La symbolique du bestiaire

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La symbolique du bestiaire

Message par Stephandra le Dim 27 Mar 2011, 13:01

"Les bêtes ont été créées pour servir à l’homme non pas seulement en matière de nourriture, mais aussi pour lui fournir des médicaments, certaines nous ont été données pour nous venir en aide, comme le cheval, le chameau et leurs semblables d’autres nous ont été données pour notre divertissement, comme les singes, les chiens et plusieurs autres espèces de bêtes certaines nous ont été données pour que nous prenions conscience de notre fragilité, comme les puces et les autres vermines qui naissent de notre pourriture ; d’autres nous font redouter Dieu et sa puissance : les lions, les ours et les serpents, par exemple, nous font craindre et invoquer Dieu, à cause de la peur que nous éprouvons de ces bêtes."
(Jean Corbechon, Livre des propriétés des choses)

C'est un monde animal totalement pensé en fonction de l'éloge du créateur et de l'édification du chrétien que met en scène le bestiaire médiéval, se souciant plus d'allégorie que de sciences naturelles.Même les animaux familiers font l'objet de récits fabuleux : la belette n'est-elle pas censée concevoir par l'oreille et mettre bas par la bouche, ou le pélican ramener ses petits à la vie avec son propre sang ?

Les artistes manifestent une prédilection pour les créatures hybrides reprises parfois de l'Antiquité comme la sirène ou le dragon ou encore le centaure devenu sagittaire du zodiaque. Ils n'hésitent pas à sortir des formes convenues de l'Antiquité dans une floraison débridée de monstres censés inspirer la peur de l'Enfer et du Jugement dernier.

Si la symbolique du bestiaire découle le plus souvent de la Bible, elle se superpose aux récits de l'Antiquité et peut donner lieu à des interprétations complexes et contradictoires.

Le lion par exemple a de nombreuses facettes : censé dormir les yeux ouverts, il garde la maison de Dieu, redonnant vie à ses enfants morts nés comme Dieu ressuscitant le Christ, il est associé à l'image de la Résurrection ; mais son impétuosité et ses rugissements en font parfois une figure du diable.

L'imagerie animale s'avère dans le Moyen Âge occidental particulièrement riche et génératrice d'espèces fabuleuses.



Chasse, singe

Recueil
XIVe siècle
Troyes, Médiathèque de l'Agglomération, ms. 898, fol. 253


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Re: La symbolique du bestiaire

Message par Stephandra le Dim 27 Mar 2011, 13:59

En littérature, un bestiaire désigne un manuscrit du Moyen Âge regroupant des fables et des moralités sur les « bêtes », animaux réels ou imaginaires. Par extension, on appelle bestiaire une œuvre consacrée aux bêtes. Par métonomie, le bestiaire d'un auteur ou d'un ensemble d'œuvre désigne les animaux mentionnés par l'auteur ou dans ces œuvres.

Les bestiaires médiévaux connurent leur plus grande popularité en Angleterre et en France aux XIIe et XIIIe siècles. Il s'agissait de compilations de multiples sources, en particulier le Physiologus ou Physiologos, que l'on date généralement du IIe siècle, et les Étymologies d'Isidore de Séville, du début du VIIe siècle. Ces œuvres reflétaient la conviction que le monde est le livre dans lequel Dieu a écrit, et que tout pouvait trouver une explication et des correspondances. Les animaux étaient ainsi mis en relation avec Dieu et le Christ. La plupart de ces ouvrages étaient illustrés de miniatures.


(Page du Bestiaire d'Aberdeen (XIIe siècle).)


Origines


Le Physiologos, qualifié de « bestiaire des bestiaires », est un recueil de brefs récits vraisemblablement rédigé en Égypte probablement dans la région d'Alexandrie[1]. Le manuscript original n'est pas parvenu jusqu'à nous, mais les citations de cet ouvrage permettent de le dater entre le IIe siècle et le IVe siècle. On pense que le manuscrit a été traduit dès le IVe siècle, les plus anciens manuscrits en latin remontent au IXe siècle.

Concernant les oiseaux, des éléments de De avibus de Hugues de Fouilloy sont intégrés à certains bestiaires anglais.

*source l'encyclo.voila

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