CHAPITRE PREMIER. Des armées.

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CHAPITRE PREMIER. Des armées.

Message par Legrandalsacien1 le Lun 02 Mai 2011, 19:20

CHAPITRE PREMIER.
Des armées.


Le premier livre traite des levées et des exercices des nouveaux soldats ; dans le second, on a développé l'ordonnance de la légion et la discipline des troupes : les batailles font le sujet du troisième. Il est précédé des deux autres, afin qu'arrivant par ordre aux instructions qui suivent sur la science des combats, et sur les moyens de parvenir à la victoire ; on puisse les entendre plus aisément, et en tirer plus de fruit.
On appelle armée un certain nombre de légions et de troupes auxiliaires, infanterie et
cavalerie, réunies pour des expéditions militaires.

Les maîtres de l'art veulent que ce nombre soit borné. En réfléchissant sur les défaites de Xerxès, de Darius, de Mithridate et d'autres rois qui avaient armé des peuples entiers, on voit évidemment que ces prodigieuses armées ont moins succombé sous la valeur de leurs ennemis, que sous leur multitude. En effet, une armée trop nombreuse est exposée à bien des inconvénients, elle marche toujours fort lentement, et comme ce ne peut être que sur des colonnes extrêmement longues, les ennemis peuvent la harceler et l'incommoder, même avec fort peu le monde. Lorsqu'il faut aller par des chemins difficiles, ou passer des rivières, les bagages, par leur lenteur, rendent les marches embarrassées et dangereuses. On ne
trouve jamais qu'avec une peine infinie du fourrage pour une si grande quantité de chevaux
et d'autres bêtes de charge ; quelques soins que l'on prenne pour faire provision de vivres,
ils manquent d'autant plus vite qu'on les distribue à plus de bouches, et la disette, tant à
craindre dans toute expédition, ruine bientôt cette grande armée.

Quelquefois même une trop grande multitude trouve à peine assez d'eau ; enfin si, par malheur votre armée vient à être mise en fuite, il faut nécessairement qu'on tue bien du monde, et ce que vous sauverez de troupes en remportera une impression de frayeur qui les épouvantera pour une seconde
action.

C'est pourquoi nos anciens, instruits par l'expérience, voulaient des armées plus disciplinées
que nombreuses. Une légion composée de dix mille fantassins et de deux mille chevaux,
compris les auxiliaires, suffirait pour les guerres peu importantes ; et on en donnait souvent le commandement à un préteur, comme à un général du second ordre. S'il était question de ramener sous le joug quelque nation révoltée et très brave, on mettait en campagne deux armées, et à leur tête deux généraux avec cette formule : Que chacun des chefs en particulier, ou tous deux ensemble, prennent garde que la république ne reçoive aucun dommage.

Enfin, quoique les Romains eussent dans la suite à combattre presque tous les ans en différents pays, contre différentes nations, ils n'envoyaient que de petites armées, qu'ils préféraient, comme nous avons dit, à de plus grandes moins disciplinées ; mais quelles qu'elles fussent, ils observaient exactement que le nombre des auxiliaires ou des alliés n'excédât pas celui des nationaux.
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