Livre IV, traitant des situations des nations...

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Livre IV, traitant des situations des nations...

Message par Stephandra le Ven 29 Avr 2011, 15:32

LIVRE IV

CONTENANT LES SITUATIONS, LES NATIONS, LES MERS, LES VILLES, LES PORTS, LES MONTAGNES, LES FLEUVES, LES MESURES, LES PEUPLES, QUI SONT ET QUI ONT ÉTÉ.


I. L'Épire

[1] Le troisième golfe de l'Europe commence aux montagnes Acrocérauniennes, et finit à l'Hellespont; il a, non compris 19 golfes plus petits, un développement de 2.500.000 pas. II renferme l'Épire, l'Acarnanie, l'Étolie, la Phocide, la Locride, l'Achaïe, la Messénie, la Laconie (01), l'Argolide, la Mégaride, l'Attique, la Béotie; de plus, sur l'autre mer, la Phocide et la Locride, déjà nommées, la Doride, la Phthiotide, la Thessalie, la Magnésie, la Macédoine, la Thrace. Toutes les fables de la Grèce, tout l'éclat de la littérature ont jeté les premières lueurs sur les bords de ce golfe. C'est pourquoi nous nous y arrêterons un peu.

[2] L'Épire, dans une désignation générale, commence aux monts Acrocérauniens. Elle renferme d'abord les Chaoniens, d'où vient le nom de Chaonie, les Thesprotes, les Antigoniens, le lieu Aornos, avec ses exhalaisons fatales aux oiseaux; les Cestrins, les Perrhèbes, chez lesquels est le Pinde; les Cassiopéens, les Dryopes, les Selles, les Hellopes, les Molosses, où est le temple de Jupiter Dodonéen, célèbre par son oracle; le mont Tomare, avec les cent sources qui jaillissent à son pied, mont vanté par Théopompe.

[3] L'Épire, proprement dite, en s'avançant vers la Magnésie et la Macédoine, a, par derrière, les Dassarètes, nommés plus haut (III, 26, 4), nation libre, et les Dardanes, nation sauvage; sur le flanc gauche des Dardanes s'étendent les Triballes et les nations Moesiennes (III, 29); en face, les Mèdes et les Denselates, limitrophes, à leur tour, des Thraces, qui vont jusqu'au Pont-Euxin. Tel est l'entourage qui, comme un rempart, défend les hauteurs du Rhodope d'abord, puis de l'Hémus.

[4] Sur la côte d'Épire, le château de Chimera dans les monts Acrocérauniens; au pied, la source de l'Eau Royale; villes, Maeandria, Cestia; le Thyamis, fleuve de Ia Thesprotie; Buthrote, colonie: le golfe d'Ambracie, si célèbre, vaste nappe d'eau qui a 39.000 pas en longueur et 15.000 pas en largeur, communiquant avec la mer par un goulet de 500 pas. Il reçoit le fleuve Achéron, qui, depuis le Iac Achérosia de Thesprotie, d'où il sort, a un trajet de 36.000 pas, et un pont de mille pieds, admirable pour des gens pleins d'admiration pour tout ce qui est à eux; dans le golfe, la ville d'Ambracie; l'Aphas et l'Arachthus, fleuves des Molosses; la ville d'Anactoria, et le lieu appelé Pandosie.





II. L'Acarnanie.

[1] Villes de l'Acarnanie, appelée jadis Curetis; Héraclia, Echinus, et, sur l'entrée même du golfe, la colonie d'Auguste, Actium, avec un temple célèbre d'Apollon, et la cité libre de Nicopolis. Quand on sort du golfe d'Ambracie pour aller dans la mer Ionienne, on trouve la côte de Leucade, le promontoire de même nom; puis le golfe et la péninsule de Leucade (II, 92), appelée jadis Néritis : les habitants la coupèrent du continent, mais le souffle des vents rétablit la communication en accumulant les sables; ce canal comblé s'appelle Dioryctos, et à une longueur de trois stades (mètres 552).

[2] Elle renferme la ville de Leucade, jadis appelée Néritum. Puis les villes Acarnaniennes, Alyzea, Stratos, Argos, surnommé Amphilochique; le fleuve Aehéloüs descendant du Pinde, séparant l'Acarnanie de l'Étolie, et joignant par des alluvions successives l'île Artémita au continent.




III. L'Étolie.

(II.) [1] Peuples de l'Étolie, Athamans, Tymphéens, Ephyres, Aeniens, Perrbèbes, Dolopes, Maraces, Atraces, du pays desquels sort le fleure Atrax pour se jeter dans la mer Ionienne. Calydon, ville d'Étolie, est à 7.500 pas de la mer, près du fleuve Evenus;

[2] puis Macynia, Molycria, et, derrière, les monts Chalcis et Taphiassus; sur la côte, le promontoire Antirrhium, où est l'entrée, large de moins de 1.000 pas, du golfe de Corinthe, qui sépare l'Étolie du Péloponnèse; le promontoire qui s'avance vis-à-vis s'appelle Rhion; sur le golfe même de Corinthe, villes d'Étolie, Naupacte, Pylène; et dans l'intérieur des terres, Pleuron, Halicyrna; montagnes célébres, à Dodone, le Tomare; dans l'Ambracie, la Crania; dans l'Acarnanie, l'Aracynthus; dans l'Étolie, l'Acanthon, le Panaetolium, le Macynium.




IV. La Locride et la Phocide.

(III) [1] Les voisins de l'Étolie sont les Locriens, surnommés Ozoles, jouissant de l'exemption ; la ville d'Oeanthe, le port d'Apollon Phaestien, le golfe de Crissa; dans l'intérieur, les villes d'Argyna, d'Eupalia, de Phaestum, de Calamissus; au delà, les champs Cirrhéens de la Phocide, la ville de Cirrha, le port de Chaiaeon; plus avant dans les terres, à 7.000 pas, la ville libre de Delphes, au pied du Parnasse, renommée dans tout l'univers à cause de l'oracle d'Apollon;

[2] la fontaine de Castalie, le Céphisse qui coule au pied de Delphes et qui a sa source à Lilée, ville qui n'existe plus; puis la ville de Crissa, Anticyre avec les Buliens, Nauloque, Pyrrha, Amphissa, jouissant de l'exemption ; Tithrone, Tritée, Ambrysus, la contrée Dryméenne, appelée Daulis. Le fond le plus reculé du golfe baigne un coin de la Béotie, où sont les villes de Siphae et de Thèbes, surnommée Corsique, auprès de l'Hélicon. La troisième ville appartenant à la Béotie, à partir de cette mer, est Pagae; de là s'avance comme un col l'isthme du Péloponnèse.




V. Le Péloponnèse.

(IV.) [1] Le Péloponnèse, appelé auparavant Apie et Pélasgie, est une péninsule, et ne le cède en illustration à aucun pays : placé entre la mer Égée et la mer Ionienne, il a la forme d'une feuille de platane, à cause des anfractuosités anguleuses de ses côtes; le pourtour s'en élève à 563.000 pas, d'après Isidore, et au double environ si on compte les détours de toutes les baies. Le passage étroit qui l'unit au continent s'appelle l'Isthme. En ce lieu, les deux mers Égée et Ionienne, faisant irruption de côtés opposés, dévorent, au nord et au levant, toute sa largeur; et l'action contraire de deux masses d'eau aussi énormes, usant à droite et à gauche les flancs du Péloponnèse, le réduit à un espace de 5.000 pas, col étroit par où il tient à l'Hellade (le reste de la Grèce).

[2] Les deux golfes sont appelés, l'un golfe de Corinthe, l'autre golfe Saronique; sur l'un est Léchée, sur l'autre Cenchrée, limites de cet isthme, qui force à une longue et dangereuse circumnavigation les navires d'un trop fort tonnage pour pouvoir le traverser sur des chariots. Aussi le dessein de le couper par un canal navigable a-t-il été conçu par le roi Demetrius (Poliorcète), le dictateur César, les empereurs Caligula et Néron; dessein malheureux, ainsi que l'a montré le sort de tous ceux qui ont tenté cette entreprise.

[3] Dans le milieu de l'intervalle que nous avons nommé l'Isthme est Corinthe, colonie, appuyée contre une colline et appelée jadis Éphyre. Éloignée de l'une et l'autre rive de 60 stades (kil. 11,04), elle contemple deux mers du haut de sa citadelle, nommée Acrocorinthe, où est la fontaine de Pirène. De Leucade à Patras, sur le golfe de Corinthe, le trajet est de 87.000 pas. Patras, colonie, est située sur le plus long promontoire du Péloponnèse, en face de l'Étolie et du fleuve Événus, à mois de 1.000 pas, comme nous l'avons dit, et à l'entrée même du golfe de Corinthe, qui, depuis Patras jusqu'à l'Isthme, a 85.000 pas de long.




VI. L'Achaïe.

(V.) [1] La province nommée Achaïe commence à l'Isthme; auparavant elle s'appelait Aegialos (02), à cause de ses villes rangées en ordre sur la côte. On trouve d'abord Léchée, dont nous avons parlé, port des Corinthiens; puis Oluros, château des Pellénéens; les villes d'Hélice, de Bura (II, 94), et (03) celles où se réfugièrent les habitants après l'engloutissement de ces deux villes, Sicyone, Aegyra, Aegion, Érinéos; dans l'intérieur, Cléones, Hysiae; Panhormus, port de mer; le promontoire de Rhium, déjà nommé, dont Patras, nommé aussi plus haut, est éloigné de 5.000 pas; la localité de Phères, dans l'Achaïe, neuf montagnes, dont Scioessa est la plus renommée; la fontaine Cymothoé; au delà de Patras, la ville d'Olenum, Dyme, colonie;

[2] les localités de Buprasium et d'Hyrmine, le promontoire Araxum, le golfe de Cyllène, le promontoire Chélonates, d'où on compte 5.000 pas jusqu'à Cyllène; le château de Phlionte (cette région, appelée par Homère Araethyrée, a ensuite reçu le nom d’Asopis).

[3] De là, le territoire des Éléens, appelés jadis Épéens; la ville d'Élis même, dans l'intérieur des terres; et à 12.000 pas de Pylos, dans les terres, le temple de Jupiter Olympien, dont les jeux célèbres constituent les fastes de la Grèce; l'emplacement de la ville de Pise, et le fleuve Alphée qui coule auprès; sur la côte, le promontoire Ichthys. L'Alphée est navigable dans l'espace de 6.000 pas, à partir des villes d'Aulon et de Léprion; le promontoire Platanodes : tout cela regarde le couchant.




VII. La Messénie.

[1] Du côté du midi, le golfe Cyparissien d'un circuit de 72.000 pas, avec la ville de Cyparisse; les villes de Pylos, de Méthone; la localité de Hélos, le promontoire Acritas, le golfe Asinéen, ainsi nommé de la ville d'Asine; le golfe Coronéen, de la ville de Coron; la limite de ces deux golfes est au promontoire Ténare : tout cela appartenant à la contrée des Messéniens, qui renferme dix-huit montagnes; le fleuve Pamisus; dans l'intérieur, Messène elle-même, Ithome, Oechalie, Arène, Ptéléon, Thryon, Doryon, Zancle, villes célèbres à des époques diverses : ce golfe (de Coron) a de tour 80.000 pas, et de traversée 30.000.




VIII. La Laconie.

[1] De là à partir du Ténare, la Laconie, pays libre; le golfe de Laconie, de 106.000 pas de circuit et de 39.000 de large; les villes de Ténare, d'Amyclae, de Phères, de Leuctres, et dans l'intérieur Sparte, Théramne, les emplacements de Cardamyle, de Pithane, d'Anthane, la localité de Thyréa, Gérania; le mont Taygète (04), le fleuve Eurotas, le golfe Aegilodes, la ville de Psammathus; le golfe Gytheates, nommé ainsi d'après la ville de Gytheum, d'où le passage en Crète (05) est le plus sûr. Tous ces golfes sont derrière le cap Malée.

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Message par Stephandra le Ven 29 Avr 2011, 15:32

IX. L' Argolide.

[1] Le golfe suivant, qui va jusqu'au promontoire Scyllaeum, est appelé Argolique; il a 50.000 pas de large et 162.000 de circuit; villes, Boea, Épidaure, surnommée Liméra; Zarax, le port Cyphanta; les fleuves Inachus, Erasinus, entre lesquels est la ville d'Argos, surnommée Hippium, au-dessus de la localité de Lerne, à 2.000 pas de la mer; 9.000 pas plus loin, Mycènes, le lieu où fut, dit-on, Tirynthe, et la localité de Mantinée;

[2] les montagnes Artémius, Apesantus, Astérion, Parparus, et onze autres; les sources Niobé, Amymone, Psamathe; du cap Scyllaeum à l'Isthme, 117.000 pas. Villes, Hermione, Trézène, Coryphasium, et Argos, appelé tantôt Inachien, tantôt Dipsien. Le port Schoenitas, le golfe Saronique, autrefois entouré d'un bois de chêne (car les Grecs appelaient jadis saronide le chêne); sur ce golfe, la ville d'Épidaure, célèbre par un temple d'Esculape; le cap Spirée, le port Anthédon, Bucéphale, et Cenchrée, que nous avons déjà nommée; l'autre côté de l'Isthme avec un temple de Neptune, célèbre par des jeux quinquennaux.

[3] Tels sont les golfes qui découpent les côtes du Péloponnèse, telles sont les mers qui y viennent mugir; la mer Ionienne fait irruption au nord, la mer de Sicile s'y brise au couchant, la mer de Crète les presse au midi, la mer d'Égée au levant d'hiver, et au levant solsticial la mer Myrtoenne, qui, commençant au golfe de Mégare, baigne toute l'Attique.




X. L'Arcadie.

(VI.) [1] L'intérieur du Péloponnèse est en grande partie occupé par l'Arcadie, éloignée de toute part de la mer, appelée d'abord Drymodes, puis Pélasgide. Villes arcadiennes, Psophis, Mantinée, Stymphalum, Tégée, Antigonée, Orchomène, Phénée, Palantium, d'où le Palatium de Rome; Mégalopolis, Gortyne, Bucolium, Carnion, Parrhasie, Thelpuse, Mélaenae, Hérée, Pylae (06), Pallène, Agrae, Epium, Cynaethe, Lépréon d'Arcadie, Parthénium, Aléa, Methydrium, Énispe, Macistum, Lampe, Clitorium, Cléones : entre ces deux villes se trouve la région Néméenne, appelée Bembinadia. Montagnes d'Arcadie: le Pholoé avec la ville de même nom, le Cyllène, le Lycée, où est le temple de Jupiter Lycéen; le Ménale, l'Artémisius, le Parthénius; le Lampeus, le Nonacris, et en outre huit montagnes, sans renom; le fleuve Ladon, sortant des marais de Phénée; l'Érymanthe, sortant de la montagne de même nom: tous deux se jetant dans l'Alphée.

[2] Autres cités qui méritent d'être nommées dans l'Achaïe: les Aliphiréens, les Abéates, les Pyrgiens, les Paroréates, les Paragénites, les Tortunes, Ies Typanéens, les Thriasiens, les Tritiens (07). Néron a donné la liberté à l'Achaïe tout entière. Le Péloponnèse, depuis le cap Malée jusque la ville d'Aegium, sur le golfe de Corinthe, à 190.000 pas de large; 125.000 en travers, depuis la ville d'Élis jusqu'à Épidaure; 68.000 depuis Olympie jusqu'à Argos, par l'Arcadie; d'Olympie a Phlionte, la distance a été indiquée plus haut (IV, 6). Toute cette contrée, comme si la nature voulait compenser les empiétements des mers, est soulevée par 76 montagnes.




XI. L'Attique.

(VII.) [1] A l'Isthme commence la Hellade, que nous appelons Grèce. On y trouve d'abord l'Attique, appelée jadis Acté; elle touche à l'Isthme par la partie appelée Mégaride, d'après Mégare, colonie, qui est située en face de Pages (IV, 4). Ces deux villes, Mégare et Pages, sont placées sur le prolongement du Péloponnèse, et pour ainsi dire sur les épaules de la Hellade, l'une d'un côté, l'autre de l'autre. Les Pagéens, et de plus les Aegostheniens, ont été attribués au ressort de Mégare. Sur la côte, le port Schoenus, les villes de Sidonte, de Cremmyon, les roches Scironiennes, d'une longueur de 6.000 pas, Géranéa, Mégare, Éleusis; Oenoa et Probalinthos, aujourd'hui détruites; à 55.000 pas de l'Isthme, le Pirée et Phalère, ports unis par un mur de 6.000 pas à Athènes, qui fuit la côte;

[2] cette ville est libre, et son nom suffit pour tout éloge, tant l'illustration en est grande; dans l'Attique, les sources Cephissia, Larine, Callirrhoé, Enneacrunos, les montagnes Brilessus, Aegialée, Icarius, Hymette, Lycabette; le lieu appelé Ilissus; à 45.000 pas du Pirée, le promontoire Sunium; le promontoire Thoricos (XXXVIII, 48); Potamos, Stéria, Brauron, jadis des villes; le bourg Rhamnus (XXXVI, 4), la localité de Marathon, le champ de Thrie; les villes de Melita et d'Orope, sur la frontière de Béotie.




XII. La Béotie.

[1] En Béotie : Anthédon, Onchestos, Thespie, ville libre: Lébadée, et Thèbes de Béotie, qui ne le cède pas à Athènes en illustration, patrie, selon l'opinion commune, de deux divinités, Bacchus et Hercule. On place aussi la naissance des Muses dans le bois de l'Hélicon. A Thèbes appartiennent encore le bois du Cithéron et le fleuve Ismène. On trouve, en outre, dans la Béotie les sources Oedipodie, Psamathé, Dircé, Épicrane, Aréthuse, Hippocrène, Aganippe, Gargaphie; montagnes, outre celles qui viennent d’être nommées, le Mycalessus, l'Hadylius, l'Acontius.

[2] Autres villes entre Mégare et Thèbes: Éleuthère, Haliarte, Platée, Phères, Asplédon, Hylé, Thisbé , Érythres, Glissas, Copes; Larymna et Aschon auprès du fleuve Céphise; Médéon, Phlygone, Acraephie, Coronée, Chéronée; sur la côte, au-dessous de Thèbes, Ocalée, Héléon, Scolos, Schoenos, Petéon, Hyrie, Mycalessus, Hilesion, Ptéléon, Olyros, Tanagre, cité libre; et, à l'entrée même de l'Euripe que forme l'île d'Eubée située en face (08), Aulis, célèbre par un port d'une grande capacité. Les Béotiens ont été appelés jadis Hyantes.

[3] Puis viennent les Locriens, surnommés Épicimidiens, jadis appelés Léléges; le Céphise traverse leur pays pour se rendre à la mer; villes : Oponte, d'où le nom de golfe Opontien, et Cynos. La Phocide n'a sur la côte que la seule Daphnonte. Dans l'intérieur des terres, chez les Locriens, Elatée, et, sur les bords du Céphise, comme nous l'avons dit (IV, 4) Lilée; du côté de Delphes Cnémis et Hyampolis; puis sur la côte de la Locride, Larymna, Thronium, ville auprès de laquelle le fleuve Boagrius se jette dans la mer; les villes de Narycion, d'Alope, de Scarphia; puis le golfe appelé Maliaque, du nom des habitants, où sont les villes d'Alcyone, d'Éconie, de Phalare.




XIII. La Doride.

[1] La Doride, qui vient ensuite, renferme les villes de Sperchios, d'Érinéon, de Boïon, de Pinde, de Cytinum. Derrière la Doride est le mont Oeta.




XIV. La Phthiotide.


[1] Suit un pays qui a souvent changé de nom, l'Aemonie, appelée Argos Pélasgique, Hellade, Thessalie, Dryopide, surnoms donnés toujours d'après les rois de ce pays. C'est là que sont nés le roi nommé Graecus, d'où le nom de Grèce, et Hellène, d'où les Hellènes. Homère a appelé ces peuples de trois noms, Myrmidons, Hellènes et Achéens (Il., II, 68).

[2] Puis viennent les Phthiotes, limitrophes de la Doride; leurs villes sont Échinus, à l'embouchure du fleuve Sperchius ; à 4.000 pas du défilé des Thermopyles, Héraclée, appelée, à cause de cela, Trachin (âpre) ; le mont Callidromus; les célébres : Hellas, Halos, Lamie, Phthia, Arné.




XV. La Thessalie.

(VIII.) [1] En Thessalie, Orchomène, appelée jadis Minyée; la ville d'Almon, appelée par d'autres Salmon; Atrax, Pelinna, la source Hyperia, les villes de Phères, derrière laquelle est la Piéride, s'étendant jusqu’à la Macédoine, de Larisse, de Gomphi, de Thèbes Thessalienne: le bois Ptéléon, le golfe Pagasique; la ville de Pagase, appelée plus tard Démétrias; Tricca, les champs de Pharsale, avec une cité libre; Cranon, Ilétie; montagnes de la Phthiotide: le Nymphée, remarquable par des dispositions naturelles qui imitent les décorations des jardins; le Buzygée, le Donacésa, le Bermius, le Daphissa, le Chimérion, l'Atharnas, le Stéphané;

[2] en Thessalie, il y en a 34, dont les plus célèbres sont les Cercètes, l'Olympe, le Pierus, l'Ossa, qui a en face de lui le Pinde et l'Othrys, demeures des Lapithes. Ces montagnes regardent le couchant; le Pélion regarde l'orient : toutes sont rangées de manière à former un amphithéâtre dans lequel sont assises 75 villes. Fleuves de la Thessalie : l'Apidanus, le Phaenix, l'Énipée, l'Onochonus, le Pamisus: la fontaine Messéis, le lac Boebéis. Le fleuve le plus célèbre de ce pays est le Pénée; il naît auprès de Gomphi, et coule entre l'Ossa et l'Olympe, dans une vallée couverte de bois pendant 500 stades (kil. 92): il est navigable dans la moitié de cette étendue.

[3] Dans ce trajet se trouve la vallée de Tempé, longue de 5.000 pas, large d'environ un jugère et demi (ares 37,5), bordée à droite et à gauche de montagnes à pentes douces, et qui s'élevait à perte de vue; là à travers un bois verdoyant (09), coule le Pénée aux cailloux verdâtres, aux rives tapissées de gazon, et égayé par les concerts des oiseaux. Il ouvre son lit à l'Orcos (Styx), sans le recevoir toutefois; car après avoir porté cet affluent, qui surnage, ainsi que dit Homère (Il. II, 755), comme de l'huile, il le rejette, refusant de mêler à ses eaux argentées des eaux consacrées aux supplices et aux furies.




XVI. La Magnésie

(IX.) [1] A la Thessalie est annexée la Magnésie, à laquelle appartient la source Libethra. Villes : Iolcos, Horménium, Pyrrha, Méthone, Olizon; le cap Sépias; les villes de Casthanée, de Spalathra, le cap Aeantium; les villes de Mélibée, de Rhizonte,d'Erymnes ; l'embouchure du Pénée; les villes d'Homolion, d'Orthé, de Thespies, de Phalanna, de Thaumacie, de Gyrton, de Cranon, d 'Acharné, de Dotion, de Mélitée, de Phylacé. Ensemble, l'Épire, l'Achaïe, l'Attique, la Thessalie, ont en long 480.000 pas; en large, 287.000.

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Re: Livre IV, traitant des situations des nations...

Message par Stephandra le Ven 29 Avr 2011, 15:33

XVII. La Macédoine.

(X.) [1] La Macédoine, qui vient ensuite, renferme 150 peuples. Elle a été célèbre par deux rois, et par l'empire du monde qu'elle a possédé; elle s'appelait jadis Émathie, s'avançant du côté du couchant vers les Epirotes, placée sur les derrières de la Magnésie et de la Thessalie; elle est infestée par les Dardanes; du côté du nord, la Péonie et la Pélagonie la protègent contre les Triballes. Villes : Égée, dans laquelle l'usage fut d'enterrer les rois; Bérée, et, dans la contrée appelée Piérie du nom de la forêt, Aeginium; sur la côte, Héraclée, le fleuve Apilas; les villes de Pydna, d'Aloros; le fleuve Aliacmon : dans l'intérieur, les Alorites, les Valléens, les Phylacéens, les Cyrrhestes, les Tyrisséens; Pella, colonie; la ville de Stobi, jouissant du droit de citoyens romains; Antigonée, Europus sur le fleuve Axius, une autre Europus que traverse le fleuve Rhoedias; Eordeae, Scydra, Mieza, Gordynie; puis, sur la côte, Ichnae, le fleuve Axius. Sur cette frontière, les Dardanes, les Trères, les Pières, sont limitrophes de la Macédoine.

[2] A partir de ce fleuve, viennent les nations Péoniennes, les Paroréens, les Eordiens, les Almopiens, les Pélagoniens, les Mygdoniens; montagnes : le Rhodope, le Scopius, l'Orbélus; puis, sur le terrain qui s'étend au pied de ces montagnes, les Aréthusiens, les Antiochiens, les Idoméniens, les Dobères, les Aestraeens, les Allantiens, les Audaristiens, les Morylles, les Garesces, les Lyncestes, les Othryonéens, les Amantins, et les Orestes, tous deux peuples libres; Bullis et Dium, colonies; les Xylopolites, les Scotusséens, libres; Héraclée Sintique, les Tymphéens, les Toronéens.

[3] Sur la côte du golfe de Macédoine, la ville de Chalastra; dans les terres, Phileros, Lete, et, au fond même du golfe, Thessalonique, de condition libre : de Dyrrachium à cette ville on compte 114.000 pas. Therme, sur le golfe Thermique; les villes de Dicée, de Pydna, de Derrha, de Scione; le promontoire Canastraeum; les villes de Pallène, de Phlegra; dans cette région, les montagnes d'Hypsizorus, d'Épitus, d'Halcyone, de Lecoomne; les villes de Nyssos, de Phinélon, de Mendes, et, sur l'isthme de Pallène, Potidée, appelée aujourd'hui Cassandrie, colonie; Anthémonte, Olophyxos, le golfe Mecybernéeen;

[4] les villes de Physcella, d'Ampelos, de Torone, de Singos; le canal, long de 1.500 pas, par lequel Xerxès, roi des Perses, sépara du continent le mont Athos; cette montagne elle-même, depuis la plaine, s'avance dans la mer de 75.000 pas; le circuit de son pied est de 150.000; il y eut jadis à son sommet une ville appelée Acrothon; maintenant les villes du mont Athos sont Uranopolis, Palaeotrium, Thyssus, Cléones, Apollonie, dont les habitants sont surnommés Macrobiens;

[5] la ville de Cassera, et l'autre côté de l'Isthme, Acanthus, Stagire, Sithone, Héraclée; la contrée sous-jacente de la Mygdonie, et dans laquelle sont, à distance de la mer, Apollonie, Aréthuse; derechef, sur la côte, Posidium, et un golfe avec la ville de Cermore; Amphipolis, ville libre: la nation des Bisaltes; puis le fleuve Strymon, limite de la Macédoine ; il a sa source dans l'Haemus, et, chose remarquable, il s'épanche en sept lacs avant de prendre son cours.

[6] Telle est cette Macédoine, qui a été jadis maîtresse de l'empire du monde; cette Macédoine, qui a passé par-dessus l'Asie, l'Arménie, l'Ibérie, l'Albanie, la Cappadoce, la Syrie, l'Égypte, le Taurus, le Caucase; cette Macédoine, qui a dominé sur la Bactriane, la Médie, la Perse, et l'Orient, tout entier subjugué; cette Macédoine, qui, marchant sur les traces de Bacchus et d'Hercule, a triomphé de l'Inde; la même Macédoine, dont Paul Émile, notre général, a vendu en un seul jour 72 villes avec leurs dépouilles. Une si grande différence dans la destinée tint à deux hommes.



XVIII. La Thrace; la mer Égée.

(XI.) [1] Viennent ensuite les Thraces, qui sont au nombre des nations les plus puissantes de l'Europe; leur pays est divisé en 50 stratégies: parmi les peuples thraces qu'on peut se décider à nommer, habitent, sur la rive droite du Strymon, les Densélètes (IV, 1) et les Mèdes, jusqu'aux Bisaltes, nommés plus haut; sur la rive gauche, les Digères, et plusieurs peuplades appartenant aux Besses et portant différents noms , lesquelles s'étendent jusqu'au fleuve Nestus, qui baigne le pied du mont Pangée, et passe au milieu des Élethes, des Diobesses, des Carbilèses, puis des Bryses, des Sapéens et des Odomantes. Le pays des Odryses donne naissance à l'Hèbre, dont les bords sont habités par les Cabylètes, les Pyrogères, les Drugères, les Caeniques, les Hypsaltes, les Bènes, les Corpilles, les Bottiéens, les Édoniens;

[2] dans la même région sont les Sellètes, les Priantes, les Dolonques, les Thynes (VI, 41), les grands Coelètes, placés au-dessous de l'Hémus; les petits Coelètes, placés au-dessous du Rhodope. Ces contrées sont traversées par l'Hèbre; au pied du Rhodope est la ville appelée jadis Ponéropolis, puis Philippopolis, du nom de son fondateur; enfin Trimontium, à cause de sa situation. La pente de l'Hémus est de 6.000 pas: son revers opposé, tourné du côté du Danube, est habité par les Moesiens (III, 29, 1), les Gètes, les Aorses, les Gaudes, les Clariens, et, au-dessous d'eux, les Arréen Sarmates, qu'on appelle Aréates, les Scythes, et, autour du Pont- Euxin, les Morisènes et les Sithoniens, pères du poète Orphée.

[3] Ainsi la Thrace a pour limites, au nord, le Danube; au levant, le Pont-Euxin et la Propontide; au midi, la mer Égée, sur la côte de laquelle, à partir de l'embouchure du Strymon, sont Apollonie, Oesyma, Néapolis, Datos; dans l'intérieur, Philippes, colonie, éloignée de Dyrrachium de 125.000 pas; Scotusa, Topiris, l'embouchure du fleuve Nestus, le mont Pangée, Héraclée, Olinthe, Abdère, cité libre; le lac et la nation des Bistoniens. Il y eut jadis dans cette contrée la ville de Tirida, où étaient les horribles écuries des chevaux de Diomède. Maintenant on y trouve Dicéae (10), Ismare, la localité dite Parthénion, Phalesine, Maronée (XIV, 16), ci-devant appelée, Ortagurée; le mont Serrium, la ville de Zoné;

[4] puis la localité de Doriscus, capable de tenir 10.000 hommes, car c'est là, et de cette façon, que Xerxès fit le dénombrement de son armée; l'embouchure de l'Hèbre, le port de Stentor, la ville d'Aenos, cité libre, avec le tombeau de Polydore, contrée jadis occupée par les Ciconiens. A partir de Doriscus jusqu'à Macron-Tichos, la côte forme une courbe de 122.000 pas; vers cet endroit le fleuve Mélas, d'où le golfe du même nom; les villes de Cypselle, de Bisanthe, Macron-Tichos, déjà nommé; là un mur étendu entre les deux mers, depuis la Propontide jusqu'au golfe Mélas, ferme la Chersonèse, qui s'avance dans la mer.

[5] L'autre côté de la Thrace commence sur la côte du Pont-Euxin, à l'embouchure du Danube; c'est de ce côté qu'elle a peut être les plus belles villes, Istropolis des Milésiens, Tomes, Calatis appelée auparavant Acervetis; elle avait jadis Héraclée, Bizone engloutie par un gouffre qui s'ouvrit dans la terre; on y voit Dionysopolis, appelée jadis Crunos; le fleuve Ziras passe là;

[6] cette contrée a été occupée tout entière par les Scythes surnommés Arotères (laboureurs); villes : Aphrodisias, Libistos, Zigère, Borcobe, Euménie, Parthénopolis, Gérania, où l'on rapporte qu'était jadis la nation des Pygmées; les barbares les appellent Cattuzes, et croient qu'ils ont été mis en fuite par les grues: sur la côte, à partir de Dionysospolis, Odessus des Milésiens, le fleuve Panysus, la ville de Tetranaulochus, le mont Hémus, dont les vastes pentes s'avancent sur le Pont-Euxin, et qui eut jadis à son sommet la ville d'Aristée;

[7] sur la côte, Mésembrie; Anchiale, où fut jadis Messa; la contrée appelée Astice, où fut la ville d'Anthium, et où est maintenant la ville d'Apollonie; les fleuves Panissa, Rira , Téarus, Orosines; les villes de Thynias, d'Halmydessus, Develton avec son étang, ville appelée maintenant Deultum des vétérans; Phinopolis, auprès de laquelle est le Bosphore. De l'embouchure du Danube au Bosphore, quelques-uns ont compté 550.000 pas; Agrippa en a ajouté 60.000; de là à Macron-Tichos il y en e 150.000, et de Macron-Tichos à l'extrémité de la Chersonèse, 126.000.

[8] A partir du Bosphore, le golfe Casthène, le port des Vieillards, et un autre qui est appelé port des Femmes; le promontoire Chrysocéras, sur lequel est la ville de Byzance, de condition libre, appelée jadis Lygos ; elle est éloignée de Dyrrachium de 711.000 pas : tel est l'intervalle qui sépare la mer Adriatique de la Propontide.

[9] Fleuves, le Bathynias, le Pydaras ou Athyras; villes, Sélymbrie, Perinthe, tenant au continent par une langue de terre large du 200 pieds (11) ; dans l'intérieur, Bizya, citadelle des rois de Thrace, odieuse aux hirondelles à cause du crime qui y fut commis par Térée; la région Caenique, Flaviopolis, colonie, appelée jadis Zéla; à 50.000 pas de Bizya, Apros, colonie, éloignée de Philippes de 188.000 pas; sur la côte, le fleuve Erginus : il y avait jadis la ville de Ganos; et Lysimachie, qui est dans la Chersonèse, commence déjà a être désertée.

[10] Il y a ici une langue de terre semblable à l'isthme de Corinthe, portant aussi le nom d'Isthme et ayant même largeur; les deux bords en ont été illustrés par deux villes placées d'une manière assez semblable, Pactye, sur la Propontide, Cardia, sur le golfe Mélas : cette dernière a été ainsi nommée d'après la configuration du lieu (kardia, coeur); ces deux villes allèrent se fondre dans Lysimachie, éloignée de 5.000 pas de Macron-Tichos. La Chersonèse a eu du côté de la Propontide Tiristasis, Ctithote, Cissa placée sur les bords du fleuve Aegos;

[11] maintenant elle a, à 22.000 pas de distance d'Apros, Resistos, placée en face de Parium, colonie (V, 40). L'Hellespont, séparant, comme nous l'avons dit (II, 92 ), l'Europe de l'Asie par un intervalle de 7 stades (mètres 1288), a quatre villes placées en face les unes des autres : en Europe, Callipolis et Sestos; en Asie, Lampsaque et Abydos. Puis en Chersonèse, vis-à-vis le promontoire Sigée, le promontoire Mastusia, sur le flanc duquel est Cynosséma (ainsi s'appelle le tombeau d'Hécube);

[12] la station des Grecs, la tour et le temple de Protésilas; sur la pointe de la Chersonèse, qui se nomme Aeolium, est la ville d'Eléonte; puis, en passant le golfe Mélas, le port Coelos, Panhormus et Cardia, déjà nommée. Ainsi se termine le troisième golfe de l'Europe. Les montagnes de la Thrace, outre celles dont j'ai déjà parlé, sont : l'Édonus, le Gigemoros, le Méritus, le Mélamphyllos; rivières se jetant dans l'Hèbre, le Bargus et le Suemus. La longueur de la Macédoine, de la Thrace et de l'Hellespont vient d'être énoncée (IV, 18, 8); quelques-uns la portent à 720.000 pas; la largeur en est de 284.000.

[13] La mer Égée a reçu son nom d'une île, ou plutôt d'un écueil placé entre Ténos et Chios; on le nomme Aex, nom grec de la chèvre, parce qu'il a la forme de cet animal. Il semble surgir tout à coup du milieu de la mer; on le voit à droite, quand on se rend de l'Achaïe à Andros : c'est un écueil funeste aux navigateurs. Une partie de la mer Égée porte le nom de mer Myrtoenne, à cause d'une petite île que, lorsque de Géraeste on se rend en Macédoine, l'on aperçoit non loin de Caryste, en Eubée (IV, 21).

[14] Les Romains ont donné deux noms à toutes ces mers : mer de Macédoine à celle qui touche cette contrée et la Thrace, mer de Grèce à celle qui baigne les côtes de la Grèce. Les Grecs, de leur côté, divisent la mer Ionienne en mer de Sicile et mer de Crète, d'après les îles qui s'y trouvent, et donnent le nom de mer Icarienne à celle qui est entre Samos et Mycone; les autres noms ont été empruntés aux golfes que nous avons énumérés Tels sont les mers et les peuples dans le troisième golfe de l'Europe.




XIX. Les îles situées au-devant de ces terres, parmi lesquelles :

(XII) [1] Iles en face de la Thesprotie, à 12.000 pas de Buthrote, à 50.000 pas des monts Acrocérauniens, l'île de Corcyre, de condition libre, avec une ville de même nom, avec Cassiope château, avec le temple de Jupiter Cassius, ayant de long 97.000 pas, appelée par Homère (Od., V, 34) Schérie et Phéacie, et Drépane par Callimaque; autour d'elle, quelques îles: du côté de l'Italie, Thoronos; à 5.000 pas, du côté de Leucade, les deux Paxos:

[2] non loin de ces deux dernières, au-devant de Corcyre, Éricusa, Marathé, Élaphusa, Malthace, Trachie, Pythionie, Ptychie, Tarachie. Après Phalacron, promontoire de Corcyre, un écueil qui, à cause de sa ressemblance avec un vaisseau, est, d'après la fable, le navire d'Ulysse métamorphosé; au-devant de Leuchimna, Sybota; entre Leucade et l'Achaïe, bon nombre d'îles, parmi lesquelles sont les Téleboïdes, appelées aussi Taphies; les habitants nomment celles qui sont au-devant de Leucade, Taphies, Oxies, Prinoessa; au-devant de l'Étolie, les Échinades, Aegialie, Cotonis, Thyatira, Geoaris, Dionysie, Cyrnos, Chalcis, Pinara, Mystus.

[3] En avant de ces îles, dans la haute mer, Céphalonie, Zacynthe, toutes deux libres; Ithaque, Dulichium, Samé, Crocylée. Céphalonie, jadis appelée Mélaena, est à 11.000 pas de Paxos; le circuit en est de 44.000; quoique les Romains y aient détruit la ville de Samé (av. J. C. 189), elle a encore trois villes. Entre cette île et l'Achaïe est Zacynthe, appelée quelquefois Hyrie ; elle a une ville magnifique, elle est d'une fertilité extraordinaire, elle est au midi de Céphalonie, à 25.000 pas de distance; le mont Elatus y est célèbre; elle a de circuit 36.000 pas. Ithaque en est éloignée de 15.000, elle renferme le mont Néritus; le circuit en est de 25.000 pas.

[4] De cette île à Araxum, promontoire du Péloponnèse, il y a 12.000 pas. Au-devant d'Ithaque, dans la haute mer, sont Astéris, Proté. Au-devant de Zacynthe, à 35.000 pas, dans la direction du vent Eurus, les deux Strophades, appelées Plotes par d'autres; en avant de Céphalonie, Létoia; en avant de Pylos, les trois Sphagies; et en avant de Messène, les trois Oenusses.

[5] Dans le golfe d'Asinée (IV, 7), les trois Thyrides; dans celui de Laconie, Téganuse, Cothon, Cythère avec une ville; cette île s'appelait jadis Porpyris, elle est située à 5.000 pas du cap Malée, formant là un détroit dangereux pour les navires : dans le golfe d'Argos, Pityuse, Irine, Éphire; en face du territoire d'Hermione, Tiparénus, Apéropia, Colonis, Aristera; en face de celui de Trézène, Calaurie éloignée de 500 pas, Platéis, Belbina, Lasia, Baucidias; en face d'Épidaure, Cécryphalos, Pityonesos, à 6.000 pas du continent;

[6] puis Égine, de condition libre à 17.000 pas; elle a 20.000 pas de long; elle est à 20.000 pas du Pirée, port des Athéniens; elle s'appelait auparavant Oenone. En face du promontoire de Spirée, Éleuse, Dendras, les deux Craugies, les deux Caecies, Selachuse, Cenchréis, Aspis: dans le golfe de Mégare, les quatre Méthurides; Aegila, à 15.000 pas de Cythère, et à 25.000 de Phalasarne, ville de Crète.

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Re: Livre IV, traitant des situations des nations...

Message par Stephandra le Ven 29 Avr 2011, 15:34

XX. La Crète,

[1] L'île de Crète elle-même, regardant par une face le midi, et par l'autre le nord, s'allonge entre le levant et le couchant; elle est célèbre par la renommée de ses cent villes. Dosiades rapporte quelle a reçu son nom de la nymphe Crète, fille d'Hespéris; Anaximandre, du roi des Curètes; Philistides de Malles et Cratès, qu'elle fut nommée d'abord Aéria, puis Curétis; et quelques-uns ont pensé quelle avait porté le nom d'île des Bienheureux, à cause de la douceur de son climat.

[2] Ne dépassant nulle part 50.000 pas en largeur, et étant le plus large vers la partie moyenne, elle a 270.000 pas de long et 589.000 de tour; elle s'incurve du côté de la mer de Crète, à laquelle elle a donné le nom; aux deux extrémités de son plus grand diamètre elle projette à l'orient le cap Sammonien, en face de Rhodes, et à l'occident le cap Criumétopon. du côté de Cyrène.

[3] Villes remarquables de la Crète, Phalasarne, Étéa, Cisamum, Pergame, Cydon, Minoum, Aptéron, Pantomatrium, Amphimalla, Rhithymna, Panhormum, Cytaeum, Apollonie, Matium, Héraclée, Miletos, Ampelos, Hiérapytna, Lébena, Hiéropolis; et, dans l'intérieur des terres, Gortyne, Phaestum, Gnossus, Polyrrhénium, Myrina, Lycastus, Rhamnus, Lyctus, Dium, Asum, Pyloros, Rhytion, Élatos, Phares, Holopyxos, Lasos, Eleuthernes, Therapnae, Marathusa, Cylissos; d'environ soixante autres villes il ne reste que le souvenir.

[4] Montagnes: le Cadistus, l'Ida, le Dictynnaeus, le Corycus. Du promontoire appelé Criumétopon il y a, d'après Agrippa, 125,000 pas jusqu'au cap de Phycunte à Cyrène; la distance est la même à partir de Cadistus; elle est de 75.000 pas jusqu'au cap Malée, dans le Peloponnèse; de 60.000 du cap Sammonien à l'île de Carpathos, dans la direction du vent Favonius ; l'île de Carpathos est située entre la Crète et Rhodes.

[5] Autres îles autour de la Crète : au-devant du Peloponnèse, les deux îles Coryces, les deux îles Myles; du côté du nord, en ayant la Crète à droite, en face de Cydonie, Leucé et les deux Budroa; en face de Matium, Dia; en face du promontoire Itanum, Onisia et Leucé; en face de Hiérapytna, Chrysa et Gaudos; dans le même parage, Ophiussa, Butoa, Aradus; et, après qu'on a doublé le cap Criumétopon, les trois îles appelées Musagores; en face du promontoire Sammonien, Phocé, Platies, Sirnides, Naulochos, Armendon, Zephyré.

[6] Iles de la Hellade, dans la mer Égée: les îles Lichades, Scarphia, Caressa, Phocaria, et plusieurs autres en face de l'Attique sans villes et par conséquent sans renom; mais, en face d'Éleusis, l'île célèbre de Salamine ; au-devant de Salamine Psytalia, et, à 5.000 pas du cap Sunium, Helène; à la même distance d'Hélène, Céos, que quelques auteurs latins ont appelée Céa, et que les Grecs eut nommée aussi Hydrussa ; arrachée de l'Eubée, elle eut jadis 500 stades de long (kil. 92); plus tard, les quatre cinquièmes environ, qui regardaient la Béotie, furent engloutis par la mer; elle ne conserve plus que les villes de Iulis et de Carthaea; celles de Coressus et de Poeeessa ont péri. Cette île, d'après Varron, a inventé une étoffe fine pour les femmes (XI, 27).




XXI. L'Eubée,

[1] L'Eubée elle-même a été arrachée de la Béotie; l'Euripe qui l'en sépare est si étroit, que les deux rives sont jointes par un pont; du côté du midi elle a deux promontoires, Geraeste qui regarde l'Attique, et Capharée, qui regarde l'Hellespont; du côté du nord elle offre le promontoire Cénée. En aucun point cette île ne s'élargit au-dessus de 40.000 pas, ni ne se rétrécit au-dessous de 2.000; elle s'étend depuis l'Attique jusqu'à la Thessalie, le long de toute la Béotie;

[2] elle a dans ce sens 150.000 pas, et de tour 365.000; elle est, du côté du cap Capharée, à 225.000 pas de l'Hellespont; jadis célèbre par les villes de Pyrrha, Porthmos, Nésos, Cérinthe, Orée, Dium , Aedepse, Ocha, Oechalie, elle a aujourd'hui Chalcis, en face de laquelle est Aulis sur le continent, Géraeste, Erétrie, Caryste, Oritanum, Artemisium, la fontaine Aréthuse, le fleuve Lélantus, et les eaux chaudes qui sont appelées Ellopies. Elle est célèbre surtout par le marbre de Caryste.

[3] Elle fut appelée jadis Chalcodotis ou Macris, d'après Dionysius et Éphore; Macra, d'après Aristide; d'après Callidème, Chalcis, parce que ce fut le lieu où l'on trouva d'abord du cuivre; Abantias, d'après Ménaechme; chez les poètes elle porte ordinairement le nom d'Asopis.




XXII. Les Cyclades,

[1] En dehors de cette île, dans la mer Myrtroenne, on en trouve beaucoup d'autres dont les plus célèbres sont Glauconnesos et Aegilie. Du côté du promontoire de Géraeste on trouve les Cyclades, rangées en rond autour de Délos, disposition d'où elles ont pris ce nom (kuklos, cercle) : la première est Andros avec sa ville; elle est éloignée de Géraeste de 10.000 pas, et de Céos de 39.000; d'après Myrsile, elle fut surnommée Cauros, puis Antandros; d'après Callimaque, Lasia; d'après d'autres, Nonagria, Hydrussa, Epagris; elle a de tour 96.000 pas. A 1.000 pas d'Andros et à 15.000 de Délos est Ténos, avec sa ville; elle s'étend dans une longueur de 15.000 pas; d'après Aristote, elle fut appelée Hydrussa à cause de l'abondance de ses eaux; d'après d'autres, Ophiussa.

[2] Les autres îles sont : Mycone, avec le mont Dimaste, à 15.000 pas de Délos; Siphnos, appelée auparavant Méropie et Acis, de 28.000 pas de tour; Sériphe, de 12.000; Prépésinthus, Cythons; Délos, la plus renommée des Cyclades, placée au milieu des autres, célèbre par le temple d'Apollon et par le marché qui s'y tient;

[3] après avoir été longtemps flottante, elle est, dit-on, la seule qui n'ait point éprouvé de tremblements de terre ; mais Mucianus a rapporté qu'elle en avait ressenti deux secousses jusqu'au temps de M. Varron. Aristote dit qu'elle a été nommée Délos (dehlos, apparent) parce qu'elle apparut soudain a la surface des eaux ; d'après Aeglosthènes, elle a eu le nom de Cynthie ; d'après d'autres, ceux d'Ortygie, d'Astérie, de Lagie, de Chlamydie, de Cynaethe, de Pyrpilè, à cause de la découverte du feu qui y fut faite; elle a 5.000 pas de tour; le mont Cynthus s'y élève.

[4] La plus voisine de Délos est l'île de Rhéné, qu'Anticlides appelle Céladussa, et Hellanicus, Artémis ; puis Syros, à laquelle les anciens ont donné 20.000 pas de tour, et qui en a, d'après Mucianus, 160.000; Oliaros; Paros avec sa ville, à 38.000 pas de Délos, célèbre par son marbre, appelée d'abord Platéa, puis Minoïs;

[5] à 7.500 pas de Paros, à 18.000 de Délos, Naxos avec sa ville; elle a été appelée Strongylé, puis Dia, puis Dionysias, à cause de la richesse de ses vignobles; par d'autres, la petite Sicile ou Gallipolis: elle a 75.000 pas de mur, et est moitié plus grande que Paros.




XXIII. Les Sporades.

[1] Toutes ces îles appartiennent aux Cyclades: celles qui suivent sont les Sporades : Hélène, Phacussa, Nicasie, Schinussa, Pholégandros; Icaros, à 17.000 pas de Naxos; elle a donné son nom a la mer Icarienne; elle a 17.000 pas de long, deux villes; elle en a perdu une troisième; auparavant elle s'est appelée Doliché, Macris, et Ichthyoessa;

[2] elle est située au lever solsticial (sud-est) de Délos à 55.000 pas, et est à 35.000 de Samos; entre l'Eubée et Andros il y a un canal de 10.000 pas; d'Icaros à Géraeste, en Eubée, il y en a 112.500. Pour le reste on ne peut plus garder d'ordre; je les nommerai donc pêle-mêle : Scyros; Ios, à 24.000 pas de Naxos, respectable par le tombeau d'Homère, longue de 25.000 pas, appelée auparavant Phoenice; Odia; Létandros; Gyaros avec sa ville, 12.000 pas de tour, éloignée d'Andros de 62.000 pas;

[3] Syrnos, à 80.000 pas de Gyaros; Cynaethus ; Télos, célèbre par les parfums qu'on y fabrique (XIII, 2), appelée Agathussa par Callimaque; Donusa; Patmos, de 30.000 pas de tour; les Corasiennes, Lébinthus, Leros, Cinara; Sicinus appelée auparavant Oenoé; Hiéracia ou Onus; Casus ou Astrabé; Cimolus ou Echinussa; Mélos avec sa ville, île appelée par Aristide Byblis, par Aristote Zéphyrie, par Callimaque Mimallis, par Héraclide Siphnus et Acytos;

[4] c'est la plus ronde des îles ; puis Machie; Hypère, jadis Patagé ou Platagé, maintenant Amorgos; Polyaegos; Phylé; Théra, appelée Calliste lorsqu'elle sortit pour la première fois du sein des eaux ; Thérasia, arrachée de Théra par une commotion; Automaté ou Hiéra (II, 89), née postérieurement entre Théra et Thérasla ; et Thia, née de notre temps à côté de la même Hiéra. Ios est à 25.000 pas de Théra.

[5] Suivent Léa, Ascanie, Anaphé, Hippuris, Astypalée, cité libre, de 88.000 pas de tour, éloignée de Cadistus en Crète, de 125.000; Platée, à 60.000 pas plus loin; Camina, à 38.000 de cette dernière; Azibintha, Lanise, Tragie, Pharmacusa, Téchédie, Chalcie; Calydna, où est la ville de Coos; Calymna, éloignée de 25.000 pas de Carpathos, qui a donné son nom à la mer Carpathienne;

[6] à 50.000 pas de là, dans la direction du vent Africus, Rhodes; 7.000 de Carpathos à Casos; de Casos au promontoire Sammonien, en Crète, on en compte 30.000. Dans l'Euripe d'Eubée, à peu près à l'entrée, sont les quatre îles Pétaliennes, et, à la sortie, l'île Atalante. Les Cyclades et les Sporades, renfermées à l'orient par la rive asiatique de la mer Icarienne, à l'occident par les rives attiques de la mer de Myrtoenne, au nord par la mer Égée, au midi par la mer de Crète et par la mer Carpathienne, sont répandues sur une étendue de 100.000 pas en longueur et de 200.000 en largeur.

[7] Le golfe de Pagase (IV, 15 ) a en face Eutychie, Cicynèthe, Scyros, sus-nommée, mais en dehors des Cyclades et des Sporades; Gérontia et Scandila. Le golfe Thermalique a Irrhésia, Solimnia, Eudémla, Néa, consacrée à Minerve. Le mont Athos en a devant lui quatre : Péparèthe, appelée jadis Evoenus, avec sa ville, de 9.000 pas ; Sciathos, de 15.000;

[8] Imbros, de 88.000, avec sa ville, à la distance de 25.000 pas de Mastusia en Chersonèse, ayant de tour 72.000, arrosée par le fleuve Ilissus: à 22.000 d'Imbros, et à 87.000 du mont Athos, Lemnos, de 112.500 de tour, ayant les villes Hephaestie et Myrine, sur la place publique de laquelle l'Athos, au solstice d'été, projette son ombre;

[9] à 5.000 pas de Lemnos, Thasos, libre, appelée jadis Aeria ou Aethria, d'où on compte jusquà Abdère (IV, 18), sur le continent, 22.000 pas, et jusqu'à l'Athos 62.000. A la même distance, l'île de Samothace, libre, placée en face de l'embouchure de l'Hèbre, à 32.000 d'Imbros, à 22.500 de Lemnos, à 38.000 de la côte de la Thrace, ayant 32.000 pas de tour, renfermant le mont Saoces, qui s'élève à une hauteur de 10.000 pas, la plus dépourvue de ports de toutes ces îles, appelée par Callimaque de l'ancien nom de Dardanie; entre la Chersonèse et Samothrace, à environ 16.000 pas de l'une et de l'autre, Halonesos ; au delà Gethone, Lamponie, Alopéconnésos, non loin de Coelos, qui est un port de la Chersonèse, et quelques autres sans renom.

[10] Citons encore, dans ce golfe, parmi les îles désertes, celles dont j'ai pu du moins trouver les noms : Desticos, Larnos, Cyssiros, Carbrusa, Calathus, Scylla, Draconon, Arconesus, Diethusa, Scapos, Capheris, Mesate, Aeantion, Pateronneos, Pateria, Caathe, Neriphus, Polendos.

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Re: Livre IV, traitant des situations des nations...

Message par Stephandra le Ven 29 Avr 2011, 15:34

XXIV. L'Hellespont, les Palus-Méotides.

[1] Le quatrième des grands golfes de l'Europe commence à l'Hellespont, et finit à l'entrée du Palus-Méotide. Mais il faut résumer brièvement la forme du Pont-Euxin tout entier, afin d'en faire connaître plus facilement les parties. C'est une vaste mer étendue au pied de l'Asie, et repoussée de l'Europe par le prolongement des côtes de la Chersonèse; elle entre dans les terres par un étroit passage ne séparant l'Europe de l'Asie que par un intervalle de sept stades, comme il a été dit (IV, 18, 11).

[2] L'entrée de ce détroit s'appelle Hellespont; c'est la que Xerxès, roi de Perse, ayant jeté un pont de vaisseaux, fit passer son armée. De ce point s'allonge un mince bras de mer dans un espace de 86.000 pas jusqu'à Priape, ville d'Asie, où prit terre Alexandre le Grand ; à partir de cet endroit, la mer s'élargit pour se resserrer de nouveau; la partie large s'appelle Propontide, le nouveau détroit, Bosphore de Thrace; il est large de 500 pas; Darius, père de Xerxès, y jeta un pont sur lequel ses troupes passèrent. La longueur entière depuis l'Hellespont est de 239.000 pas.

[3] Puis une vaste mer, le Pont-Euxin, appelé jadis Axenus (inhospitalier), envahit les terres qui fuient au loin. Creusant profondément ses rivages, il se courbe en arrière en un croissant assez étendu des deux côtés pour représenter complètement la figure d'un arc scythique. Dans le milieu de la courbure, il communique avec l'ouverture du Palus-Méotide. Cette ouverture s'appelle Bosphore Cimmérien, elle a 2.500 pas de large.

[4] Entre les deux Bosphore, celui de Thrace et celui de Cimmérie, il y a, en droite ligne, 500.000 pas, d'après Polybe. Le tour du Pont-Euxin entier est de 2.150.000, d'après Varron et presque tous les anciens. Comélius Népos ajoute à cette évaluation 350.000 pas; Artémidore la porte à 2.919.000, Agrippa à 2.460.000, Mucianus à 2.425.000. De la même façon, pour le côté de l'Europe, les uns l'ont évalué à 1.478.500, les autres à 1.172.000. M. Varron le mesure ainsi qu'Il suit : de l'embouchure du Pont à Apollonie, 187.500; autant jusqu'à Calatis; jusqu'à l'embouchure de l'Ister, 125.000;

[5] jusqu'au Borysthène,250.000; jusqu'à Cherronésus (IV, 26), ville des Héracléotes, 375.000; jusqu'à Panticapée, que quelques-uns appellent Bosphorus, dernière ville sur la côte d'Europe, 212.500 pas; sommes partielles qui font 1.337.500 pas. Agrippa compte, de Byzance au fleuve Ister, 560.000 pas, de là à Panticapée 635.000.

[6] Le Palus-Méotide lui-même, recevant le Tanaïs qui descend des monts Riphées, et qui est la dernière limite connue entre l'Europe et l'Asie, passe pour avoir 1.406.000 pas de tour, suivant d'autres 1.225.000. Du Bosphore Cimmérien à l'embouchure du Tanaïs, il est certain que la distance est, en droite ligne, de 385.000 pas. La habitants des rives du quatrième golfe (12) de l'Europe ont été énumérés, à propos de la Thrace, jusqu'à Istropolis ; là sont les bouches de l'Ister.

[7] Ce fleuve, né en Germanie dans les sommités du mont Abnoba, en face de Rauricum (IV, 32), ville gauloise, traverse bien des milles au delà des Alpes et d'innombrables stations, sous le nom de Danube. Ses eaux grossissent immensément; il prend le nom d'Ister dès qu'il entre en Illyrie, et reçoit soixante rivières, dont la moitié environ sont navigables: il se jette par six bras considérables dans le Pont-Euxin. Le premier bras est dit bras de Peucé, à cause de l'île de Peucé, dont il est le plus voisin; il s'absorbe dans un grand marais de 49.000 pas de long;

[8] le même bras, au-dessus d'Istropolis, forme un lac de 63.000 pas de tour, qu'on appelle Halmyris. Le second bras se nomme Naracustoma; le troisième, Calonstoma auprès de l'île Sarmatique; le quatrième, Pseudostomon, avec l'île (13) appelée Conopon Diabasis (passage des Mouches); puis Boreostoma et Spireostoma. Et ces six bouches sont toutes si considérables, que l'amertume de la mer est, dit-on, vaincue, et l'eau douce à boire dans un espace de 40.000 pas.




XXV. La Dacie, la Sarmatie.

[1] A partir de là, en général, ce sont toutes nations scythiques; cependant le littoral a été occupé par des races diverses, tantôt par les Gètes, appelés Daces par les Romains; tantôt par les Sarmates, que les Grecs appellent Sauromates, et par les Hamaxobiens ou les Aorses, branches sarmatiques; tantôt par les Scythes dégénérés et issus d'esclaves, ou par les Troglodytes; puis par les Alains et les Rhoxalans. Dans les parties supérieure entre le Danube et la forêt Hercynienne, jusqu'aux camps d'hiver de Carnunte en Pannonie et jusqu'à cette frontière germanique, les campagnes et les plaines sont possédées par les Sarmates Jazyges, les montagnes et les forêts par les Daces, qui ils ont repoussés jusqu'au fleuve Pathissus.

[2] En face, à partir du Marus ou de la Duria, quel que soit celui de ces deux fleuves qui les sépare des Suèves et du royaume de Vannius, sont les Basternes et d'autres Germains. Agrippa évalue toute cette région, depuis le Danube jusqu'à l'Océan, à 2.100.000 pas en longueur, et à 404.400 en largeur depuis les déserts de la Sarmatie jusqu'à la Vistule. Le nom de Scythes s'est étendu à tous les Sarmates et à tous les Germains; mais cette ancienne dénomination n'est demeurée qu'à ceux qui, placés au delà de ces populations, vivent presque ignorés du reste des mortels.




XXVI. La Scythie.


[1] A partir du Danube on trouve les villes de Cremniscos et d'Aepolium; les monts Macrocremmiens; le Tyra, fleuve célèbre, donnant son nom à une ville qui occupe l'emplacement: d'Ophiusa, formant une île spacieuse habitée par les Tyragètes, et éloigné de la bouche Pseudostomon du Danube de 130.000 pas; puis les stations Axiaques, qui ont pris leur nom du fleuve Axiaces, et, au delà, les Crobyzes; le fleuve Rhode, le golfe de Segaris, le port Ordesus;

[2] à 120.000 pas du Tyra, le fleuve Borysthène; un lac et un peuple de même nom; une ville à 15.000 pas de la mer, appelée anciennement Olbiopolis et Miletopolis; derechef sur la côte, le port des Achéens; l'île d'Achille, célèbre par le tombeau de ce héros; à 125.000 pas, une péninsule étendue obliquement en forme de glaive, nommée Course d'Achille à cause de l'exercice auquel il s'y livra, et ayant, d'après Agrippa, 80.000 pas de long (tout ce parage est occupé par les Scythes Tauriens et les Siraces) ;

[3] puis une région boisée qui a donné son nom à la mer de Hylé (hulê, forêt),et dont les habitants sont appelés Enaecadloens: au delà, le fleuve Panticapes, qui sépare les Nomades et les Laboureurs: puis l'Acésinus. Quelques-uns rapportent que le Panticapes se jette dans le Borysthène, au-dessous d'Olbia; des auteurs plus exacts, dans I'Hypanis; et grande est l'erreur de ceux qui l'ont placé en Asie.

[4] La mer s'enfonce en un vaste golfe, jusqu'à ce qu'elle ne soit plus qu'à 5.000 pas des Palus-Méotides, se développant le long de grands espaces et de nations nombreuses; c'est le golfe Carcinite. Le fleuve Pacyris; les villes de Naubarum et de Carcine ; par derrière le lac Buges, auquel on a pratiqué une issue dans la mer; ce lac Buges est séparé par un dos d'âne pierreux du Corétus, golfe du Palus-Méotide; il reçoit le fleuve Buges, le Gerrhus et l'Hypanis, qui viennent de différents parages.

[5] Le Gerrhus sépare les Basilides et les Nomades; l'Hypanis, à travers le pays des Nomades et des Hyléens, coule par un canal artificiel dans le lac Buges, par un canal naturel dans le golfe Corétus. Cette région s'appelle Scythie Sendique.

[6] Après le golfe Carcinite commence la Tauride, jadis entourée, elle aussi, par la mer, qui occupait des lieux qui sont aujourd'hui des plaines; plus loin elle s'élève en vastes pentes. Elle a 30 peuples, dont 24 sont dans l'intérieur des terres; 6 villes possédées par les Orgocynes, les Characènes, les Lagyrans, les Tractares, les Archilachites, les Caliordes; la montagne même est occupée par les Scythotaures, bornés à l'occident par la ville de Cherronèse, à l'orient par les Scythes Satarques. Sur la côte, à partir du golfe Carcinite, la ville deTaphrae, sur l'Isthme même de la péninsule;

[7] puis Héraclée Cherronèse, à laquelle les Romains ont donné la liberté, appelée auparavant Mégarice, la ville la plus brillante de tous ces parages, conservant les moeurs grecques, et entourée d'un mur de 5.000 pas; de là, le cap Parthénium, la cité des Tauriens, Placie, le port des Symboles; le promontoire Criumetopon s'avançant au milieu du Pont-Euxin, en face de Carambis promontoire d'Asie, dans un espace de 170.000 pas, disposition qui contribue surtout à figurer l'arc scythique (IV, 24) ;

[8] puis plusieurs ports et lacs des Tauriens, la ville de Théodosie à 135.000 pas de Criumetopon, à 145.000 de Cherronèse. Au delà il y eut jadis les villes de Cytae, de Zephyrium, d'Acrae, de Nymphaeum, de Dia ; il en subsiste encore une à l'entrée même du Bosphore, la plus puissante de toutes, Panticapée des Milésiens, éloignée de Théodosie de 87.000 pas, et de Cimmérie, située de l'autre côté du détroit, à 2,500 pas, comme nous l'avons dit (IV, 24, 3). Telle est, en effet, la largeur de l'intervalle qui sépare l'Asie de l'Europe, et qui, souvent pris par les glaces, peut être passé à pied.

[9] La largeur du Bosphore Cimmérien (petite Chersonèse, Kiertsch) est de 12.500 pas; villes, Hermisium et Myrmecium; au fond du Palus, l'îIe d'Alopèce. Depuis Taphrae à l'extrémité de l'isthme jusqu'à l'entrée du Bosphore, on compte, à travers le Palus, 260.000 pas.

[10] A partir de Taphrae, et en suivant l'intérieur des terres, on trouve les Auchètes, chez qui l'Hypanis a sa source; les Neuriens, chez qui naît le Borysthène; les Gélons, les Thussagètes (14), les Budins, les Basilides, et les Agathyrses, aux cheveux vert de mer; au-dessus, les Nomades, puis les Anthropophages ; à partir du Buges, au-dessus du Palus-Méotide, les Sauromates et les Essédons; sur la côte, jusqu'au Tanaïs, les Maeotes, qui ont donné leur nom au Palus, et à l'extémité, derrière eux, les Arimaspes; puis les monts Riphées, la région appelée Ptérophore à cause de la chute perpétuelle de la neige, dont les flocons ressemblent à des plumes, partie du monde condamnée par la nature, plongée dans d'épaisses ténèbres, et ne servant qu'à produire le froid et à recéler l'Aquilon glacial.

[11] Derrière ces montagnes et au delà de l'Aquilon, une nation heureuse, si on en croit les récits, appelée les Hyperboréens, et où les hommes atteignent une grande vieillesse; des merveilles fabuleuses en sont racontées : on dit que là sont les gonds du monde et la dernière limite de la révolution des astres: le soleil y donne une lumière de six mois et un seul jour, et il se cache non, comme des ignorants l'ont dit, de l'équinoxe du printemps à celui de l'automne; mais il n'y a dans l'année qu'un lever au solstice d'été, qu'un coucher au solstice d'hiver (15). La contrée est bien exposée, d'une température heureuse, et exempte de tout souffle nuisible.

[12] Les habitants ont pour demeures les forêts et les bois sacrés; le culte des dieux est célébré et par les individus et par le peuple; la discorde y est ignorée, ainsi que toute maladie. On n'y meurt que par satiété de la vie : après un repas, après des jouissances données aux dernières heures de la vieillesse, on saute dans la mer du haut d'un certain rocher; c'est pour eux le genre de sépulture le plus heureux. Quelques-uns les ont placés non en Europe, mais aux extrémités des rivages asiatiques, parce qu'on y trouve un peuple, les Attacores VI, 20), qui n'en diffère guère par les habitudes et la position.

[13] D'autres ont attribué aux Hyperboréens une situation intermédiaire entre l'un et l'autre soleil, là ou l'astre se couche pour les Antipodes et se lève pour nous, ce qui ne peut être, à cause de la vaste mer qui est entre deux. Les auteurs qui ne les admettent que là où le jour est de six mois disent qu'ils sèment le matin, moissonnent à midi, récoltent au coucher du soleil les productions des arbres, et pendant la nuit se cachent dans des cavernes. On ne peut guère douter de l'existence de cette nation, car trop d'écrivains rapportent qu'ils étaient dans l'usage d'envoyer les prémices des fruits dans l'île de Délos à Apollon, qu'ils honoraient particulièrement.

[14] Les prémices étaient apportées par des vierges, respectées et accueillies hospitalièrement pendant quelques années par les nations intermédiaires; puis, des violences ayant été commises contre les messagères, les Hyperboréens se décidèrent à déposer ces offrandes sur la frontière des peuples limitrophes: ceux-ci les portaient à leurs voisins, et ainsi de suite jusqu'à Délos. Plus tard, cela même tomba en désuétude. La Sarmatie, la Scythie, la Tauride, et toute la région à partir du Borysthène, a de long 980.000 pas et de large 717.000, suivant Agrippa. Pour moi, je pense que, dans cette portion de la terre, les mesures sont incertaines.

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Re: Livre IV, traitant des situations des nations...

Message par Stephandra le Ven 29 Avr 2011, 15:35

XXVII. Les îles du Pont; les îles de l'océan Septentrional.


[1] Mais, suivant notre plan accoutumé, énumérons ce qui reste dans ce golfe; nous avons dejà parlé de ses mers. (XIII.) L'Hellespont n'a pas en Europe d'îles qui méritent d'être nommées. Dans le Pont-Euxin il y en a deux à 1.500 pas de l'Europe, à 14.000 de l'ouverture du détroit : on les appelle Cyanées ou Symplégades. La fable rapporte qu'elles se heurtaient l'une contre l'autre : c'est que, séparées par un intervalle étroit, on ne les voit distinctes que de face en entrant dans le Pont-Euxin, et qu'elles semblent s'être réunies pour peu que les yeux aient pris une direction oblique. En deçà du Danube on trouve une île isolée, celle des Apolloniates, à 80.000 pas du Bosphore de Thrace, d'où M. Lucullus (XXXIV, 18), a apporté la statue d'Apollon Capitolin. Nous avons dit quelles sont celles qu'on rencontre entre les bouches du Danube (IV, 24, 7et 8). En face du Borysthène est Achillée, citée plus haut (IV, 26), appelée aussi Leucé et Macaron.

[2] Des observations contemporaines la placent à 140.000 pas du Borysthène, à 120.000 pas du Tyra, à 50.000 de l'île Peucé; elle a environ 10.000 pas de tour. Autres îles dans le golfe : Carcinite, Céphalonnésos, Rhosphodusa, Macra. Il ne faut pu, avant de quitter le Pont-Euxin, omettre l'opinion de plusieurs qui ont pensé que toutes les mers intérieures ont là leur origine, et non au détroit de Cadix ; la raison qu'ils donnent n'est pas dépourvue de probabilité : c'est que le flux vient toujours du Pont-Euxin, sans reflux qui y retourne (II, 100).

[3] Il faut maintenant sortir du Pont, pour exposer l'extérieur de l'Europe; il faut, après avoir traversé les monts Riphées, suivre à gauche les rivages de l'Océan septentrional jusqu'à ce que nous arrivions à Cadix. On parle d'un grand nombre d'îles sans nom situées dans ces parages; de ce nombre est, en face de la Scythie dite Raunonienne, une île qui, d'après Timée, est éloignée d'une journée de navigation, et où, dans le printemps, l'ambre est rejeté par les flots.

[4] La renommée n'a que des renseignements incertains sur le reste de ces rivages. Océan Septentrional : Hécatée l'appelle, à partir du fleuve Paropamise, mer Amalchienne là où il baigne la Scythie, ce nom signifiant congelé dans le langage de ces peuples. Philémon prétend qu'elle est appelée par les Cimbres Morimaruse, c’est-à-dire mer morte, jusqu'au promontoire Rubéas;

[5] et au delà, mer Cronienne. D'après Xénophon de Lampsaque, une navigation de trois jours conduit de la côte de Scythie à une île d'une grandeur immense, Baltia (16); Pythéas l'appelle Basilia. On cite aussi les îles Oones, où les habitants vivent d'oeufs d'oiseaux et d'avoine; on en cite d'autres où les hommes naissent avec des pieds de cheval, et s'appellent Hippopodes; on cite enfin les îles des Fanésiens (17), dans lesquelles les habitants, qui vont nus, se couvrent de leurs oreilles, d'une grandeur excessive.

[6] On commence à avoir des renseignements un peu plus clairs à partir des Ingévons, le premier peuple germain qu'on rencontre. De ce côté-là sont les monts Sevons, chaîne immense qui ne le cède pas à celle des monts Riphées, et qui forme jusqu'au promontoire des Cimbres un vaste golfe appelé Codan, et rempli d'îles; la plus renommée est la Scandinavie, dont la grandeur n'a pas été reconnue : la seule portion sur laquelle on ait des notions est occupée par la nation des Hillévions; elle habite en 500 bourgades, et elle appelle cette contrée un second univers.

[7] On pense que l'île d'Eningia n'est pas moindre. Quelques auteurs rapportent que ces régions sont habitées jusqu'à la Vistule par les Sarmates, les Vénèdes, les Scires et les Hirres; qu'il y a là un golfe appelé Cylipenus, à l'ouverture duquel est l'île de Latris; puis, qu'il y a un autre golfe nommé Lagnus qui touche aux Cimbres. Le promontoire des Cimbres (18), en s'avançant au loin dans la mer, forme une péninsule qui est appelée Cartis. Là 23 îles ont été découvertes par les victoires des Romains; les plus célèbres sont Burchana (Borkum), appelée par les nôtres Faberia, à cause d'un fruit qui y vient spontanément, et qui ressemble à une fève; Glessaria (IV, 20), appelée ainsi par nos soldats à cause du succin, et Austranla par les barbares; enfin Actania.




XXVIII. La Germanie. -

[1] Toute cette côte, jusqu'à l'Escaut, est habitée par des nations Germaniques, et la dimension n'en peut guère être donnée, tant les divergences de ceux qui en ont parlé sont excessives : les Grecs et quelques-uns des nôtres ont évalué la côte de la Germanie à 2.500,000 pas; Agrippa, avec la Rhétie et le Norique, en porta la longueur a 696.000 pas, et la largeur à 148.000; (XIV) la Rhétie à elle seule, pour ainsi dire, est plus large, mais il faut remarquer qu'elle n'a été subjuguée (an de Rome 739) que vers l'époque de sa mort (an de Rome 742) : quant à la Germanie, elle n'a été connue que beaucoup d'années après, et ne l'est pas même encore entièrement. S'il est permis de se livrer à des conjectures, l'opinion des Grecs sur le développement de cette côte, et celle d'Agrippa sur la longueur en ligne directe de la Germanie, ne s’éloignent pas beaucoup de la vérité. Il y a cinq races germaines : les Vindiles, auxquels appartiennent les Burgondes, les Varins, les Carins, les Guttons; seconde race, les Ingévons, auxquels appartiennent les Cimbres, les Teutons et les nations des Chauques; troisième race, la plus voisine du Rhin, les Istévons, auxquels appartiennent les Cimbres (19); quatrième race dans l'intérieur des terres, les Hermions, auxquels appartiennent les Suèves, les Hermondures, les Chattes et les Chérusques;

[2] cinquième race, les Peuciniens et les Basternes, limitrophes des Daces nommés précédemment (IV, 25, 1). Des fleuves célèbres se jettent dans l'Océan, le Guttale, le Vistille ou Vistule, l'Elbe, le Visurgis, l'Amisius, le Rhin, la Meuse; l'intérieur du pays est parcouru par la chaîne Hercynienne, qui ne le cède à aucune en renom.

[3] Dans le Rhin lui-même, sur une longueur de presque 100.000 pas, est l'île très célèbre des Bataves et des Cannénufates: d'autres, qui appartiennent aux Frisons, aux Chauques, aux Frisiabons, aux Sturiens, aux Marsaciens, sont étendues entre le Hélius et le Flevum: c'est ainsi qu'on appelle les bras par lesquels le Rhin s'épanche au nord dans des lacs, au couchant dans la Meuse; le bras intermédiaire, et qui garde son nom, n'est qu'un canal médiocre.


XXIX. Les îles dans l'Océan de la Gaule, au nombre de 96, parmi lesquelles : La Bretagne,

(XVI.) [1] En face est l'île de Bretagne, célèbre dans les monuments de la Grèce et de Rome. Située entre le nord et le couchant, elle regarde dans une grande étendue la Germanie, la Gaule et l'Espagne, qui sont de beaucoup les parties les plus considérables de l'Europe. Elle portait le nom d'Albion lorsque celui de Bretagne était donné à toutes les îles dont nous parlerons bientôt. Elle est éloignée de 50.000 pas de Gessoriacum, sur la côte de la Morinie; c'est là que le trajet est le plus court. Elle a de tour 3.825.000 pas, d'après Pythéas et Isidore. Il n'y a guère que trente ans que les armes romaines l'ont fait connaître; et encore cette connaissance ne dépasse-t-elle pas les abords de la forêt Calédonienne.

[2] Agrippa croit que la longueur de cette île est de 800.000 pas, et la largeur de 300.000; que l'Hibernie a la même largeur, mais 200.000 pas de moins en long. Cette dernière île, située au delà de la Bretagne, n'est séparée de la côte des Silures que par un très court trajet de 30.000 pas. Parmi les autres îles, aucune, dit-on, n'a plus de 125.000 pas de tour : ce sont quarante Orcades séparées les unes des autres par des distances médiocres, sept Acmodes, trente Hébudes; entre l'Hibernie et la Bretagne, Mona, Monapia, Ricina, Vectis, Limnus, Andros; au-dessous, Siambis, et Axantos (Ouessant); en face, dispersées dans la mer Germanique, les Glessaries (IV, 27, 7), que les Grecs modernes ont appelées Electrides, parce qu'elles produisent l'ambre.

[3] La dernière de toutes celles qu'on cite est Thulé. Nous avons dit (II, 77) qu'au solstice d'été elle n'a point de nuit, le soleil traversant alors le signe du Cancer, et, au solstice d'hiver, point de jour: quelques-uns pensent que la lumière et les ténèbres y durent six mois alternativement. Timée l'historien dit qu'à six jours de navigation de la Bretagne, et en deçà, est l'île Mictis, qui produit le plomb blanc (XXXIV, 47); que les Bretons s'y rendent dans des barques d'osier garnies de cuir (VII, 57). On cite encore d'autres îles, Scandia, Dumna, Bergos et Narigon, la plus grande de toutes, où l'on s'embarque pour Thulé; de Thulé, un jour de navigatlon mène à la mer glacée, appelée par quelques-uns Cronienne.





XXX. La Gaule Belgique

[1] Toute la Gaule désignée sous le nom général de Chevelue est divisée entre trois peuples séparés surtout par des fleuves la Belgique, de l'Escaut à la Seine; de la Seine à la Garonne, la Celtique ou Lyonnaise; de la Garonne à la chaîne des Pyrénées, l'Aquitaine, appelée auparavant Arémorique. Agrippa a estimé toute la côte à 1.800.000 pas, et, limitant la Gaule entre le Rhin, les Pyrénées, l'Océan, et les monts Cévennes et Jura, par lesquels il exclut la Narbonnaise (III, 5), il lui donne en long 430.000 pas (20) en large 318.000.

[2] A l'Escaut, l'extérieur est habité par les Toxandres, divisés en plusieurs peuplades; puis viennent les Ménapiens, les Morins, les Oromansaques, attenants au bourg appelé Gessoriacum (IV, 30); les Bretons, les Ambianiens, les Bellovaques (21); dans l'intérieur, les Catusiuges (22), les Atrébates, les Nerviens, libres ; les Véromanduens, les Suécons, les Sassions, libres; les Ulmanètes, libres; les Tongres, les Sunuques, les Frisiabons, les Betases, les Leuciens, libres; les Trévères, libres auparavant, alliés maintenant; les Lingons, alliés; les Rèmes, alliés; les Médiomatriques, les Séquanes, les Rauriques, les Helvétiens: colonies, Équestris et Raurica (23); sur le Rhin, peuplades germaniques habitant la Gaule Belgique : les Némètes, les Triboques, les Vangions; puis les Ubiens, la colonie d'Agrippine (Cologne), les Gubernes, les Bataves, et ceux dont nous avons parlé à propos des îles du Rhin (IV, 29).





XXXI. . La Gaule lyonnaise,

(XVIII.) [1] La Gaule Lyonnaise renferme les Lexoviens, les Vellocasses, les Gallètes, les Vénètes , les Abrincatuens, les Osismiens; la Loire, fleuve célèbre ; une péninsule remarquable qui s'avance dans l'Océan, à partir des Osis iens, dont le tour est de 625.000 pas, et dont le col a 125.000 pas de large;

[2] au delà de cette péninsule, les Nannètes; dans l'intérieur, les Héduens, aillés, les Carnutes, alliés, les Boïens, les Sénons, les Aulerques, surnommés Éburoviques, et ceux qui sont surnommés Cénomans; les Meldes, libres; les Parisiens, les Trécasses, les Andegaves , les Viducasses, les Bodiocasses, les Unelles, les Cariosvélites, les Diablindes, les Rhédons, les Turons, les Atésuens, les Segusiaves (24), libres, dans le territoire desquels est Lyon, colonie.

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Re: Livre IV, traitant des situations des nations...

Message par Stephandra le Ven 29 Avr 2011, 15:35

XXXII. L'Aquitaine,

(XIX) [1] A l'Aquitaine appartiennent les Ambilatres, les Anagnutes, les Pictons, les Santons, libres; les Bituriges, libres, surnommés Ubisques; les Aquitains qui ont donné leur nom a la province; les Sediboniates; puis les Convènes rassemblés dans une ville; les Bégères, les Tarbelliens, surnommés Quatuor Signani (à cause d'une garnison de quatre enseignes); les Cocosates, surnommés Sex Signani; les Vénames, les Onobrisates, les Bélendes, la chaîne des Pyrénées; au-dessous, les Monèses, les Osquidates des montagnes, les Sibyllates, les Campones, les Bercorcates, les Bipedimuens, les Sassuminiens, les Vellates, les Tornates, les Consoranniens, les Ausques, les Élusates, les Sottiates, les Osquidates de la plaine, les Succasses, les Tarusates, les Basabocates, les Vasséens, les Sénnates , les Cambolectres, les Agésinates joints aux Pictons, puis les Bituriges libres, appelés Cubes; les Lemovices, les Arvernes, libres; les Cabales;

[2] d'un autre côté, les Rutènes, qui sont limitrophes de la Gaule Narbonnaise ; les Cadurques , les Antobroges et les Pétrocores (25), séparés des Toulousains par le Tarn. Mers qui baignent la côte : l'océan Septentrional jusqu'au Rhin, l'océan Britannique entre le Rhin et la Seine, l'océan Gaulois entre la Seine et les Pyrénées. Il y a plusieurs îles appartenant aux Vénètes et nommées Vénétiques, et, dans le golfe d'Aquitaine, l'île d'Uliarus.




XXXIII. L'Espagne citérieure, à partir de l'Océan des Gaules,

(XX.) [1] Au promontoire des Pyrénées commence l'Espagne, plus étroite en cet endroit non seulement que la Gaule, mais aussi qu'elle-même dans le reste de son étendue : là, en effet, d'un côté l'Océan, de l'autre la mer Ibérienne, la rétrécissent, comme nous l'avons dit (III, 4, 7), énormément. Une chaîne des Pyrénées, pénétrant en Espagne dans la direction du lever équinoxial au coucher d'hiver, la divise en deux parties, l'une au nord plus petite, l'autre au midi. La côte qui se présente la première dans l'ordre que nous suivons est celle de l'Espagne Citérieure ou Tarraconaise. A partir des Pyrénées le long de l'Océan, les bois des Vas-cons, Olarso, les villes des Vardules, Morosgi, Menosca, Vesperies, le port des Amanes, où est maintenant Flaviobriga, colonie; la région des Cantabres avec neuf cités;

[2] le fleuve Sanda; le port de Victoria des Juliobrigiens; à 40.000 pas de ce lieu, les sources de l'Ebre, le port Blendium; les Orgénomesques des Cantabres, avec leur port Vereasueca; la région des Astures, la ville Noega; dans une péninsule, les Paesiques; puis, du ressort de Lugo, à partir du fleuve Navia (26), les Albions, les Cibarques, les Egovarres, surnommés Namariniens, les Jadons, les Arrotrèbes, le promontoire Celtique; les fleuves Florius et Nelo;

[3] les Celtiques surnommés Nériens, et, au-dessus, les Tamariques, dans la péninsule desquels sont les trois autels Sestiens, consacrés à Auguste; les Capores, la ville de Noela; les Celtiques surnommés Praesamarques; les Cilènes. Parmi les îles dignes d'être nommées, Corticata et Aunios; à partir des Cilènes, et du ressort des Bracares, les Hélènes, les Graviens, le château Tyde, tout cela issu des Grecs; les îles Cices; la ville remarquable d’Abobrica; le fleuve Minius, dont l'embouchure a 4.000 pas de large;

[4] les Leunes, les Seurbes , la ville Augusta (Braga) des Bracares, au-dessus desquels est la Galicie; le fleuve Limia, le fleuve Durius, des plus grands de l'Espagne; il a sa source chez les Pélendons, passe auprès de Numance, traverse le pays des Arévaques et des Vaccéens, sépare les Vettons de l'Asturie, les Gallèces de la Lusitanie, et kà aussi sert de limite entre les Tardules et les Bracares. Toute cette région, à partir des Pyrénées, est remplie de mines d'or, d'argent, de fer, de plomb noir et blanc (XXXIV, 47).




XXXIV. La Lusitanie.

(XXI.) [1] Au Durius commence la Lusitanie: les Turdules anciens, les Pésures, le fleuve Vacca, la ville de Talabrica, la ville et le fleuve Aeminium, les villes de Conimbrique, de Collippo, d'Eburobritium; puis un vaste promontoire s'avance dans la mer; les uns l'ont appelé promontoire Artabrum, les autres le Grand Promontoire, d'autres, promontoire d'Olisipo à cause de la ville voisAeine: il sépare les terres, les mers et le ciel.

[2] A ce promontoire se termine le flanc de l'Espagne, et après qu'on l'a doublé on en voit commencer le front. (XXII) D'un côté est le nord et l'océan Gaulois (IX, 3), de l'autre le couchant et l'océan Atlantique. On a évalué l'étendue de ce promontoire à 60.000 pas, d'autres à 90.000; bon nombre d'auteurs comptent 1.250.000 pas de ce promontoire aux Pyrénées, et ils y placent la nation des Artabres; erreur manifeste, cette nation n'exista jamais: ce sont les Arrotrèbes, dont nous avons parlé avant le promontoire Celtique, qu'une erreur d'orthographe leur a fait placer là.

[3] Des erreurs ont aussi été commises au sujet de fleuves célèbres: à 200.000 pas du Minius dont nous avons parlé plus haut (IV, 34), est, d'après Varron, le fleuve Aeminius, que quelques-uns placent ailleurs et qu'ils appellent Limaea. Les anciens le nommaient Fleuve de l'oubli, et ils en ont raconté beaucoup de fables. A 200.000 pas du Durius est le Tage; dans l'intervalle se trouve la Munda: le Tage et célèbre par ses sables aurifères (XXXIII), 21). A 160.000 pas de ce fleuve est le promontoire Sacré, qui est placé presque au milieu du front de l'Espagne.

[4] Varron rapporte que, de ce cap au centre de la chaîne des Pyrénées, on compte 1.400.000 pas. Du même point au fleuve Ana, que nous avons dit séparer la Lusitanie de la Bétique (III, 2), il y a 126.000 pas ; pour arriver jusqu'à Cadix, il faut ajouter 102.000 pas. Nations, les Cel¬tiques, les Turdules, et, aux environs du Tage, les Vettons. Du fleuve Ana au promontoire Sacré, les Lusitaniens; ville remarquables sur la côte à partir du Tage: Olisipo, célèbre par les cavales que le vent féconde (VIII, 67) ; Salacia, surnommée Impériale; Mérobrica, le promontoire Sacré et le promontoire Cunéus; les villes d'Ossonoba, de Balsa, de Myrtliis.

[5] Toute la province est divisée en trois juridictions, celles d'Émérita, de Pax et de Scalabis. Elle renferme en somme 46 peuples, où se trouvent cinq colonies, un municipe jouissant du droit romain, trois villes ayant le droit des Latins anciens, et trente-six villes tributaires : colonies, Augusta Emérita, située sur le bord du fleuve, Ana, Metallinum, Pax, Norba surnommée Césariana, du ressort de laquelle sont Castra Julia et Castra Caecilia; enfin, cinquième colonie, Scalabis, appelée Praesidium Julium; municipe jouissant du droit romain, Olisipo, surnommé Felicitas Julia; villes jouissant du droit des anciens Latins : Ebora, appelée aussi Liberalitas Julia;

[6] Myrtilis et Salacia, dont nous avons déjà parlé. Parmi les peuples tributaires, ceux qu'on peut nommer sans peine sont, outre des peuples de même nom que d'autres que nous avons cités à propos de la Bétique (III, 3, 10) : les Augustobrigiens, les Ammiens, les Aranditans, les Arabriciens, les Balsiens, les Caesarobriciens, les Caperenses, les Caurenses, les Colarnes, les Cibilitans, les Concordiens, les Elbocoriens, les Intéranniens, les Lanciens; les Mirobrigiens, surnommés Celtiques; les Médubriciens, dits Plombaires; les Océliens, dits Lanciens; les Turdules, dits Bardules,et les Tapores.

[7] La Lusitanie, jointe à l'Asturie et à la Gallicie, a de longueur 540.000 pas, et de largeur 536.000, d'après Agrippa. Quant à toutes les Espagnes, les côtes, d'un promontoire de la chaîne des Pyrénées à l'autre, ont, pense-t-on, de circuit 2.922.000 pas; d'autres l'évaluent à 2.600.000.




XXXV. Les îles dans la mer Atlantique.

[1] En face de la Celtibérie sont plusieurs îles appelées Cassitérides par les Grecs (XXXIV, 47) à cause des mines de plomb qu'elles renferment; et, en face du promontoire des Arrotrèbes, six îles des Dieux, que quelques-uns ont appelées Fortunées. Au commencement même de la Bétique, à 25.000 pas de l'ouverture du détroit, est l'île de Gadis, longue, d'après Polybe, de 12.000 pas et large de 3.000. Dans le point le plus rapproché du continent, elle n 'en est pas à 700 pieds; ailleurs, la distance est de plus de 7,000 pas (II, 112). L'étendue qu'elle présente est de 15.000 pas;

[2] elle renferme une ville jouissant du droit romain, et appelée Augusta Julia Gaditana. Du côté qui regarde l'Espagne, à environ 100 pas, est une autre île allongée et large de 3.000 pas, où se trouvait la première ville de Gadis; elle est appelée par Éphore et Philistidès Erythie, par Timée et Silène Aphrodisias, par les Indigènes île de Junon. Timée dit que la plus grande a été appelée Cotinusse; les Romains l'appellent Tartessus, les Carthaginois Gadir, mot qui, en langue punique, signifie une haie; elle fut appelée Erythrie parce que les Tyriens, fondateurs de cet établissement, passaient pour venir de la mer Erythrée.

[3] Quelques-uns croient qu'elle fut habitée par les Géryons, dont Hercule emmena les troupeaux. Il y en a qui pensent que l'île des Géryom est différente, et que, située en face de la Lusitanie, elle porta jadis ce même nom d'Erythie.




XXXVI. Mesure de l'Europe entière.

(XXIII.) [1] Après avoir parcouru toute l'Europe, il faut en présenter les dimensions totales, afin que rien n'arrête ceux qui voudront s'instruire. Artémidore et Isidore en ont évalué la longueur, depuis le Tanaïs jusqu'à Cadix, à 8.214.000 pas. Polybe a écrit que la largeur de l'Europe, depuis l'Italie jusqu'à l'Océan, est de 1.150.000 pas; mais de son temps la grandeur en était inconnue. L'Italie même, comme nous l'avons dit (III, 6, 5 et 10, 3), a 1.120.000 pas jusqu'aux Alpes;

[2] des Alpes au port Britannique des Morins, en passant par Lyon, direction que Polybe paraît suivre, il y a 1.318.000 pas. Mais on a une mesure plus certaine et plus longue dans la direction du coucher de l'été et de l'embouchure du Rhin, en partant des mêmes Alpes, et en suivant le camp des légions de Germanie : elle est de 1.543.000 pas. Maintenant nous allons parler de l'Afrique et de l'Asie.



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