CHAPITRE II. Des moyens de conserver la santé dans les armées

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CHAPITRE II. Des moyens de conserver la santé dans les armées

Message par Legrandalsacien1 le Lun 02 Mai 2011, 19:43

CHAPITRE II.
Des moyens de conserver la santé dans les armées


En vain on aura de bonnes armées, si on ne sait pas y maintenir la santé. Les moyens qu'on peut proposer, comprennent les lieux, les eaux, les saisons, les remèdes et les exercices. Quant aux lieux, la précaution qu'on doit prendre, c'est de ne pas tenir les troupes dans des montagnes, ou des collines sèches, sans arbres et sans couvert ; par rapport aux saisons, de ne pas les faire partir trop tard le matin dans l'été, de peur que le poids de la chaleur, joint à la fatigue du chemin, ne leur causent des maladies. Il faut plutôt les mettre en marche à la pointe du jour, afin d'arriver de bonne heure à l'endroit marqué ; et surtout ne pas les fairecamper sans tentes dans un hiver rigoureux.
On ne doit point les faire marcher de nuit parles neiges et par les glaces, ni les laisser manquer de bois ni d'habits. Des soldats transis de froid ne sont propres à aucune expédition. Qu'on ne leur laisse point boire d'eau corrompue ou bourbeuse, espèce de poison capable d'engendrer des maladies contagieuses. Si
quelques-uns en sont attaqués, il faut avoir recours aux aliments propres à les rétablir, et à
l'art des médecins ; c'est à quoi tous les officiers, depuis le premier jusqu'au dernier, doivent avoir une attention particulière ; car on fait mal la guerre avec des soldats qui, outre les fatigues inséparables de leur état, ont encore à supporter celles de la maladie, Les maîtres de l'art ont toujours cru l'exercice journalier des armes plus propre que les remèdes à entretenir la santé dans les armées ; c'est sur ce principe qu'ils l'ordonnaient à l'infanterie soit en plein air, dans les beaux jours, soit à couvert dans les temps de pluie ou de neige. Ils exerçaient aussi la cavalerie, non seulement en plaine, mais sur des terrains escarpés ou
pleins de crevasses, dans des sentiers serrés et embarrassés, afin que dans le combat,
aucune de ces difficultés n'arrêtât une cavalerie qui se les était rendues familières. Enfin, il
faut observer que, si on laisse trop longtemps une grande armée dans les mêmes lieux,
pendant l'été, ou pendant l'automne, la malpropreté, la corruption des eaux, l'infection de
l'air, y répandent des maladies capables de la détruire ; et qu'on ne les peut éviter qu'en
changeant souvent de camp.

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