De la Botanique

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De la Botanique

Message par Kerraaoc le Mer 21 Jan 2015, 16:50

De la Botanique



Par Zivappa, Herboristerie, botanique , copie du traité de la Bibliothèque du Royaume revu et corrigé par Alatariel
Source: http://domaineduboisdore.actifforum.com



Absinthe (Artemisia absinthium)


Appelée aussi Grande Absinthe, Absinthe commune ou officinale.
Appelée également : Aluine, armoise amère, herbe aux vers, herbe sainte.




1 – Description.
L'absinthe est une variété d'armoise de la famille des composées. Originaire de la région de la Méditerranée et est maintenant naturalisée dans les régions à climat tempéré, on trouve l'Absinthe dans les lieux pierreux et incultes, le long des murs aux endroits secs.
Les feuilles sont gris verdâtre dessus, blanches dessous, soyeuses. Les fleurs sont jaunes. L'odeur de cette plante est fortement aromatique et sa saveur très amère.
Il existe également une absinthe maritime qui pousse sur les bords de mer et est peu utilisée et l'absinthe des Alpes ou génépi .
Plante pouvant atteindre 0,40 cm à 1,50 m, à tiges ramifiées. Feuilles très découpées vert argenté et soyeuses sur les deux faces, argentées par dessous.
Floraison de juin à septembre.

2 – Histoire.
La déesse Artemisa lui donna son nom en reconnaissance de ses bienfaits. Les anciens peuples du Moyen Orient (Assyrien et Babyloniens) l'utilisait déjà pour calmer les lourdeurs de l'estomac. En plus de cela les Égyptiens s'en servaient comme vermifuge. Les Druides l'offraient aux Dieux. Les Gaulois s'en ceinturaient les reins, les hommes contre les rhumatismes, les femmes pour faire venir leurs règles.
Dans l'antiquité, elle a servi d'antidote à la ciguë.
Dans le texte de l’Apocalypse selon Saint Jean dans le Nouveau Testament, Absinthe est le nom de la météorite qui s’écrase sur Terre et qui empoisonne les sources et cours d’eau.
(…)Le troisième ange sonna de la trompette : il chut du ciel une grande étoile qui flambait comme une torche ; elle tomba sur le tiers des fleuves et sur les sources. Cette étoile s'appelle « l'Absinthe ». Ainsi le tiers des eaux tourna en absinthe et bien des gens moururent d'avoir bu de ces eaux empoisonnées.(…)

3 – Vertus.
Cette plante soignait les diarrhées et les coliques.
Apéritif tonique et stimulant à la saveur amère qui favorise aussi la digestion (recommandée pour les anémiques et les convalescents).
La poudre de cendres est utilisée contre l'aérophagie.
Excellent fébrifuge pour les accès de fièvre lorsqu'elle est associée à la Centaurée, la Gentiane et l'écorce de Saule.
Anti-nauséeux de valeur (mal de mer), c'est aussi un bon vermifuge contre les Ascaris et le Oxyures.
Pour les femmes, elle facilite les règles et les rend moins douloureuses lorsque l'inertie utérine est en cause.
Cette plante aide à supporter les conséquences d’une trop grande prise de boisson.
Ce breuvage est reconnu pour causer une dépendance rapide et des dérangements mentaux.
Éloigne les insectes.


Recettes pour se nourrir.
L’alcool fabriqué à base d’absinthe est extrêmement dangereux ! Ce n’est pas la plante qui est nocive dans ce cas, mais ce que les hommes en font. Cette plante a des vertus curatives à l’état naturel.

Recettes pour guérir.
Infusion : Vermifuge. 5 à 6 g de sommités par litre d'eau bouillante. 2 à 3 tasses par jour le matin et 1/2 h avant le petit déjeuner pendant 4 ou 5 jours.
Gueule de bois : faire macérer quelques feuilles d’absinthe concentrée dans une tasse d’eau bouillante et en boire une à plusieurs fois par jour.
C. plantes fraîches brûlées dans étables, ou placées dans les armoires : chasse les parasites et lutte contre les mauvaises odeurs.


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Re: De la Botanique

Message par Kerraaoc le Mer 21 Jan 2015, 16:53

Ache des marais ou céleri (Apium graveolens)




1 - Description.
Forme sauvage du céleri, la Ache des marais est une plante spontanée des lieux humides.
Plante herbacée bisannuelle : glabre, luisante, parfois rougeâtre, à forte odeur de céleri (30/80 cm.). Elle se récolte de juillet à septembre.

Dans le langage des fleurs, le céleri signifie sincérité.

2 - Histoire.
Dans l'Antiquité, Egyptiens, Grecs et Romains l'utilisaient pour ses vertus médicinales. Les Grecs l'appréciaient aussi pour son pouvoir aromatique et comme décors de table. Hippocrate vantait déjà ses propriétés diurétiques. Dans l'Empire romain, elle servait à confectionner des couronnes qui ornaient le front des vainqueurs du cirque et des poètes… Employée au Moyen âge comme plante médicinale. Ce ne sera qu'à la Renaissance que naîtra de sa culture le céleri.

Symbolique :
Elle est aussi le symbole des ducs et marquis, les fleurons sont inspirés de ses feuilles.

Croyance
Les croyances populaires lui attribuaient moult vertus dont celle de prévenir la mélancolie, de déterminer le sexe d'un enfant à naître (voir ci-dessous), de soigner les maux de dents
" Si l'on met sur la teste de la femme enceinte, sans qu'elle s'en avise, une plante de l'ache avec sa racine, si le premier nom qu'elle prononcera est masculin, elle est grosse d'un fils, autrement, d'une fille "

3 - Vertus.
Plante diurétique, tonique, apéritive et digestive. (On lui prête des vertus aphrodisiaques).
Les graines de la plante sont utilisées (tout comme le carvi, l'aneth etc.) en tant qu'épice. Leur parfum chaud et amer rappelle la muscade et le persil. Les feuilles sont utilisées comme fines herbes, hachées dans les soupes, potages (appelés aussi potherbes).
Ne pas consommer en trop grande quantité.

Recettes pour guérir
Maux de dents : suspendre une racine d'ache au bras du même côté que la dent malade.
Tranquillisant : la graine d'ache aurait cette vertu.


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Re: De la Botanique

Message par Kerraaoc le Mer 21 Jan 2015, 16:56

Achillée Millefeuille (Achillea millefolium)


autre noms : Herbe au charpentier, Herbe de Saint Joseph, Herbe de Saint Jean, Herbe
aux militaires, Herbe aux cochers, Herbe aux voituriers, Sourcils de
Vénus, Herbe à la coupure, Saigne-nez, Ortie du diable, Camomille des montagnes.
Elle porte le nom de saigne-nez, car les enfants se
ramonaient les narines avec et provoquaient ainsi des saignements du nez pour obtenir de sortir de l'école !!




1 – Description.
De la famille des astéracées, c’est une plante vivace petite à moyenne (15cm - 1,20m), à fleurs blanches ou roses aromatisées à l'anis, poussant sur les pelouses sèches et rocailleuses jusqu'à 2400 m. Elle est duveteuse, aromatique. Sa tige est dressée dure, cannelée, simple ou rameuse, à rhizome émettant des stolons.
Ses feuilles sont plumeuses, vert foncé, velues dessus. Les feuilles de la base et celles des rejets sont pétiolées.
On la trouve dans les herbages, les lieux incultes jusqu'à 2800m.
Elle fleurit de mai à novembre.

Langage des Fleurs: Dans le langage des fleurs, c'est le symbole de la guerre.

2- Histoire.
Connue pour ses pouvoirs magiques, 1'Achillée Millefeuille a donné lieu à de nombreuses légendes.
L'Achillée tire son nom de genre du héros grec Achille, qui, dit-on, pansa avec la plante ses guerriers blessés pendant la guerre de Troie. On dit aussi qu'Achille, héros légendaire de l'Iliade, aurait guéri avec de l'Achillée, la blessure de Télèphe, roi de Mycènes.
On dit aussi que lors de la guerre de Troie, la déesse Aphrodite lava le talon blessé du grand guerrier Achille dont elle tire le nom.
Les Celtes la récoltaient selon un rituel compliqué.

Croyances.
Elle passe pour chasser les mauvais esprits, la tristesse, les maladies: les timides doivent garder sur eux un petit morceau d'Achillée pour se donner du courage, et les jeunes filles à marier interrogeront la plante pour connaître le nom de leur futur époux.

3 – Vertus.
Les feuilles et les graines ont des propriétés médicinales.
Usages et propriétés médicinales : paradoxalement, elle était utilisée pour guérir les coupures d'où son nom d'herbe à charpentier (coups de marteaux) ou herbe aux coupures.
L'Achillée est riche en tanin et, pour cette raison, est toujours utilisée pour arrêter les saignements de nez, guérir les plaies et calmer les rages de dents.
En résumé, Propriétés principales : tonique veineuse, hémostatique, diurétique, vermifuge, emménagogue, antispasmodique, antiseptique, cicatrisant, anti-inflammatoire, vulnéraire, à la fois emménagogue (favorisant les règles) et hémostatique (arrêtant les saignements)
Elle peut s'utiliser en cas de saignements, de douleurs des règles, de troubles de la circulation, de spasmes utérins ou digestifs.
Les graines de millefeuille conservent le vin si l’on dépose un sachet dans le tonneau.

Recettes pour guérir
En cas de grosse fièvre ou de bouffées de chaleur, on peut boire une infusion refroidie d'une sommité fleurie pour une tasse d'eau.
Mélangée en tisane avec du sureau noir, lutte contre le rhume.
Attention, l’achillée peut provoquer des réactions allergiques !


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Re: De la Botanique

Message par Kerraaoc le Mer 21 Jan 2015, 17:00

Acore aromatique (Acorus calamus) (Araceae)


On l’appelle parfois Canne aromatique, Jonc odorant, Lys des marais ou Roseau aromatique.



Origine du nom :
Viendrait du grec a (privatif) et koros : satiété, en rapport avec ses propriétés digestives. Calamus du grec kalernos : roseau, compte tenu de sa ressemblance avec le roseau.

1 – Description.
De la famille des aracées, l'acore aromatique est une plante des marécages. Elle pousse aussi le long des cours d’eau. C'est la partie souterraine de la plante, qu’on appelle le rhizome, qui, une fois nettoyé, donne une substance très aromatique.

Récolte
Il faut les récolter au printemps et à l'automne et les faire sécher à l'ombre.

2 – Histoire.
Quelques chirurgiens médiévaux utilisent l’acore, Avicenne, Guy de Chauliac (1300-1368), et particulièrement Guillaume de Salicet (1201-1277) qui l'emploie dans les contractures tétaniques (tétanos) : "Acore est chaud et sec, et ainsi il convient (...) à la contraction des lacertes et au spasme (...)" (Guillaume de Salicet).

Croyances :
Il paraît que les mauvaises gens qui jettent des sorts s’en serviraient pour des préparations secrètes, mais je n’en sais pas plus… D’autres disent que ça favoriserait la divination mais moi, j’ai pas besoin de ça. Et j’ai même entendu dire que ça protègerait contre la pauvreté…

3 – Vertus.
Elle permet de lutter contre les digestions difficiles – ballonnements, nausées - et contre le manque d'appétit. L’acore a des propriétés diurétiques, abortives.
Vous qui avez des fourrures, sachez que l’acore en éloigne les puces.

B - Recettes pour se nourrir.
On peut sécher les racines, les mouler et les ajouter aux compotes et aux dessertes.
Liqueur d’acore aromatique, boisson apéritive : 100 g. de rhizomes séchés + ½ litre d’alcool + ½ litre d’eau. Attendre une semaine avant de bien secouer et de filtrer avec une étamine.

C – Recettes pour guérir.
L’acore aromatique parfumera délicieusement votre bière à la taverne, sieurs taverniers ! et aussi la gnaule… En infusion avant les repas, il ouvre l’appétit.

Infusion pour mieux digérer : 10 g. pour un litre d’eau et boire 2 à 3 tasses par jour.

Infusion contre les rhumatismes, la goutte et l’arthrite : vous avez besoin de 20 g d'acore aromatique, 15 g de bouleau, 15 g de bugrane, 15 g de gentiane, 20 g de lierre terrestre, 20 g de véronique. Préparez l’infusion et buvez une bonne cuiller deux fois par jour.

Mauvaise haleine
Mâchez un bout de rhizome et cela soulagera votre bien-aimé(e).

Vinaigre contre la peste : macération aromatique dont il faut se frotter le corps et en boire tous les jours.
Voici la formule :
20 g de grande absinthe (Artemisia absinthium) ; 20 g de petite absinthe (Artemisia pontica) ; 40 g de romarin (Rosmarinus officinale) ; 40 g de sauge (Salvia officinale) ; 40 g de menthe (Mentha) ; 40 g de rue fétide (Ruta graveolens) ; 40 g de lavande (Lavandula vera) ; 5 g d'acore aromatique (Acorus calamus) ; 5 g de cannelle (Cinnamomum zeyianicum) ; 5 g de girofle (Syzygium aromaticum) ; 5 g de muscade (Myristica fragrans) ; 5 g d'ail (Allium sativum). A laisser macérer dix jours (au soleil si possible) dans 2,5 litres de vinaigre. Ecrasez bien les plantes dans le jus, puis passez. Ajouter 10 g de camphre naturel à dissoudre avant dans quelques gouttes d'acide acétique. S'en frictionner tous les jours.


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Re: De la Botanique

Message par Kerraaoc le Mer 21 Jan 2015, 17:05

Ail (Allium sativum)





1 – Description.
Plante herbacée de la même famille que le lis caractérisée par une odeur très fortement prononcée. Proche de l'oignon, l'ail donne naissance à une tige florale aux petites fleurs blanches formant une inflorescence en ombelle. Les capsules de son fruit contiennent chacune plusieurs graines ovoïdes noires. Son bulbe est recouvert d'une fine pellicule et divisé en plusieurs gousses d'une odeur et d'une saveur très fortes.
L’ail est à planter au pied de vos rosiers car il les protégera des pucerons et des maladies.
Font partie de la même famille la ciboulette, l'échalote, l'oignon et l'Ail ornemental.

Origine du nom.
L'origine du mot Ail nous vient du mot celte « all » qui signifie « chaud ». Il est plus doux, plus tendre en hiver alors qu'au moment de la récolte, en mai, son tempérament « de feu » enflamme nos papilles.

Langage des fleurs.
Protection.

2 – Histoire.
Galien (2e s. apr. J.-C.) l’appelait la thériaque des pauvres car cette plante pousse facilement un peu partout et ne coûte pas beaucoup d’écus à l’homme de la rue.
"L'ail mâché le matin, corrige la saveur
Des liqueurs et des eaux nouvelles au buveur.
Chasse l'odeur puante, anime le visage ;
Cuit, cru, de la voix rauque il adoucit l'usage.
La piquante moutarde est favorable aux yeux
Et l'ail pour la poitrine est un tonique heureux." École de Salerne.
Les gladiateurs romains, soucieux de leur force et de leur forme, en mangeaient régulièrement... Au fil des siècles, on lui prêta même des pouvoirs fabuleux.

3 – Vertus.
Il est également réputé pour ses propriétés diurétiques, hypotensive, antispasmodiques, stimulantes et pour faciliter la digestion.
Cette famille (Allium) possède des propriétés répulsives et est une des plus efficaces pour repousser les insectes.


Recettes pour se nourrir.
L'ail s'utilise en cuisine comme plante condimentaire, en gousse ou râpé, cuit ou cru, pour relever sauces, viandes et autres plats.

Recettes pour guérir :
- traiter les cors.
Messieurs les cavaliers, quand d’avoir chevauché trop longtemps la haquenée, vos pieds vous feront souffrir et que cors ou durillons bourgeonneront sur vos orteils, alors
Posez dessus de l’ail écrasé (mais juste sur le dessus) pendant deux semaines.
- traiter les coupures.
Si d’aventure une coupure vous enlaidit la main ou toute autre partie du corps, posez dessus un cataplasme : cela évitera l’infection.
- traiter un panaris, un furoncle, un abcès.
De même que précédemment, avec un cataplasme d’ail.
- traiter les brûlures, les piqûres d’insectes, les verrues.
Petits maux disgracieux, posez dessus de l’ail broyé puis patientez.
- traiter la toux.
Une bonne infusion ou décoction d’ail dans du lait vous aidera à passer les toux d’hiver.
- traiter les douleurs d’oreille.
« A la sourdesse de l’oreille battez des aulx et du suint d’oie, ensemble, et mettez dans l’oreille » dit l’Herbier de Houdon.
- boire en pérégrination.
Si le devoir vous mande loin de chez vous et que vous n’avez point fiance en l’eau que le tavernier vous baille, cuidez-moi, mangez de l’ail : il vous protégera !
- bien digérer.
L’ail vous aidera à ce que la digestion ne vous provoque point de vilaines humeurs. Si malgré mes conseils, quelques flatulences vous fouaillent les entrailles, buvez une décoction de pelures de gousses d’ail.
- les venins.
Je citerai encore l’École de Salerne : « Et les aulx et la rüe, ainsi que les réforts,
La grande thériaque et la noix et la poire,
Sont contre les venins des remèdes très forts,
Et nous font, dessus eux, remporter la victoire. »
- la peste.
Il est un remède dont on ne m’a jamais donné l’exacte composition : c’est celle de ce vinaigre qui en 1270 fut utilisé pour se protéger de la peste. Dans le vinaigre était infusé de l’ail, de l’absinthe, de l’angélique, du romarin, de la rüe, de la sauge et de la menthe… mais ce n’était pas tout. Quel dommage que l’oubli m’envahisse.
- ranimer la flamme.
Paraît-il que sa chaleur réveillerait les aiguillettes endormies… Eh bien, faut-il être désespérée pour souffrir telle haleine !
- usage mesquin.
Mes Dames, si votre époux s’en revient au logis la bouche puante d’avoir croqué la gousse, dites-vous bien qu’il a pu également croquer la pomme : c’est une de leurs ruses pour nous masquer les parfums des onguents de leurs amantes, de leurs drôlesses… Restez vigilantes ! Il en est également qui pensent masquer ainsi la pestilence du trop boire quand ils rentrent de la taverne. Et toutes nous savons dans quel état ils rentrent… quand ils rentrent.
Contre les parasites :
Conserver les minces épluchures de peau, les mettre dans de l'eau (de pluie de préférence) et laisser reposer durant 2 à 3 jours.
Vous obtiendrez un insectifuge liquide très efficace à diluer dans 3 fois le même volume d'eau pure pour pulvériser très finement contre les parasites.
Vinaigre contre la peste : macération aromatique dont il faut se frotter le corps et en boire tous les jours.
Voici la formule :
20 g de grande absinthe (Artemisia absinthium) ; 20 g de petite absinthe (Artemisia pontica) ; 40 g de romarin (Rosmarinus officinale) ; 40 g de sauge (Salvia officinale) ; 40 g de menthe (Mentha) ; 40 g de rue fétide (Ruta graveolens) ; 40 g de lavande (Lavandula vera) ; 5 g d'acore aromatique (Acorus calamus) ; 5 g de cannelle (Cinnamomum zeyianicum) ; 5 g de girofle (Syzygium aromaticum) ; 5 g de muscade (Myristica fragrans) ; 5 g d'ail (Allium sativum). A laisser macérer dix jours (au soleil si possible) dans 2,5 litres de vinaigre. Ecrasez bien les plantes dans le jus, puis passez. Ajouter 10 g de camphre naturel à dissoudre avant dans quelques gouttes d'acide acétique. S'en frictionner tous les jours. C'est une belle panoplie d'herbes désinfectantes !

Addendum.
Il existe d’autres variétés : Ail des ours, (Allium ursinum), Ail des bois, Ail a larges feuilles, Ail sauvage)
Tous les aulx ont des pouvoirs magiques très forts. En Savoie on avait coutume d’en jeter des fragments dans les rivières afin de les purifier. Le mot sanscrit qui désigne l’ail signifie « tueur de monstres ».
On retrouve dans l’Ail des ours des propriétés identiques à celles de l’Ail cultivé : bactériostatiques, antiseptiques et antiputrides. Il facilite la digestion, calme les spasmes des bronches, il soigne l’hypertension, les diarrhées et autres défaillances intestinales. Il sert aussi de dépuratif pour les problèmes de peau et répare els troubles du sommeil s’ils sont d’origine digestive. L’Ail des ours se prépare en décoction pendant 2 minutes, à raison d’une cuillerée à soupe de plantes coupées par tasse, deux tasses par jour.


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Re: De la Botanique

Message par Kerraaoc le Mer 21 Jan 2015, 17:09

Ancolie (Aquilegia vulgaris)





Au Moyen âge, les jardins ménagers et de simples étaient complétés de carrés où les fleurs colorées étaient à l'honneur. L'ancolie y était très prisée.


1 - Description.
L’ancolie commune, de la famille des renonculacées, se différencie de sa cousine l'ancolie des Alpes par son nombre élevé de fleurs. De plus, celles-ci sont plus petites, d’un bleu plus foncé et possèdent des éperons très crochus. Elle pousse dans les bois, les prairies et sur le bord des chemins, de préférence sur un sol calcaire. Elle pourrait également être confondue avec l'ancolie de Bertoloni, mais les étamines de cette dernière ne dépassent pas de sa corolle très longue
C'est une plante toxique.

Langage des fleurs
« Prenez donc le droit de vous montrer extravagant, de faire des caprices, de vous livrer à des folies».
Cette fleur est depuis toujours liée aux humeurs fantasques, aux coups de folie ou de foudre...mais toujours liées à une certaine tristesse. En offrant une ancolie, ce n'est point un aveu d'amour que vous ferez, mais peut-être plutôt l'aveu de votre désarroi, votre volonté à faire évoluer une situation dont vous ne maîtrisez plus très bien les rebonds. L'ancolie dit : « Vous me troublez tant que j'en perds ma raison... »
D'aucuns disent qu'il peut s'agir également d'un aveu d'infidélité... Brrr...
L'ancolie pourpre signifie que l'on est résolu à gagner.

2 – Histoire.
Les Romains extrayaient de la racine d'ancolie une essence qu'ils croyaient énergétique et aphrodisiaque, susceptible d'entraîner la personne aimée dans une « folie amoureuse », essence totalement interdite aux jeunes filles pures, évidemment.
Au Moyen âge, ses fleurs étaient associées au bonnet du « fou ».
Certains la portaient en amulette pour contrecarrer les sorciers et les mauvais sorts.


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Re: De la Botanique

Message par Kerraaoc le Jeu 22 Jan 2015, 11:40

Angélique (Angelica archangelica)

Appelée également : Angélique de bohème ou des jardins, Herbe du Saint-Esprit, Herbe des Anges, Archangélique.




1 – Description.
Importée de Chine ou de Scandinavie, elle fait son apparition en France au XIVème siècle, dans les jardins des monastères. Elle y est cultivée pour ses bienfaits, est considérée comme un légume bénéfique.
Elle est d'abord cette herbe verte, longue, fine, une sorte de racine, riche en fibres qui s'apparenterait au cardon.
C'est une ombellifère bisannuelle. Elle est reconnaissable à son odeur aromatique, sa tige cannelée épaisse et creuse. La plante est imposante, elle peut atteindre 1,70 m de haut.

Culture et récolte.
Pour sa culture, il est souhaitable de choisir des terres légères, chaudes, humides ou d'irrigation facile. On sème les graines dès leur maturité dans un terreau léger et humide. À l'automne, on repique en pleine terre à environ 80 centimètres de distance. La racine ne se récolte pas avant la fin de la deuxième année. Elle est lavée, coupée, et séchée dans des endroits secs, légèrement chauffés en hiver. Les feuilles se ramassent dès leur apparition vers le mois de mai ou juin, on les sèche à l'ombre en bouquets suspendus. On coupe les ombelles pour récolter les fruits, qui se détachent facilement, vers le mois d'août.

Langage des fleurs :
Elle signifie l'inspiration et vous lui direz ainsi : « Je suis en extase : » (idée de l'ange...) ou bien « Vous faites naître de nobles pensées. »

2 – Histoire.
L’Archange Gabriel ayant lui-même dévoilé à un ermite ses multiples propriétés médicinales, son nom rappelle son origine.
Importée selon la légende, des pays scandinaves au XIIe siècle, elle se cultive particulièrement bien à l'ombre des peupliers.
On rapporte qu'elle agirait comme un préventif de la peste...

Croyances.
Son pouvoir serait magique. Elle guérirait les fièvres, procurerait la tempérance en toute chose, y compris la chasteté.
L'angélique, aussi appelée l'herbe aux anges, préserve quiconque fait appel à ses vertus, de tous les maléfices et mauvais sortilèges. Elle possède également le pouvoir d'augmenter la patience et la persévérance chez la personne qui l'emploie.
Déjà au moyen-âge, Villon et ses amis ne se livraient pas au jeu dans les tripots sans porter sur eux une racine d’Angélique, car elle était censée porter chance.

3 – Vertus.
On la dit tueuse de venin, cicatrisante, expectorante. On lui prête beaucoup de vertus. Son odeur fait fuir rats et puces, les habitants ne se séparent donc plus de leur branche d’Angélique, et c’est cette proximité nécessaire entre l’homme et l’Angélique qui pousse médecins et religieux à fabriquer des potions à base de feuilles, de branches et de racines de la plante...
Antispasmodique intestinal, l'angélique calme les spasmes intestinaux (type colite). Par ailleurs, elle facilite la digestion par un effet cholagogue et soulage les ballonnements.
Très agréable a consommer, l’Angélique, en particulier ses semences, est antispasmodique surtout chez les émotifs anxieux, les asthmatiques, les nerveux, les stressés digérant avec difficulté, les irritables à l’approche des règles.

B – recettes pour se nourrir.
Elle a un goût inimitable: un goût de gentiane et de menthe. Confite, les tiges d'angélique sont délicieuses et contenteront les plus gourmands d'entre vous.
Cuites à l’eau, les jeunes tiges se mangent comme les asperges. Vous pouvez aussi en faire des confitures. Confites, elles parfument toutes sortes de desserts. Ajoutez les feuilles fraîches à des salades de fruits rouges ou à des compotes de rhubarbe.
Liqueur d’angélique.
Le parfum délicieux de cette herbe aux anges se communique à cette liqueur qu'il faut boire après le repas, à dose modérée, pour faciliter la digestion.
Tiges d'angélique fraîches ou confites . . . . .150 g
Écorces de cannelle de Ceylan . . . . . . . . . .10 g
Clous de girofle . . . . . . . . . . . . . . . . .5 g
Vanille Bourbon . . . . . . . . . . . . . . .1 gousse
Eau de vie ou rhum . . . . . . . . . . . . . . .11 cl
Versez les plantes dans l'eau de vie ou le rhum en prenant soin de couper la gousse de vanille dans le sens de la longueur.
Laissez macérer pendant 10 jours en agitant de temps en temps. Filtrez.

C - Recettes pour guérir
Une infusion de racine râpée stimule l’organisme, réduit les flatulences, facilite la digestion, soulage les maux d’estomac, soigne les grippes, les rhumes, les bronchites chroniques et l’anémie.
Dans les débuts de grippe, on l’utilise en fumigation calmante (semences de préférence), les feuilles et les racines calment la toux.
Les semences et les racines se préparent en décoction, 2 minutes d’ébullition pour les semences, 5 bonnes minutes pour les racines, à raison d’une cuillerée à soupe de plantes par tasse. Pour faciliter la digestion et pour calmer, la prise a lieu après le repas pour fortifier, de préférence 10 minutes avant de manger.
Tisane contre l’énervement :
Pour calmer, détendre, reposer l'organisme, sans lui faire perdre sa tonicité et lui redonner une dynamique équilibrée, prenez une ou deux tasses par jour de cette préparation.
Sommités d'aspérule odorante . . . . . . . . . . . 20 g
Racines d'éleuthérococque . . . . . . . . . . . . . 20 g
Plante d'eschscholtzia . . . . . . . . . . . . . . 20 g
Sommités de lober corniculé . . . . . . . . . . . . 20 g
Feuilles, semences et racines d'angélique . . . . . 20 g
Faites bouillir pendant 2 minutes et laissez infuser durant 10 minutes une cuillerée à soupe de plantes par tasse.


Dernière édition par Kerraaoc le Jeu 22 Jan 2015, 11:57, édité 1 fois

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Re: De la Botanique

Message par Kerraaoc le Jeu 22 Jan 2015, 11:53

Armoise (Artemisia Vulgaris)





Appelée aussi : Couronne de saint Jean, Ceinture de saint Jean, Herbe aux cent goûts, Remise, Artémise, Herbe de feu, Tabac de saint Pierre.

Origine du nom :
L’armoise tire son appellation latine, Artemisia vulgaris, de la déesse grecque Artémis.

1 – Description.
On utilise: la feuille et la fleur. L'armoise est une plante vivace à racine ligneuse, rampante et fibreuse. La tige, qui peut atteindre 1,5 mètre, est herbacée, cylindrique, striée, rougeâtre, un peu velue, dressée et rameuse. Les feuilles sont alternes, profondément lancéolées, découpées en segments, vert foncé dessus, blanches et cotonneuses dessous. Les fleurs jaunes sont groupées en petits capitules et disposées en petits épis axillaires dont la réunion constitue une longue panicule. Le fruit est ovale et lisse.
Le parfum prononcé de sauge de cette plante constitue l’une de ses caractéristiques distinctives.

Culture & Récolte
L'armoise se trouve abondamment à l'état sauvage, préférant malgré tout les terres légères et les expositions découvertes. Pour sa culture, il suffit d'en semer les graines au printemps et de repiquer les plants dès qu'ils sont assez forts à 60 centimètres les uns des autres environ. Une autre méthode consiste simplement à diviser les touffes au printemps. Les sommités fleuries se récoltent dès l'apparition des fleurs en juin juillet. On coupe la plante de 30 à 40 centimètres à partir de la hauteur; disposée en bouquets suspendus, on la fait sécher dans des endroits aérés.

Langage des Fleurs: Fidélité conjugale.

2 – Histoire.
Croyances.
C’est une des herbes de la saint Jean les plus prisées des sorciers. On lui attribue pratiquement toutes les vertus, mais certains coureurs un peu pressés feraient bien de l’employer pour se donner des ailes… Il suffirait en effet d’accrocher une branche d’armoise à sa chaussure gauche pour courir plus vite et plus longtemps que les autres…

3 – Vertus.
L'armoise, utilisée depuis l'antiquité est connue comme stimulante, fébrifuge, et vermifuge. Elle est aussi antispasmodique et calmante. L’Armoise est une plante tonique, stimulante, antispasmodique, emménagogue. C’est pour ce dernier usage qu’elle est la plus connue, elle facilite l’apparition des règles et en soulage els douleurs. La rumeur populaire lui a attribué des propriétés abortives qu’elle ne possède pas.
En montagne, l'Armoise est très utilisée dans les liqueurs toniques.

C – Recettes pour guérir.
Elle se prépare en décoction pendant 3 minutes en mettant une bonne cuillerée à soupe par tasse à raison de deux ou trois tasses par jour.

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Re: De la Botanique

Message par Kerraaoc le Jeu 22 Jan 2015, 12:08

Belladone (atropa belladonna)


Appelée aussi : Belle-dame, Morelle furieuse, Cerise du diable ou Herbe empoisonnée.




Origine du nom. :De l’italien belladonna, belle dame.
La plante doit son nom latin à Atropos qui était, parmi les trois Parques, celle qui tranchait le fil de la vie des pauvres mortels. Quant à son nom de belle-dame, elle le doit au fait que le jus de ses baies écrasées servait de fard à joues et dilatait les pupilles (on dit que les Vénitiennes en raffolait au Moyen âge).

1 – Description.
De la famille des solanacées, la belladone est une plante herbacée des taillis et décombres, à baies noires de la taille d’une cerise, très vénéneuse, dont certains alcaloïdes, tels que l’atropine, ont un intérêt médical.

Culture & récolte.
Parties utilisées : feuilles, racines, baies et grains.
Au sujet des risques d'intoxication, on met souvent les cueilleurs de baies en garde contre le danger de confondre myrtille et belladone. En effet, l'ingestion d'une dizaine de fruits de belladone peut provoquer la mort. Son fruit est noir et luisant en forme de cerise alors que celui de la myrtille a un aspect poudré, bleu-noir, et il est un peu aplati.

Langage des fleurs. Silence.

2 – Histoire.
C'est une des plantes servant à la magie verte.

Croyances.
La belladone fait partie du « trio infernal des sorcières » - belladone, jusquiame et datura, qui évoquent à elles trois la sorcellerie européenne du Moyen âge.
Il paraîtrait que les sorcières utilisaient ces trois plantes pour fabriquer l’Onguent des Sorcières afin d’accéder à l’état de transe qui leur permettait, soi disant, de voyager entre différents mondes. L’onguent était enduit sur le manche du balai chevauché par les sorcières. Eh oui, autrefois, on croyait qu’elles volaient grâce à la belladone.
L'importance de la plante exigeait des précautions lors de sa cueillette. Un rite observé au Moyen Age voulait que le cueilleur soit en état de pureté le plus parfait qui ne se réalisait que par sa nudité complète. La cueillette avait lieu la nuit du Vendredi Saint ou la nuit de la Saint-Georges et était accompagnée d'offrandes de pain, de sel et d'épices. Il a parfois été question d'un sacrifice animal (poule noire).
La fameuse " pommade des sorcières " qui, appliquée en onctions sur la peau donnait des hallucinations, était en grande partie composée de belladone.

3 – Vertus.
C’est une plante extrêmement toxique qu’il faut éviter d’utiliser. C’est un poison qui possède les caractéristiques d’un stupéfiant.
Plante vénéneuse aux effets calmants et narcotiques (à forte dose pouvant aller jusqu’aux hallucinations) mais tout au contraire et concomitamment, des vertus excitantes (accélérateur cardiaque à faible dose).
On obtient le poison en distillant les feuilles et les racines fraîches ou séchées, mais en vérité toute la plante est vénéneuse. Néanmoins, elle était très utile pour soigner les mauvaises humeurs du ventre. Cependant il faut être prudent car la belladone peut provoquer de graves empoisonnements même absorbée en petites quantités. Les grains de belladone ne tuent pas (sauf en grandes quantités) mais provoquent des délires, hallucinations, cauchemars, tout en faisant suer et trembler. Le visage se congestionne et la personne souffre de nausées.
Les symptômes d'un empoisonnement à la belladone sont semblables à ceux d'une attaque et la mort est rapide. Après la mort, l'empoisonnement à la belladone est visible par : un ventre légèrement ballonné, la peau tâchée par des rougeurs surtout sur le visage et le cou qui prennent au toucher une consistance cireuse, les lèvres et la bouche sèches et les pupilles dilatées.
En usage externe, Hildegarde de Bingen la préconise contre les névralgies et les tumeurs.
Les Vénitiennes utilisaient volontiers le suc de la plante pour entretenir la délicatesse de leur teint.


Recettes pour guérir
Cicatriser les plaies.
Un onguent médicinal existait pour les plaies profondes : "prendre un peu de graisse d'oie, de cerf et de bouc, dans la mesure où on peut s'en procurer, et y ajouter un peu de suc de belladone [...] et en enduire légèrement les plaies" (Hildegarde de Bingen).

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Re: De la Botanique

Message par Kerraaoc le Jeu 22 Jan 2015, 12:13

Benoîte commune (Geum urbanum L.)




Appelée aussi : Herbe de Saint-Benoît, Herbe bénite, Galiote, Gariot, Racine bénie, Avence, Herbe du bon soldat, Herbe à la fièvre, Sanicle des montagnes, Récise.

Origine du nom.
Appelée au XIIe siècle : Benëoite, Benoîte pour bénite, allusion aux propriétés bienfaisantes de cette plante. Toujours au XIIe s., sainte Hildegarde l’appelait « benedicta. »
Pour le nom latin : Geum, du latin geno : assaisonné, ce nom serait dû à l'odeur de la racine qui ressemble à celle du clou de girofle. Urbanum, adjectif latin voulant dire citadine.

1 – Description.
Plante de la famille des Rosacées, plante à fleurs jaunes. Elle pousse dans les forêts, les haies, les friches, les bords des chemins, les taillis et les lieux ombragés.
La racine contient une huile essentielle, légèrement toxique cependant, et dégage un parfum rappelant celui des clous de girofle.

Culture & Récolte.
Elle se propage facilement par ses graines ou par division des pieds, au printemps ou à l'automne mais on peut les mettre en semis protégé en mars, puis au jardin en mai, demande une bonne terre à jardin plein soleil. La plante fleurit de mai à octobre.
Récoltez la plante au printemps, c'est l'époque où elle contient le maximum de principes actifs. Lavez et coupez les racines dès leur arrachage. Réunissez la plante en bouquets, laissez-les sécher en les suspendant dans des locaux secs et aérés.
Langage des Fleurs.

2 – Histoire.
Pline l’Ancien la mentionnait déjà dans son « Histoire naturelle ».

Croyances.
La racine possèderait des propriétés de purification, à condition de l'arracher en prononçant des prières et de porter des gants ayant touché une statue de la Vierge, sinon on s'expose à être ensorcelé. Pour savoir si les lieux qu'ils exorcisaient, notamment avec un encens spécial, étaient réellement assainis, les prêtres inquisiteurs de Grande Bretagne (mais de tout le monde médiéval aussi) jetaient le rhizome de l'herbe bénite sur du charbon de bois. "Si la racine rôtissait normalement, tous les démons avaient définitivement déguerpi. S'il restait encore quelques acharnés, tapis dans les recoins, le rhizome gémissait, entrait en convulsions et poussait même des cris".

3 – Vertus.
Vertus astringentes et toniques, mais aussi fébrifuge, diarrhées, hémorragies, aérophagie, hémoptysie. Elle aide à lutter contre la fièvre, la diarrhée et aide à reprendre des forces.
Feuilles et racines de Benoîte sont astringentes, donc utilisées avec succès contre les diarrhées accidentelles ou la dysenterie, les hémorragies, les pertes blanches. La benoîte est également recommandée contre la fièvre, les douleurs d’estomac, l’aérophagie.
Très efficace contre les maux de bouche comme les aphtes et pour raffermir les gencives.

A doses excessives, la benoîte peut occasionner des nausées et des vomissements.

B - Recettes pour se nourrir.
A défaut de clous de girofle, vous pouvez utiliser ses racines séchées ; ses feuilles sont consommées en salade, potage ou légume.

C – Recettes pour guérir.
Elle se prépare en décoction pendant trois minutes à raison d’une cuillerée à soupe de plantes par tasse, cela deux ou trois fois réparties dans la journée.
Vin de benoîte : 40/50 g. de racine macérée 8 jours dans un litre de bon vin, filtrez et exprimez à raison de 2/3 verres par jour : tonique, digestif et dépuratif

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Re: De la Botanique

Message par Kerraaoc le Jeu 22 Jan 2015, 12:16

Bourrache officinale (Borrago officinalis)


Appelée aussi : bourrage, langue de bœuf, boursette, pain des abeilles, chou-bouroche, chou-rude.




1 - Description.
Plante méditerranéenne. Ses fleurs à cinq pétales disposés en étoile sont d'un très beau bleu, si belles en comparaison des tiges, hérissées de poils raides. Dommage, c'est pour cela qu'il n'en faut conserver que les fleurs. Son nom vient du latin « burra », étoffe grossière.
La bourrache nous arrive sans doute d'Afrique du nord, parfois cultivée, parfois rendue à la nature sauvage car elle est courageuse et aime à s'échapper des jardins (les fourmis l'aident à s'échapper, mais c'est un secret).
La bourrache fleurit jusqu'en novembre. Plantez-là au pied de vos rosiers, c'est très joli et ça éloigne les vers (efficace également près des tomates).

Culture & Récolte

Il est très facile de cultiver la bourrache au jardin. Il lui faut une terre épaisse, bien fumée et bien exposée au soleil. Mettez les graines en terre en les semant à la volée, en automne ou en avril; éclaircissez quinze jours plus tard : vous aurez rapidement les plus beaux plants du monde (les besogneuses fourmis, les années suivantes, se chargeront de propager l'espèce alentour).
Cueillez, juste avant l'épanouissement, soit la plante entière, soit les sommités fleuries, soit les seules fleurs. Dans les deux premiers cas, faites sécher en petits bouquets suspendus à un fil. Pour les fleurs seules, Si vous voulez en conserver l'admirable teinte azurée, je vous conseille de les faire sécher rapidement dans un endroit sec et aéré.

Langage des fleurs.
La bourrache offerte à celui ou celle qu'on aime lui dit : « Vous m'inspirez ».

2 - Histoire.
L'Ecole de Salerne disait cette plante propre à chasser la mélancolie : « La bourrache peut dire, et c'est la vérité : Je soulage le cœur, j'enfante la gaieté ».
Introduite en Occident chrétien par l'Espagne musulmane. Pline l'appelait Euphrosinum parce que les Anciens pensaient qu'elle procurait la joie, le bonheur mais aussi du courage. Homère parlait du « Nepenthe » qui, bu avec du vin, apportait l'oubli absolu : d'aucuns s'apensent qu'il s'agit de la bourrache... Qui sait ?
Au Moyen Age déjà, le « Grand Albert » la disait "génératrice de bon sang"; dans l'Italie du XVIe siècle, Matthiole la recommandait contre les défaillances du cœur, pour rafraîchir les fiévreux et pour calmer leur délire.

Croyances.
Les vertus magiques de cette plante ne s'exercent que lorsqu'elle est utilisée fraîche. Portez-en sur vous en la renouvelant pour affronter en vainqueur les risques de la vie

3 - Vertus.
Plante utilisée comme médicinale, alimentaire et ornementale. Les tiges et les feuilles sont diaphorétiques et diurétiques. Les fleurs sont émollientes, expectorantes et laxatives. Aide à lutter contre les maladies de peau.
La Bourrache est diurétique, sudorifique, dépurative. Ces trois principes la font recommander comme dépuratif de printemps contre les dermatoses, l'eczéma, l'herpès et les autres maladies de peau.
Ses propriétés sudorifiques sont les bienvenues chaque fois qu'il est nécessaire de transpirer, en cas de grippe, de rhume, de bronchite, de rougeole, de fièvre de plus, elle calme très bien la toux.

Recettes pour se nourrir

Il ne faut jamais faire cuire la bourrache : elle perdrait tout son goût !
Les feuilles sont très juteuses et accompagnent les fruits, elles ont un goût rappelant celui du concombre. On l'utilise en garniture.
Une salade : jeunes feuilles de bourrache, feuilles de laitue, persil, basilic, oignon, œufs durs... un délice.
Le Taillevent, éd. XVe s., indique : « Pour faire poirée, soit faire bouillir en eau bouillante et puis la mettez sur un ays et hachez menu. » = pour faire de la porée, faites bouillir les feuilles, puis hachez les menu sur une planche. N'hésitez pas à piler au mortier si nécessaire puis à recuire avec de la graisse animale, dans un pot, sur le feu. Vous pouvez ajouter de l'arroche, cela se marie bien.
En Grèce, elles étaient utilisées autrefois pour envelopper les boulettes farcies. Robert de Nola mélange épinards, blettes et bourrache dans son "potatge modern" et Maestro Martino utilise feuilles de blette et bourrache, avec un peu de persil et de menthe pour sa "Menestra d'herbette".

Recettes pour guérir

Infusion de feuilles (une poignée de feuilles fraîches dans 600 ml d'eau bouillante, laissez infuser 5 minutes) contre la toux, car la plante entière a des propriétés émollientes. Pensez à filtrer pour éliminer les poils irritants.

Peau : écrasez quelques feuilles de bourrache fraîche, appliquez 15 minutes sur le visage, rincez bien...

Vin de bourrache : faire bouillir quelques minutes dans ½ l. de vin rouge d'Anjou (évidemment !) 8 g. de fleurs de bourrache, 10 g. de pétales de coquelicot et 5 g. de tilleul, passer la tisane. Serait efficace contre les refroidissements.

Un cataplasme de bourrache peut apaiser une brûlure.

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Re: De la Botanique

Message par Kerraaoc le Jeu 22 Jan 2015, 12:19

Chêne





1. Description.
Le chêne est du genre (Quercus) de Fagacées groupant plus de 600 espèces d'arbres à port élevé, répandus surtout dans l'hémisphère Nord.
Le genre Quercus groupe des arbres, en général de grande taille, à feuilles caduques, persistantes ou semi persistantes. Celles-ci sont le plus souvent dentées, lobées ou pennatifides. Le fruit est un akène enveloppé dans une cupule garnie d'écailles parfois épineuses, l'ensemble formant le gland. Le chêne rouvre (Quercus petraea), le plus répandu en Europe, atteint de 30 à 50 m de hauteur, son tronc peut avoir un diamètre de 2 m. Il peut vivre de 500 à 1 000 ans. Son bois lourd, à aubier clair et cœur jaune brun très résistant, est surtout utilisé comme bois de charpente et pour la menuiserie. Le chêne pubescent (Quercus pubescens), aux feuilles tomenteuses en dessous, au tronc tortueux, limité aux climats assez chauds, fournit un bois de qualité médiocre, servant principalement à la fabrication du charbon. Ses racines forment des associations mycorhiziques avec les truffes noires. Le chêne-liège (Quercus suber), propre aux régions de la Méditerranée occidentale, à feuilles persistantes, est cultivé pour son écorce, qui fournit le liège. Le chêne vert (Quercus ilex), ou yeuse, forme des peuplements typiques dans les régions méditerranéennes. Ses feuilles toujours vertes sont ovales, parfois peu dentées, parfois aussi épineuses. Son bois, dur, difficile à travailler, peut cependant être utilisé pour le tournage et le charronnage. Il est également apprécié comme chêne truffier.
Plutôt que de parler du chêne, il serait préférable de parler des chênes car il en existe 450 espèces ! Parmi les plus célèbres chênes on trouve le chêne de Saint Louis et le chêne de Marie Antoinette, coupé il y a peu.
Parmi elles 4 ou 5 sont les plus fréquentes. Le chêne est le plus répandu des arbres de nos forêts.
Le chêne est un grand arbre qui mesure une quarantaine de mètres. Le chêne est un arbre à croissance lente qui vit très longtemps, la durée de vie moyenne du chêne est entre 400 et 500 ans. Un chêne ne commence à donner des glands qu'après 60 ans !
C'est au pied des chênes que se trouvent une espèce particulière de champignons : les truffes.

Comment mesure-t-on une forêt de chênes ?
On mesure la "surface" d'une forêt de chênes au nombre de porcs qu'elle peut nourrir "à la glandée".

2. Histoire.
Le chêne qui rendit célèbre le sapin de Noël
On raconte qu'un moine évangélisateur Allemand de la fin du VIIe siècle, Saint Boniface (né en 680), voulait convaincre les druides germains, des environs de Geismar, que le chêne n'était pas un arbre sacré. Il en fit donc abattre un. "En tombant, l'arbre écrasa tout ce qui se trouvait sur son passage à l'exception d'un jeune sapin".
A partir de là, la légende fait son œuvre. Elle raconte que Saint Boniface a qualifié ce pur hasard de miracle, et déclaré dans sa même prédication : "Désormais, nous appellerons cet arbre, l'arbre de l'Enfant Jésus." Depuis, on plante en Allemagne de jeunes sapins pour célébrer la naissance du Christ.
Pour les Grecs et les Celtes, le chêne représentait la force invincible et la longévité.
-Force généreuse et solidité.
-Communication entre le ciel et la Terre
Les Grecs et les Romains, dans leurs sacrifices, ornaient les autels de rameaux de chêne, et le laboureur n'osait commencer sa moisson qu'il n'eût auparavant couronné sa tête de feuillages de chêne et chanté des vers en l'honneur de Cérès.
Chez les Grecs, encore, lorsque l'on conduisait l'épouse à la maison de l'époux, un enfant, qui portait du gland et du pain, précédait en criant :
« J'ai quitté le mauvais, j'ai trouvé le bon. »
Chez les Romains, un chêne planté devant la maison était regardé comme protecteur. C'est à cet arbre qu'ils suspendaient les dépouilles des ennemis vaincus, à l'imitation, sans doute, de ce qu'avait fait Énée après avoir tué Mézence. Les ambassadeurs romains prirent les chênes à témoin que les Èques avaient rompu l'alliance.
Les consuls Domitius et Dolabella ayant établi un concours pour les poètes, le feuillage du chêne servit à tresser les couronnes décernées au capitole à ceux qui avaient mérité le prix. Le même genre de récompense avait été accordé à celui qui avait sauvé la vie d'un citoyen. Gellius proposa au sénat d'en donner une à Cicéron, qui, en dévoilant la conjuration de Catilina, avait sauvé, non seulement un citoyen, mais la patrie...
Le chêne est l'arbre majeur de la Bible :
Dieu apparut à Abraham au Chêne de Membré. Le patriarche avait fait étape quelques temps avant au Chêne de Moré à Sichem qui était un lieu sacré dans le sanctuaire de Yaveh. Jacob enfouira à son pied les idoles de sa famille, et Josué y dressera une stèle en témoignage du pacte de Dieu et d'Israël.
C'est sous un chêne encore que Saint Louis, dans la forêt de Vincennes écoutait les doléances de ses sujets et rendait justice. L'arbre lui communiquait sa sagesse.
Jeanne d'Arc, pendant sa jeunesse, écoutait les voix célestes qui se faisait entendre dans le chêne des fées qui trônait au centre du village de Domrémy.
En Prusse, c'est le Chêne de Ramowe, et celui de Perun pour les Slaves.
Le plus célèbre des arbres normands est connu de tous : c’est le chêne d’Allouville.
Il serait ainsi le plus vieux chêne de France (Quercus pedonculata). Malgré le poids des ans, il continue à produire du feuillage et des glands.
Objet de pèlerinages ancestraux, le gigantesque chêne de Quillacq enraciné dans les Landes, passe en 1453 pour être âgé de plus de 1400 ans.

3. Croyances.
Chez les peuples du Nord il est consacré à Esus, au Dagda, à Teutatès, à Wotan, à Thor...
Arbre de Sagesse et de Force, le Chêne est dédié à Taranis, Thor, ou encore Dagda. Arbre jupitérien il est relié au pouvoir de la foudre. C’est l’arbre le plus Sacré des Druides autour duquel s’effectue énormément de cérémonies et rituels. C’est bien souvent d’ailleurs autour des plus vieux et illustres de ces arbres que s’organisaient les Sanctuaires (Nemeton). Le périmètre de l’arbre est tout à fait propice aux travaux divinatoires et magiques.
On lui attribut aussi la protection contre la foudre, ce dernier l’attirant souvent… Ses fruits, les Glands, sont considérés comme étant aussi sacrés, symbole de la force latente, en puissance, de l’arbre.
Depuis bien des siècles, le chêne commun symbolise puissance et majesté, le chêne rouge symbolise la force et la vigueur, le chêne vert la longévité et la longévité.
On fabriquait pour les guerriers valeureux des couronnes de chêne.
Les Dryades (ou Nymphes du chêne) vivaient dans une forêt de chênes qu'elles protégeaient des emprises sacrilèges. Elles étaient aussi robustes que ces arbres dont elles épousaient la forme. Parfois, l'une d'elles se mariait avec un humain, telle Eurydice qui épousa Orphée. A leur côté vivaient les Hamadryades qui demeuraient sous l'écorce du chêne qu'elles choisissaient comme résidence.
C'était un arbre oraculaire dans lequel les dieux parlaient, où les druides cueillaient le gui sacré et dans lequel Héraclès tailla sa massue invincible.
À Dodone, en Grèce, se tenait près d'un chêne un oracle qui dans le bruissement des feuilles décryptait les messages de Zeus.
Suprême honneur, Zeus transforma Philémon en chêne afin de le remercier de sa piété.
C'est aux branches d'un chêne que l'on suspendit la toison d'or.
Ovide raconte, dans ses Métamorphoses, l'histoire d'Erésicthon, qui abattit un bois consacré à Cérès, et surtout un chêne si gros, que seul, dit le poète, il était une forêt, una nemus. On y attachait des bandelettes et des tableaux votifs. Au premier coup de cognée l'arbre gémit; il en sortit du sang, et une voix lui dit : "Tu fais mourir une nymphe renfermée sous cette écorce et chérie de Cérès, mais bientôt ta mort me vengera". Eresicthon expira dans les horreurs d'une faim dévorante.
Emblème de l'hospitalité pour les Celtes qui l'adoraient tels les Grecs comme le temple vivant où demeuraient les nymphes. C'est pourquoi les bûcherons devaient être prudent lorsqu'ils coupaient un chêne. Le chêne était l'un des sept arbres sacré du bosquet des druides.
Les Celtes révéraient Esus dans les chênes, la divinité suprême. Un culte qui s'est perpétué en France jusqu'aux douzième et treizième siècles. (Grégoire).

4. Vertus
Usages médicinaux nombreux: Écorce astringente, hémostatique et antiseptique. Le chêne est reconnu pour ces vertus permettant de lutter contre les angines, durillons, hémorroïdes, plaies de toutes sortes, engelures, diarrhées, énurésie, problème du tube digestif.
Pharmacologie - C'est un puissant astringent très utilisé. C'est aussi un antipoison.
L'usage empirique lui attribue des vertus astringentes, hémostatiques, antiseptiques, cholagogues et anti-diarrhéiques grâce aux tanins. On utilise des rameaux feuillus pour le lapin, des glands pilés mélangés avec du sarrasin et du chènevis pour les oies, des décoctions d'écorce pour les chiens et les moutons. Chez l'homme, écorce et noix de galle sont utilisées en décoction contre la diarrhée aiguë, en gargarisme contre les maux de gorge, en compresses sur les brûlures et coupures, dans un onguent pour les coupures et les hémorroïdes. On les prisait également en cas de saignement de nez
Les glands étaient utilisés jadis en nourriture dans les temps de la disette.

Utilisations.
Le bois est noble. Il allie la dureté, la résistance, la permanence. Utilisé dans les constructions navales, charpentes, meubles, tonnelleries et autres ouvrages massifs.
USAGES REMARQUABLES :
Peausserie - Le tanin provient de l'écorce et des galles.
Œnologie - Les meilleurs fûts sont en bois de Chêne.
Gastronomie - Les truffes renommées sont associées au Chêne noir.
La galle du chêne (due à une larve de cynips) l'encre indélébile (parchemins).
Le Chêne Pubescens (blanc, noir ou truffier) est le plus imposant et sa réputation est d'être le meilleur truffier.

On en parle :
« Taillable et corvéable à merci. » :
A l'origine, la "taille" et la "corvée" étaient des impôts, le premier levé par le roi et le second par le seigneur.
La "taille"vient de l'"entaille" faite à chaque règlement sur une petite bûchette de bois.
Ces impôts n'étaient perçus que sur les roturiers; seuls les nobles et les ecclésiastiques en étaient exempts, le peuple était, lui, "taillable et corvéable à merci".
La "taille" devait tout d'abord être un impôt temporaire que les souverains levaient pour tenir lieu de service militaire et pour subvenir à l'entretien de la troupe. Elle s'appliquait à une certaine quantité de denrées que l'on coupait ou taillait en deux parts, l'une pour le souverain, l'autre pour le contribuable.
Au XIe siècle, la "taille" fut étendue pour participer aux frais de mariage de la fille du roi, puis pour payer les rançons et ensuite pour aider aux Croisades.
De temporaire, la "taille" devint annuelle et les ecclésiastiques, pour imiter leur roi, décidèrent eux aussi de la percevoir sur le dos du peuple quand le pape réclamait une aide financière.

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Re: De la Botanique

Message par Kerraaoc le Jeu 22 Jan 2015, 12:24

Epine-vinette (Berberis vulgaris)


Appelée aussi : Barbarin, Petite-vigne, Vinettier, Berberis vulgaire, Epine-aigrette.




1 – Description.
Plante d'Europe et d'Asie (origine d’Iran). - famille des berbéridacées. Arbrisseau épineux, fleurs jaunes, baies rouges comestibles.
Plante ligneuse, en buisson, de 1 à 3 m de hauteur, à feuilles caduques. L'écorce, d'un goût amer, est gris clair et le bois, jaune et dur. Les rameaux sont dressés puis retombants, épineux, grêles et souvent teintés de rouge. Les feuilles sont de deux sortes : celles des pousses courtes sont en forme d'ellipse, alternes, vert clair dessus et glauques dessous, bordées d'aiguillons ; celles des pousses longues sont transformées en épines simples ou découpées en forme de patte d'oie (épine à 3 branches). L'inflorescence est une grappe de 15 à 30 fleurs pendantes, jaune vif. Le fruit est une baie rouge clair, ovale et allongée.
Assez fréquente en France, à l'exception de la région méditerranéenne, de l'Ouest et du Nord, elle est assez commune à rare dans les régions calcaires ou crayeuses de la Bourgogne.

Culture & Récolte.
Elle fleurit de mai à juin et affectionne les substrats calcaires, chauds, sur sols riches en éléments nutritifs. L'Epine-vinette est une espèce de lumière ou de demi-ombre qui colonise les haies fruticées sèches à fraîches, voire humides dans les marais, lisières des bois sèches, roches calcaires à exposition sud et forêts de feuillus. L'écorce est récoltée au printemps ou en automne et les baies sont cueillies en automne. Bouturez de jeunes rameaux en juin ou faites des marcottes. Les semis s'effectuent au printemps.
Cette plante mellifère et médicinale, dispersée par les oiseaux, est légèrement toxique et a une longévité de 25 à 50 ans.
L’épine-vinette a un gros défaut qui fait que nos paysans n’aiment point la voir apparaître près de leurs champs : elle transmet une vilaine maladie, la rouille, comme au blé, par exemple. La rouille du blé se déclare par des taches rouges. C’est pour cela qu’elle se fait rare.

Langage des Fleurs.
« Vous avez mauvais caractère. » Aigreur.

2 – Histoire.
En Égypte ancienne, les baies d'Épine-vinette, macérées avec des graines de fenouil faisaient baisser la fièvre.
Introduite en Occident chrétien par l'Espagne musulmane.
En Bourgogne, la confiture d’épine-vinette est une spécialité.

3 – Vertus.
Plante utilisée comme médicinale et tinctoriale, utilisée au Moyen âge pour obtenir des teintes jaunes : elle peut être employée pour la teinture du cuir, de la laine, de la soie, du fil. Elle donne du lustre aux cuirs corroyés.
Les fruits rouges sont laxatifs et réfrigérants. La racine est cholagogue, laxative, tonique et vasoconstrictrice. Cette plante est utile dans les maladies du foie, de la bile.
L’épine-vinette, prise en infusion (utiliser les fleurs) est efficace pour lutter contre les enrouements et retrouver une voix perdue.
L'écorce des tiges et des racines possède quant à elle des propriétés anti-inflammatoires et antimicrobiennes. La racine et l’écorce ont une action sédative.
Il est conseillé de ne pas consommer l'Épine-vinette durant des périodes dépassant 6 semaines de suite et de ne pas dépasser les doses recommandées. On la déconseille durant la grossesse.
Le jus frais d’épine-vinette renforce les gencives.
Les fruits consommés en gelée ou en sirop ont une action dépurative, rafraîchissante, laxative douce et tonique.
L’épine-vinette est recommandée pour laver les cheveux blonds et roux…

Recettes pour se nourrir.
Les fruits, bien mûrs, donnent de délicieuses confitures et gelées pour accompagner le gibier et autres plats.
Les baies vertes sont employées avec les sauces piquantes et les viandes rôties qu'elles relèvent grâce à leur goût acidulé.

Recettes pour guérir.
Sous forme de tisane, en infusion, boire de une à deux tasses par jour.
Vin dépuratif et tonique.
1 l. de bon vin rouge ; 150 g. de baies fraîches et écrasées d'épine-vinette ; 250 g. de sucre brun brut, ou moins, ou pas du tout selon les goûts. Mettre les baies dans le vin, laisser macérer un mois à l'abri de la lumière en remuant régulièrement. Filtrer et ajouter le sucre. Boire 25 ml pur ou dilué dans de l'eau avant les repas : ce vin enrichit le sang et draine la bile.

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Re: De la Botanique

Message par Kerraaoc le Jeu 22 Jan 2015, 12:29

Gui (Viscum album)


Appelée aussi : Blondeau, Bois de la sainte Croix, Bouchon, Vert de pommier, Gillon, Verquet.




1 – Description.
Famille des Loranthacées, genre viscum. Arbuste à feuilles persistantes et à baies blanches, visqueuses et toxiques, qui vit en parasite sur les branches de certains arbres (peuplier et pommier, surtout).

Langage des Fleurs.
Je surmonte les difficultés.
Symbolique.
Cette plante est symbole de résurrection et d’éternité ; elle protège de la foudre et aide à la procréation.

2 – Histoire.
La déférence portée au gui par les druides se prolongea au fil des siècles, dans les campagnes, à travers le guilaneu (de aguilaneuf, "au gui l'an neuf"), réjouissances au cours desquelles les enfants allaient de porte en porte en quête d'étrennes (aguignettes). {Les cérémonies issues du druidisme ne seront interdites par l'Eglise qu'en 1595.}

Croyances.
Plante sacrée pour la plupart des anciennes peuplades de l’Europe, symbole de l’immortalité parce qu’il reste vert et vivant quand les arbres qui le portent semblent morts, le gui a toujours été étroitement mêlé à la magie et à la thérapeutique.
Chez les Germains, il rendait les guerriers invincibles, redonnait la fécondité aux animaux stériles. Ailleurs, on lui attribuait des pouvoirs magiques qui se retrouvent dans nos coutumes et superstitions.
Chez les Celtes, le gui de chêne étant fort rare, les druides le considéraient comme une plante bénie des Dieux. Ainsi que le relate Pline dans son Histoire naturelle, le 6e jour de la lune après le solstice d'hiver, on préparait un sacrifice au pied du chêne portant le précieux végétal : deux jeunes taureaux blancs étaient attachés au tronc de l'arbre. Un druide, vêtu d'une robe blanche, détachait la plante parasite à l'aide d'une faucille d'or. Les officiants la recevaient dans un tissu de laine blanche, car elle ne devait pas toucher terre sous peine de perdre son pouvoir magique. Se déroulait ensuite le sacrifice, accompagné de prières aux dieux.
Du gui infusé dans de l'eau très pure donnait une boisson "qui guérit tout", permettant de lutter contre les maux physiques, de se protéger contre les sortilèges ou les atteintes du poison et de rendre la fécondité aux animaux stériles.
Porté en talisman, il assure la fortune, l’amour, la gloire mais pour cela, le talisman doit être formé de trois graines de gui entourées d’or.

3 – Vertus.
Diurétique, il est utile contre l’albuminurie, la néphrite, et la congestion des voies urinaires.

Recettes pour guérir.
Parties utilisées : la feuille et la tigette (les boules de gui sont un poison violent)
Des feuilles sèches pulvérisées, ou des feuilles fraîches en décoction dans de l'eau, servaient à combattre les accès de fièvre.
Employé en simples tisanes, il est un bon adjuvant hypotenseur et un dépuratif du sang. D'après Pline, Les Gaulois croient que le gui pris en boisson (eau de chêne) donne la fécondité et constitue un remède contre tous les poisons.

Décoction. 20 à 30g de feuilles de gui séchées et fractionnées dans deux pintes d'eau froide. Faire bouillir pendant 2 mn et infuser 10 mn. Tamiser, et sucrer au miel. Soigne l'albumine (2 tasses / jour entre les repas), les engelures (la décoction tiéde dans laquelle les mains sont longuement plongées, décongestionne et évite les crevasses).

Macération aqueuse. 20g de feuilles de gui séchées et fractionnées dans une pinte (1/2 litre) d'eau froide ; laisser toute une nuit puis tamiser. L'artériosclérose, l'asthme convulsif, la toux coquelucheuse, la jaunisse, sont traités à raison de 3 ou 4 ts/jr ; les hémorragies congestives, saignements de nez et hémorragies intestinales à raison d'une tasse prise au moment de l'accident ( 3 ou 4 ts/jr) ; l'hypertension (et ses manifestations : maux de tête, crampes, vertiges, oppression, gêne cardiaque), les troubles nerveux (tels que l'épilepsie, spasmes, convulsions) et ceux de la ménopause, de 3 ou 4 ts/jr.

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Re: De la Botanique

Message par Kerraaoc le Jeu 22 Jan 2015, 12:34

Hellébore (ou Ellébore)


n. m. XIIIe siècle, elebore. Emprunté du latin (h)elleborus, du grec helleboros ou thelleborus foetidus. Une variété s’appelle Vérâtre.
Ellébore noir ou « Rose de Noël » (Helleborus niger L.) Kerstroos. Schneerose.(du grec «aigeo» : je tue, et «bora» : nourriture : allusion au caractère toxique de cette plante).





1 – Description.

Plante herbacée vivace de la famille des Renonculacées.
Il existe deux ellébore : l’ellébore blanc et l'ellébore noir est aussi appelé rose de Noël.
Il existe d'autres Ellébores, dont l'Ellébore fétide (Helleborus foetidus L.) et l'Ellébore verte (Helleborus viridis L.). Elles sont toutes toxiques.
Plante vivace au feuillage décoratif tout au long de l'année, il aime les sols frais, les terres profondes, riches et consistantes, dans un coin d'ombre ou de mi-ombre du jardin, pour garder une certaine humidité en été.
L'ellébore niger, aux petites fleurs blanches légèrement rosées, celle que l'on appelle rose de Noël, est la plus petite du genre et fleurit en décembre au moment ou le jardin est le plus endormi; cueillez-la, pour en faire de jolis bouquets champêtres et raffinés pour vos tables de fêtes.
Au fur et à mesure de leur croissance, pensez à supprimer et à brûler les feuilles abîmées, cela mettra en valeur les fleurs et donnera un aspect plus propre à la plante, tout en évitant la propagation des maladies.

2 – Histoire.

Croyances.
On dit que l’ellébore protège le bétail contre les mauvais sorts… Plus de 1500 ans avant Jésus-Christ, Mélampe, fils d'Amythaon & d'Aglaïde, passa d'Argos en Egypte, où il s'instruisit dans les sciences et d'où il rapporta en Grèce ce qu'il avait appris de la théologie des Egyptiens & de leur médecine. Il guérit de la folie les filles de Praetus, roi d'Argos, en les purgeant avec l'ellébore blanc ou noir, dont il avait découvert la vertu cathartique, par l'effet qu'il produisait sur ses chèvres après qu'elles en avoient brouté. Après leur avoir fait prendre l'ellébore, il les baigna dans une fontaine chaude. Voilà les premiers bains pris en remèdes, & les premières purgations dont il soit fait mention.
Coutumes.
Pour attraper plus facilement les oiseaux en plus grand nombre, faites tremper dans une bonne eau-de-vie le grain qui sert de nourriture aux oiseaux, avec un peu d'ellébore blanc; & ceux qui mangeront de ces grains en seront subitement étourdis, en sorte qu'on les pourra prendre à la main.

3 – Vertus.
Une variété était employée autrefois en médecine comme purgatif.
L’ellébore était considéré comme l'un des principaux remèdes pour soigner la folie.
On peut utiliser les feuilles à petite dose pour redonner vitalité au cœur.
L’ellébore noir a des vertus cardiotoniques, anesthésiques.
Il est réputé efficace contre la gale.

Recettes pour guérir
En cas de crise d’hystérie ou de l’épilepsie , faire avaler entre 3 à 6 grains d’Ellébore blanc, jamais plus. Notons de nombreux accidents et une très haute toxicité de cette plante.
En cas de rage de dent, prendre un très petit morceau découpé dans la racine d’ellébore blanc et l’appliquer sur la dent malade mais attention de ne pas toucher les autres dents. Si point d’amélioration, mandez le forgeron pour extraire la dent malade…
Pour dégager le cerveau humide (sinusite) mettez une poignée de marjolaine et un pied de racine d’ellébore blanc dans une chopine d’eau. Faire réduire en la faisant bouillir à moitié, mettez de cette décoction dans le creux de votre main et respirez-la par le nez. Cela vous fera éternuer.
Ulcérations du cuir chevelu.
Mélanger des crottes de rat au poivre et à l'ellébore pour soigner les ulcérations du cuir chevelu.

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Re: De la Botanique

Message par Kerraaoc le Jeu 22 Jan 2015, 12:38

Moutarde (Sinapis arvensis)

Appelée aussi Sénevé.

Le nom de mostarde ou moustarde (moutarde) date du début du 13e siècle et vient de moût (most en ancien français, mustum en latin), pour désigner des "grains de sénevé broyés avec du moût de vin" (nouveau dictionnaire étymologique, Larousse, 1964). Le moût est le jus du raisin, avant fermentation alcoolique. La moutarde est donc un moût "ardent", un jus de raisin qui brûle, en référence à la saveur piquante de la graine de moutarde.




1 – Description.

La moutarde provient d’une plante herbacée de la famille des brassicacées. La fleur de moutarde comporte quatre pétales disposés en croix, d’où son nom de crucifère (de croix). C’est une plante apparentée au colza, au chou, au cresson, au radis, ou encore au navet.

Il existe plusieurs moutardes : la moutarde des champs ou Sinapis arvensis, la moutarde noire ou Brassica nigra, la moutarde blanche ou Sinapis alba.

C’est la moutarde noire qui est la plus appropriée pour la fabrication des sinapismes (ou cataplasmes à la moutarde)

La moutarde est fabriquée à Dijon depuis au moins 1347, mais la "moutarde de Dijon" est une appellation générique qui ne garantit pas l'origine géographique du produit.

2 – Histoire.

Le royaume des cieux est semblable à un grain de sénevé qu’un homme a pris et semé dans son champ.
(Evangile selon St-Matthieu, XIII, 31).

"La moutarde (sinapi), dont la saveur est très piquante et l'effet brûlant, et qui est très salutaire au corps; elle vient sans culture, mais elle est meilleure quand on l'a repiquée... Il y a trois espèces de moutardes." (Histoire naturelle Livre XIX - 54 / Pline l'Ancien).
Pythagore la conseille en cataplasme contre les piqûres de scorpion.
"Quand cet homme, se nourrirait de sinapis [Moutarde], il n'aurait pas l'esprit plus maussade et plus lunatique." (Plaute.)

Au IXe siècle, déjà, on trouve dans la liste de plantes du Capitulaire de Charlemagne des graines de moutarde.

"Petit est le grain de moustarde ;
Le feu saint Anthoine vous arde,
Si jamais vous avez rien vû
Qu'il soit plus mince et plus menu ;
Il a toutefois grande force,
Si que sans vous donner d'entorce
Il tire les larmes des yeux ;
Mais apres on n'en rit que mieux :
Car la teste aussi bien il purge
Que si l'on prenoit de l'espurge."
Ecole de Salerne (du IXe au XIIIe s.)

Au Moyen âge, Dijon est plus une capitale des plaisirs et du coeur que réellement politique. Les ducs de Bourgogne célèbrent des évènements extraordinaires, ils festoient et profitent des vins du vignoble tout proche. La moutarde, déjà réputée, est présente sur leur table : on la mentionne dès 1336 lorsque le duc capétien Eudes de Bourgogne organise un mémorable festin en l'honneur de Philippe VI le Hardi, roi de France. Les comptes de l'époque nous apprennent que l'on achète pour la circonstance un poiçon, c'est-à-dire environ 300 litres de moutarde. La moutarde vient de faire son apparition en Bourgogne. Elle est plus tard expédiée à la Cour de France -par barils- et vers d'autres cours européennes grâce aux Valois. Ce sont donc les Ducs qui lancent la moutarde : ils apprécient ses vertus digestives et antiseptiques. Dans les livres tenus par Isabelle de Portugal, épouse de Philippe le Bon, autour de 1450, la moutarde apparaît régulièrement.
Le XIVème siècle voit la naissance de la corporation des vinaigriers-moudardiers à Orléans. Mais Dijon, dont la moutarde était depuis fort longtemps appréciée des ducs de Bourgogne, devint la capitale de la moutarde. Louis XI avait son propre pot de moutarde qu'il gardait avec lui pour être sûr de pas en manquer. De même, Jean XXII, grand amateur de moutarde, créa le poste de Grand Moutardier du Pape pour son neveu.
A la fin du XVème siècle, le retour de Vasco de Gama provoque une forte réduction de l'utilisation de la moutarde car les épices commencent à avoir des prix abordables.

3 – Vertus.

La moutarde est utilisée pour ses vertus thérapeutiques : stimulant de l’appétit, laxatif, expectorant, antiseptique et répulsif au cours des traitements des angines, bronchites, pharyngites, rhumatismes et les éruptions cutanées. La moutarde est présente dans l’alimentation en tant qu’épices, condiment ou ingrédient (liant et releveur du goût des plats préparés).

B - Recettes pour se nourrir.

Sauce moutarde :
"Mélangez de la moutarde avec du miel, du vinaigre et du sel et versez sur les raves préalablement rangées"
Il s'agit d'une sauce aigre-douce, sans épices, dont la saveur est donc assez différente de la moutarde que nous connaissons habituellement.

C – Recettes pour guérir.

En cataplasme, c’est à dire appliquée en bouillie sur le corps entre deux linges, la moutarde était autrefois utilisée pour ses pouvoirs antiseptiques (qui combat les infections). En cataplasme toujours, mais sinapisé cette fois, c’est à dire à base de moutarde noire et de farine, la moutarde combat l’asthme et la pneumonie. Attention tout de même à enduire l’épiderme du malade d’un corps gras car la moutarde est un produit irritant. Ce même procédé permettrait d’apaiser la douleur, et de désinfecter les plaies.

On relate d’autres utilisations au fil des temps vantant de possibles pouvoirs contre les maux et maladies de toutes sortes : antidotes contre les morsures de scorpion, calmant pour les rages de dents.

En bain de pieds, les orteils trempés dans une eau chaude préalablement saupoudrée de farine de moutarde, le condiment procure une sensation de bien-être doux-amer. Si ce n’est que l’odeur de ce bain est particulièrement… désagréablement fort.

En infusion légère, saupoudrez un peu de farine de moutarde dans un verre d’eau chaude et dégustez. Le goût est difficile à supporter et vous fera rapidement vomir. C’est d’ailleurs l’effet recherché par cette préparation utilisée jadis pour soigner les crampes d’estomac.

Un mélange composé de graines de moutarde, de gingembre et de menthe rendrait les époux plus réceptifs aux ébats amoureux selon une ancienne croyance danoise.

Et voici le meilleur pour la fin : le gargarisme de graines de moutarde. Laissez infuser quelques graines de moutarde dans une tasse d’eau bouillante une dizaine de minutes puis filtrez, et utilisez comme gargarisme. Celui qui supportera l’effet et le goût pourra paraît-il soigner ses maux de gorge.

***

Expressions françaises :
« La moutarde lui monte au nez »
Cette expression signifie : L'impatience l'envahit, la colère le gagne. Le lien est la connotation du pouvoir irritant physiquement de la moutarde (rappelez-vous les « rigolos » à la moutarde qu’on vous posait dans le dos quand vous étiez petits) et l’irritation de l’énervement ou de la colère.

« Le premier moutardier du Pape »
Se prendre pour une personnalité importante, être fier de sa situation.
Jean XXII, Pape d'Avignon de 1316 à 1334, créa à sa Cour la charge de "premier moutardier" en faveur de son petit-neveu. Etait-ce pour le placer ou bien parce qu'il raffolait de la moutarde, l'histoire ne le dit pas.

« C’est (comme) de la moutarde après dîner »
C’est quelque chose qui vient après que l’on n’en ait plus besoin, hors de propos.

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Re: De la Botanique

Message par Kerraaoc le Jeu 22 Jan 2015, 12:43

Muguet (Convallia majalis)


Appelée aussi : Lys des vallées, Lys de Mai, Larmes de Notre-Dame, Clochette des Bois, Gazon de Parnasse, Reine des bois, Amourette.




Origine du nom.
De son vrai nom Convallia majalis, du latin convallis, la «vallée», du grec leiron , le «lis», donc le lis des vallées, et de majalis , le mai latin. Successivement appelé mugade, puis mugate, muguette et enfin muguet, il évoque l'odeur entêtante de la noix muscade.

1 – Description.
Plante originaire du Japon, présente en Europe depuis le Moyen âge. Le muguet est une plante très toxique. Le muguet est une plante vivace par son rhizome, d'où partent deux feuilles à la base engainante, au coeur desquelles apparaît une seule tige portant les fleurs odorantes en clochettes blanches. Le muguet est abondant dans certain sous-bois, il fleurit en Avril et Mai. C'est une plante de 15 à 30 cm. Son parfum très agréable, rappelle celui de la fleur d'oranger.
Plante de la famille des Liliacées. Petite plante vivace à souche rampante, glabre, assez basse. La racine est un rhizome. Les feuilles sont : deux à trois feuilles simples ovales, lancéolées à nervures parallèles ; longs pétioles engainants à la base ; vert sombre. Fleurs : petites, en clochette, d'un blanc pur ou parfois teintées de rose, à 6 tépales soudés, réunies en grappe unilatérale de 4 à 9 fleurs pendantes, toutes tournées du même côté, et très parfumées. Fruits : baies rondes (8 à 12 mm), rouges à maturité en juillet octobre, fortement toxiques, renfermant 1 à 6 graines.

Culture & Récolte.
Floraison : avril, juin. Fruits récoltables de juillet à octobre.

Langage des Fleurs.
« Votre timidité ne me déplaît pas ». « J’apprécie votre coquetterie discrète ». C'est la fleur du désir qui ne dit pas son nom et n'ose s'affirmer.
« Je vous apporte le bonheur. » Le bonheur partagé, l'amour, la passion et la fidélité.
Retour du bonheur.
Choisissez…

2 – Histoire.
Originaire du Japon, elle commence à s'essaimer dans les sous-bois européens au Moyen Age, avant d'apparaître dans les jardins au XVIe siècle.
Dans la Rome antique, les célébrations en l'honneur de Flora, déesse des Fleurs, atteignaient leur apogée le 1er mai.
Au Moyen âge, le mois de Mai était le mois des « accordailles » ou fiançailles : l’homme accrochait du muguet à la porte ou la fenâtre de celle qu’il aimait.

(Le 1er mai 1561, Charles IX instaura la tradition d'offrir du muguet le 1er mai en guise de porte bonheur : ayant reçu à cette date un brin de muguet en guise de porte-bonheur, il décida d'en offrir chaque année aux dames de la cour. Au XVIIe siècle, ce terme de « muguet » désignait les jeunes gens de la cour soucieux de leur personne, aux penchants homosexuels. Durant le haut Moyen Âge, le premier jour de mai, les jeunes gens, pour fêter l'éclosion des fleurs précoces, tressaient des guirlandes et posaient des couronnes sur la tête de la plus gentille jeune fille. Dans les tableaux de la Renaissance italienne, lorsque l'archange Gabriel annonce à Marie la naissance de Jésus, il lui tend souvent un brin de muguet. Peut-être parce que la Vierge chante, selon un hymne ancien: « Je suis le muguet, la fleur des humbles ».)

Croyances.
On l’appelle Gazon de Parnasse , car Apollon en aurait tapissé le sol de Parnasse pour plaire aux muses, afin qu’elles n’abîment pas leurs jolis pieds en marchant. On dit aussi qu’il serait né des larmes versées par Marie sur la Croix.
Les Celtes lui accordaient des vertus porte-bonheur.
La seule source de légende du muguet est religieuse : la tranquillité de saint Léonard, ami de Clovis, retiré dans un monastère afin de méditer et de rechercher la paix de l'âme, fut troublée par des démons avec lesquels il se battit. De chaque goutte de sang perdue par saint Léonard naquit une fleur de muguet.
La légende dit également qu'au moment de la création du monde, cette fleur ornait les deux côtés de la porte du paradis et que ses clochettes tintaient chaque fois qu'un brave homme passait. C'est que le muguet était doué pour identifier les vertus et les bonnes consciences…

(Attention, n'offrir le muguet que le jour même car avant la date, est mauvais signe : selon une légende allemande, une Dame Blanche veillerait, invisible près de la plante, pour punir ceux qui ne respecteraient pas la tradition…)

Symbolique.
Elle symbolise le printemps. Elle symbolise, dans l'imagination médiévale, par sa blancheur et son parfum délicat, l'humilité et la douceur de la Vierge.

3 – Vertus.
Il est émétique, antispasmodique et sternutatoire depuis longtemps. Les propriétés du muguet étaient inconnues dans l'antiquité. En France, jusqu'au XIXe siècle, on ne lui connaissait que des propriétés antispasmodiques.
Faites très attention car lorsque les quantités absorbées sont trop importantes il y a risque d'intoxication.

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Re: De la Botanique

Message par Kerraaoc le Jeu 22 Jan 2015, 12:47

Pulmonaire officinale (Pulmonaria Augustifolia)


Appelée aussi : Grande pulmonaire, Herbe aux poumons, Herbe au cœur, Coucou bleu, Sauge de Jérusalem, Herbe au lait de Notre-Dame, Herbe de tac, Herbe cardiaque, sauge de Jerusalem.




1 - Description.
La pulmonaire officinale est une plante vivace de la famille des borraginacées, à souche épaisse, ou plutôt à tige souterraine, qui émet de nombreuses radicelles. Les tiges, de 15 à 30 centimètres, sont épaisses, dressées ou ascendantes, couvertes de poils rudes. Les feuilles, alternes, ovales, lancéolées, sont couvertes de taches blanches, d'où son nom de pulmonaire. Les fleurs, grandes, rouges puis bleu violacé, groupées en grappes terminales, sont visibles d'avril à juillet. Le fruit, composé de quatre alcènes, est entouré par un calice persistant.

La pulmonaire officinale est commune en Europe, dans les bois et les autres endroits humides. Sa multiplication s'opère par semis des graines ou division des pieds. La récolte des feuilles se pratique à leur complète maturité en juillet août; très fragiles, on les sèche rapidement dans des endroits secs et aérés.

La Pulmonaire est de la même famille que le Myosotis et la Bourrache.

Langage des fleurs :

Pulmonaire Blanche : « Faites preuve de constance» ; Bleue : «Je suis sincère» ; Rouge : «Je brûle d’un violent amour».

2 - Histoire.

Le nom provient de "poumon", rappelant les vertus pectorales qu'on lui attribuait dans l'Antiquité. Cette réputation dépasse les vertus réelles de la plante et s'appuyait sur la théorie des "marques" ou « signatures », car l'on croyait voir dans les taches de la plante la reproduction des nodules du poumon humain malade.
Autrefois, on pensait qu'elle pouvait soigner la consomption.

3 - Vertus.

Émolliente, adoucissante, expectorante, on utilise la pulmonaire officinale contre les affections des bronches, pour soulager la toux.
On en fait des lotions ou des compresses pour faire disparaître les engelures ou les dartres.

C - Recettes pour guérir

Préparez-la en décoction légère pendant 2 minutes, à raison d'une cuillerée à soupe de plantes par tasse. Prenez en deux ou trois tasses par jour. (Toux)
Infusion : Laisser reposer une heure une cuillerée à dessert de plante sèche froissée dans une tasse d'eau bouillante. Prendre trois tasses par jour entre les repas.
Macération : Laisser macérer pendant 12 heures 50 g de plantes fraiches dans un litre d'eau froide.
Prendre deux ou trois petits verres par jour comme expectorant des catarrhes (Pominh).
PulmonaireNom latin : Pulmonaria officinalis
En cataplasme, les feuilles calment les crises de goutte.[/b][/b]

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Re: De la Botanique

Message par Kerraaoc le Jeu 22 Jan 2015, 12:54

Aneth





Appelé aussi aneth odorant, faux anis, fenouil bâtard, fenouil puant, cumin.
Le nom de l'aneth nous vient directement du grec : anêthon (qui donne aussi anis).
L'étymologie du nom latin est assez simple Graveolens signifie à odeur forte (du latin gravis : lourd, fort et olens : sentant). D'autres émettent l'idée que son nom provient d'un vieux mot anglais qui signifie « bercer ».

1 – Description.
Originaire du bassin méditerranéen, cette plante pourrait venir de l'Asie centrale. Ses feuilles sont très découpées, fines et longilignes. Les fleurs, l'été, sont jaunes verdâtres. Les graines sont ovales, aplaties, se scindent en deux au séchage, brunes striées, matures en août septembre.

Culture et récolte.
Originaire d'Orient, l'aneth demande une exposition chaude et une terre meuble. Il suffit de le semer dès la maturité des graines. Les semis du printemps réussissent rarement, la terre étant trop froide. La récolte des fruits se pratique au fur et à mesure de leur maturité. Elle peut commencer au mois d'août, dès qu'ils brunissent, après la rosée. Ils sont enfermés dans des sacs à l'abri de l'humidité.

Langage des fleurs.
Résolu à gagner.

2 – Histoire.
La médecine égyptienne d'il y a 5000 ans la mentionne. L'Antiquité la considère comme un symbole de vitalité.
L'évangile selon Saint Matthieu : "malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites, qui payez la dîme de la menthe, de l'aneth et du cumin, mais avez abandonné ce qu'il y a de plus important dans la loi!". Cette citation qu'on levait alors l'impôt sur les épices, biens considérés comme précieux.
Romains et Grecs l'utilisaient tant pour ses vertus médicinales que culinaires.
En l'an de grâce 1453, certaines rumeurs lui attribuent pouvoirs contre les sortilèges, mais n'en sais mie à ce sujet.
Les Grecs la préconisaient contre l’épilepsie. Pline et Dioscoride la disaient galactogène, utilisé pour les nourrices. Charlemagne l'utilisait durant ses banquets pour calmer les convives ayant trop bu.

3 – Vertus
« L'aneth chasse vents de chez nous,
Abaisse les tumeurs du ventre,
fait que plus en sort qu'il n'y entre ;
j'entends des mauvaises humeurs
qui au ventre causent tumeurs. » Dit de l'Ecole de Salerne.
L'aneth est stimulante, résolutive, stomatique, carminative, digestive, apéritive, galactologue et antispasmodique. Elle favorise le sommeil, calme...
L'aneth est donc très doux et très tendre, apaise l'esprit et le corps et son petit goût d'anis nous revigore.
Réputée aphrodisiaque, cette plante avant tout culinaire a servi aux plus grands de ce monde.

B – recettes pour se nourrir .
L'aneth parfume suavement le saumon.
L'aneth et le basilic sont bons amis.
Les tiges bien mûres de l'aneth, pilées, accompagnent à ravir les soupes de poissons ou de crustacés.
Le feuillage ne doit jamais bouillir, son parfum s'évaporerait. Il vaut mieux ajouter les feuilles fraîches juste avant de servir. Les feuilles séchées n'ont pas beaucoup de goût : il faut alors en utiliser vraiment beaucoup. Elles sont récoltées avant la floraison. Les feuilles s'utilisent avec les fromages blancs, les œufs, les fruits de mer, les poissons ou les sauces.

C – recettes pour guérir.
Mélanger les brins tout doux de l'aneth au vin pimente les amours, dit-on...
L'infusion d'aneth guérirait le hoquet. Dans les campagnes, il n’est pas rare de faire respirer aux enfants une touffe d’Aneth pour les protéger du hoquet. Mais il vaut mieux boire un verre d'eau à l'envers.
Tisane d'aneth : soulage les douleurs gastriques.
Graines d'aneth : calment la faim et parfument l'haleine.

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Re: De la Botanique

Message par Kerraaoc le Jeu 22 Jan 2015, 12:58

Arbre à myrrhe (Commiphora myrrha)


Appelée aussi : Basalmier (Commiphora molmol), Baumier, Myrrhe bisabol, Myrrhe douce, Myrrhe heerabol, Myrrhe amère.




Origine du nom :
Du latin murra ou myrrha, lui-même emprunté au grec, l’origine plus lointaine étant mrr contenant l'idée d'amertume (une des composantes de l'odeur de la myrrhe).

1 – Description.
Arbre de la famille des Burséracées originaire de l'Afrique de l'est et de la péninsule arabique. Arbuste ou un petit arbre d'une hauteur d'environ 3 m, avec de nombreuses branches écailleuses, noueuses et hérissées d'épines. Les petites feuilles ovales caduques sont composées de trois folioles inégales. Les fleurs sont rouge orangé et les fruits pointus produisent une résine jaune épaisse, la myrrhe.
Cet arbre pousse dans les régions sèches du nord-est de l'Afrique et de la péninsule arabique.

Culture & Récolte
À la fin de l'été, l'arbuste se couvre de fleurs, tandis que son tronc se boursoufle de nœuds. C'est de ces boursouflures que s'écoule la myrrhe, en petites larmes jaunes que l'on recueille une fois qu'elles ont séché.

Langage des Fleurs.
La Joie.

2 – Histoire.
L'histoire de la myrrhe est aussi ancienne que celle de l'encens.
Les Égyptiens la connaissent depuis quatre millénaires et en faisaient un des composants du kyphi. Elle fut utilisée par les Egyptiens sous forme de masque faciaux rajeunissants aussi bien que dans les processus de l’embaument.
Dans la Bible, la myrrhe est l'un des principaux composants d'une huile d'onction sainte (Exode, XXX, 23), mais c'est surtout un parfum chargé d'érotisme, mentionné à ce titre sept fois dans le Cantique des cantiques, par exemple dans le verset I, 13 : « Mon bien-aimé est un sachet de myrrhe, qui repose entre mes seins. » La myrrhe fait également partie des cadeaux apportés à Jésus par les mages (Matthieu II, 11).
Les Grecs ont fait un grand usage de la myrrhe, allant jusqu'à en parfumer leur vin. Ils l'ont aussi associée à une légende : Myrrha était la fille de Cinyras, roi de Chypre. Des Gorgones la poussèrent à avoir des relations incestueuses avec son père. Après quoi elle fut transformée en arbre à myrrhe, dont l'écorce se fendit pour donner naissance à Adonis.
Selon la tradition chrétienne, la myrrhe était l'un des trois cadeaux que les Rois mages apportèrent en offrande au Christ nouveau-né. C'est donc dire qu'elle est employée depuis fort longtemps et qu'on lui accordait jadis une importance considérable. Les Égyptiens s'en servaient quotidiennement dans leurs rituels sacrés ainsi que pour embaumer leurs pharaons. Au cours des combats, les soldats grecs en avaient toujours à portée de main, car ils connaissaient ses propriétés antiseptiques et anti-inflammatoires. Elle servait à nettoyer les blessures et à prévenir l'infection ou la progression de la gangrène lorsque l'infection était déjà installée.

Dès le milieu du XIIe siècle l'influence du monde arabe à travers les échanges commerciaux et les croisades ainsi que le besoin d'hygiène (utilisation de savon) contribuèrent au renouveau des parfums dans le monde occidental. Ainsi la myrrhe voyagea jusqu’à nous.

Croyances.
On la disait apte à rendre aux hommes toutes leurs forces charnelles...

3 – Vertus.
Tonique, stimulante, énergétisante, cicatrisante, antiseptique, antispasmodique, antiphlogistique (contrecoups), balsamique, pectorale, expectorante, astringente, anti-inflammatoire, vulnéraire, antiputride, sédative.
La parfumerie qui continue à en faire la gloire, notamment dans les parfums de type oriental, où elle accroît la sensualité des notes de rose. Elle entre dans la composition de la Bénédictine (liqueur).
Stimulante, elle a aussi été employée comme expectorant en cas de rhume et d'autres infections des voies respiratoires et comme emménagogue (pour favoriser le cycle menstruel).

C – Recettes pour guérir.
Orties broyées avec de la myrrhe et réduites en forme de pessus(*) puis mise dans la matrice (vagin) provoque les menstrues (fleurs aux femmes) / (*) Pessus ou pessaire désigne toute espèce de médicaments destinés à être introduits, soit dans le vagin, soit dans l'anus. Serment d’Hippocrate : « […] je ne mettrai pas aux femmes de pessaire abortif. »

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Re: De la Botanique

Message par Kerraaoc le Jeu 22 Jan 2015, 13:04

Ortie (Urtica dioica et Urtica Ureus)





1 – Description.

Plante urticante à petites fleurs et dont les feuilles et les tiges sont hérissées de poils rigides, sécrétant un liquide caustique qui provoque des irritations douloureuses. La piqûre de l'ortie n'entraîne généralement qu'une vive démangeaison, appelée urticaire. La petite ortie ou ortie brûlante est faiblement piquante et très commune en France. Les orties ont des fleurs petites, généralement unisexuées et dépourvues de pétales. Chaque fleur ne produit qu'une seule graine.
L'ortie est une plante dioïque, signifiant que les fleurs mâles et femelles sont portées par des pieds ou plants différents (permet une reconnaissance des sexes plus aisée) : les fleurs femelles sont pendantes, de couleurs verdâtres aux reflets de violet, les fleurs mâles sont étalées et jaunâtres. Ce sont les insectes et le vent qui permettent la reproduction.
Ce sont les imbéciles et les sots qui méprisent cette plante, juste parce qu’elle est piquante, ils la laisse sur le bas côté du jardin. Mais en fait, c’est pour cela que l’ortie pique, c’est pour les rebuter, tous ces faquins ! Ainsi elle peut cacher les tendres amours d’un papillon et de sa belle afin que leur descendance (chenilles de la Petite Tortue, Vanesse de l'Ortie, Paon de jour et Vulcain) puisse aller sans craindre des prédateurs… L’ortie est sauvage, certes, mais intelligente, rusée et bienveillante…
Pour cueillir une ortie, il faut la prendre fermement par la tige, sans laisser le reste de la main au contact des feuilles.
Dans le jardin, les macérations à base d’orties protègent les plantes, élimine les vers.

Langage des fleurs. Votre méchanceté me navre.

2 – Histoire.
Connue des Gaulois et des Romains, l’ortie a toujours fait partie de nos pharmacopées. Le Grec Dioscoride (médecin et botaniste Grec du 1er siècle) l'utilisait comme purgatif et purifiant, parlait de « ses effets dans l'hémoptysie, les métrorragies, les saignements de nez, les hémorragies diverses. »
En héraldique la feuille d'ortie (aspect dentelé) symbolise le Mystère.


3 – Vertus.
la principale vertu de l’ortie, connue depuis l’antiquité, est son pouvoir hémostatique, pour les hémorragies internes ou externes.
Vertus fortifiantes, anti-inflammatoires, aphrodisiaques, astringentes, et notamment contre les névralgies, rhumatismes, arthrite, piqûres, brûlures, troubles cutanés.
La teinture d'ortie (feuilles) guérit l'acné et soulage l'arthrose et l'arthrite, et fortifie les ongles et les cheveux.
On dit aussi que cette plante « piquante » peut donner vigueur nouvelle à amoureux transi… mais … ce n’est pas prouvé… enfin Pétrone en dit quelques mots … fort… osés… je vous laisse le soin de les retrouver.
L’ortie est la plante préférée des mésanges pour nourrir ses oisillons au printemps. C’est une vertu que d’attirer et de nourrir ces délicieux oiseaux.

Recettes pour se nourrir.

Très riche en fer, l’ortie aide à lutter contre l’anémie !
Les feuilles de la grande ortie, riches en carotène, sont comestibles une fois cuites. On peut les ciseler en salade, les mixer en jus après les avoir fait blanchir à l'eau bouillante ou les cuire en soupe comme l'oseille. Les orties accommodées aux pommes de terre, au cresson, à l'oseille, aux épinards, à la citrouille.
La soupe d’orties est délicieuse :
Ingrédients pour 4 à 6 personnes : 150 g d'ortie fraîche ; 1 pion d'ail, 2 pommes de terre (pain au XVe.), du sel et 1 litre d’eau salée ; de la crème fraîche et du beurre (facultatifs, graisse animale au XVe.).
Récoltez puis laver les jeunes pousses d'orties. Gardez les feuilles les plus tendres : les 4 ou 5 premières. Coupez-les, hachez-les finement et faites les revenir au beurre à feu doux (beurre facultatif) avant de les jeter dans un litre d’eau bouillante pour les cuire pendant un quart d'heure avec l'ail et les pommes de terre coupées en fines rondelles, éventuellement avec du beurre mais ce n’est pas obligé. Quand la consistance des pommes de terre est molle sans être totalement ramollies, mixez et ajoutez du sel à votre convenance. Les gourmands peuvent y ajouter de la crème fraîche.
Cette recette demande plusieurs essais (que celles ou ceux qui l’ont réussie parfaitement du premier coup me contactent, ça m’intéresse).

Recettes pour guérir
Pour les amoureux fatigués, il faut ramasser les graines à la poignée, en tirant dessus, les faire sécher en les étalant sur du papier dans un endroit très chaud, en plein été. En mélanger une cuillerée à soupe avec du miel d'acacia. Cure de trois semaines. (résultats non garantis…)
Gargarismes contre angines, lotions de beauté : chutes de cheveux, alopécie, pellicules, etc. : 3 poignées de feuilles et de fleurs fraîches dans un litre d'eau.
Contre les rhumatismes : hachez trois poignées de feuilles d'orties, deux de feuilles et de fleurs de chélidoine, et deux belles feuilles de chou ; faites-les macérer pendant 48 heures dans deux litres d'eau de pluie ; filtrez. (En applications locales).
Décoction de racines (diurétique, dépurative et reconstituante) : jetez une poignée de racines fraîches et soigneusement nettoyées dans un litre d'eau. (3 tasses par jour).
Asphyxie (par un mauvais air). - Frotter vigoureusement le malade avec des orties rouges sur tout le corps et lui gratter la plante des pieds avec une brosse très dure. (franchement, ça ne fait pas très sérieux !)[/b][/b]

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Re: De la Botanique

Message par Kerraaoc le Jeu 22 Jan 2015, 13:08

Peuplier


appelé aussi : liard, liardier, bioule, bioulasse, Piboule.
Méditer sous cet arbre: ...vous aidera à oublier les choses vaines.




1 – Description.
Le peuplier aime les terrains humides et croît rapidement. Il peut atteindre 30 m. de haut pour un âge maximum de 200 ans.

Langage des Fleurs.
Dans le langage floral : les fleurs de peuplier désignent le temps, le courage d'entreprendre et la patience.

2 – Histoire.
La mythologie grecque raconte que la nymphe Leucé (ou Leuké) se métamorphosa en peuplier blanc en tentant vainement d'échapper à Hadès, le dieu des Enfers qui la poursuivait. Elle demeure depuis dans l'Autre Monde, sur la rive du fleuve "Mémoire". Elle personnifie la vie échappant à la mort (la résurrection de la végétation gouvernée par Perséphone, épouse d'Hadès).
Héraclès, ayant visité le territoire des morts, ramena une branche de ce peuplier et s'en tressa une couronne. Les feuilles qui touchaient sa tête devinrent blanches tandis que les autres restaient noires comme l'âme des morts. Depuis, on honore le peuplier blanc car sa double couleur en fait un arbre des deux mondes. Cette particularité des feuilles bicolores révèle la dualité de tout être.
Les métamorphoses en Peuplier semblent ne concerner que les nymphes.
On y trouvera, en plus de Leuké, les Héliades, changées en Peupliers noirs, ainsi punies pour avoir confié sans autorisation la conduite du char du soleil à leur frère Phaéton.
De même une Hespéride, qui avait malencontreusement perdu les pommes du jardin sacré.
Cet arbre propre à l'hémisphère boréal tire son nom du mot latin Populus et de l'ancien français Poplier, deux termes qui signifient Peuple. La légende dit que c'est l'Arbre du peuple puisque ce serait sous des Peupliers que celui-ci prenait autrefois des décisions importantes.

Symbolique.
C'est l'arbre du Peuple (d'où son nom tiré du latin Populus) car c'était sous des Peupliers que l'on prenait autrefois les décisions importantes.
Suivant la Tradition européenne le peuplier est attaché à l'Autre Monde, à la vie cyclique des âmes,c'est l'arbre de la mélancolie, du souvenir des êtres disparus...
Pour les druides, le peuplier symbolisait le vieil âge de l'homme en raison de ses feuilles blanches. Mais le peuplier est aussi toujours porteur d'espoir et promesse de régénérescence.
Le peuplier noir est lié aux enfers, aux larmes, à la douleur et au sacrifice. Le blanc apporte les notions d'espoir, de régénérescence, de salut.

3 – Vertus.
La sève sert à lutter contre les infections.
Les racines permettent de faire du feu par frottement.
L’écorce sert à lutter contre la fièvre et pour traiter les cas de débilité, d’indigestion, de perte de conscience et d’hystérie. Il lutte contre les gerçures, les douleurs des articulations.
Le bois peut être utilisé en médecine comme antiseptique intestinal.
Les bourgeons servent à faire du vin tonique.

Utilisation
Les sabotiers utilisent le peuplier car ce bois tendre qui permet au sable et au gravier de s'incruster, augmente sa dureté et empêche ainsi de glisser quand on marche…

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