CHAPITRE TROISIÈME. LES RECRUES DES CAMPAGNES SONT-ELLES PRÉFÉRABLES À CELLES DES VILLES ?

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CHAPITRE TROISIÈME. LES RECRUES DES CAMPAGNES SONT-ELLES PRÉFÉRABLES À CELLES DES VILLES ?

Message par Legrandalsacien1 le Dim 01 Mai 2011, 16:01


CHAPITRE TROISIÈME.
LES RECRUES DES CAMPAGNES SONT-ELLES PRÉFÉRABLES À CELLES DES VILLES
?

Voyons, en second lieu, si les recrues des campagnes sont préférables à celles des villes. Ici, je ne crois pas qu'on ait jamais pu mettre en doute l'aptitude spéciale du peuple des campagnes pour les armes : lui, élevé en plein air, rompu à la fatigue, habitué au soleil, peu soucieux de l'ombre, ne sachant même pas s'il existe des bains, ignorant le luxe, simple dans ses goûts, se contentant de peu, façonné et endurci de bonne heure à toute espèce de travaux : manier le fer, creuser des fossés, porter des fardeaux, telles sont les habitudes des champs. Pourtant la nécessité veut quelquefois qu'on appelle également aux armes les habitants des villes. Admis sous les drapeaux, ils apprendront d'abord à travailler, à faire des courses, à porter des charges, à braver le soleil et la poussière, à vivre d'une nourriture sobre et frugale, à séjourner tantôt en plein air, tantôt sous la tente. Ils passeront ensuite à l’étude pratique des armes ; dans la prévision d'une expédition lointaine, on les tiendra le plus longtemps possible en rase campagne, hors des séductions de la cité, pour leur faire contracter tout ensemble la force physique et la force morale. Nous ne disconvenons pas que, dans les commencements de Rome, les habitants des villes partaient tous pour la guerre ; mais alors ils n'étaient énervés par aucune jouissance sensuelle.

La jeunesse, en nageant dans le Tibre, se lavait des sueurs de la course et du terrain de manoeuvre. Le guerrier et le laboureur ne faisaient qu'un ; le même homme prenant tour à tour l'épée et la charrue. Ceci est tellement vrai qu'il est de notoriété publique que quand la dictature fut offerte à Quinctius Cincinnatus, il labourait. Les campagnes sont donc appelées à fournir la force principale d'une armée. Car il est de fait qu'on redoute moins la mort quand on a moins
connu les douceurs de la vie.



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