CHAPITRE VII. Du passage des grandes rivières.

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CHAPITRE VII. Du passage des grandes rivières.

Message par Legrandalsacien1 le Mar 03 Mai 2011, 17:18

CHAPITRE VII.
Du passage des grandes rivières.


Il est extrêmement dangereux de passer des rivières sans précaution : si le courant se trouve trop rapide, ou le lit fort large, le bagage, les valets et même les soldats faibles, courent risque d'être submergés. Il faut donc, après avoir sondé le gué, séparer la cavalerie en deux troupes ; les porter, l'une en haut et l'autre en bas de l'eau, en laissant entre elles un espace qui serve de passage à l'infanterie et au bagage : ainsi, la troupe qui est passée au- dessus, arrête, ou relève ceux qu'il emporte ou qu'il renverse. Supposez que la rivière soit si profonde, que ni l'infanterie, ni la cavalerie même ne la puisse passer à gué, mais que
d'ailleurs elle coule sur un terrain aisé à couper, on peut la détourner partie par des fossés, partie par des ruisseaux, et la rendre ainsi guéable dans son lit, en diminuant levolume d'eau. On facilite le passage des rivières navigables, en enfonçant dans l'eau des pieux, sur lesquels on cloue des planches ; ou, si l'on est pressé, en liant des tonneaux vides, couverts de soliveaux, sur lesquels passe l'infanterie : en ce cas, la cavalerie passe à la nage. Les cavaliers les plus adroits font des faisceaux de joncs et d'herbes sèches, sur lesquels ils attachent les armes des fantassins, et les leur passent ainsi d'un bord à l'autre sans qu'elles
se mouillent.

On a trouvé, depuis, plus commode de charger sur des chariots de petites chaloupes faites
d'un seul tronc d'arbre creusé, et d'un bois fort léger ; des planches, des cordes, des
chevilles de fer ; en un mot, de quoi construire sur-le-champ une espèce de pont de bateaux,
aussi solide qu'un pont de pierre. Comme une armée se divise ordinairement et
nécessairement, lorsqu'elle passe une rivière, l'ennemi saisit presque toujours cet instant
pour l'attaquer ; soit en débouchant d'une embuscade, soit en avançant à découvert : c'est
pourquoi l'on doit occuper les deux bords de la rivière par des troupes capables de résister à
l'assaillant.

Il est plus sûr encore de couvrir les deux têtes du pont d'une palissade assez forte pour arrêter l'ennemi, sans être obligé de le combattre. Si le pont vous était nécessaire, soit pour repasser la rivière, soit pour faciliter vos convois, il faudrait élever à chaque tête du pont un retranchement, défendu par de larges fossés, et y poster une garde qui y tint ferme pour le temps nécessaire.

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