CHAPITRE XVIII. Par quels moyens, en bataille rangée, on peut résister à la valeur et aux ruses de l'ennemi.

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CHAPITRE XVIII. Par quels moyens, en bataille rangée, on peut résister à la valeur et aux ruses de l'ennemi.

Message par Legrandalsacien1 le Dim 08 Mai 2011, 10:15

CHAPITRE XVIII.
Par quels moyens, en bataille rangée, on peut résister à la valeur et aux ruses de l'ennemi.


Un grand général ne manque jamais les occasions qui se présentent de combattre avec avantage ; et elles se présentent souvent : car si l'ennemi est fatigué d'une marche désordonnée au passage d'une rivière, embarrassé dans des marais, essoufflé sur le penchant rapide d'une montagne, épars et en pleine sécurité dans un camp, négligent et sans précautions dans un quartier, ce sont autant de situations favorables pour l'attaquer ; parce que songeant alors à toute autre chose qu'à combattre, il est battu avant que de s'être mis en défense. Si vous voyez qu'il soit sur ses gardes, de façon à ne donner aucune prise
sur lui, attaquez-le à force ouverte ; en quoi l'intelligence n'est pas moins utile que dans la
guerre de ruse et de finesse.

Prenez garde, surtout, que votre gauche, ou même votre droite, ce qui est plus rare, ne soit

enveloppée par un corps de troupes supérieur, ou par des pelotons. Si ce malheur vous arrivait, le moyen de le réparer serait de replier sur elle-même l'aile enveloppée ; en sorte que ceux de vos soldats qui auraient fait pour cela l'évolution circulaire présentent le front à l'ennemi, et l'empêchent de prendre leurs compagnons en queue. Garnissez de braves gens l'angle qui ferme les ailes, parce que c'est où l'ennemi se portera avec le plus d'ardeur.
Le coin se forme d'un certain nombre de gens de pied postés à la tête, et tout près du corps de bataille. Ils le débordent de plusieurs rangs ; de sorte que le premier est composé d'un
petit nombre d'hommes, et que les suivants s'étendent de plus en plus, à proportion qu'ils
sont plus près de leurs corps de bataille. On appelle aussi le coin, tête de porc : il est très
propre à rompre les rangs de l'ennemi, parce que les javelots de tous les soldats du coin
peuvent, chacun par une direction différente, se lancer au même but ; mais la tenaille est
une défense naturelle contre le coin, elle est composée d'une troupe d'infanterie choisie,
disposée en forme d'un V majuscule, et destinée à recevoir le coin ; parce que, l'enfermant
des cieux côtés, elle en rompt tout l'effort.

La scie est une troupe d'infanterie d'élite, rangée en droite ligne, en forme d'une vraie scie :
on l'oppose à l'ennemi sur le front de la bataille, lorsqu'on veut donner le temps à quelque
troupe rompue de se rallier derrière.
Les pelotons sont composés d'un certain nombre de soldats séparés de leur troupe ; ils se
portent sur l'ennemi sans ordonnance déterminée. Si on vous en oppose, tâchez d'en
rompre l'effort par d'autres pelotons plus braves ou plus nombreux ; mais dès que vous en
serez venu aux mains, gardez-vous de rien changer à votre ordonnance, ni de transporter
une troupe d'un poste à l'autre, autrement vous verriez sur-le-champ naître un désordre,
dont l'ennemi profiterait pour vous mettre en déroute

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