cesser les bourdonnements; il est diurétique; en lavement, il remédie à la dysenterie et à l'ictère.

[2] Le suc calme le mal de dents; il est bon contre les blessures faites par les serpents, mais Il faut qu'il soit exprimé de la racine. La bette en décoction sert contre les engelures. Le suc de la bette blanche arrête les épiphoras, appliqué sur le front; l'érysipèle, mêlé à un peu d'alun. Pilée, bien que sans huile, elle guérit les brûlures et les éruptions de papules; cuite, on l'applique sur les ulcères serpigineux; crue, on l'emploie contre l'alopécie et les ulcères humides de la tête. Le suc instillé avec du miel dans les narines purge la tête. On fait cuire la bette avec des lentilles et du vinaigre, pour qu'elle relâche le ventre; cuite davantage, elle arrête les flux d'estomac et de ventre.





XXVIII. Du limonion ou névroide, III.

[1] II et aussi une bette sauvage (statice limonium, L.), que certains nomment limonion, d'autres névroïdes ; les feuilles sont beaucoup plus petites, plus minces et plus serrées que celles de la bette, au nombre de onze souvent; la tige est celle du lis. Les feuilles en sont bonnes pour les brûlures; elles arrêtent les écoulements. La graine, à la dose d'un acétabule (0 litr., 068), est bonne pour la dysenterie. On dit que la décoction de la plante avec sa racine enlève les taches des étoffes, et aussi du parchemin.





XXIX. De la chicorée, III.

[1] Les chicorées ne sont pas non plus en dehors de l'usage médical. Le suc avec de l'huile rosat et du vinaigre apaise les douleurs de tête; bu avec du vin, les douleurs de foie et de vessie; on l'applique sur les épiphoras. La chicorée sauvage est appelée par quelques-uns, chez les latins, ambula; en Egypte, on nomme cichorium l'espèce sauvage, et seris l'espèce cultivée, qui est plus petite et a plus de nervures.





XXX. De la chicorée sauvage, ou chreston, on pancration, ou ambubaia, XII.

[1] La chicorée (cichorium intybus, L.)sauvage en aliment rafraîchit, et en application elle résout les collections; en décoction, elle relâche le ventre. Elle est bonne pour le foie, les reins et l'estomac. Bouillie dans du vinaigre, elle dissipe les douleurs de la dysurie; dans du vin miellé, elle guérit l'ictère, s'il est sans fièvre. Elle est avantageuse à la vessie. Bouillie dans l'eau, elle est tellement bonne pour les menstrues, qu'elle fait sortir les fœtus morts. Les mages ajoutent que ceux qui s'oignent avec le suc de la plante entière mêlé à l'huile trouvent plus de faveur, et obtiennent plus facilement ce qu'ils désirent. Cette plante, .à cause de ses vertus salutaires, est appelée par quelques-uns chreston, par d'autres pancration.





XXXI. De l'hédypnoïs, IV.

[1] Il est une espèce sauvage dite par d'autres hedypnois (leontodon palustre, Smith); elle a la feuille plus large. Cuite, elle resserre l'estomac relâché; crue, elle constipe; elle est bonne aux dysentériques, surtout avec les lentilles. Celte espèce, comme la précédente, sert dans les ruptures et les contractions spasmodiques; elle sert encore dans le flux de semence.





XXXII. Trois espèces de seris, remèdes, VIII.

[1] La seris (cichorium endiva, L.), très semblable, elle aussi, à la laitue, est de deux espèces : la sauvage, qui est la meilleure, est noire et d'été; l'autre est d'hiver, moins bonne et plus blanche; toutes deux sont amères, excellentes pour l'estomac, surtout quand il est tourmenté par l'humeur. Elles rafraîchissent, mangées avec du vinaigre, ou appliquées. Elles dissipent d'autres humeurs que celles de l'estomac. On prend avec de la polenta les radis des espèces sauvages, pour l'estomac. Dans la maladie cardiaque, on les applique dans du vinaigre sur la mamelle gauche. Elles sont utiles aux goutteux et aux hémoptïques; elles le sont aux personnes affligées d'écoulement de semence, bues de deux jours l'un. Pétronius Diodotus, qui a écrit une Anthologie, a condamné absolument la seris, et il s'est appuyé sur beaucoup d'arguments; mais son opinion est combattue par celle de tous les autres.





XXXIII. Chou, LXXXVIII. Opinions de Caton.

(IX.) [1] Il serait long d'énumérer les mérites du chou; le médecin Chrysippe lui a consacré un volume tout entier, divisé selon les différentes parties du corps; Dieucbès en a fait autant ; mais Pythagore avant tous et Caton n'ont pas moins célébré cette plante. Il convient d'exposer l'opinion de Caton, avec d'autant plus de soin qu'on verra de quelle médecine le peuple romain a usé pendant six cents ans. Les plus anciens auteurs grecs en ont distingué trois espèces (XIX, 41) : le chou frisé, qu'ils ont appelé sélinoïde, pour sa ressemblance avec les feuilles du persil (σέλινον) ; il est bon à l'estomac et relâche modérément le ventre;

[2] le chou lisse, à larges feuilles garnissant une véritable tige, ce qui lui a fait donner par quelques-uns le nom de caulode, sans importance en médecine; le chou proprement appelé crambe, à feuilles minces, simples et très serrées: Il est plus amer, mais très efficace. Caton (De re rust., CLVII) estime le plus le chou frisé, puis le chou lisse à feuilles grandes, à tige grosse. Il le dit utile aux douleurs de tête, aux brouillards de la vue, aux bluettes, à la rate, à l'estomac, aux organes précordiaux, cru avec du vinaigre, du miel, de la coriandre, de la rue, de la menthe, de la racine de silphion (XIX, 15), et pris le matin à la dose de deux acétabules (0 Iitr., 136); la vertu en est, assure-t-il, si grande, que celui qui pile ce mélange se sent devenir plus fort :

[3] aussi veut-il qu'on le prenne pilé avec ces ingrédients, sinon qu'on mange du chou avec cette sauce. Contre la goutte et les maladies articulaires, en faire des applications avec un peu de rue, de coriandre, de sel et de la farine d'orge; employer l'eau de la décoction, qui est d'un merveilleux secours pour les nerfs et les articulations, en fomentation. Pour les plaies anciennes et récentes, même pour les carcinomes, qui ne peuvent être guéris par nul autre médicament, il recommande de faire des fomentations avec de l'eau chaude, et puis d'y appliquer deux fois par jour du chou pilé; il dit qui II faut traiter de même les fistules et les luxations; que le chou appelle au dehors les tumeurs et tout ce qui a besoin d'être dissipé;

[4] que bouilli il empêche les rêves et les veilles, si à jeun on en mange beaucoup dans de l'huile et du sel; que si, bouilli, on le fait bouillir une seconde fois, il guérit les tranchées (De re rust., CLVI et CLVII), avec l'addition d'huile, de sel, de cumin et de polenta; que si on le mange ainsi sans pain, Il est plus avantageux; que, pris avec du vin noir, il fait couler la bile ; que l'on garde même l'urine de celui qui a mangé du chou, et que chauffée elle est un remède pour les nerfs. Je rapporterai ici les paroles mêmes dont Caton s'est servi : « Si vous lavez les petits enfants avec cette urine, ils ne deviennent jamais faibles. » Il conseille aussi d'instiller dans les oreilles le suc tiède du chou, mêlé à du vin; il assure que cela est bon pour la dureté de l'ouïe, et que le chou guérit l'impétigo sans ulcères.

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Re: Livre XX, traitant des remèdes des plantes du jardin.

Message par Stephandra le Mer 27 Avr 2011, 14:08

XXXIV. Opinions des Grecs.

[1] Puisque nous avons déjà cité Caton, il convient d'exposer aussi les opinions des Grecs, mais seulement dans les choses que cet auteur a omises. Ils pensent que le chou non complètement cuit évacue la bile et relâche le ventre, et que cuit deux fois il le resserre; qu'ennemi des vignes, il combat les effets du vin (XX, 36); que si on en mange avant de boire, il prévient l'ivresse, et qu'il la dissipe pris après boire; que cet aliment éclaircit beaucoup la vue, mais que le suc du chou cru produit encore mieux cet effet, même si l'on ne fait que toucher avec ce suc et du miel attique le coin des yeux; que le chou est de très facile digestion, et que cet aliment purge les sens. L'école d'Erasistrate crie qu'il n'y a rien de plus utile à l'estomac et aux nerfs : aussi recommande-t-elle de le donner aux paralytiques, à ceux qui tremblent, et à ceux qui crachent du sang. Hippocrate (De morb. mul., II) le donne cuit deux fois avec du sel aux personnes affectées de flux céliaque et aux dysentériques.

[2] Il le donne encore pour le ténesme et les reins; il pense que cet aliment augmente la quantité du lait chez les nouvelles accouchées, et favorise les menstrues ( De morb. mul. I, 73 et 74 ; De nat. mul., 29 et 31). La tige mangée crue expulse aussi les fœtus morts. Apollodore pense qu'il en faut prendre la graine ou le suc contre l'empoisonnement par les champignons. Philistion donne le suc aux malades affectés d'opisthotonos, dans du lait de chèvre, avec du sel et du miel. Je trouve que des goutteux ont été guéris en mangeant du chou et en buvant la décoction de cette plante. Cette décoction a été donnée aux cardiaques et aux épileptiques, avec addition de sel ; elle e été donnée coutre les affections de la rate, dans du vin blanc, pendant quarante Jours.

[3] D'aptes Philistion, le suc de la racine crue doit être donné en gargarisme et en boisson dans l'ictère et dans la phrénitis; contre le hoquet, avec la coriandre et l'aneth, le miel et le poivre dans du vinaigre; en topique, le chou sert contre les gonflements d'estomac; l'eau même de chou avec le farine d'orge est un remède contre les morsures des serpents, les ulcères sordides et anciens, ou bien le suc dans du vinaigre ou avec du fenugrec. C'est aussi de cette façon que quelques uns en font des applications sur les les articulations et sur la goutte. Appliqué, le chou guérit les épinctydes et toutes les affections serpigineuses,

[4] et aussi les éblouissements soudains; mangé dans du vinaigre, il guérit encore ce dernier accident. Appliqué seul, il guérit les sugillations et les autres lividités; les lèpres et les psores, avec de l'alun rond dans du vinaigre: de cette façon encore il empêche la chute des cheveux. Epicharme assure qu'en application il est très bon pour les affection des testicules et des parties génitales, et meilleur encore avec de la fève pilée; bon dans les convulsion, avec de la rue; contre la chaleur fébrile et les affections d'estomac, avec la graine de rue; et aussi pour la sortie de l'arrière-faix, et contre les morsures de la musaraigne. La poudre des feuilles sèches purge par le haut et par le bas.





XXXV. Des tendrons de chous.

[1] Dans toutes les espèces de choux la partie la plus agréable à manger est la cyma (XIX, 41) ; mais on ne s'en sert pas en médecine, parce qu'elle est difficile à digérer, et contraire aux reins. Il ne faut pas omettre que l'eau de la décoction, vantée pour tant d'usages, exhale, répandue à terre, une mauvaise odeur. La cendre des tiges sèches de chou est mise au rang des substances caustiques; on s'en sert contre la coxalgie, avec de la vieille graisse; appliquée comme liniment, en guise d'épilatoire, avec du silphion (XIX, 15) et du vinaigre, elle empêche les poils arrachés de repousser; on la prend chauffée dans de l'huile, ou bouillie seule, dans les convulsions, les ruptures intérieures, et les chutes de haut. Est-ce à dire que le chou n'a aucun inconvénient ? Les mêmes auteurs nous apprennent qu'il rend l'haleine mauvaise, et qu'il nuit aux dents et aux gencives. En Égypte on ne le mange pas, à cause de son amertume.




XXXVI. Chou sauvage, XXVII.

[1] Caton (De re rust., CLVII) vante infiniment plus les effets du chou sauvage ou erratique, au point d'affirmer que la poudre de de chou desséché, recueillie dans une boite à parfums, suffit, même flairée seulement, pour guérir les affections et la mauvaise odeur des narines. D'autres nomment ce chou pétré; il est très opposé au vin; car la vigne le fuit par-dessus tout (XX, 34; XXIV, 1), et meurt si elle ne peut le fuir. II a des feuilles uniformes, petites, rondes, lisses; ressemble au chou cultivé, est plus blanc et plus velu (lepidium latifolium, L.). D'après Chrysippe, il remédie aux flatuosités, à la mélancolie, aux plaies récentes, avec du miel, et ou ne doit pas l'ôter avant le septième jour; pilé dans de l'eau, aux scrofules et aux fistules. Suivant d'autres, il met un terme aux ulcérations serpigineuses, dites noma; il consume les excroissances; il rend unies les cicatrices; mâché cru avec du miel, il guérit les ulcérations de la bouche et les amygdalites; la décoction, en gargarisme avec du miel, produit le même effet ;

[2] trois parties avec deux d'alun dans de fort vinaigre, appliquées à l'extérieur, guérissent les psores et les lèpres invétérées. Épicharme dit que contre la morsure du chien enragé il suffit d'en faire des applications; qu'avec du silphion et du fort vinaigre, ce moyen est plus efficace; qu'il tue les chiens, si on le leur fait manger dans de la viande. La graine de cette plante est bonne contre les empoisonnements par les serpenta, les champignons, le sang de taureau. Les feuilles, cuites et prises en aliment, ou crues et appliquées avec du soufre et du nitre, sont bonnes contre les engorgements de la rate, ainsi que contre l'endurcissement des mamelles.

[3] On guérit le gonflement de la luette en la touchant avec la cendre de la racine ; cette cendre, appliquée avec du miel, réprime les parotides; elle guérit les morsures les serpents. Nous n'ajouterons plus qu'une seule preuve, grande et admirable, de la force du chou : dans tout vase où l'on fait bouillir l'eau, les incrustations, tellement adhérentes qu'on ne peut les ôter, tombent, si l'on y fait cuire du chou.




XXXVII. Lapsane. I.

[1] Parmi les choux sauvages est aussi la lapsana (sinapis incana) (XIX, 41), haute d'un pied, aux feuilles velues, très semblables à celles du navet; la fleur est plus blanche. On la mange cuite; elle adoucit et relâche le ventre.





XXXVIII. Chou marin, I.

[1] Le chou marin (convolvulus soldanella L.) est celui qui purge avec le plus de force ; on le fait cuire, à cause de son âcreté, avec de la chair grasse; il est fort contraire à l'estomac.




XXXIX. Scille, XXIII.

[1] En médecine on donne le nom de scille mâle à la blanche, et de scille femelle à la noire (XIX, 30). La scille la plus blanche est la meilleure. On ôte les enveloppes sèches, on coupe par morceaux ce qui reste de vif, on suspend ces morceaux, enfilés à une certaine distance les uns des autres; ensuite les morceaux, ainsi séchés, sont mis dans une jarre du plus fort vinaigre, suspendus de manière à ne la toucher d'aucun côté. Cela se fait quarante-huit jours avant le solstice d'été. Puis, la jarre, fermée avec du plâtre, se met sous des tuiles qui reçoivent le soleil pendant toute la journée.

[2] Quarante-huit jours après, on enlève la jarre, on ôte la scille, on transvase le vinaigre. Ce vinaigre éclaircit la vue; il est bon pour les douleurs d'estomac et de côté, pris en petite quantité tous les deux jours ; mais la force en est si grande, que, pris à trop forte dose, il met pendant quelque temps dans un état semblable à la mort. La scille est bonne aux gencives, aux dents, même mâchée seule; prise dans du vinaigre et du miel, elle expulse le ténia et les autres vers intestinaux. Mise fraîche sous la langue, elle empêche les hydropiques d'être altérés. On la fait cuire de plusieurs façons: dans un pot luté ou enduit de graisse que l'on met dans une tourtière ou dans un four, ou par morceaux dans la poêle.

[3] On la fait sécher crue, et puis cuire par morceaux dans du vinaigre; alors on l'applique sur les morsures des serpents. Rôtie, on la nettoie, et puis on en cuit de nouveau l'intérieur dans de l'eau. Ainsi cuite, elle s'emploie chez les hydropiques, comme diurétique, à la dose de trois oboles (2 gr., 25), dans du miel et du vinaigre; elle s'emploie de la même façon contre les engorgements de la rate et les affections d'estomac où les aliments ne sont pas supportés, pourvu qu'Il n'y ait pas d'ulcère; elle s'emploie contre les tranchées, l'ictère, les vieilles toux avec asthme. Un cataplasme de feuilles de scille, qu'on n'ôte qu'au bout de quatre jours, dissipe les scrofules. Cuite dans l'huile, et en application, la scille guérit les furfures de la tête et les ulcérations humides. On la sert aussi sur les tables, cuite dans le miel, surtout pour aider à la digestion. De cette façon encore, elle purge l'intérieur. Elle guérit les rhagades des pieds, cuite dans l'huile et mêlée a la résine. Dans le lumbago, on en applique la graine dans da miel. Pythagore dit que la scille, suspendue au linteau de la porte, ferme l'accès aux maléfices.





XL. Bulbes, XXX.

[1] Du reste, les bulbes dans du vinaigre et du soufre guérissent les plaies de la face. Pilés seuls, ils guérissent les contractions des nerfs; dans du vin, le porrigo; avec du miel, les morsures des chiens : dans ce cas, Erasistrate veut qu'on les mêle avec de la poix; le même auteur assure qu'appliqués avec du miel ils arrêtent l'écoulement du sang; d'autres, en cas d'épistaxis, joignent aux bulbes de la coriandre et de la farine. Théodore guérit les lichens avec des bulbes dans du vinaigre; les éruptions à la tête, avec les bulbes dans du vin astringent ou dans un œuf. Le même auteur applique les bulbes sur les épiphoras; c'est de la même façon qu'il traite l'ophtalmie.

[2] Les bulbes, surtout ceux qui sont rouges, font disparaître les défectuosités du visage, si l'on s'en frotte au soleil avec du miel et du nitre; le lentigo, avec du vin ou du concombre cuit; ils sont merveilleusement utiles dans les blessures, ou seuls, ou comme Damion le prescrit, avec du vin miellé; mais il faut ne les enlever que le cinquième jour. Le même auteur les emploie pour traiter la fracture de l'oreille et les engorgements pituiteux des testicules. Pour les douteurs des articulations, on les mêle à la farine. Cuits dans le vin et appliqués sur le ventre, ils ramollissent les engorgements des viscères. On les donne dans du vin coupé d'eau de pluie contre la dysenterie; avec le silphion (XXIX, 14), en pilules de la grosseur d'une fève, contre les convulsions intérieures; broyés, on en fait des applications pour arrêter la sueur. Ils sont bons pour les nerfs; aussi les donne-t-on aux paralytiques. Les bulbes roux guérissent très promptement, avec du miel et du sel, les entorses des pieds. Ceux de Mégare (XIX, 30) sont très aphrodisiaques. Ceux des jardins activent l'accouchement, pris avec du vin cuit ou du vin de raisin sec. Les bulbes sauvages pris en pilules avec le silphion guérissent les plaies et les affections des intestins. La graine provenant des bulbes cultivés se boit dans du vin contre les piqûres des araignées phalanges. Ces bulbes eux-mêmes dans du vinaigre s'appliquent contre les morsures des serpents. Les anciens en faisaient prendre la graine aux fous. La fleur pilée enlève les taches des cuisses, et les vergetures que le feu y produit. Diochès croit que les bulbes affaiblissent la vue; il ajoute que bouillis ils sont moins bons que rôtis, et que le défaut commun de tous les bulbes est d'être de difficile digestion.





XLI. De la bulbine; de la bulbe émétique.

[1] Les Grecs appellent bulbine (muscari comosum, L.) une plante à feuilles de poireau et à bulbes rouges; on la dit merveilleusement bonne pour les plaies, mais seulement les plaies récentes. Le bulbe (jonquille) qu'on appelle émétique, a cause de l'effet qu'Il produit, a les feuilles noires, et plus longues que les autres.






XLII. Des asperges.

(X.) [1] Les asperges passent pour un aliment très bon à l'estomac. Avec addition de cumin, elles dissipent les gonflements de l'estomac et du colon. Elles éclaircissent la vue; elles relâchent doucement le ventre; elles sont bonnes pour les douleurs de la poitrine et de l'épine, et pour les affections des intestins, cuites avec addition de vin. Pour les douleurs des lombes et des reins, on en fait prendre la graine à la dose de trois oboles, avec une égale quantité de cumin. Elles sont aphrodisiaques. Elles constituent un excellent diurétique, mais elles ulcèrent la vessie.

[2] La racine pliée et prise dans du vin blanc est vantée par plusieurs auteurs comme chassant les calculs, et calmant les douleurs des lombes et des reins. Quelques-uns font boire cette racine avec du vin doux, pour les douleurs de matrice. Bouillie dans du vinaigre, elle est bonne contre l'éléphantiasis. On assure qu'use personne frottée avec l'asperge pilée dans de l'huile n'est pas piquée par les abeilles.

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Re: Livre XX, traitant des remèdes des plantes du jardin.

Message par Stephandra le Mer 27 Avr 2011, 14:09

XLIII. De l'asperge sauvage ou libyque, ou horminum, XXIV.

[1] L'asperge sauvage (asparagus acutifolius, L.) est appelée par quelques-uns corruda, par d'autres asperge de Libye, par les Athéniens ormenum (XXIX, 42). Elle a pour toutes les affections qui viennent d'être énumérées une vertu plus puissante, et d'autant plus grande qu'elle est plus blanche. Elle guérit l'ictère. On conseille de boire à la dose d'une hémine l'eau où elle a bouilli (0 litr., 27), comme aphrodisiaque; la graine avec l'aneth, à la dose l'une et l'autre de trois oboles (2 gr., 25), est aussi aphrodisiaque.

[2] La décoction se donne contre les morsures des serpents. La racine mêlée à celle du marathrum (fenouil) est au nombre des secours les plus efficaces. Dans les cas d'hématurie, Chrysippe recommande de donner tous les cinq jours la graine d'asperge, de persil et de cumin à la dose de trois oboles dans deux cyathes (0 lite., 09) de vin. Il enseigne que de cette façon la graine est contraire aux hydropiques, bien qu'elle soit diurétique; qu'elle est aussi antiaphrodisiaque; qu'elle est nuisible à la vessie, à moins d'avoir bouilli, et que si on donne aux chiens l'eau où elle a bouilli, on les fait périr; que le suc de la racine bouillie dans du vin est un remède pour les dents, gardé dans la bouche.






XLIV. Du persil, XVII.

(XI) [1] L'ache est généralement estimée. Elle nage en grande quantité dans les sauces, et est particulièrement recherchée dans les assaisonnements. C'est un secours merveilleux pour les écoulements des yeux et pour ceux des autres parties, soit appliquée sur les yeux, qu'on bassinera en outre de temps en temps avec la décoction chaude, soit polée et appliquée seule ou avec du pain ou de la polenta. On rétablit avec l'ache fraîche les poissons qui deviennent malades dans les viviers.

[2] Au reste, il n'y a aucune production de la terre sur laquelle les opinions des savants soient plus diverses. On distingue l'ache en mâle et en femelle. D'après Chrysippe, l'ache femelle a les feuilles dures et plus frisées, la tige grosse, la saveur âcre et chaude; diaprés Dionysius, elle est plus foncée, à racines plus courtes, et engendre des vermisseaux. Tous deux disent qu'il ne faut admettre ni l'une ni l'autre parmi les aliments; que c'est même un sacrilège, attendu que l'ache est consacrée aux repas funèbres des morts : ils ajoutent qu'elle nuit à la clarté de la vue; que la tige de l'ache femelle engendre des vermisseaux ;

[3] que pour cette raison ceux qui en mangent deviennent stériles, hommes ou femmes; que les enfante qui tètent des nourrices mangeant de l'ache deviennent épileptiques; toutefois que l'ache mâle est moins malfaisante : c'est pour cette raison qu'on ne la met pas au nombre des plantes néfastes. Les feuilles en cataplasme amollissent les engorgements durs des mamelles. De l'eau dans laquelle de l'ache a bouilli est plus agréable à boire. Le suc surtout de la racine, bu avec du vin, apaise les douleurs des lombes; instillé dans les oreilles, il diminue la dureté de l'ouïe.

[4] Par sa graine l'ache provoque l'écoulement de l'urine, le flux menstruel et la sortie de l'arrière-faix ; elle rend à leur couleur naturelle les parties meurtries, si on les fomente avec la décoction de la graine; appliquée avec le blanc d'œuf ou cuite dans l'eau et avalée, c'est un remède pour les reins; pilée dans l'eau froide, elle guérit les ulcérations de la bouche. La graine avec du vin, ou la racine avec du vin vieux, brise les calculs de la vessie. La graine dans du vin blanc se donne aussi aux ictériques.





XLV.De l'apiastrum ou melissophyllum.

[1] Le mélissophyllon (XXI, 29) est appelé par Hyginus aplastrum. Mais il y a aussi un aplastrum très vénéneux en Sardaigne (XXV, 109), condamné de tous; j'en parle parce qu'Il faut mettre sous les yeux du lecteur tout ce que les Grecs ont classé sous le même nom.





XLVI. De l'olusatrum ou hipposélinon, XI. De l'oréosélinon, II De l'héléosélinon, I .

[1] L'olusatrum (XIX, 48), qu'on nomme hipposelinum, est contraire au scorpion; la graine prise en boisson guérit les tranchées et les affections intestinales; bouillie et bue dans du vin miellé, elle guérit la dysurie. La racine bouillie dans du vin fait sortir les calculs, et guérit les douleurs des lombes et du côté. Cette plante en boisson et en application guérit les morsures des chiens enragés. Le suc en boisson réchauffe les personnes engourdies par le froid. Quelques auteurs font de l'oréosélinon (seseli annuum, L.) une quatrième espèce de sélinon: la tige est haute d'un palme, la graine est allongée, et semblable à celle du cumin; cette plante est bonne pour l'urine et les menstrues. L'héléosélinon (céleri sauvage) a une vertu particulière contre les araignées; l'oréosélinon pris dans du vin facilite le flux menstruel.





XLVII. Du petrosélinon, I. Dn busélinon, I.

(XII.) [1] Une autre espèce qui croit dans les rochers est appelée par quelques auteurs pétrosélinon (persil) ; il est excellent contre les vomiques, à la dose de deux cuillerées de suc, avec un cyathe (0 Iitr., 045) de suc de marrube dans trois cyathes d'eau chaude. Quelques-uns ont ajouté le busélinon, qui diffère du céleri cultivé par la brièveté de la tige et par la couleur rousse de la racine : les propriétés en sont les mêmes; il est excellent, en boisson et en application, contre les serpents.





XLVIII. De l'ocymum, XXXV.

[1] Chrysippe a autant déclamé contre l'ocimum (basilic?) que contre l'ache (XX, 44), disent qu'Il est contraire e l'estomac, a l'urine, à la clarté de la vue; qu'il cause la folle, les fièvres léthargiques et les affections du foie; que pour cela les chèvres le dédaignent, et qu'il doit être rejeté aussi par les hommes. Quelques-uns ajoutent que, pilé et couvert d'une pierre, il engendre un scorpion (IX, 51); que, mâché et mis au soleil, il produit des vers. Les Africains prétendent qu'une personne piquée par un scorpion le jour ou elle a mangé de l'ocimum ne peut être sauvée. Bien plus, d'autres racontent qu'une poignée d'ocimum pilé avec dix écrevisses de mer ou de rivière attire les scorpions du voisinage. Diodotus, dans son livre Des recettes, prétend que l'ocimum pris en aliment produit des poux.

[2] L'âge suivant a défendu vivement l'ocimum; on a soutenu que les chèvres en mangeaient; que personne n'en avait eu l'esprit troublé; que dans du vin, avec addition d'un peu de vinaigre, c'était un remède contre les blessures des scorpions de terre et le venin de ceux de mer; que l'expérience avait montré que l'odeur de cette plante dans du vinaigre était bonne pour les évanouissements et la léthargie; qu'elle rafraîchissait ce qui était enflammé;

[3] qu'appliqué sur la tête avec de l'huile rosat, ou de l'huile de myrte, ou du vinaigre, l'ocimom calmait les douleurs de tête; qu'appliqué sur les yeux avec du vin, il guérissait l'épiphora; qu'il était bon pour l'estomac; que pris dans le vinaigre il dissipait les gonflements et les flatuosités; qu'appliqué il arrêtait le flux de ventre ; qu'il était diurétique ; que de cette façon il était avantageux dans l'ictère et l'hydropisie; qu'il arrêtait le choléra et les flux d'estomac. Aussi Philistion l'a-t-il donné même dans l'infection céliaque; et Plistonicus l'a donné cuit dans la dysenterie et la colique. Quelques-uns l'ont prescrit, dans du vin, contre le ténesme et le crachement de sang, et aussi contre l'endurcissement des viscères. On en fait des applications sur les mamelles, et il arrête la production de lait. II est très bon pour les oreilles des enfants, surtout avec la graisse d'oie.

[4] La graine pulvérisée, aspirée dans les narines , provoque l'éternuement, et, appliquée sur la tête, les flux par le nez ; prise en aliment dans du vinaigre, elle purge la matrice. Mêlée à du noir de cordonnier, elle fait disparaître les verrues. Elle est aphrodisiaque; aussi la fait-on prendre aux chevaux et aux ânes lors de la monte. (XIII.) L'ocimon sauvage a toutes les mêmes propriétés, mais plus actives; il est particulièrement bon pour les affections que les vomissements fréquents entraînent; la racine dans le vin est très efficace contre les abcès de la matrice et les morsures des bêtes.





XLIX. De la roquette, XII.

[1] La graine de la roquette (brassica cruca, L.) est un remède contre le venin du scorpion et de la musaraigne; elle chasse tous les insectes parasites du corps; en friction avec du miel, elle guérit les taches de la peau du visage; avec du vinaigre, le lentigo; avec du fiel de bœuf elle rend blanches les cicatrices noires. On dit que bue dans du vin elle rend moins sensibles aux coups ceux qui doivent subir la fustigation. L'agrément en est tel dans l'assaisonnement des mets, que les Grecs lui ont donné le nom d'euzomon (bonne pour sauces). On pense que la roquette broyée légèrement, en fomentation sur les yeux, rend la clarté à la vue ; qu'elle calme la toux des enfants en bas âge. La racine bouillie dans de l'eau fait sortir les esquilles osseuses. Nous en avons indiqué la propriété aphrodisiaque (XIX, 44). Trois feuilles de roquette sauvage cueillies de la main gauche, pilées dans de l'eau miellée, et prises en boisson, ont la même propriété.






L. Du cresson, XIII.

[1] Au contraire, le cresson (lepidium sativum, L.) est antiaphrodisiaque; il aiguise l'esprit, comme nous l'avons dit (XIX, 44). Il y en a deux espèces. L'une est purgative, et évacue la bile, bue dans l'eau à la dose d'un denier d'argent ; appliquée sur les scrofules avec de la farine de fève, et recouverte de chou, c'est un remède excellent. L'autre espèce est plus foncée; elle purge la tête, elle nettoie la vue; prise dans du vinaigre, elle calme l'émotion de l'esprit; bue dans du vin ou avec une figue, elle guérit la rate; dans du miel, prise chaque jour à jeun, la toux.

[2] La graine dans du vin expulse tous les vers des intestins; plus efficacement, avec addition de mentastrum (mentha tomentosa, d'Urv.). Elle est bonne contre l'asthme et la toux, avec l'origan et du vin doux; contre les douleurs de poitrine, bouillie dans du lait de chèvre ; avec de la poix, elle dissipe les tumeurs, et fait sortir les épines enfoncées dans le corps; en liniment dans du vinaigre, elle fait disparaître les taches; contre les carcinomes, on y ajoute le blanc d'œuf; dans du vinaigre, on en fait des applications pour la rate. Dans le miel, elle est très utile aux enfants. Sextius ajoute que le cresson brûlé met en fuite les serpents et neutralise le venin des scorpions; que pilé il soulage les maux de tête, et qu'avec l'addition de la moutarde il guérit l'alopécie; que pilé, et appliqué avec une figue, il remédie à la dureté de l'ouïe;

[3] que le suc instillé dans les oreilles soulage les maux de dents; qu'avec la graisse d'oie il guérit le porrigo et les ulcères de la tête. Le cresson avec du levain fait mûrir les furoncles; il mène à suppuration les charbons et les fait ouvrir. Avec du miel, il mondifie les ulcères phagédéniques. On en fait des applications, avec du vinaigre et la polenta, dans la coxalgie et le lumbago; de la même façon, dans le lichen, ainsi que pour les ongles raboteux : en effet, il a naturellement quelque chose de caustique. Le meilleur est celui de la Babylonie. Le cresson sauvage possède toutes les mêmes propriétés, mais avec plus d'efficacité.

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Re: Livre XX, traitant des remèdes des plantes du jardin.

Message par Stephandra le Mer 27 Avr 2011, 14:09

LI. De la rue, LXXXIV.

[1] La rue (ruta graveolens, L. ) est au nombre des médicaments les plus efficaces. La rue cultivée a les feuilles plus larges et les rameaux plus forts. La rue sauvage a des effets violente, et elle est plus active en tout. Pilée et modérément humectée, on en exprime le suc, qu'on garde dans une boîte de cuivre. Donné en trop grande quantité, c'est un poison, surtout celui de la rue de Macédoine, sur les bords du fleuve Aliacmon: chose singulière, le suc de la ciguë le neutralise; ainsi il est vrai qu'il y a des poisons de poisons, et le suc de la ciguë protège les mains de ceux qui récoltent la rue. Du reste, c'est un des premiers ingrédients des antidotes, et surtout de l'antidote de Galatie. Toute espèce de rue, seule, a la vertu d'un antidote, si on en pile les feuilles et qu'on les prenne dans du vin;

[2] elle est surtout bonne contre l'aconit et le gui, aussi contre les champignons, soit en boisson, soit en aliment; de la même façon, contre les morsures de serpents, à tel point que les belettes (VIII, 41), près de livrer combat à ces reptiles, se prémunissent en mangeant d'abord de la rue. Elle est bonne contre les piqûres des scorpions, des araignées, des abeilles, des frelons, des guêpes, contre les cantharides, les salamandres, et contre les morsures des chiens enragés; le suc, à la dose d'un acétabule, se boit dans du vin; les feuilles pilées ou mâchées sont appliquées avec du miel et du sel, ou, bouillies, avec du vinaigre et de la poix.

[3] On assure que les personnes, frottées avec ce suc on en ayant sur elles ne sont pas attaquées par ces animaux malfaisants, et que les serpents fuient l'odeur de la rue que l'on brûle. Toutefois la racine de la rue sauvage, prise avec du vin, est ce qu'il y a de plus efficace; on ajoute qu'elle l'est surtout bue en plein air. Pythagore a distingué la rue en mâle et en femelle; la rue mâle a les feuilles plus petites et d'une couleur herbacée; la rue femelle a des feuilles et une couleur plus belles.

[4] Le même auteur l'a crue nuisible aux yeux; c'est une erreur, car les graveurs et les peintres en mangent, pour leur vue, avec du pain ou du cresson ; les chèvres sauvages en mangent, dit on, aussi pour leur vue. Beaucoup se sont guéris de taches sur les yeux en se les frottant avec le suc mêlé à du miel attique, ou à du lait d'une femme qui vient d'accoucher d'un garçon, ou en se frottant le coin des yeux avec le suc pur. En application avec de la polenta, elle guérit les épiphoras. Elle guérit les douleurs de tête, bue avec du vin, ou en application avec du vinaigre et de l'huile rosat; mais si la douleur de tête est invétérée, avec de la farine d'orge et de vinaigre. Elle dissipe les crudités, les gonflements, les vieilles douleurs d'estomac;

[5] elle ouvre la matrice fermée, elle la remet en place quand elle est déplacée : pour cela on l'applique dans du miel sur tout le ventre et toute la poitrine. La rue avec des figues, et bouillie jusqu'à réduction de moitié, prise avec du vin, est bonne coutre l'hydropisie. On la prend de la même façon contre les douleurs de la poitrine, des côtés et des lombes, contre la toux, contre l'asthme, contre les affections des poumons, du foie et des reins, contre les frissons. Ceux qui vont boire en font bouillir les feuilles, pour prévenir les maux de tête causés par l'ivresse. Elle est bonne aussi mangée crue, ou cuite ou confite. Elle est bonne encore contre les tranchées, bouillie avec de l'hysope ou prise avec du vin. Elle arrête l'hémoptysie, et, mise dans les narines, l'épistaxis; tenue dans la bouche, elle est bonne pour les dents.

[6] En cas de douleur d'oreilles, on instille le suc dans cette partie, en ayant soin de modérer la dose, comme nous l'avons dit, si c'est de la rue sauvage; contre la dureté d'ouïe et les bourdonnements on l'instille avec l'huile rosat ou avec l'huile de laurier, ou avec le cumin et le miel. Le suc de la rue pilée dans du vinaigre s'applique, dans la phrénitis, sur les tempes et la tête; quelques- uns y ont ajouté du serpolet et du laurier, et en ont frotté la tête et le cou. On l'a fait respirer dans du vinaigre aux personnes en léthargie; ou en a donné aussi à boire dans l'épilepsie la décoction, à la dose de quatre cyathes (0 litr., 18), et avant les accès fébriles dont le froid est intolérable; on l'a fait manger crue aux gens frileux. Elle est diurétique, même jusqu'au sang;

[7] bue dans du vin noir doux, elle provoque le flux menstruel, la sortie de l'arrière-faix, et même des fœtus morts, selon Hippocrate (De morb mul., I, 128); aussi recommande-t-il d'en faire des applications et même des fumigations pour la matrice. Dans la maladie cardiaque, Dioclès en fait des applications avec le vinaigre, le miel et la farine d'orge; dans l'iléus, avec de la farine bouillie dans l'huile et mise sur de la laine en toison. Beaucoup recommandent de faire prendre deux drachmes de rue sèche avec une drachme et demie de soufre, contre les crachements de pus; et trois branches bouilles dans du vin, contre les crachements de sang.

[8] On la prescrit contre la dysenterie, avec du fromage et pilée dans du vin. Concassée avec du bitume, on la fait prendre en potion pour l'essoufflement. On a donné trois onces de graine à ceux qui avaient fait une chute de haut. Une livre d'huile dans laquelle les feuilles ont bouilli, et un setier de vin, composent un liniment pour les parties qui ont été gelées. Si la rue, comme le pense Hippocrate (De diaeta, II, 26), est diurétique, il est singulier que quelques-uns la donnent contre l'incontinence d'urine comme antidiurétique. Appliquée avec le miel et l'alun, elle guérit les psores et les lèpres; avec le strychnos (solanum nigrum, L), la graisse de porc et le suif de taureau, le vitiligo, les verrues, les scrofules et choses semblables;

[9] avec le vinaigre et l'huile, ou la céruse, l'érysipèle; avec le vinaigre, le charbon; quelques-uns recommandent d'appliquer en même temps le silphion, mais ils ne l'appliquent pas pour les pustules des épinyctides. On applique la rue bouillie sur les mamelles gonflées, et, avec de la cire, sur les éruptions dues à la pituite. On l'applique avec des branches tendres de laurier, en cas de fluxion sur les testicules; et elle a une action si spéciale sur ces organes, que la rue sauvage appliquée avec de la vieille graisse guérit, dit-on, les hernies. La graine pliée, appliquée avec de la cire, est un remède pour les membres cassés. La racine de rue en application guérit les épanchements de sang dans les yeux, les cicatrices ou les taches sur toute la surface du corps.

[10] Parmi les autres propriétés qu'on lui attribue, il est singulier que, la rue étant de nature chaude, de l'aveu de tout le monde, une botte de cette plante bouillie dans de l'huile rosat, avec addition d'une once d'aloès, empêche de suer ceux qui s'en frottent, et que prise en aliment elle rende inhabile à la génération; aussi la donne-t-on dans le flux spermatique, et à ceux qui sont sujets aux rêves lascifs. Les femmes enceintes doivent s'abstenir de cet aliment, car je trouve qu'il cause la mort des embryons. De toutes les plantes cultivées la rue est la plus employée dans les maladies des bestiaux soit respirant difficilement, soit blessés pat des animaux malfaisants (et alors on leur verse la rue avec du vin dans les narines), soit épuisés pat une sangsue avalée (on leur fait prendre la rue dans du vinaigre): dans toutes leurs maladies on l'emploie préparée comme pour l'homme en cas semblable.





LII. De la menthe sauvage, XX.

(XIV.) [1] Le mentastrum (menta tomentosa, d'Urv.) est une menthe sauvage (XIX, 47) différant par ses feuilles, qui ont la forme de celles de l'ocimum et la couleur de celles du pouliot, ce qui fait que quelques-uns l'appellent pouliot sauvage Les feuilles mâchées et appliquées guérissent l'éléphantiasis. Une expérience due au hasard a fait reconnaître cette propriété du temps du grand Pompée, un malade honteux de cette affection s'étant couvert la figure avec ces feuilles. On les emploie en application et en boisson contre les scolopendres et les serpents, à la dose de deux drachmes dans deux cyathes de vin; contre la scorpions, avec le sel, l'huile et le vinaigre.

[2] On donne encore contre les scolopendres la décoction. On garde contre tous les venins les feuilles sèches, réduites en poudre. Répandu sur le sol, ou brûlé, le mentastrum met en fuite les scorpions. En boisson il favorise l'écoulement des lochies après le part; mais avant, il cause la mort des fœtus. II est très efficace dans l'orthopnée, dans les tranchées, dans le choléra; en application il est bon dans le lumbago et dans la goutte. On en instille le suc dans les oreilles qui ont des vers; on le boit dans l'ictère; on l'applique sur les tumeurs strumeuses; il empêche les songes lascifs. Bu dans du vinaigre, il expulse le ténia (XX, 50). Contre le porrigo on le met dans du vinaigre, et on s'en lave la tête au soleil.





LIII. De la menthe, XLI.

[1] La menthe a une odeur qui éveille l'esprit et une saveur qui excite l'appétit : aussi entre-t-elle ordinairement dans les sauces. Elle empêche le lait de s'aigrir ou de se cailler : aussi l'ajoute-t-on au lait que l'on boit, de peur d'être étouffé par la coagulation de ce liquide. On la donne dans de l'eau ou du vin miellé. On pense que par la même propriété elle s'oppose à la génération, en empêchant la coagulation du sperme. Chez les hommes comme chez les femmes, elle arrête l'écoulement du sang; elle suspend le flux menstruel. Bue dans de l'eau avec l'amidon, elle arrête le flux céliaque.

[2] Syriation l'a employée dans le traitement des abcès de la matrice ; à la dose de trois oboles dans du vin miellé, contre les obstructions du foie; en potage, contre l'hémoptysie. Elle guérit merveilleusement les ulcérations à la tête chez les enfants. Elle dessèche la trachée-artère quand elle est humide, et la resserre quand elle est sèche. Dans le vin miellé et l'eau, elle purge la pituite corrompue. Le suc est utile à la voix dans les combats de la parole, mais seulement pris immédiatement auparavant. On l'emploie en gargarisme dans les gonflements de la luette, en y ajoutant de la rue et de la coriandre dans du lait. Avec l'alun il est bon contre l'amygdalite;

[3] avec du miel, contre l'âpreté de la langue; seul, contre les convulsions intérieures et les affections du poumon. D'après Démocrite, avec le suc de grenade il arrête le hoquet et le vomissement. Le suc de menthe fraîche, aspiré par le nez, guérit les affections des narines. Pilée et bue dans du vinaigre, la menthe guérit le choléra et les fluxions intérieures du sang; appliquée avec de la polenta, l'iléus et la tension des mamelles. On en fait des applications sur les tempes dans la douleur de la tête. On la prend contre les scolopendres, les scorpions marins et les serpents. On l'applique sur les épiphoras et toutes les éruptions de la tête, ainsi que sur les affections du siège. Elle empêche les écorchures [dues à l'équitation ou à d'autres exercices], même tenue seulement à la main. On l'instille avec du vin miellé dans les oreilles. On assure qu'elle guérit les affections de la rate si on y goûte dans un jardin pendant neuf jours de suite sans l'arracher, et si en y mordant on dit qu'on fait cela pour se guérir la rate; que séchée, réduite en poudre, une pincée dans de l'eau calme la douleur d'estomac ; et que prise en boisson sous cette forme elle expulse les vers intestinaux.





LIV. Du pouliot, XXV.

[1] Le pouliot (menta pulegium, L.), non moins que la menthe, rappelle à elles les personnes en défaillance: on garde les branches de l'une et l'autre plante dans des bouteilles de verre pleines de vinaigre. Pour cette raison, Varron a prononcé qu'une couronne de pouliot méritait mieux d'orner nos appartements qu'une couronne de roses : on dit encore que mise sur la tête elle dissipe la céphalalgie. On assure que respirée elle protège la tête contre l'action nuisible du froid et du chaud, et défend de la soif; que ceux qui au soleil ont deux branches de pouliot derrière les oreilles ne sont pas incommodés par la chaleur.

[2] Dans les douleurs on en fait des applications, avec la polenta et le vinaigre. Le pouliot femelle est plus efficace; il a la feuille pourprée, le mâle l'a blanche. Pris dans de l'eau froide avec du sel et de la polenta, il empêche les nausées, ainsi que les douleurs de poitrine et de ventre. Pris dans de l'eau, il calme le sentiment d'érosion dans l'estomac, et, avec du vinaigre et de la polenta, les vomissements. Bouilli avec du miel et du nitre, il guérit les lésions intestinales. Dans du vin, il est diurétique; et si le vin est de la vigne amminéenne (XV, 5, 2) il chasse les calculs et toutes les douleurs intérieures. Dans du miel et du vinaigre, il pousse les menstrues et l'arrière-faix; il remet en place la matrice déplacée; il chasse les fœtus morts.

[3] On fait respirer la graine aux personnes frappées soudainement de mutisme. Contre l'épilepsie on le donne dans du vinaigre, à la dose d'un cyathe (0 Iitr., 045 ) ; si les eaux sont malsaines on y jette du pouliot pilé. Pris avec du vin, il diminue les âcretés du corps; pour les nerfs, dans les contractions spasmodiques, on le donne avec du sel et du vinaigre; avec le miel on en fait des frictions dans l'opisthotonos. On en boit la décoction contre les blessures faites par les serpents; pilé dans du vin (surtout le pouliot venu dans des lieux secs), on le fait prendre contre les piqûres des scorpions. Il passe pour efficace contre les ulcérations de la bouche et la toux. La fleur fraîche, brûlée, tue les puces par son odeur. Xénocrate, parmi les remèdes, rapporte qu'on donne à flairer dans le fièvres tierces, avant l'accès, une branche de pouliot roulée dans de la laine, ou qu'on la met sous la couvertures du lit où est couché le malade.




LV. Du pouliot sauvage, XVII.

[1] Le pouliot sauvage a les mêmes propriétés, mais plus énergiques; il est semblable à l'origan, et a les feuilles moindres que le pouliot cultivé; quelques-uns le nomment dictame. Brouté par les moutons et les chèvres, il les fait bêler; aussi certains Grecs, changeant une lettre dans son nom (γλήχων), l'ont-ils appelé blechon (βλήχων, de βληχὴ, bêlement). II est tellement chaud, qu'il ulcère les parties sur lesquelles on l'applique. Dans la toux résultat d'un refroidissement, Il est utile de s'en frotter avant le bain: on s'en frotte également dans les accès fébriles avant le frisson, ainsi que dans les convulsions et les tranchées. Il est merveilleusement avantageux dans la goutte. On le donne à boire, avec du miel et du sel, dans les affections du foie; Il rend l'expectoration facile dans les affections du poumon. Avec le sel il est bon pour la rate, la vessie, l'asthme et les flatuosités; la décoction a les mêmes avantages; il redresse la matrice. On le prescrit rentre la scolopendre terrestre ou marine, et contre les scorpions. En particulier, il est excellent contre la morsure faite par un homme. La racine fraîche est très efficace contre les ulcérations végétantes; sèche, elle efface les difformités des cicatrices.





LVI. De la népéta, IX.

[1] La nepeta (mentha gentilis, L.) agit aussi comme le pouliot: bouillies dans l'eau jusqu'à réduction du tiers, ces deux plantes dissipent le froid des accès fébriles; elles activent le flux menstruel; en été elles tempèrent la chaleur. La nepeta a aussi des vertus contre les serpents; ils en fuient la fumée et l'odeur, et les personnes qui doivent dormir dans des lieux suspects feront bien d'en mettre sous elles. Pilée, on l'applique sur les fistules lacrymales ; fraîche et mêlée à un tiers de pain avec du vinaigre, on l'applique dans les douleurs de tête. Le jus instillé dans les narines, la tête renversée, arrête l'épistaxis; il en est de même de la racine, qui en gargarisme avec de la graine de myrte dans du vin cuit, tiède, guérit l'esquinancie.

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Re: Livre XX, traitant des remèdes des plantes du jardin.

Message par Stephandra le Mer 27 Avr 2011, 14:10

LVII. Du cumin, XLVIII.

[1] Le cumin sauvage (cuminum cyminum, L.) est très menu; il a quatre ou cinq feuilles dentelées en scie. Le cumin cultivé est d'un grand usage, surtout parmi les remèdes stomachiques. Pilé et pris avec du pain, ou bu avec de l'eau et du vin, il dissipe la pituite, les flatuosités, les tranchées et les douleurs intestinales. Cependant tout cumin rend pâles ceux qui en boivent; du moins on assure que les disciples de Porcius Latron, célèbre parmi les professeurs d'éloquence, imitaient de cette façon la pâleur que leur maître devait à ses études : et, il y a peu de temps, Julius Vindex, ce défenseur de la liberté contre Néron, employa ce moyen pour donner le change à l'empereur, qui voulait sa succession.

[2] En pastilles ou frais, et dans du vinaigre, le cumin arrête le saignement de nez; appliqué seul, il est bon pour les épiphoras; avec le miel, pour le gonflement des yeux. Chez les enfants en bas-âge il suffit de l'appliquer sur le ventre. En cas d'ictère on le donne dans du vin blanc après le bain. (XV.)Le cumin d'Ethiopie se donne surtout dans l'oxymel, ou en électuaire avec du miel. On pense que celui d'Afrique arrête peu à peu l'incontinence d'urine. Le cumin cultivé se donne, pour les affections du foie, rôti et pilé dans du vinaigre; de la même façon pour les vertiges; pilé dans du vin doux, pour les cas où l'urine est trop âcre; pour les affections de matrice, dans du vin; on applique en outre les feuilles avec de la laine; pour les tumeurs des testicules, rôti et pilé avec du miel, ou avec de l'huile rosat et de la cire.

[3] Pour tout cela le cumin sauvage (lagaecia cumiacides) est plus actif; en outre, avec de l'huile il est bon contre les serpents, les scorpions, les scolopendres. Une pincée dans du vin arrête les vomissements et les nausées. On s'en sert en boisson et en application pour la colique, ou bien on l'applique chaud avec des plumasseaux, à l'aide de bandes. II dissipe les suffocations hystériques, pris dans du vin à la dose de trois drachmes dans trois cyathes (0 litr., 131) de vin. Avec de la graisse de veau ou du miel, on l'instille dans les oreilles contre les bourdonnements et les tintements. On l'applique sur les contusions avec du miel, du raisin sec et du vinaigre; sur les taches noires de la peau, avec du vinaigre.






LVIII. De l'ammi, X.

[1] Il est une plante très semblable au cumin, nommée par les Grecs ammi (amni vissaga, L.) : quelques-uns pensent que c'est le cumin éthiopique, qui Hippocrate (De hum.) nomme royal, sans doute parce qu'il l'a jugé plus efficace que le cumin d'Egypte. La plupart le regardent comme complètement différent, attendu qu'il est plus menu et plus blanc; mais il est employé aux mêmes usages : en effet, on le met sous les pains à Alexandrie, et on le fait entrer dans les sauces. Il dissipe les flatuosités et les tranchées; il active les urines et les menstrues;

[2] il guérit les contusions, il guérit les épiphoras des yeux. Pris dans du vin, à la dose de deux drachmes, avec de la graine de lin, il guérit les piqûres des scorpions; et en particulier, avec une quantité égale de myrrhe, la morsure des cérastes. Comme le cumin, il rend pâles ceux qui en boivent. En fumigations avec le raisin sec et la résine, il purge la matrice. On dit que les femmes qui le flairent pendant le coït conçoivent plus facilement.





LIX. Du câprier, XVII.

[1] Nous avons suffisamment parlé du câprier parmi les végétaux exotiques (XIII, 44). Il ne faut pas se servir du câprier d'outre-mer; celui d'Italie est moins dangereux. On dit que ceux qui en mangent journellement ne sont sujets ni à la paralysie, ni aux douleurs de la rate. Pilée, la racine fait disparaître les taches blanches de la peau, si on les en frotte au soleil. L'écorce de la racine prise dans du vin, à la dose de deux drachmes, est bonne dans les affection de la rate; mais il faut cesser de prendre des bains; et l'on prétend qu'en trente-cinq jours elle expulse la rate tout entière par les urines et les déjections alvines. On prend le câprier en boisson dans les douleurs des lombes et dans la paralysie.

[2] La graine bouillie et pilée dans du vinaigre, ou la racine mâchée, calme les douleurs de dents. Bouillie dans de l'huile, on la verse dont les oreilles en cas de douleur. Les feuilles et la racine fraîches, avec du miel, guérissent les ulcères appelés phagédéniques. De la même façon la racine guérit les tumeurs strumeuses; bouillie dans l'eau, elle dissipe les parotides, et détruit les vers des oreilles. C'est un remède pour les affections du foie. On la donne contre le ténia dans du vinaigre et du miel. Bouillie dans du vinaigre, elle dissipe les ulcérations de la bouche. Les auteurs sont d'accord pour admettre que le câprier n'est pas bon à l'estomac.






LX. Du Ilgusticum ou panax, IV.

[1] Le ligusticum (livêche, ligusticum levisticum, L. ), appelé par quelques uns panax, est bon pour l'estomac; il est bon aussi pour les convulsions et les flatuosités. Il en est qui l'appellent cunila bubala, a tort, comme nous l'avons dit (XIX, 5).




LXI. De la cunila bubula, V.

(XVI.) [1] Outre la cunila cultivée, il en est plusieurs espèces employées en médecine. Celle qu'on appelle bubula (XVIII, 41) a la graine du pouliot; cette graine, mâchée et appliquée, est bonne pour les plaies; il faut ne l'enlever qu'au bout de cinq jours. Contre les morsures des serpents on la prend dans du vin, et on la met pilée sur la plaie; on frotte avec cette plante les plaies faites par ces reptiles. Les tortues qui vont livrer combat aux serpents (VIII, 41) cherchent un préservatif dans cette cunila; et quelques auteurs, à cause de cela, la nomment panacée. Cette plante dissipe les tumeurs et les maladies de parties viriles, soit sèche, soit en feuilles et pilée; elle s'associe parfaitement avec le vin pour tous les cas (labiée indéterminée).





LXII. De la cunila gallinacea ou origan, V.

Il est une autre cunila appelée par les Latins cunila des poules, et par les Grecs origan héracléotique (XXV, 12) (origanum heracleoticum, L. ). Pilé avec du sel, l'origan est bon pour les yeux. Il guérit la toux et les affections du foie. Avec de la farine, de l'huile et du vinaigre, on en fait au potage bon contre les douleurs de côté, et surtout contre les morsures des serpents.





LXIII. Du cunilago, VIII.

II est une troisième espèce de cunila, nommée par les Grecs mâle, par les Latins cunilago (erigeron viscosum, L) (XXI, 32), à l'odeur fétide, à la racine ligneuse, à la feuille rude. Parmi toutes les espèces de cunila on dit que c'est celle qui a les propriétés les plus actives; que si on en jette quelque part une poignée, elle attire toutes les blattes de la maison ; qu'en particulier elle a, dans de l'oxycrat, de l'efficacité contre les scorpions; qu'un homme frotté avec trois feuilles trempées dans de l'huile met en fuite la serpents.






LXIV. De la cunila mollis, III. De la cunila libanotis, III.

[1] La cunila appelée molle a les feuilles plus velues et les branches garnies d'aiguillons; froissée, elle a l'odeur du miel et adhère aux doigts. Une autre espèce a l'odeur de l'encens; nous rappelons Iibanotls (XXI, 32). Ces deux espèces, dans du vin ou du vinaigre, sont un remède contre les serpents. L'eau où on les a broyées, en aspersion, tue les puces (inula pulicaria ?).





LXV. De la cunila cultivée ou sarriette, III De la cunila de montagne, VII.

L'espèce cultivée (XIX, 50) (saturcia thymbra, L. ) a aussi des usages : le suc avec l'huile rosat est bon pour les oreilles; la plaine elle-même se prend en boisson pour les coups. A cette espèce appartient la cunila des montagnes, semblable au serpolet, efficace contre les serpents. Elle est diurétique, active le flux lochial, aide merveilleusement la digestion; les deux espèces donnent de l'appétit même à ceux qui ont des crudités, s'ils en prennent à jeun dans une boisson. Elles sont bonnes aussi pour les luxations. Avec de la farine d'orge et de l'oxycrat, elles sont excellentes contre les piqûres des guêpes et autres Insectes semblables. Nous parlerons en leur lieu des autres espèces de libanotis (XXIV, 59).





LXVI. Du piperitis ou siliquastrum. V

(XVII.) [1] Le pipéritis, que nous avons appelé aussi siliquastrum (XIX, 62) (capiscum annuum, L.), se prend en boisson contre l'épilepsie. Castor en donnait une autre description, lui attribuant une tige rouge et longue, des nœuds rapprochés, la feuille du laurier, une graine blanche et menue, le goût du poivre, et le disant bon pour les gencives, pour la dents, et propre à rendre agréable et à prévenir la flatuosités.






LXVII. De l'origan onitis ou prasium, V.

[1] L'origan, qui, comme nous l'avons dit (XIX, 50), rivalise pour le goût avec la cunila, a plusieurs espèces usitées en médecine. On donne le nom d'onitis (origanum creticum, L. ) ou de prasion à une des espèces qui a quelque ressemblance avec l'hysope; elle s'emploie en particulier dans de l'eau tiède, contre le sentiment d'érosion de l'estomac et contre les indigestions; dans du vin blanc, contre les araignées et la scorpions; dans du vinaigre, de l'huile et de la laine, contre les luxations et les coups.





LXVIII. Du tragorigan, IX.

[1] Le tragorigan (thymus graveolens, L.) ressemble davantage au serpolet sauvage. Il est diurétique; il dissipe les tumeurs. En boisson, il est très bon contre l'empoisonnement par le gui, contre la morsure de la vipère, contre les rapports acides venant de l'estomac, et pour les viscères. On le donne avec du miel dans la toux, la pleurésie et la péripneumonie.

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Message par Stephandra le Mer 27 Avr 2011, 14:10

LXIX. De l'origan heracléotlque: trois espèces; trente-trois remèdes.

[1] L'origan héracléotique (XX, 62) offre trois espèces : la première, plus noire, a les feuilles plus larges et est gluante; la seconde les a plus grêles, est plus molle, ressemble assez à la marjolaine, et est appelée de préférence, par quelques auteurs, prasion (XX, 67); la troisième, tenant le milieu entre les deux premières, est moins efficace que l'une et l'autre. Le meilleur origan est celui de Crète, car il a une odeur agréable; le plus estimé ensuite est celui de Smyrne, qui a une odeur plus forte; l'héracléotique est plus avantageux en boisson, on le nomme onitis.

[2] En général, l'origan a la propriété de mettre en fuite les serpents; on le donne à manger bouilli aux personnes blessées. En boisson, il est diurétique. Il guérit les ruptures et les convulsions avec la racine de panax ; les hydropisies, avec les figues ou avec l'hyssope, à la dose d'un acétabule (0 litr, 068) réduit des cinq sixièmes par la décoction. Il est bon contre la gale, le prurigo, les psores, pris quand on entre dans le bain. Le suc avec du lait s'instille dans les oreilles; c'est un remède pour les tonsilles, la luette et les ulcères de la tête.

[3] Bouilli, et pris avec de la cendre dans du vin, l'origan neutralise le poison de l'opium et du plâtre Il relâche le ventre à la dose d'un acétabule. On l'applique sur les meurtrissures; on l'emploie contre les maux des dents, auxquelles il donne même de la blancheur, avec du miel et du nitre. Il arrête l'épistaxis. Contre la parotides, on le fait bouillir avec de la farine;

[4] contre l'enrouement, on le pile avec de la noix de galle et du miel; pour la rate, la feuille avec du miel et du sel. Il atténue la pituite épice et noire, cuit avec du vinaigre et du sel, et pris à petite dose. Pour l'ictère on l'introduit dans les narines, pilé avec de l'huile. Les personnes fatiguées en font des frictions, évitant de toucher le ventre. Avec la poix, il guérit les épinyctides; avec des figues broyées, il ouvre les furoncles; avec l'huile, le vinaigre et la farine d'orge, les tumeurs strumeuses; il guérit les douleurs de côté, appliqué avec les figues; les fluxions sanguines sur les parties génitales, pilé et appliqué avec du vinaigre; il active la sortie du reste des vidanges après l'accouchement.






LXX. Du lepidium, III.

[1] Le lepidium (cresson, lepidium sativum, L.) est rangé parmi les plantes âcres. Par cette propriété, il nettoie la peau du visage en l'excoriant; mais ces excoriations se guérissent facilement avec de la cire et de l'huile rosat; par la même propriété il enlève toujours sans peine les lèpres, les psores, et les marques des cicatrices. On dit que dans le mal de dents, attaché au bras du côté souffrant, il attire la douleur sur ce bras.





LXXI. De la nielle ou melanthium, XXIII.

[1] La nielle (nigella sativa, L) est appelée par les Grecs tantôt mélanthion, tantôt mélanspermon. La meilleure est celle qui a l'odeur la plus pénétrante, et qui est la plus noire. C'est un remède pour les blessures faites par les serpents et les scorpions; je trouve que dans ce cas on l'emploie en applications avec du vinaigre et du miel, et que brûlée elle met en faite les serpents. On la prend en boisson à la dose d'une drachme (4 gr., 5) contre les araignées. Elle guérit les fluxions nasales, pilée, mise dans un rouet, et respirée;

[2] les douleurs de tête, appliquée avec du vinaigre et instillée dans les narines; les épiphoras et les douleurs des yeux, avec de l'huile d'iris; les maux de dents, cuite avec du vinaigre; les ulcérations de la bouche, pilée ou mâchés; les lèpres et le lentigo, dans du vinaigre; la dyspnée, en boisson avec addition de nitre; les duretés, les vieilles tumeurs et les suppurations, en application. Elle augmente, prise plusieurs jours de suite, la quantité du lait chez les femmes. On en recueille le suc, comme celui de la jusquiame (XXV, 17);

[3] et comme celui de la jusquiame, pris à trop forte dose c'est un poison : effet étonnant, car la graine est un assaisonnement très agréable pour le pain (XIX, 52). Cette graine purge les yeux; elle active le flux de l'urine et des règles; bien plus, je trouve que trente grains seulement, mis dans un nouet, font sortir l'arrière-faix. On dit que broyée dans de l'urine elle guérit les cors des pieds, et qu'en fumigation elle tue les moucherons et aussi les mouches.





LXXII. De l'anis ou anicetum, LXI.

[1] L'anis (pimpinella aninum, L.), du petit nombre des plantes louées par Pythagore, se prend dans du vin contre les scorpions, cru ou bouilli. Frais ou sec, il est recherché dans tous les assaisonnements, dans toutes les sauces. On en saupoudre la croûte Inférieure du pain. On le met aussi dans les chausses à filtrer le vin (XIV, 28) ; avec les amandes amères, il donne de l'agrément au vin. Il rend l'haleine plus douce, et ôte la mauvaise odeur de la bouche, mangé le matin avec du smyrnion (smyrnium perfoliatum, L.) et un peu de miel, puis pris avec du vin en collutoire. Il rend le visage plus jeune. Attaché à l'oreiller de manière qu'on le flaire en dormant, il chasse les mauvais songes. Il donne de l'appétit; l'appétit, que la mollesse de nos jours demande à une plante depuis que le travail a cessé de le procurer. C'est pour cela que quelques-uns l'ont nommé anicetum (invincible ).





LXXIII. Où est le meilleur anis, et autres remèdes qu'il fournit.

[1] Le plus estimé est celui de Crète, puis celui d'Égypte. II remplace le ligusticum (XX, 60) dans les assaisonnements. Aspiré en fumigation par les narines, il soulage les maux de tête. Evénor en applique la racine pilée sur les épiphoras des yeux. Iollas applique l'anis lui-même pilé avec du safran et du vin, ou pilé seul avec de la polenta, contre les grandes fluxions, et pour l'extraction des corps étrangers qui peuvent être entrés dans l'œil. Appliqué avec de l'eau, il détruit les chancres du nez. II guérit les angines, en gargarisme avec le miel et l'hysope dans du vinaigre. On l'instille dans les oreilles avec de l'huile rosat. Rôti, il purge la pituite de la poitrine; pris avec du miel, encore mieux.

[2] Pilez, avec un acétabule (0 litr. 068) d'anis dans du miel, cinquante amandes amères mondées, pour la toux. Un remède très facile, c'est de faire avec trois drachmes d'anis, deux de pavot et du miel, un mélange dont on prend pendant trois jours gros comme une fève. Il est surtout excellent comme carminatif; aussi remédie-t-il aux gonflements d'estomac, aux tranchées et aux affections céliaques. Bouilli, et flairé ou pris en boisson, il arrête le hoquet. Les feuilles bouillies font passer les indigestions. La décoction avec de l'ache flairée, arrête les éternuements. En boisson l'anis provoque le sommeil, chasse les calculs, arrête les vomissements et les gonflements des viscères ;

[3] il est très bon pour les affections de la poitrine et pour le diaphragme. La décoction se verse, avec de l'huile, sur la tête, et calme la céphalalgie. On pense que rien n'est meilleur pour le ventre et les intestins; aussi le donne-t-on rôti dans la dysenterie et le ténesme. Quelques-uns y ajoutent de l'opium, et font prendre, par jour, de ce mélange trois pilules de la grosseur d'un lupin, délayées dans un cyathe de vin (0 litr., 045). Dieuchès en a employé le suc pour le lumbago; il a donné centre l'hydropisie, et l'affection céliaque, la graine pilée avec de la menthe; Évenor, la racine pour les affections des reins. Dalion, herboriste, en a fait avec l'ache un cataplasme pour les femmes en couche, et aussi pour la douleur de matrice; il l'a fait boire avec l'aneth aux femmes en couche; il l'a appliqué frais avec de la polenta, dans le cas de phrénitis; de la même façon, aux enfants ressentant de atteintes d'épilepsie ou des convulsions.

[4] Pythagore assure que ceux qui en tiennent â la main ne sont pas saisis par l'épilepsie, et qu'aussi il importe d'us semer le plus qu'on peut chez soi; que les femmes qui en respirent l'odeur accouchent plus facilement, et qu'aussitôt après l'accouchement il faut le faire boire avec de la polenta. Sosimène l'a employé contre toutes les duretés, avec du vinaigre; et contre les lassitudes il l'a fait cuire dans l'huile, avec addition de nitre; il a promis aux voyageurs qu'en prenant en boisson la graine de l'anis ils se préserveraient de la fatigue. Héraclide a donné pour les gonflements de l'estomac une pincée de la graine, avec deux oboles (1 gr., 5) de castoréum, deux du vin miellé; il a prescrit la même préparation pour les gonflements du ventre et des intestins; il a fait prendre dans l'orthopnée une pincée de graine d'anis et autant de graine de jusquiame, avec du lait d'ânesse.

[5] Beaucoup conseillent aux personnes qui doivent vomir de prendre pendant le souper un acétabule (0 litr., 068) d'anis avec dix feuilles de laurier, le tout pilé dans l'eau. Il calme les suffocations hystériques, mangé et appliqué chaud, ou pris en boisson avec le castoréum dans du vinaigre et du miel. Il dissipe les vertiges après l'accouchement, avec une pincée de graine de concombre et une pincée de graine de lin, dans trois cyathes de vin blanc. Tlépolème a employé contre la fièvre quarte une pincée de graine d'anis et de fenouil dans du vinaigre et un cyathe de miel. Appliqué avec des amandes amères, l'anis guérit les maladies articulaires.

[6] II en est qui le regardent comme un antidote du venin des aspics. Il est diurétique; il calme la soif; il est aphrodisiaque. Avec le vin il procure une douce sueur; il détend aussi les étoffes contre les insectes. Il est d'autant plus efficace qu'il est plus frais et plus noir. Toutefois, il n'est pas bon pour l'estomac, si ce n'est en cas de gonflement.






LXXIV. De l'aneth, IX.

(XVIII.) [1] L'aneth (anethum graveolens, L.) aussi est carminatif, et calme les tranchées; Il arrête les flux de ventre. On applique la racine dans de l'eau ou dans du vin sur les épiphoras. La graine chaude flairée arrête le hoquet; prise dans de l'eau, elle dissipe les indigestions. La cendre remédie au gonflement de la luette; elle affaiblit la vue et la force génératrice.





LXXV. Du sacopenium ou sagapenum, XIII.

[1] Le sacopentum (ferula communis) (XIX, 52), que produit l'Italie, est tout à fait différent de celui d'outre-mer : ce dernier en effet, semblable à la gomme ammoniaque, se nomme sagapenum (ferula persica, L.) ; il est bon pour les douleurs de côté et de poitrine, pour les convulsions, pour les vieilles toux, pour les expectorations, pour les tumeurs des viscères; il guérit les vertiges, les tremblements, l'opisthotonos, les affections de la rate, les douleurs des lombes, les refroidissements; on le fait flairer dans du vinaigre pour les suffocations hystériques; du reste, on l'emploie en boisson, en friction avec l'huile; il est bon aussi contre les poisons.






LXXVI. Du pavot blanc, III. Du pavot noir, VIII. Du sommeil. De l'opium, I. Remarques contre les potions que les médecins appellent anodynes. fébrifuges, digestives, coeliaques. Du méconium, I.

[1] Nous avons dit (XIX, 53) qu'Il y a trois espèces de pavots cultivés, et nous avons promis de parler des espèces sauvages. Pour les pavots cultivés, on pile le calice du pavot blanc, et on le prend dans du vin comme soporifique. La graine guérit l'éléphantiasis. Le pavot noir est soporifique par le suc que fournit l'incision de la tige au moment ou la plante commence à fleurir, d'après Diagoras; mais, d'après lollas, quand la fleur est passée, par un temps serein, à la troisième heure (trois heures après le soleil levé), c'est-à-dire quand Il n'y a plus de rosée sur le pavot. On recommande d'inciser le dessous de la tête et du calice ; c'est la seule espèce que l'on incise à la tête. Ce suc, comme celui de toute plante, se reçoit sur de la laine,

[2] ou, s'il n'y en a que peu, on le racle avec l'ongle du pouce comme sur les laitues, et, surtout le lendemain, on ramasse la partie qui s'est desséchée. Obtenu en assez grande quantité, il s'épaissit : on le pétrit par petits pains, qu'on sèche à l'ombre. Ce suc non seulement a une propriété soporifique, mais encore, si on le prend à trop haute dose, il cause la mort par le sommeil; on le nomme opium.

[3] C'est de cette façon que mourut en Espagne, à Bavilum, le père du personnage prétorien Publius Licinius Cécina : une maladie qu'il ne pouvait supporter lui avait rendu la vie odieuse. Plusieurs autres se sont donné la mort de la même façon. Aussi l'opium a-t-il été l'objet de grands débats : Diagoras et Erasistrate l'ont condamné complètement, défendant de l'instiller comme étant un poison mortel, et en outre parce qu' il nuisait à la vue; Andréas a ajouté qu'il ne causait pas immédiatement la cécité, parce qu'il était sophistiqué à Alexandrie. Mais dans la suite on n'en a pas condamné l'usage dans une préparation célèbre nommée discode (διά, de, κωδῶν, pavots).

[4] On fait aussi de la graine pilée des pastilles, qu'on prend dans du lait, comme soporifiques. On l'emploie contre les douleurs de tête avec l'huile rosat. Avec cette huile on l'instille dans l'oreille, pour en calmer la douleur. Avec da tait de femme on l'applique sur les parties affectées de goutte; on emploie les feuilles de même. On s'en sert dans du vinaigre pour l'érysipèle et les plaies. Quant à moi, je n'approuve pas qu'on ajoute l'opium aux collyres, et encore moins aux préparations appelées lexipyrètes (fébrifuges), et aux préparations appelées digestives et céliaques. Toutefois, on donne le pavot noir dans du vin contre les affections céliaques. Tous les pavots cultivés sont plus grands, et ont la tête ronde. Le pavot sauvage l'a longue, petite, et douée de propriétés plus actives. On le fait bouillir, et on en boit la décoction contre l'insomnie; avec cette eau on se lave la bouche. Le meilleur pavot vient dans les lieux secs, et là où II pleut rarement. Quand on fait bouillir les têtes et les feuilles, le produit de cette décoction se nomme méconium, c'est beaucoup plus faible que l'opium.

[5] Le premier caractère auquel on reconnaît la bonté de l'opium est l'odeur; on ne peut résister à celle de l'opium pur. Le second caractère, c'est que, allumé à une lampe, il donne une flamme brillante, et que, après avoir été éteint, il répande de l'odeur; ce qui n'arrive pas dans l'opium falsifié, qui s'allume aussi plus difficilement et qui s'éteint souvent. On recensait aussi l'opium pur par l'épreuve de l'eau: II y surnage en forme de nuage, tandis que l'opium falsifié s'y met en grumeaux. Mais et qu'il y a de plus étonnant, c'est que le soleil d'été fournit aussi un caractère : l'opium pur sue et se fond, jusqu'à ce qu'il devienne semblable au suc récent. Mnésidès pense que le meilleur moyen de conserver l'opium, c'est de le mêler à de la graine de jusquiame; d'autres recommandent de le mettre avec des fèves.

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Re: Livre XX, traitant des remèdes des plantes du jardin.

Message par Stephandra le Mer 27 Avr 2011, 14:11

LXXVII. Du pavot rhoeas, II.

(XIX.) [1] Le pavot que nous avons nommé rhéas et erratique (coquelicot, papaver rhaeas, L.) (XIX, 53) forme une espèce intermédiaire entre les pavots cultivés et les pavots sauvages, parce qu'il vient dans les champs, il est vrai, mais spontanément. Quelques-uns le mangent avec le calice entier aussitôt après l'avoir cueilli. Cinq têtes bouillies dans trois hémines (0 litr.. 81) de vin, et prises en boisson, évacuent par le bas et procurent du sommeil.






LXXVIII. Du pavot champêtre ceratltls ou glaucium ou paralium, VI.

[1] Il est une espèce de pavot sauvage, appelé céraliitis (pavot cornu, glaucium flavum), noir, haut d'une coudée, a racine grosse et garnie d'écorce, à tête recourbée comme une petite corne. Les feuilles sont plus petites et plus minces que dans les autres espèces sauvages; la graine, menue, est mûre à l'époque des moissons. Elle purge à la dose d'un demi-acétabule (0 litr., 034) dans du vin miellé. La feuilles broyées avec de l'huile guérissent les taches blanches des yeux chez les bêtes de somme. La racine à la dose d'un acétabule, bouillie dans deux setiers d'eau jusqu'à réduction de moitié, se donne contre les affections des lombes et du foie. Les feuilles, dans du miel, guérissent les charbons. Quelques-uns nomment cette espace glaucion, d'autres paralion: elle vient, en effet, dans les lieux exposés aux exhalaisons de la mer, ou dans les terrains nitreux.






LXXIX. Du pavot sauvage heraclium ou aphron, IV. Diacode.

[1] Une autre espèce de pavot sauvage est nommée héraclion (silene inflata, L) par les uns, aphron par les autres. Les feuilles, si vous les regardez de loin, offrent l'apparence de moineaux ; la racine est à la superficie du sol ; la graine est couleur d'écume (ἄφρος). Cette plante sert en été à blanchir les toiles de lin (XIX, 4). On la broie dans un mortier, et on la donne contre l'épilepsie à la dose d'un acétabule dans du vin blanc; elle provoque en effet le vomissement. Elle est extrêmement utile pour la préparation qu'on nomme diacode et artériaque. Cette préparation se fait avec cent vingt têtes de ce pavot ou de tout autre pavot sauvage, macérées pendant deux jours dans trois setiers d'eau de plaie et bouillie dans la même eau, puis passées à la chausse; on les fait bouillir une seconde fois à petit feu, avec du miel, jusqu'a réduction de moitié. Dans la suite on y a ajouté six drachmes de safran, d'hypocistis (cytinus hypocistis, L), d'encens, de suc d'acacia et un setier de vin cuit de Crète. Cela est pour l'ostentation ; la vertu de cette simple et antique préparation dépend du pavot et du miel.





LXXX. Pavot tithymale ou paralium, III.

[1] La troisième espèce est le tithymale (euphorbia paralias, L.), appelé par les uns mécon, par les autres paralion (XXVI, 41 ), à feuille de lin et blanche, à tête de la grosseur d'une fève. On le recueille à l'époque de la floraison de la vigne; on le fait sécher à l'ombre. La graine, prise en boisson, évacue par le bas, à la dose d'un demi-acétabule (0 litr., 034) dans du vin miellé. La tête de toute espèce de pavot, fraîche ou sèche, en application, calme les épiphoras des yeux. L'opium, pris dans du vin pur aussitôt après la piqûre d'un scorpion, en empêche les mauvais effets. Quelques-uns attribuent cette vertu au pavot noir seulement, dont on pile les têtes ou les feuilles.







LXXXI. Du porcilaca ou peplis, XLV.

(XX.) [1] On a encore le pourpier sauvage, appelé peplis (euphorbia peplis, L.), qui ne l'emporte pas beaucoup en vertu sur le pourpier cultivé (XIII, 40), duquel on cite des effets remarquables : il neutralise le venin des flèches empoisonnées, du serpent haemorrhoïs et du serpent prester ; pris en aliment et mis sur les plaies, il fait sortir ces venins; il fait aussi (le suc exprimé bu dans du vin cuit) sortir le poison de la jusquiame. Quand on n'a pas la plante même, la graine produit le même effet. Il corrige la mauvaise qualité des eaux, guérit la douteur et les ulcérer de la tête, pilé dans du vin et appliqué. Mâché avec du miel, il guérit les autres plaies.

[2] On l'applique aussi sur la tête des enfants en bas âge, et sur leurs hernies ombilicales; dans les épiphoras à tout âge, sur le front et les tempes, avec de la polenta; sur les yeux mêmes, dans du lait et du miel; en cas de procidence de l'œil, les feuilles pilées avec des cosses de fève; sur les pustules, avec de la polenta, du sel et du vinaigre. Mâché cru, il guérit les altérations de la bouche et le gonflement des gencives, ainsi que le mal de dents; en décoction, les ulcérations des tonsilles; quelques-uns y ont ajouté un peu de myrrhe : mâché, il raffermit les dents ébranlées; il dissipe les crudités, donne de la fermeté à la voix, et ôte la soif.

[3] Il calme les douleurs du cou, ; avec la noix de galle, la graine de lin et le miel, à quantités égales; il guérit les affections des mamelles, avec le miel ou la terre cimoliée. La graine, prise avec du miel, est bonne pour l'asthme. Mangée en salade, la plante fortifie l'estomac. Dans les fièvres ardentes, on en fait des applications avec la polenta ; d'ailleurs, comme aliment, elle rafraîchit aussi les intestins. Elle arrête !es vomissements. Dans les dysenteries et les vomiques, on la mange dans du du vinaigre, ou on la prend en boisson avec du cumin. Cuite, et prise en aliment ou en boisson, elle est bonne pour le ténesme et l'épilepsie;

[4] pour le flux menstruel, à la dose d'un acétabule (0 lier., 068) dans du vin cuit; dans les gouttes chaudes et l'érysipèle, appliqué avec du sel. Le suc, en boisson, soulage les reins et la vessie. La plante expulse les vers intestinaux; on l'applique, dans de l'huile, avec de la polenta, pour calmer les douleurs des plaies. Elle amollit les duretés des nerfs. Métrodore, qui a composé un Abrégé de botanique, pense qu'il faut la donner après l'accouchement pour les vidanges. Elle est anti-aphrodisiaque, et empêche les songes lascifs. Un des personnages principaux de l'Espagne, dont le fils a été préteur, en porte, à ma connaissance, cause d'une affection intolérable de la luette, excepté dans le bain, la racine suspendue au cou par un fil; précaution qui l'a délivré de toute incommodité. J'ai trouvé même dans les auteurs que, si l'on s'en frotte la tête, on n'a, de toute l'année, aucun rhume de cerveau. Cependant on pense qu'elle affaiblit la vue.





LXXXII. De la coriandre, XXI.

[1] On ne trouve pas de coriandre sauvage; il est constant que la meilleure est celle d'Égypte. Elle a (coriandrum sativum, L. ), en boisson et en application, de la vertu contre une seule espèce de serpents qu'on nomme amphiabène ; elle guérit aussi les autres plaies; pilée, les epinyctides, les pustules; pilée et avec du miel ou des raisins secs, toutes les tumeurs et toute les collections; pilée dans du vinaigre, le panus. Quelques-uns, dans la fièvre tierce, en font, avant l'accès, prendre trois graines; on en applique sur le front au plus grand nombre. Il en est qui pensent qu'il est avantageux de mettre de la coriandre sous l'oreiller avant le lever du soleil.

[2] Verte, elle a de grandes propriétés rafraichissante. Elle guérit, avec du miel on du raisin sec, les ulcères serpigineux, ainsi que les testicules, les brûlures, les charbons, les oreilles; avec du lait de femme, les épiphoras des yeux; les flux de ventre et des intestins, la graine prise dans de l'eau. On la prend en boisson avec de la rue, dans le choléra. La graine expulse les vers intestinaux, prise en boisson avec le suc de la grenade et l'huile. Xénocrate rapporte une chose merveilleuse, si elle est vraie : les règles s'arrêtent un jour chez les femmes qui prennent un grain de la semence; deux jours, chez celles qui en prennent deux, et ainsi de suite, d'après le nombre de grains pris. M. Varron pense qu'avec de la coriandre légèrement pilée, du cumin et du vinaigre, ou empêche toute espèce de viande de se gâter pendant l'été.






LXXXIIII. De l'arroche, XIV.

L'arroche (atriplex hortensis, L .) est sauvage et cultivée. Pythagore l'a accusée de causer l'hydropisie, l'ictère, la pâleur, de se digérer très difficilement, disant que dans les jardins même tout ce qui vient auprès de celle plante est languissant. Dionysius et Dioclès ont ajouté qu'elle engendrait beaucoup de maladies; qu'il fallait ne la faire cuire qu'en changeant souvent l'eau; qu'elle était contraire à l'estomac, et qu'elle causait le lentigo et des papules. Je ne sais pourquoi Solon de Smyrne a dit qu'elle venait difficilement en Italie. Hippocrate (De morb mul., II, 57) en fait avec la bette une injection pour les affections de matrice. Lycus de Naples l'a fait buire contre les empoisonnements par les cantharides;

[2] il a pensé que, crue ou cuite, en application, elle était bonne pour le panus, les furoncles commençants, et toutes les duretés; contre l'érysipèle, avec le miel, le vinaigre et le nitre; de la même façon, contre la goutte. On dit qu'elle fait tomber, sans ulcération , les ongles malades. Il en est qui en donnent la graine avec du miel contre l'ictère, qui en font frotter le gosier et les amygdales avec addition de nitre, qui l'emploient pour évacuer par le bas, provoquant le vomissement à l'aide de cette graine cuite soit seule, soit avec de la mauve ou de la lentille. On se sert de l'arroche sauvage pour teindre les cheveux, et pour tout ce qui est énuméré ci-dessus.






LXXXIV. De la mauve malope, XIII. De la mauve malache, I. De la mauve althaea ou plistolochia, LVIII.

(XXI.) [1] Au contraire les deux mauves (malva sativa. L), cultivée et sauvage, sont l'objet de grandes louange. On en distingue deux espèce par les dimensions de la feuille. La mauve à grandes feuilles, parmi les mauves cultivées, est nommée par les Grecs malope ; l'autre, nommée malache, doit, pense-t-on, cette dénomination à ce qu'elle relâche le ventre. Parmi les mauves sauvages, celle qui a la feuille grande et la racine blanche se nomme althaea, à cause de ses excellents effets; quelques-uns l'appellent plistolycla.

[2] Tout terrain où on les sème devient plus gras. Cette plante a des propriétés efficaces contre les piqûres de tous les aiguillons, surtout de ceux des scorpions, des guêpes et insectes semblables, et contre la morsure de la musaraigne. Bien plus, ceux qui se sont frottés préalablement avec l'une quelconque des mauves pilées et dans de l'huile, ou qui en ont sur eux, ne sont pas piqués. La feuille mise sur les scorpions, les frappe d'engourdissement.

[3] Les mauves ont de la vertu contre les poisons; appliquées crues avec du nitre, elles font sortir tous les aiguillons; bouillies avec leur racine et prises en boisson, elles neutralisent le venin du lièvre marin, et, selon quelques-uns, pourvu que l'on vomisse. On raconte encore d'autres merveilles sur les mauves; mais la plus grande, c'est que celui qui boira journellement un demi-cyathe du suc d'une quelconque des mauves, sera exempt de toutes les maladies. Pourries dans l'urine, elles guérissent les ulcères humides de la tête; avec du miel, les lichens et les altérations de la bouche. La racine bouillie guérit les furfurs de la tête et la mobilité des dents. Avec la racine de la mauve unicaule on pique les environs de la dent douloureuse, jusqu'à ce que la douleur cesse. Avec l'addition de salive humaine, elle guérit, sans faire de plaie, les strumes, les parotides et les panus.

[4] Sa graine, prise dans du vin rouge, délivre de la pituite et des nausées. La racine, attachée avec de la laine noire, préserve des affections les mamelles. Bouillie dans du lait et prise en potage, elle guérit la toux en cinq jours. Sextius Niger dit que les mauves ne sont pas bonnes pour l'estomac; Olympias, Thébaine, qu'avec la graisse d'oie elles causent l'avortement : quelques-uns pensent qu'une pleine poignée de feuilles prise dans de l'huile et du vin aide le flux menstruel. En tout cas, il est sûr que les feuilles mises sous les femmes en couche rendent la délivrance plus prompte, et qu'il faut les retirer aussitôt après l'accouchement, de peur que la matrice ne vienne aussi; on en donne encore à boire aux femmes en couche, à jeun, une hémine de la décoction dans du vin. Bien plus, on en attache la graine au bras de ceux qui ont des pertes séminales: et les mauves naissent tellement pour Vénus, que la graine de l'espèce unicaule appliquée sur les parties génitales augmente infiniment, d'après Xénocrate, les désirs des femmes, et que trois racines attachées dans le voisinage des parties produisent le même effet. Le même auteur dit que les injections en sont très bonnes pour le ténesme et la dysenterie; et que la mauves guérissent les affections du siège, même en fomentation.

[5] Le suc tiède se donne aux mélancoliques à la dose de trois cyathes, et aux fous à la dose de quatre. Une hémine de la décoction se donne aux épileptiques. On fait des fomentations avec le suc tiède aux épileptiques, aux calculeux, à ceux qui sont affectés de gonflements, de tranchées ou d'opisthotonos. Les feuilles bouillies dans l'huile sont appliquées sur l'érysipèle et sur les brûlures. On emploie les feuilles crues, avec du pain, en application pour arrêter l'inflammation des plaies. La décoction est bonne pour les nerfs, pour la vessie et pour les érosions intestinales. En aliment et en injection avec de l'huile, la mauve relâche la matrice; la décoction rend plus aisé le passage de l'urine.

[6] Dans tout ce qui vient d'être énuméré, la racine d'althaea (guimauve, altheae officinalis, L) est plus efficace, surtout pour les convulsions et les ruptures. Cuite dans l'eau, elle arrête le flux de ventre. Dans du vin blanc, elle dissipe les tumeurs strumeuses, les parotides et les inflammations des mamelles. Les feuilles, bouillies dans du vin et appliquées, enlèvent les panus: sèches et bouillies dans du lait, elles guérissent très promptement la toux la plus pernicieuse. Hippocrate faisait boire la décoction de la racine aux blessés, et à ceux qui étaient altérés par perte de sang. Il appliquait la mauve même sur les plaies avec le miel et la résine. Il l'appliquait sur les contusions, les luxations, les tumeurs, les muscles, les nerfs et les articulations. Il la faisait prendre dans du vin aux asthmatiques et aux dysentériques. Chose singulière ! l'eau à laquelle on a ajouté cette racine s'épaissit en plein air et devient laiteuse; cette racine est d'autant plus efficace qu'elle est plus récente.

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Message par Stephandra le Mer 27 Avr 2011, 14:12

LXXXV. Du lapathum sauvage ou oxalis, ou lapathum cantherinum, ou rumex, I. De l'hydrolapathum, I. De l'hippopalathum, VI. De l'oxylapathum, IV.

[1] Le lapathum n'a pas des effets dissemblables. Il y a un lapathum sauvage que quelques-uns appellent oxalis, très voisin du lapathum cultivé, et ayant les feuilles aiguës, la couleur de la bette blanche et la racine très petite: les Latins l'appellent rumex (XIX, 60); d'autres, lapathum cantherinum. Avec l'axonge il est très efficace contre les écrouelles. Il est encore un lapathum appelé oxylapathum (rumex crispus, L.), formant à peine une espèce à part, encore plus semblable que le précédent au lapathum cultivé (rumex patientia, L.), ayant les feuilles plus aiguës et plus rouges, et ne venant que dans les lieux marécageux.

[2] Des auteurs parlent de l'hydropalathum (rumex maritimus, L), qui naît dans l'eau. On distingue encore une autre espèce, l'hippolapathum (rumex aquaticus, L.), plus grand, plus blanc et à feuilles plus serrées que le lapathum cultivé. Les lapathums sauvages guérissent le blessures faites par les scorpions, et empêchent ceux qui en portent d'être piqués. La décoction de la racine dans du vinaigre, en gargarisme, est un remède pour le dents; et, si on la boit, pour l'ictère. La graine guérit les maladies d'estomac les plus opiniâtres. La racine de l'hippolapathum en particulier fait tomber les ongles malades. La graine, à la dose de deux drachmes, prise dans du vin, guérit la dysenterie. La graine de l'oxylapethum lavée dans l'eau de pluie est bonne, avec addition de gros comme une lentille de gomme d'acacia, pour ceux qui rejettent du sang. On fait d'excellentes pastille avec les feuilles et la racine, en y ajoutant du nitre et un peu d'encens; on les délaye dans du vinaigre pour s'en servir.






LXXXVI. Du lapathum cultivé, XXI. Du bulapathum, I

[1] Le lapathum cultivé est bon en application sur le front pour l'épiphora des yeux; la racine guérit les lichens et les lèpres; bouillie dans du vin, elle guérit les tumeurs strameuses, les parotides et les calculs; en boisson dans du vin et en application, les maladies de la rate, l'affection céliaque, la dysenterie et le ténesme. Le suc de Iapathum a toutes ces mêmes propriétés, et plus actives; il cause des rapports, il est diurétique, il dissipe l'obscurcissement de la vue; si on le met dans la baignoire, ou si, avant de se baigner, on s'en frotte sans l'huile, il fait disparaître les démangeaisons; la racine mâchée raffermit les dents; bouillie avec du vin, elle resserre le ventre; les feuilles le relâchent pour ne rien omettre, nous dirons que Solon a ajouté aux lapathums le bulapathum (rumex scutatus), qui ne diffère que par la longueur de la racine, laquelle, prise dans du vin, est bonne contre la dysenterie.





LXXXVII. De la moutarde; trois espèces; quarante-quatre remèdes.

(XXII.) [1] La moutarde, dont nous avons fait trois espèces en parlant des plantes potagères (XIX, 54), est placée par Pythagore au premier rang parmi celles dont la force se porte en haut, parce qu'il n'en est aucune qui pénètre davantage dans les narines et le cerveau. Pilée avec le vinaigre, on l'applique pour les blessures faites par les serpents et les scorpions. Elle neutralise le principe vénéneux des champignons. Contre la pituite on la tient dans la bouche jusqu'à ce qu'elle se fonde, ou on s'en gargarise arec de l'eau miellée. On la mâche pour les douleurs de dents. Pour le gonflement de la luette, on en fait un gargarisme avec le vinaigre et le miel. Elle est très bonne contre toutes les affections de l'estomac et des poumons; prise en aliment, elle rend l'expectoration facile.

[2] On la donne dans l'asthme; on la donne tiède avec le jus de concombre, dans l'épilepsie. Elle purge les sens, elle purge la tête par les éternuements, elle relâche le ventre, elle provoque les menstrues et l'urine; pilée avec des figues et du cumin (un tiers de chaque ingrédient), on l'applique en cas d'hydropisie. Mêlée avec le vinaigre, elle réveille par son odeur les personnes qui ont perdu connaissance par l'épilepsie ou par la suffocation hystérique, ainsi que les léthargiques : on y ajoute le tordylion (c'est la graine du séseli ). Si un sommeil plus profond accable les léthargiques, on l'applique avec des figues, dans du vinaigre, sur les jambes ou même sur la tête.

[3] Appliquée, elle guérit par sa vertu mordante, en produisant des vésicules, les vieilles douleurs de la poitrine, des lombes, des hanches, des épaules, et en général tout ce qu'il faut faire sortir des profondeurs du corps, en quelque endroit que ce soit. On la met sans figues là où la peau est très dure, tandis qu'on place un linge plié en double, si l'on craint une rubéfaction trop considérable. On s'en sert avec la rubrique contre l'alopécie, les psores, les lèpres, le phthiriasis et l'opisthotonos. On en frotte les paupières granuleuses ou les yeux obscurcis, avec du miel. Le suc se recueille de trois façons dans un vase de terre, où on le laisse s'échauffer modèrement au soleil. Il sort aussi de la petite tige un suc laiteux, qui lorsqu'il s'est durci guérit les douleurs de dents.

[4] La graine et la racine qu'on a laissées tremper dans du moût sont pilées, et on en prend autant qu'il en peut tenir dans le creux de la main, pour fortifier la gorge, l'estomac, les yeux, la tête et tous les sens. C'est aussi un excellent remède pour les lassitudes des femmes. Prise dans du vinaigre, la moutarde dissout les calculs. On l'applique sur les lividités et sur les meurtrissures avec du miel et de la graisse d'oie, ou de la rire de Chypre, Avec cette graine qu'on exprime, après l'avoir fait tremper dans l'huile, on prépare une huile, dont on se sert pour les rigidités des nerfs, et pour les froids des lombes et des hanches.





LXXXVIII. De l'adarca, XLVIII.

[1] L'adarca passe pour être de la même nature et produire les mêmes effets que la moutarde; nous en avons dit un mot à propos des arbres forestiers (XVI, 66, 3) : il naît sur l'écorce des roseaux, au-dessous de la tête.





LXXXIX. Du marrube, ou prasium, ou linostrophe, ou philopaes, ou philocharés, XXVIII.

[1] Le marrube (marrubium vulgare, L.) est vanté par la plupart comme une plante de premier rang. Parmi les Grecs, les uns le nomment prasion, les autres linostrophon, quelques-uns philopaes ou philocharès; il est trop connu pour qu'il soit nécessaire de le décrire. La feuille et la graine pilées sont bonnes contre les morsures des serpents, les douleurs de poitrine et de côté, et la toux invétérée. Les rameaux bouillis dans l'eau avec du panic, afin que l'âcreté en soit adoucie, sont extrêmement utiles à ceux qui rejettent du sang. On applique le marrube avec de la graisse sur les tumeurs strumeuses.

[2] Certains prescrivent de prendre à jeun, pour la toux, une pincée de graine fraîche de marrube bouillie, avec une pincée de froment et addition d'un peu d'huile et de sel. D'autres regardent comme incomparable pour le même objet le suc du marrube et de fenouil, obtenu par expression, à la dose de trois setiers; on fait bouillir jusqu'à réduction à deux setiers; alors on ajoute un tiers de miel; on fait bouillir derechef jusqu'à réduction à deux setiers : on doit prendre par jour cette préparation à la dose d'une cuillerée dans un cyathe d'eau (0 litr., 045). Pilé avec du miel, le marrube est excellent pour les affection des parties viriles. Dans du vinaigre, il nettoie le lichen; il est salutaire pour les ruptures, les convulsions, les contractions de nerfs. En boisson, avec du sel et du vinaigre, il relâche le ventre; de la même façon il active les menstrues et la sortie de l'arrière-faix. Séché et en poudre, avec du miel, il est très efficace pour la toux sèche; de même pour la gangrène et les ptérygions. Le suc avec du miel est bon pour les oreilles, les narines, pour l'ictère, et pour diminuer la quantité de la bile; il est des plus puissante contre les venins.

[3] La plante même, avec l'iris et le miel, purge l'estomac et facilite l'expectoration; elle est diurétique; toutefois, il faut s'en garder quand la vessie est ulcérée et le rein malade. On dit que le suc éclaircit la vue. Castor distingue deux espèces de marrube : le noir (ballota nigra, L.) et le blanc, qui est meilleur; il en met le suc dans une coquille d'œuf; il y mêle l'œuf même avec quantité égale de miel, et fait chauffer : il assure que cette préparation ouvre les vomiques, les mondifie et les guérit. Le marrube pilé avec de la vieille graisse guérit, en topique, les morsures faites par les chiens.





XC. Du serpyllum, XVIII.

[1] Le serpolet (thymus serpyllum, L.) est ainsi appelé, dit-on, parce que c'est une plante rampante (serper); c'est ce qu'on voit dans le serpolet sauvage (thymus glabratus Lk.), surtout en lieux pierreux. Le serpolet cultivé ne rampe pas, mais il s'élève à la hauteur d'un palme. Le serpolet spontané est mieux nourri; il a les feuilles et les branches plus blanches; il est efficace contre les serpents, surtout le cenchris, contre les scolopendres terrestres et marines, les scorpions (branches et feuilles bouillies dans du vin). Brûlé, il met en fuite, par l'odeur, tous les animaux venimeux. Il a surtout de la vertu contre le venin des animaux marins. Bouilli dans le vinaigre, on l'applique dans les douleurs de tête, avec de l'huile rosat, sur les tempes et le front; de même, dans la phrénitis et la léthargie; on le donne, à la dose de quatre drachmes, contre les tranchées, la dysurie, l'angine, le vomissement. On le prend avec de l'eau pour tous les besoins du foie. On donne les feuilles à la dose de quatre oboles, dans du vinaigre, pour les affections de la rate. On le broie dans deux cyathes de vinaigre et de miel pour les crachements de sang.





XCI. Du sisymbrium ou thymbraeum, XXIII.

[1] Le sisymbrium sauvage (menta hirsuta, DC.), appelé par quelques-uns thymbrée, n'a pas plus d'un pied de haut. Celui qui vient dans les lieux humides (sisymbrion nasturtium, L.) est semblable au cresson. Ces deux espèces sont efficaces contre les animaux à aiguillon, tels que les frelons et les insectes semblables. Celui qui tient dans les lieux secs est odorant, et entre dans la composition des couronnes; la feuille est plus étroite. Tous deux guérissent le mal de tête, et, d'après Philinus, l'épiphora des yeux. D'autres ajoutent du pain; d'autres le font bouillir seul dans du vin. Il guérit les épinyctides; il guérit les taches de la peau de la figure, chez les femmes, en quatre jours; on l'applique pendant la nuit, et on l'ôte pendant la journée. II arrête les vomissements, les hoquets, les tranchées, les dissolutions de l'estomac, soit qu'on le prenne en aliment, soit qu'on en boive le suc. Les femmes grosses ne doivent pas en manger, à moins que le fœtus ne soit mort; car l'application seule de cette plante suffit pour provoquer l'avortement. Pris avec du vin, il est diurétique; le sisymbrium sauvage expulse même les calculs. En application sur la tête avec du vinaigre, il empêche de dormir ceux qui ont besoin de veiller.

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Re: Livre XX, traitant des remèdes des plantes du jardin.

Message par Stephandra le Mer 27 Avr 2011, 14:12

XCII. De la graine de lin, XXX.

[1] La graine de lin s'emploie avec d'autres substances; seule, elle fait disparaître les taches de la peau à la face chez les femmes; le suc éclaircit la vue. Avec l'encens et l'eau, ou avec la myrrhe et le vin, elle guérit l'épiphora; avec le miel, la graisse ou la cire, les parotides; préparée en guise de polenta, les dissolutions d'estomac; bouillie dans l'eau et l'huile, et appliquée avec l'anis, l'angine. On la fait rôtir, pour arrêter le flux de ventre; dans du vinaigre, on l'applique pour l'affection céliaque et la dysenterie. On la mange avec du raisin sec pour les douleurs de foie; on en fait, pour la phtisie, d'excellents électuaires. La farine de graine de lin, avec addition de nitre, ou de sel, ou de cendre, adoucit les duretés des muscles, des nerfs, des articulations, du cou, et les membranes du cerveau.

[2] Avec la figue, elle amène à maturité; avec la racine du concombre sauvage, elle fait sortir tous les corps étrangers, ainsi que les coquilles des os. Bouillie dans du vin, la farine de graine de lin empêche les ulcères de serpenter ; avec du miel, elle guérit les éruptions pituiteuses; avec une dose égale de cresson, les ongles malades; avec la résine et la myrrhe, les affections des testicules et les hernies; dans l'eau, la gangrène; les douleurs d'estomac, avec le fenugrec, à la dose, l'une et l'autre, d'un setier qu'on fait bouillir dans de l'eau miellée; en lavement dans de l'huile ou du miel , les affections dangereuses des intestins et de la poitrine.





XCIII. De la blette, VI.

[1] Le blette (amarantus blitum, L) paraît inerte, sans saveur et sans âcreté: aussi, dans Ménandre, les maris, pour se moquer de leurs femmes, les appellent blettes. Elle ne vaut rien pour l'estomac; elle trouble tellement le ventre, quelle produit chez quelques-uns le choléra. On dit cependant que, prise dans du vin, elle est bonne contre les piqûres des scorpions; qu'on l'applique sur les cors aux pieds; que dans l'huile on l'applique sur la rate et sur les tempes douloureuses. Hippocrate pense que prise en aliment la blette arrête les menstrues.





XCIV. Du meum; du meum athamantique, VII.

(XXIII.) [1] Le meum (meum athamanticum, Jacq.) n'est cultivé en Italie que par les médecins, et encore par un petit nombre. l y en a deux espèces; on nomme la meilleure athamantique, soit parce qu'elle aurait été découverte par Athamas, soit parce que la plus estimée se trouve sur le mont Athamas (IV, 8). La feuille est semblable à celle de l'aneth; la tige atteint quelquefois deux coudées; les racines sont nombreuses et noirâtres, quelques-unes très longues. L'autre espèce est moins rousse que l'athamantique. La racine pilée ou bouillie, prise dans de l'eau, est diurétique. Le meum dissipe merveilleusement les gonflements de l'estomac, ainsi que les tranchées et les affections de la vessie; appliquée avec du miel sur la vulve, avec de l'ache sur le bas-ventre des enfants, il est diurétique.






XCV. Du fenouil, XXII.

[1] Le fenouil (anethum feniculum, L. ) a été rendu célèbre par les serpents, qui, comme nous l'avons dit (VIII, 41), en mangent en quittant leur vieille peau, et s'éclaircissent la vue avec le suc de cette plante; ce qui fit comprendre que chez les hommes aussi ce suc était un remède excellent pour l'obscurcissement de la vue. On le recueille quand la tige commence à pousser des bourgeons. On le fait sécher au soleil, et on en fait des onctions avec le miel. Le fenouil se trouve partout. Le suc le plus estimé se prépare en Espagne avec les larmes de la tige et avec la graine récente; il se tire aussi des racines incisées dès le premier bourgeonnement de la plante.





XCVI. De l'hippomarathron ou myrsineum, V.

[1] Il y a aussi un fenouil sauvage, que les uns nomment hippomarathron (cachrys libanatis, L.), les autres myrsineum; il a les feuilles plus grandes, le goût plus âcre; il est plus haut, a la grosseur du bras et la racine blanche. Il naît dans les endroits chauds, mais pierreux. Dioclès parle d'une autre espèce d'hippomarathron (seseli hippomarathrum, L.), à feuille longue et étroite, à graine de coriandre. Quant aux remèdes fournis par le fenouil cultivé, la graine prise dans du vin est bonne pour les blessures faites par les scorpions et les serpents. Le suc s'instille dans les oreilles, et y tue les petits vers. Le fenouil entre dans presque tous les assaisonnements, et surtout dans les sauces au vinaigre. On en garnit la croûte inférieure du pain. La graine prise même dans les fièvres resserre l'estomac relâché; pilée dans l'eau, elle calme les nausées; elle est très estimée pour les affections du poumon et du foie.

[2] Prise en quantité médiocre, elle resserre le ventre, et elle est diurétique; en décoction, elle fait cesser les tranchées; en boisson, elle fait revenir le lait qui s'est perdu. La racine prise arec la ptisane (orge mondé), ou la décoction, ou la graine, purifie les reins. La racine cuite dans du vin est bonne pour l'hydropisie et les convulsions. Les feuilles dans du vinaigre s'appliquent sur les tumeurs brûlantes; elles chassent les calculs de la vessie ; elles sont aphrodisiaques. Pris en boisson de quelque manière que ce soit, le fenouil augmente la quantité du sperme. Il est très bon pour les parties génitales, soit qu'on emploie en fomentation la racine cuite avec du vin, soit qu'on l'applique pilée dans l'huile. Beaucoup l'appliquent avec la cire sur les tumeurs et les meurtrissures. On emploie la racine, dans le suc de la plante ou avec du miel, contre la morsure des chiens; dans du vin, contre la piqûre du millepieds. L'hippomarathron a plus d'efficacité pour toutes choses: il expulse surtout les calculs;

[3] pris avec un vin faible, il est bon pour la vessie et pour la suppression du flux menstruel. Dans cette plante la graine est plus efficace que la racine. La dose de le graine et de la racine, c'est une pincée que l'on pile et que l'on ajoute à sa boisson habituelle. Petrichus, qui a écrit sur les serpents, et Micton, qui a fait un traité de botanique, n'ont jugé rien de plus efficace que l'hippomarathron contre les serpents Nicandre, de son côté (Theriac., p. 43)n'a pas mis cette plante au dernier rang.





XCVII. Du chanvre, VIII.

[1] Le chanvre est originaire des forêts (althaea cannabina, L.) où il a la feuille plus noire et plus rude; la semence passe pour rendre l'homme impuissant. Le suc de cette semence fait sortir de l'oreille les petits vers et tous les insectes qui y sont entrés , mais il cause du mal de tête. La force du chanvre est si grande, qu'en infusion dans l'eau il la coagule, dit-on; aussi le chanvre pris dans de l'eau arrête-t-il le flux de ventre chez les bêtes de somme. La racine cuite dans l'eau relâche les articulations contractées, et s'emploie pour la goutte et les affections semblables. On l'applique crue sur les brûlures; mais, pour ne pas la laisser sécher, ou la renouvelle souvent.






XCVIII. De la férule, VIII.

[1] La férule (ferula communis, L ) a une graine semblable à celle de l'aneth. On regarde comme femelle celle qui n'ayant qu'une tige est bifurquée au sommet. On mange la tige bouillie (XIX, 56), et dans du moût et du miel on la recommande comme bonne pour l'estomac; prise en trop grande quantité, elle cause du mal de tête. La racine, a la dose d'un denier (3 gr., 85) dans deux cyathes de vin, se prend contre les serpents. On emploie la racine elle-même en application : c'est de cette façon qu'elle guérit les tranchées. Avec de l'huile et du vinaigre elle est bonne contre les sueurs excessives, même dans les fièvres.

[2] Le suc de la férule, pris gros comme une fève, évacue par le bas. La moelle de la plante verte est bonne pour les affections de la matrice et pour tous les cas précités. Pour arrêter les hémorragies, on prend, pilés dans du vin, dix grains de la semence, ou la moelle. II en est qui pensent qu'il faut donner cette plante dans l'épilepsie, à la dose d'une cuillerée, le quatrième jour de la lune, le sixième, le septième. Les férules sont très contraires aux murènes, que le seul contact de cette plante suffit pour tuer. Castor pensait que le suc de la racine contribuait beaucoup a éclaircir la vue.







XCIX. Du chardon ou scolymos, VI.


[1] Nous avons, parmi les plantes de jardin, parlé de la culture des chardons (XIX, 43); ainsi, exposons sans préambule les remèdes qu'ils fournissent. Il y a deux espèces de chardons sauvages: l'un (cinara carduncellus, DC.) jette plusieurs tiges immédiatement au sortir de terre; l'autre (artichaut, einara scolymus. L) est unicaule, mais plus gros; l'un et l'autre ont des feuilles en petit nombre, épineuses, et la tête garnie de piquants. Le chardon unicaule produit au milieu des piquants une fleur pourpre qui blanchit rapidement et qui tombe au premier vent; les Grecs le nomment scolymos. Pilé et exprimé avant la floraison, il donne un suc dont l'application fait repousser les cheveux. On dit que la racine d'un chardon quelconque, bouillie dans l'eau, donne de la soif aux buveurs. Elle fortifie l'estomac; et, si nous ajoutons foi a ce qu'on dit, elle n'est pas sans influence pour disposer les femmes à engendrer des garçons : c'est du moins ce qu'ont écrit Charéas l'Athénien et Glaucias, qui paraît l'auteur le plus exact au sujet des chardons. Le suc du chardon rend l'haleine agréable.







C. Composition de la thériaque.

(XXIV.) [1] Avant de quitter les plantes des jardins, nous donnerons une composition très célèbre qu'elles fournissent contre les animaux venimeux; elle est gravée en vers sur une pierre, à Cos, dans le temple d'Esculape: Serpolet, deux deniers; opoponax et meum, deux deniers de chaque; trèfle, un denier; graine d'anis, de fenouil, d'ammi, d'ache, six deniers de chaque; farine d'ers, douze deniers ; pilez, tamisez, et avec le vin le meilleur possible faites des pastilles du poids d'un victoriat (1 gr., 92 ); on en fait prendre une seule délayée dans trois cyathes de vin (1 litr., 35). Le roi Antiochos le Grand s'est, dit-on, servi de cette thériaque contre tons les animaux venimeux, excepté l'aspic.


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Re: Livre XX, traitant des remèdes des plantes du jardin.

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