Sépulture du Grand Maître David Dandolo de Pola

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Sépulture du Grand Maître David Dandolo de Pola

Message par Kerraaoc le Ven 22 Aoû 2014, 20:14

Ci-gît David Dandolo de Pola, Grand Maître de l'Ordre Équestre et Royal du Saint Sépulcre. Chevalier de France, Seigneur d'Andiran.
Requiescat in pace.




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Tu sais ce qu'ils ont tous en commun ? Tu sais ce que c'est, leur pouvoir secret ? Ils ne se battent que pour la dignité des faibles.
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Re: Sépulture du Grand Maître David Dandolo de Pola

Message par rackam29 le Ven 04 Nov 2016, 16:37

Cela faisait longtemps  qu'il n'était pas revenu  à la citadelle et beaucoup de lieux dans cet endroit lui rappelait de bons souvenirs. Il se posait souvent la question. Et si il avait écouté?

Aurait il eut la force de continuer en ayant trahis ses propres convictions, en ayant trahi en laissant seule une armée alliée devant l'ennemi bien plus nombreux. En baissant l'étendard du Lys? On dit qu'avec des si on pourrait mettre Rome en bouteille. Et  le passé tel qu'il avait été écrit, ne pouvait plus se changer. Quoiqu'il en soit, il était là aujourd'hui pour se recueillir sur la tombe d'un vieux frère, de son Grand maitre et également d'un ami,  comme il l'avait fait quelques temps plus tôt sur la tombe de son mentor, Azdrine de Vissac. Nul dout que le Lion se sentait vieux parfois.  

Il se posait une multitude de questions qu'en à son devenir. Il avait donc décidé de faire un pélerinage et la crypte du Saint Sepulcre en était le dernier lieu.

Il s'agenouilla devant la sépulture de David et se signa. Puis il joignit ses mains pour prier.


Christos, je voudrais être de ceux qui risquent leur vie.
Christos, vous qui êtes né au hasard d'une bicoque délabrée,
et mort comme un malfaiteur,
après avoir couru sans argent toutes les routes, celles de l'exil,
celles du désert et celles des prédications itinérantes,
Tirez-moi de mon égoïsme et de mon confort.
Que, marqué de la croix de Baptême,
je n'aie pas peur de la vie rude et dangereuse où l'on risque sa vie.
Mais, Christos, au-delà de tous risques d'une vie engagée dans l'action,
au-delà de toutes ces aventures plus ou moins épiques,
au-delà de tous les héroïsmes à panache,
rendez-moi disponible pour la belle quête où je vous retrouverai.
J'ai à engager ma vie, Christos, sur votre parole.
Les autres peuvent bien être sages, vous m'avez dit qu'il fallait être fou.
D'autres croient à l'ordre, vous m'avez dit de croire à l'Amitié.
D'autres s'installent, vous m'avez dit de marcher et d'être prêt à la joie
et à la souffrance, aux échecs et aux réussites,
de ne pas mettre ma confiance en moi, mais dans le Très Haut,
de suivre le message aristotélicien sans me soucier des conséquences et, finalement,
de risquer ma vie en comptant sur votre Amitié.


Puis  regardant la tombe de son ami il murmura ces quelques mots.

"Je me suis perdu, si tu pouvais m'éclairer mon vieil ami."

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Re: Sépulture du Grand Maître David Dandolo de Pola

Message par Dandolo le Ven 04 Nov 2016, 23:48

Novembre 1450, Normandie, du côté de Rouen

Voila des mois, depuis Formigny que les Françoys grignotent la Normandie au Duc de Somerset. Lisieux, Argentan, Saint-Lô et Coutance, reprises une à une, Dandolo a suivi et a été de tous les pillages combats. Les voila pour l'emballage final. Enfin pas tout à fait, il y a des poches de résistance à réduire avant de rendre toute la Normandie à la France.


En ce jour d'après la fête de tous les Saints, voila donc les écorcheurs de Jean Poton de Xaintrailles, lui-même sous les ordres de François de Surienne, dit l'Aragonais, face à un reliquat des hommes de Kyriel, le fameux Capitaine angloys. Ce surnom ne sera pas pour rien dans la suite des aventures de David, pour ceux qui en ont souvenir, qui y verra un destin mais pour l'heure c'est juste le patron du bouzin. Les pourceaux ont pris position sur une colline, et s'y sont fortifiés. Le pays est leur encore donc ils sont ravitaillés alors que les troupes du Roy n'ont que peu de ressources à progresser si vite depuis Fougères à travers un pays ravagé.


Tacticien, ingénieur, comme son maître, le représentant de Surienne fait jouer les arbalétriers. Mais, en contrebas, ceux-ci ont du mal à atteindre leur cible, s'encastrant sur les palissades ou passant au-dessus des têtes anglaises et galloises. Agacé, Xaintrailles fait cesser le tir et envoie ses écorcheurs. Les Godons répliquent à l'assaut sur leur fortification à l'aide de projectiles divers : lances, javelots, haches ou même pierres. Les écorcheurs peinent sur les défense et la noblesse présente, de plus en plus fournie alors que la victoire du Lys se précise, s'agite sur ses chevaux. Les Chevaliers se décident à aller forcer le verrou. Elle n'y parvient pas davantage et une folle rumeur court parmi les rangs, Xaintrailles serait mort! Écorcheurs et cavaliers commencent à se replier. En courant! Pour Dandolo qui dévale la pente de la colline!



Mais la rumeur n'est qu'une rumeur. Alors que quelques Angloys se jettent dans la vallée et rattrapent les fuyards voila la figure du Capitaine qui se dresse face à eux. Avec ses propres chevaliers. Les audacieux d'Albion sont taillés en pièce sur la colline faisant face.



Les Hérauts se font des signes de code. C'est la pause. Xaintrailles et son homologue ont décidé de déjeuner. Pour notre Gascon, ce sera plutôt casse-croute, du pain et quelques gorgées de vin. Pas de blessure pour lui mais il a un blessé, dont il ne sait que faire, et les deux fils du bûcheron d'Euso (Éauze) ont été tués. Deux bons gars, de vieux amis, serviables et pas compliqués. Il a la rage. Mais il est sergent de Xaintrailles. Il se lève, une fois son pain fini. Et il s'adresse aux siens. Très brièvement. Il invite le blessé à rejoindre le dernier campement, lui offre sa gourde avec son vin. Puis il parle de cette p..... de colline et des ses maudits Angloys qui ont tué leurs amis. Ils ne sont qu'une poignée. Ils se vengeront, et pas plus tard que tout à l'heure.


Les combats reprennent. Attaques et replis s'enchainent. Et les forces des défenseurs déclinent peu à peu. Jusqu'à ce que la brèche s'ouvre. Les écorcheurs s'y engouffrent et l'élargissent. Elle devient suffisamment large pour que la noblesse vienne prendre sa part de gloire. Leur crys déferlent dans les oreilles et pour les gens à pied c'est Angloys d'un côté, ou sabots de l'autre. Angloys... Gallois aussi... Les archers savent qu'ils auront le pouce coupé. Ils se défendent avec l'énergie du désespoir. Armés d'un simple poignard, ce sont des cibles faciles et Dandolo en tue une demi-douzaine au corps à corps.


La journée s'achève sur une victoire. Au moins quatre cents ennemis tués. Notre Gascon inspecte les tués et les dépouille avec ses hommes. Il s'enquière aussi des blessés. Un gémit près de lui. Durham... Lord Durham... Il ne connait pas, David se penche sur lui, lui tranche la gorge et lui enlève ses bagues, avant de se servir de son arme comme d'un levier pour arracher ses éperons visiblement en or.



Une fois la "collecte" effectuée, il rassemble le butin et s'en va le remettre au Capitaine. Il reste bien entendu des pièces et des bijoux dans les poches. Mais les plus grosses pièces, impossibles à dissimuler, représentent bien dans les six cents écus. Xaintrailles le remercie et l'invite à manger avec lui, comme pour tous ses sergents.


Novembre 1464, Guyenne, Citadelle du Rey



Une Ombre file au travers des couloirs du Donjon. Pourquoi hanterait-elle la tombe de celui qui lui a valu substance? Il ne s'y passe jamais rien. Pourquoi gênerait-elle les nouveaux occupants de ses appartements? Pas envie de croiser choses à même de lui faire souvenir de sa félicité en vie. Non. L'Esprit préfère le Donjon. Là, il se sent bien et tout ce qui lui importait matériellement s'y trouve, dans la réserve des Grands Maitres. En outre, depuis quelques mois, il y voit sa fille y prendre sa relève. On ne parlera pas de plaisir car il ne ressent plus rien mais le fait est un aimant et il y concentre son attention à chaque fois qu'elle parle dans ses murs.


Mais ce jour, comme un appel, un cry! Non pas celui de Xaintrailles. Mais une prière qu'il connait si bien. La prière d'un soldat. Tellement de fois il l'a dite, à genoux. Pas suffisamment pour que le Très Haut lui ouvre le Paradis apparemment. En gros, Celui pour qui une Éternité prend une seconde a dit "Je te donne réponse dans deux minutes". Donc notre fantôme erre entre portes de la Lune, du Paradis, et parcelle de la Terre réduite au domaine du Rey.


Mais donc cet appeau! Ceci ne peut venir que de loin dans le passé. Peu, voire personne hormis Yocto, ne prononce plus de telle prière pourtant fondatrice de l'Idéal de cet Ordre.


L'Esprit éthéré est donc attiré illico auprès de Rackam qu'il contemple, limite à le couver, heureux de la présence d'un vieux frère même s'ils ne sont plus de même nature. Il l'écoute.

"Je me suis perdu, si tu pouvais m'éclairer mon vieil ami."


Ah... Mon vieil ami... Si tu savais comme je suis moi-même perdu...

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Re: Sépulture du Grand Maître David Dandolo de Pola

Message par rackam29 le Sam 05 Nov 2016, 14:16

"La différence fondamentale entre l'homme ordinaire et le guerrier, c'est que le guerrier considère toute chose comme un défi, tandis que l'homme ordinaire voit en toute chose soit une bénédiction, soit une malédiction."
[Molière]

Et des défis,  le Lion en avait surmonté un bon nombre. Avait il réussi  néanmoins à trouver ce qu'il cherchait? Il y a dans le coeur des hommes cette faculté à se foutre dans  un merdier sans nom. Par amour, il avait accepté cette voix qui l'emmenait dans l'enfer de la politique. Au départ il avait été facile pour lui de suivre mais il ne s'attendait pas à ce genre de revers de médaille. Lui qui avait été un homme droit et qui suivait des principes nobles, s'était perdu dans un panier de crabes voraces. Sa descente aux enfers venait de commencer. Par amour pour une femme, il avait accepté des terres d'un homme jaloux et aigri. Il était monté  sur la plus haute marche d'un duché corrompu, espérant faire changer  les choses. Et sa descente ne faisait que commencer. Puis vint   cet épisode et cette missive qui lui fit rompre son serment. La suite avait été un cheminement infernal  pour le Lion,  le précipitant vers la demeure du sans nom. Aujourd'hui, il revenait avec des blessures profondes et son âme en avait pris un sérieux coup dans la tronche. 

Un vent glaciale parcourait sa nuque et un long frisson parcourait le long de son échine.


Ah... Mon vieil ami... Si tu savais comme je suis moi-même perdu...

Il restait tel qu'il était gardant ses yeux fermés. Un fin sourire se dessinait sur son visage,  seul signe qu'il avait entendu le murmure du vent. Il ignora si c'était son imagination ou pas, mais entre mille voix, il reconnus celle de son vieux frère. Comme si le temps venait de s'arrêter il resta immobile genou ployé et les mains jointes devant la stèle de Dan. Sa mémoire retraçait sa rencontre avec l'homme et son arrivée à l'ordre quelques temps après.

"Nos erreurs font ce que nous sommes... mais, je suppose que je t'ai déçu mon vieil ami..."

Comment pouvait il en être autrement?

"Pourtant je n'ai fais que suivre mon coeur, croyant la cause juste."

Un soupir laissa échapper de l'air embué de sa bouche, il faisait un peu froid.

"Me pardonneras tu mes faiblesses d'homme un jour et d'avoir abandonné les miens en rompant mon serment?"

Il ne savait pas si il recevrait une réponse, mais il ne pouvait pas se résigner à partir tout de suite. Il était dans une sorte de transe qui l'emportait dans son imaginaire et qui l'amenait à croire qu'il discutait vraiment avec son ami. N'étais ce pas à ça que servait le recueillement?

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Re: Sépulture du Grand Maître David Dandolo de Pola

Message par Dandolo le Sam 05 Nov 2016, 17:12

Nota : Quelques temps avant l'épisode précédent

18 Mai 1450, Normandie, Bayeux

Une taverne... Des individus aux mines plus ou moins engageantes... Quoi de plus naturel pour David? Dans ces repaires pour soiffards se forgent amitiés ainsi qu'inimitiés, indifférence aussi. Mais les premières sont les plus courantes car bien souvent on y retrouve les compagnons de route et les frères d'armes. Les Armagnacs ont l'instinct grégaire et les accents du sud-ouest les rapprochent toujours en pays d'Oïl.

Manger et boire autour d'un bon feu... Dormir sous la tente ou à la belle étoile... C'est bien souvent le quotidien dans les compagnies se déplaçant à travers le Royaume. Pourtant si on a l'occasion de passer une nuit dans une bourgade. Si une place dans une chambre est disponible. Quel délassement! Il faut convenir que la position de sergent au service de Xaintrailles aide bien dans ces cas-là. À la limite, Dandolo pourrait s'inviter chez l'habitant. Mais ce n'est pas son goût.

Après la prise de Bayeux, notre Gascon n'a donc pas tardé à trouver avec d'autres le lieu où une partie de sa solde trouvera facilement à être dépensé. Il passe la soirée à boire et à jouer au ramponneau avec une partie de ses hommes. Puis il s'endort dans sa chambre au côté d'une fille dont il a déjà oublié le nom s'il l'a jamais su.

Mais dans l'après-midi, des hommes de Chabannes, un autre Capitaine commandant à des écorcheurs, ont souhaité accrocher en ex-voto dans la cathédrale des prises faîtes aux Anglais. Les Clercs s'y sont opposés. Ils refusent de voir ce genre d'objet dans le lieu sacré. Ou plus hypocritement, ils craignent un retour possible de l'ancien occupant. Les hommes d'armes les ont molestés. En sus et parce que les écorcheurs restent des écorcheurs, les troncs ont été pillés. L'évêque est en colère. Il se rend auprès du commandant en chef des troupes royales, le Comte de Dunois, et se plaint du comportement des troupes royales. La fidélité des habitants de Bayeux est encore douteuse. Sa Grandeur se passerait bien de ce genre de souci.

Dunois convoque Chabannes et Xaintrailles et les tance. Gentiment, il a aussi besoin de ses Capitaines. De la même manière, ceux-ci n'ont aucune envie de punir leurs hommes. Cependant, par prudence, ils décident de faire revenir dans leurs campements ceux qui sont en ville.

Et voila Dandolo réveillé par deux hommes armés même pas une heure s'être endormi enivré au sortir d'une joute avec une belle.


Vous partez?

Dandolo ne répond pas. Il n'a rien à lui dire. Il s'habille en silence à la lumière de la lampe que tient l'un des deux Armagnacs, les yeux noirs.

Parcourant les rues, les trois, comme d'autres petits groupes, crient "France! Xaintrailles!" pour rameuter les hommes du Capitaine. Des hommes paraissent, on les renvoie au campement hors de Bayeux.

Parfois, rien ne sort des auberges dont on sait qu'elles sont occupées par les hommes de Chabannes ou Xaintrailles. On fracasse alors les portes fermées pour la nuit et on réveille brutalement les établissements.

Dandolo discute avec d'autres sergents, qu'ils les croise pour la première fois ou les connaisse déjà. Ils mettent "la main dessus" en se servant dans les réserves d'alcool ou de victuailles. On échange des souvenirs sur le Jura suisse, la virée à travers la Bourgogne au retour, certains racontent leur "épopée" en Alsace ou en Souabe... David, lui, s'est retrouvé aux Pays-Bas à suivre Xaintrailles. Le but était de tenir les écorcheurs hors de France le temps de la trêve mise en place en 1444 avec l'Angloys. Et c'est peu dire que ce séjour à l'étranger fut douloureux pour les voisins du Royaume de France. On parle beaucoup de l'épisode suisse. Certains se vantent d'être de la Bataille de la Birse. Dandolo a des doutes sur certains qu'il pense bien ne pas avoir été des Armagnacs ayant pénétré dans le cimetière Saint Jacques. D'autres ont des nouvelles du sud-ouest, parfois de la famille ou des amis. La mission traine du fait de ce brassage entre les diverses unités.

Dans les rues de la cité, pas un membre des compagnies d'ordonnances de Dunois, les troupes régulières et soldées créées en 1440 pour remplacer peu à peu les troupes disparates, indisciplinées et violentes, composant les armées royales. Dunois veut éviter qu'une éventuelle rixe entre ses hommes et les écorcheurs ne dégénère. Les deux "corps" en effet ne voient pas les affaires de la guerre de la même manière. Or, aucune cité n'a encore été pillée après sa libération de l'Anglois. Mais les écorcheurs sont plus de 1500 dans Bayeux: la petite cité normande n'y résisterait pas!

Ils en sortent peu à peu mais ont fait provisions au passage, partant du principe que libérant leurs chambres, ils avaient droit à compensation... Mais il a récupéré tous ses hommes et rendu compte au Capitaine. Celui-ci l'a renvoyé picoler avec un sourire en coin. Au matin, Dandolo est complètement ivre. On lève le camp direction Caen. Avec deux autres sergents, deux vieux copains avec qui il n'avait pas parlé depuis des années et qui ont fini la nuit avec lui, le Gascon entame la route vautré entre deux sacs sur la carriole de leur forgeron, et en train de roupiller. Qu'on le réveille pour la soupe! Cela ira très bien.


Novembre 1464, Guyenne, Citadelle du Rey

Comment cela fonctionne-t-il? Il ne sait pas. D'ailleurs, il ne s'est même pas rendu compte du mariage de sa fille. On croit pourtant que, de là où ils sont, les chers disparus veillent sur vous. Peut-être que depuis le Soliel, un Dandolo apaisé aurait gouté au spectacle. Mais pas dans sa position actuelle. Oh! Il fond en direction de sa progéniture parfois! Mais comme dit, quand elle parle comme Grand Maître, ou le jour de son adoubement. Comme si l'Esprit éthéré cherchait à savoir quelle part de lui Giulietta a gardé. Et la retrouvant dans des positions qui furent les siennes, sa curiosité est infinie, littéralement, tout autant qu'il est néant.

Ainsi donc, l'Ombre n'a pas prêté attention aux discussions que purent avoir Rackam et les autres membres du Chapitre. Son nom peut bien avoir été invoqué, cela n'a pas suffi à le détourner de son attente du Message Divin. Ce serait trop facile. "Dandolo es-tu là?", "Oui? c'est pourquoi?". Les affaires humaines ne l'intéressent pas.
 

"Nos erreurs font ce que nous sommes... mais, je suppose que je t'ai déçu mon vieil ami..."

Quelles erreurs? De quoi parle-t-il? L'Esprit reste, toujours fasciné par la prière entendue et donc curieux. Sans effort de concentration vu sa nature, il revoit les saynètes s'étant déroulées au Donjon. Il était là, après tout, même indifférent aux faits et dires des Vivants. Il revit aussitôt tout ce qui a conduit au départ de Rackam.

"Pourtant je n'ai fais que suivre mon cœur, croyant la cause juste."

Je t'aurais mis un de ses pieds au cul !!! ... Mon vieux frère... Tu aurais eu du mal à enfourcher une selle pour chevaucher aux côtés d'un homme sans honneur.

Le tout pensé d'un ton neutre, il n'a plus ni colère, ni humour. Juste le souvenir jaillissant de l'être vivant qu'il fut. Lui n'a jamais compris ces histoires d'attachement à une seule province. Champagne? Pour Rackam. Guyenne? Sa fille boit du calva à présent. Normandie alors? Qui choisir? Surtout si cela doit justifier de pouvoir aller jusqu'à s'allier avec le Sans Nom s'il le fallait. Mais pourquoi pas le Rouergue? Ou l'Anjou? Ce n'est pas devenu être immatériel que ce qui reste de David va comprendre ce postulat. Lui a cru en l'Amitié. Même à la fois béat et tourmenté, et sans espérance, on pourrait dire qu'il attend que l'Amitié le sauvera et fera pardonner une partie de sa vie.

"Me pardonneras tu mes faiblesses d'homme un jour et d'avoir abandonné les miens en rompant mon serment?"

Pardonner? Voila un concept qui étonne l'Ombre. Elle s'en souvient pourtant mais ne peut plus se l'approprier, surtout en attente d'être elle-même éventuellement pardonnée. Mais, continuant de tourner autour de Rackam...

Je te pardonne... Mon vieil ami... À jamais restera gravé le souvenir de nos chevauchées sur les plaines de Champagne.

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Re: Sépulture du Grand Maître David Dandolo de Pola

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