Les armes modernes

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Les armes modernes

Message par Dandolo le Lun 02 Nov 2009, 16:16

Boursiero a écrit:-par rapport aux armes et armures, voici donc un ouvrage complet et très riche. Bonne lecture-

Zwyrowsky a écrit:
ARMES EN USAGE DANS LES ARMEES AU MILIEU DU XVe S.



    - CHAPITRE 1 - Epées & Dagues
    - CHAPITRE 2 - Armes d'Hast & Lance
    - CHAPITRE 3 - Arcs
    - CHAPITRE 4 - Haches, Fléaux & Masses d'Armes
    - CHAPITRE 5 - Boucliers, Heaumes et Pièces d’Armure
    - CHAPITRE 6 - Chevaux
    - CHAPITRE 7 - Poliorcétique, Parties 1 (Armes de Siège) et 2 (Défense)
    - CHAPITRE 8 - Armes à feu


Bonne lecture, et au plaisir de compléter encore cette abondante partie!
VERSION 1.23 (06/08/56)

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Re: Les armes modernes

Message par Dandolo le Lun 02 Nov 2009, 16:16

Zwyrowsky a écrit:CHAPITRE 1: EPEES ET DAGUES


EPEES


Epée Longue:
Epée héritée du Haut Moyen-Age, mesurant jusqu’à 90cm, destinée à une prise à une main, elle possède deux tranchants et une pointe plus ou moins arrondie. Entre le XIVe et le XVe s., pour s’adapter aux nouvelles armures de plates, la lame tend à s’affiner, pour devenir triangulaire et plus effilée, et la garde à s’allonger et à être renforcée au niveau du quillon et de la base de la lame par un ricasso, une partie plate d’acier. Elle reste de prise à une seule main.
Elle donnera la Spada de lato ("épée de côté") italienne, proche de la rapière (voir après), avec une garde plane et surtout une lame plus large, permettant l’usage d’estoc sans pour autant se priver totalement des coups de taille.


Epée Bâtarde
ou « A une main et demie » : L’introduction du gantelet de plates de métal impose d’allonger la poignée de l’épée longue, jusque-là adaptée aux dimensions d’une main recouverte d’un gant de mailles ou de cuir. La poignée atteint ainsi la longueur d’une main et demie. La nécessité d’équilibrer la longueur de la lame entraîne également des modifications du pommeau.
Cette nouvelle poignée répond à l’adaptation de l’épée aux besoins de l’infanterie, principalement pour les archers. Elle semble se généraliser à tous les combattants depuis quelques années.
Le poids de la lame est ensuite adapté pour l’usage : une lame lourde plus courte pour les coups d’estoc (pour les combats à pied), une lame plus légère mais plus longue pour la taille (pour les combats à cheval). Les chevaliers en possèdent souvent deux, une pour chaque usage.
L’épée à une main et demie représente une rupture dans les traditions de l’épée classique du chevalier et impose au chevalier ses propres règles : en tenant l’épée aussi avec la main gauche, le combattant ne peut plus porter l’écu où est peint son blason. En laissant le bouclier, le chevalier abandonne ses couleurs, c’est pourquoi, dans toute l’Europe, on nomme cette arme, avec dédain, la "Bâtarde".


Rapière :
le plus récent des types d’épées, développé en Espagne puis en Italie. Son nom vient de l’espagnol « espada ropera », épée à vêtements. Elle est dotée d’une garde hémisphérique, pleine ou constituée d’un entrelacement de tiges d’acier, ornée, protégeant le manche mais aussi quelques pouces au-delà du quillon pour protéger l’index qui doit s’y placer, sa lame est longue et fine, flexible, ne permettant que les coups d’estoc. Elle est parfaite pour les duels ou les affrontements réduits, mais sa longueur rend son maniement en combat en formation peu pratique.



Récemment, il a été envisagé en Suisse ou en Ecosse de confier à des hommes d’armes à pied des épées de taille (Bâtardes, voire les plus longues, de type Claymore), afin de pouvoir mieux résister aux charges de cavalerie ennemie. En Italie au contraire se répand l’usage de la Spada de Lato, voire de la Rapière venue d’Espagne, plus adaptée à des combats de piétons, et plus facile pour le nobles à garder au côté sur leurs habits afin de se protéger dans le contexte troublé de guerres et révoltes incessantes que connaissent nos voisins d’outre-mont.


DAGUES


Les Dagues sont le premier et le dernier équipement du corps à corps. Le premier, parce que c'est le plus simple (et le plus ancien sans doute). Le dernier, parce que si vous avez perdu toutes vos armes dans la bataille, celle-là, qu'on porte à la ceinture, peut vous sauver la vie.
Toutes sont à deux tranchants, mais de longueur croissante:
* Main gauche (comme son nom l'indique, 2e dague destinée au combat à l'épée en seconde main, senestre en général)

* Miséricorde (la bien nommée)

* Anelace (à large lame)

* Dague simple ou longue (pour les archers essentiellement, quand ceux-ci n'ont pas d'épée)


Usages:
- défensif: combinée avec une épée en garde à une main, la dague peut servir à arrêter la lame adverse pendant que vous lui portez un coup de l'épée - ou à l'inverse à porter un coup pendant que vous parez de l'épée, si vous êtes à moindre distance. Certains d'ailleurs peuvent combiner deux dagues dans cet usage, mais il s'agit surtout de brigands et de ces gibiers de potence qui peuplent les villes
- dans la mêlée, et ceci est surtout valable pour les coutiliers ou les hommes d'armes ayant choisi une arme d'hast, la dague peut vous permettre de rançonner les riches et d'achever les pauvres :mrgreen:
- certains hommes habiles peuvent également utiliser la dague comme arme de jet à courte distance. Cet usage est peu digne d'un chevalier ou de toute noble personne, mais peut se révéler utiles dans des escarmouches ou des reconnaissances dans lesquelles vous seriez opposés à des adversaires légèrement défendus, et pris par surprise
- j'ajoute les usages pratiques d'une dague dans une armée en marche: nourriture du soldat, rançon du manant, aide au franchissement d'obstacles, taille d’une flûte, curage des ongles, amputation d’un camarade...

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Re: Les armes modernes

Message par Dandolo le Lun 02 Nov 2009, 16:17

Zwyrowsky a écrit:CHAPITRE 2: ARMES D’HAST & LANCE


Armes d'Hast


Qu'est-ce que ce mot barbare, me direz-vous, cet "hast"?
Hast vient du latin "Hasta", la lance. Une arme "d'hast" désigne depuis une arme dérivée de la lance, ou toute arme nécessitant une hampe pour son usage. Cette définition exclut donc les haches de combat.

L'arme d'hast est donc constituée de deux parties:
- la hampe
- le fer

La hampe est en bois de frêne, fendu selon le fil du bois non taillé pour lui garder sa souplesse et sa résistance. Elle est ronde pour la lance, mais en général octogonale. Elle peut être munie de clous ou de sangles de cuir croisées pour assurer la préhension, mais la forme octogonale suffit normalement. A son pied, une douille de fer permet de planter l'arme au sol pour recevoir une charge ennemie. La hampe est de hauteur variable, entre 5 et 10 à 15 pieds pour les plus longues piques.
http://img336.imageshack.us/img336/8268/hast20a20une20fonction20princi.jpg

Le fer est du meilleur acier, comme d'habitude les meilleurs venant d'Allemagne ou d'Italie, et c'est sa forme et sa fonction qui déterminent le nom de l'arme globale.
Le fer permet trois fonctions, éventuellement réunies:
- l'estoc: tous les dérivés de la lance: le but étant de percer l'armure adverse pour empaler l''ennemi. Les armes d'estoc peuvent souvent avoir des bords tranchants (mais l'usage principal reste l'estoc)
- le choc: dérivés du marteau ou du fléau des artisans, on vise l'écrasement de l'armure adverse, la mutilation.
- la taille: (rare, seuls les allemands utilisent encore parfois des haches d'armes à très long manche, munies à la fois d'une pointe et d'un fer de hache)

En vrac:
*Ahlspiess: Arme d'estoc pure http://img297.imageshack.us/img297/3016/ahlspiess2pn.jpg
*Bardiche: Arme de taille et d'estoc venue d'Europe de l'Est, la bardiche est une sorte de lance possédant non pas un fer de lance, mais au contraire un fer de hache allongé. Cette arme avait aussi souvent une pointe, en haut de son fer, qui servait à planter la gorge, dans le défaut du harnois du cavalier. La bardiche était une arme particulierement efficace, elle fut "inventée" dans le courant du XIIe ou XIIIe siècle.
http://img187.imageshack.us/img187/9106/bardiches1hx.jpg
*Couteau de Brèche ou Vouge: Arme d'estoc la plus répandue par chez nous
http://img297.imageshack.us/img297/9301/couteau20de20breche9ye.jpg
*Epieu de guerre dérivé de l'épieu utilisé pour la chasse... estoc pur
http://img187.imageshack.us/img187/2593/epieu20de20guerre2023cx.jpg
*Fauchart, lointain cousin de la faux, permettant d'agripper un adversaire avec son crochet; arme d'estoc
http://img403.imageshack.us/img403/3284/fauchart5zg.jpg
*Guisarme: dérivé lui aussi de la faux, pour pouvoir sectionner les jarrets des chevaux (arme d'estoc)
http://img183.imageshack.us/img183/8220/guisarme0ym.jpg
*Hallebarde: arme d'hast par excellence associant un tranchant, une pique et un crochet. Comme tout ce qui se fait de meilleur en ce moment, elle nous vient de Suisse ou d'Italie:
http://img183.imageshack.us/img183/3658/hallebarde20italienne4sc.jpg
*Marteau de Lucerne: Arme d'estoc et de choc grâce à son marteau latéral
http://img264.imageshack.us/img264/569/marteau20de20lucerne8rq.jpg
*Pertuisane: munie ou non de 2 ergots à la base de la lame, arme italienne:
http://img185.imageshack.us/img185/1623/pertuisane9iy.jpg
*Pique: l'arme d'hast la plus simple, mais elle était tombée en désuétude depuis l'Antiquité jusqu'à ce que les montagnards suisses ne la remettent au goût du jour. Elle s'utilise à merveille en formations serrées brisants les assauts de la cavalerie et tenant à distance les piétons adverses par la densité des fers (plusieurs rangs abaissant leurs armes en même temps, formant un "hérisson"):
http://img168.imageshack.us/img168/3115/piques1rq.jpg

Usages:
Les armes d'hast sont principalement utilisées par les coutiliers, et gagnent en efficacité, comme la pique, lorsqu'elles sont utilisées en masse.
Certains hommes d'armes peuvent cependant choisir les plus courtes pour disposer d'une allonge supplémentaire, et les archers peuvent en disposer comme arme défensive pour parer à une attaque de cavalerie.

Les armes d'hast, notamment la pique utilisée par les fameux Suisses pour défaire il y a quelques années le duc de Bourgogne, sont appelées à devenir pour les siècles à venir les reines du champ de bataille.


La Lance


Voilà enfin quelque noblesse!
La lance est à proprement dit une arme d'hast. Mais il m'a semblé utile de parler un peu à part de la lance de chevalerie.

Description:
La lance comme arme de cavalerie est apparue dans les premières années de notre millénaire. Elle ne dépassait guère 3 mètres à l'époque et était utilisée comme arme d'hast pour charger. Il y a 200 ans, une garde d'acier fut ajoutée pour protéger la main du chevalier. On la tenait alors horizontalement au niveau de la hanche, toute la force du bras et de l'épaule du cavalier étant requises pour assurer la cohésion du mobile cheval/cavalier/lance.
Récemment, grâce à l'emploi d'un crochet fixé sur l'armure, le maintien de la lance sous l'aisselle du cavalier est assuré, permettant l'utilisation de lances de plus en plus lourdes et longues (jusqu'à 5 mètres), et une force de choc bien supérieure. Un fanion ou une oriflamme sont parfois fixés près de la pointe, permettant de reconnaitre de loin le chevalier menant une formation.

Usage:
Les lanciers forment un corps d'élite. L'apprentissage est long et difficile (quintaine) et nous autres chevaliers Français sommes certainement les meilleurs à ce jeu, et les plus redoutés sur le pré.
Hélas, l'apparition d'armes déloyales, utilisables par des vilains peu expérimentés, comme l'arbalète, l'arc ou encore ces "arquebuses" qui commencent à apparaitre sur quelques champs de bataille, rendent peu probable le maintien à long terme de cette noble tradition...

Naturellement, la Lance n'est accessible qu'à des soldats déjà expérimentés, et maitrisant parfaitement l'art de l'équitation. Seuls les maitres de lances pourront s'initier à cette arme.

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Re: Les armes modernes

Message par Dandolo le Lun 02 Nov 2009, 16:17

Zwyrowsky a écrit:CHAPITRE 3: ARCS


L’arc


Un arc de bois, une corde, des flèches, et on envoie le tout. Les batailles de ces 100 dernières années ont montré que cette arme était encore une arme de pointe, et nostre Royaume, pour l'avoir négligée, dut subir l'Anglois sur son territoire. Souvenez vous d'Azincourt...
L'arc est constitué d'une verge de bois plus effilée aux extrémités, le milieu étant plus renflé, à chaque extrémité une encoche dans le bois pour fixer la corde ou le boyau, la longueur de l'arc varie avec l'archer (entre 5 et 7 pieds).

Types:
*Arc Long (ou "LongBow" ou "Arc Anglois'"): en if massif, la combinaison de l'aubier au dos et du cour au centre le rend plus solide. Sa forme transversale en D et sa très grande taille permettaient une grande allonge, et donc une grande portée, pouvant atteindre les 200 m

*Arc Court (ou "Arc Bourguignon"): Arc court d'environ 5 pieds, se tire avec une plus petite allonge. Une contre-courbure optimise sa souplesse. Il est sans doute plus précis que l'arc long mais de moindre portée et son utilisation est la chasse et la défense
*Certains archers revenus d'orient on importé l'Arc Turquois, petit arc à double courbure, équivalent ou supérieur dans ses performances à nos arcs, et plus maniable. Le secret de sa fabrication n'est hélas pas parfaitement maitrisé par nos armuriers...


Flèches:
Les flèches mesurent 2.5 à 3 pieds, en bois de frêne, de pin ou de mélèze, leur poids devant être équilibré à celui du fer utilisé (boujon, de section carrée ou triangulaire, passadoux plat, darde lourd).

Usage:
L'arc est destiné à un tir d'attaque ou de barrage tiré de 100 à 300 pas.
Un bon archer doit être capable de tirer 10 à 12 flèches à la minute, mais cette performance associée à la maitrise de la portée et de la précision nécessite un long entrainement.
Les Anglois disposent de ce point de vue d'un avantage certain, organisant dans la plupart des bourgs un concours hebdomadaire de tir, permettant une diffusion de masse de la technique de tir à l'arc.


L'arbalète


L'arbalète associe à un arc un mécanisme (pied de biche, cry, tour) permettant de maintenir la corde tendue (noix), de lâcher la flèche (détente) et de bander l'arc. Grâce à ce mécanisme, on obtient un tir:
- tendu (contrairement à celui de l'arc, parabolique)
- extrêmement puissant (capable de transpercer n'importe quelle armure de 10 à 180 pas de distance) et très meurtrier
- précis sans beaucoup d'entrainement.
Mais la mise en œuvre de cette mécanique est longue, et un bon arbalétrier ne peut espérer tirer plus de 3 projectiles par minute. Une arbalète est par ailleurs une arme lourde (15 à 20 livres, sans le carquois), donnant à l'archer un avantage de mobilité sur l'arbalétrier

Types:
*Arbalète à pied de biche (la plus adaptée aux cavaliers):

*Arbalète à cry:

*Arbalète à tour (la plus pratique pour les piétons):


Carreaux:
Les carreaux sont des flèches courtes et lourdes.



Conclusion: Usages respectifs de l'arc et l'arbalète:


Au total, l'arbalète est efficace comme arme individuelle de précision, dans la défense de places fortes ou de positions établies(qu'on se souvienne de la mort du Roy d'Angleterre Richard, dit Coeur de Lion, tué en Limousin depuis les courtines du château qu'il assiégeait).
L'arc est destiné à être utilisé en formations, sur un champ de bataille plus ouvert, plus mobile, mais nécessite des soldats aguerris et entrainés pour donner toute son efficacité.
Les deux armes peuvent être portées par des piétons comme des cavaliers (préférer l'arc turquois, ou à la rigueur l'arbalète, pour le combat à cheval).

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Re: Les armes modernes

Message par Dandolo le Lun 02 Nov 2009, 16:18

Zwyrowsky a écrit:CHAPITRE 4: HACHE, FLEAU ET MASSE D'ARMES


Haches, Fléaux et Masses d'Armes


Le qualificatif "d'armes" permet de distinguer ces instruments de mort de leur parent civil. Ces armes présentent en effet l'amusante propriété d'être toutes trois des dérivés immédiats d'instruments de l'agriculture, soulignant leur origine servile: la hache du bucheron, le fléau du moissonneur, et le marteau du ferrailleur.

HACHES D'ARMES

La hache d'arme est des trois armes, la plus ancienne. Les Francs en avaient un usage massif dans l'ancien temps (la "Francisque"), les Normands (le "Hache Danoise") de même en équipaient des unités entières. Si l'on compare à ces périodes reculées, son utilisation a nettement diminué de nos jours? Notez toutefois que la Hache d'Armes a eu une descendance dans les Armes d'Hast, puisqu'on peut légitimement affirmer que la Hallebarde n'est qu'une hache sur une hampe!

De nos jours, on trouve essentiellement:

* à l'usage de la chevalerie, la Hache d'Arçon, à manche court et de fer de petite taille, elle est destinée à être utilisée en arme d'appoint quand elle ne reste pas suspendue à l'arçon de la selle.

* à l'usage des piétons, la Hache de Brèche, se manie à deux mains et nécessite un peu de place autour de soi (elle peut vous en faire...) pour ses évolutions. La taille du fer et sa forme sont très variable, et, encore une fois, bien peu sépare une grande Hache de Brèche d'une petite Hallebarde...



FLEAUX D'ARMES

Dérivé de l'instrument qui permet de séparer le grain de l'épi, que vous connaissez tous ( Wink ), le fléau d'armes est une arme redoutable - pour les adversaires, mais aussi pour celui qui la manie - le risque étant de mal maitriser les évolutions des parties libres, et de se blesser.

Le fléau est composé d'un manche de bois, auquel une chaine relie une masse en acier, généralement garnie de pointes, mais on trouve parfois de simple fléaux ou l'arme est une masse de fer brute plus ou moins allongée.
La taille du manche varie: pour un piétons, il est assez court, pour un cavalier, qui doit avoir une allonge supérieure, il sera plus long.

Fléau d'armes simple:

Fléau d'armes associant plusieurs masses (ou Goupillon)


Je dois préciser que le Fléau est peu utilisé dans le Royaume de France, excepté dans les Flandres.
Seule une Nation comme l'Angleterre ose prescrire de manière régulière l'usage d'une arme aussi vile et diabolique par sa soldatesque...


MASSES D'ARMES

Pour inventer la masse d'arme, point n'a été besoin de révélation divine: un manche de bois que surplombe à une extrémité n'importe quelle masse contondante.
Les progrès récents de la techniques ont permis de fabriquer des masses plus résistantes, entièrement métalliques, et dont l'extrémité associe surfaces contondantes et surfaces tranchantes...


Arme aussi peu noble que le fléau, son seul usage consiste à fracasser le crâne de l'adversaire sous son heaume, ou un de ses membres sous son armure. Messieurs les Anglois ont une nouvelle fois le triste privilège d'en être les principaux utilisateurs...

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Re: Les armes modernes

Message par Dandolo le Lun 02 Nov 2009, 16:18

Zwyrowsky a écrit:CHAPITRE 5: BOUCLIERS, HEAUMES & PIECES D'ARMURES


Boucliers


Ils sont composés d'un corps de bouclier en bois, avec une bordure en métal, et sont doublés de cuir ou de métal à leur face extérieure. A leur face intérieure, les attaches, une pour passer le bras, l'autre pour la prise en main.

* l'écu est destiné avant tout aux cavaliers, éventuellement aux hommes d'armes. Il est de taille réduite avec une forme caractéristique en V. Certains nouveaux écus, faits en Italie ou en Allemagne, possèdent même une encoche pour la lance, mais c'est un détail. Il est conçu pour être soit tenu dans une main, l'autre tenant une arme offensive, soit pour être porté à un bras grâce à la double lanière, avec une épée à deux mains. L'écu porte la plupart du temps les armes de son propriétaire, pour pouvoir l'identifier facilement au cours de la bataille.


le pavois est beaucoup plus grand, de forme rectangulaire, légèrement concave. Du fait de ses dimensions, son utilisation est essentiellement statique, il est moins élaboré, mais il n'est pas moins utile: il sert à protéger archers et arbalétiers pendant que ceux-ci rechargent, ou piquiers face à une charge de chevalerie ou un tir d'archerie ennemie.


Pièces d'Armures

Heaumes


La tête... elle est plus ou moins bien remplie, mais il faut bien la protéger quand même.

*Bacinet pièce d'armure des chevaliers, le bacinet (ou armet) est léger, pratique (sa visière est mobile, et protège l'ensemble de la tête):

*Salade destinée aux cavaliers, hommes d'armes, d'invention récente en Italie, légère, protège bien le crâne et la face, mais laisse le cou sans protection (pour les cavaliers notamment, exposés aux attaques venant d'en bas):
http://www.armae.com/moyenage/1212Salades.htm
*La Barbute (Hommes d'armes, archers, coutiliers) est ce qu'on fait de plus simple, mais elle est de création récente elle aussi, et protège l'ensemble du crâne avec efficacité.
http://www.armae.com/moyenage/121HL255barbute.htm
on peut aussi voir de simples casques de cuir renforcé, surtout pour les milices et chez les gueux et autres va-nu-pieds en révolte!

Armure


ARMURE DE PLATES

Contrairement à une idée répandue, notre siècle est bien celui de l'épanouissement de l'armure, après des siècles de tâtonnements peu esthétiques, grâce à l'invention de l'armure de plates.

Egalement appelée Harnois Blanc, du fait de son éclat lorsqu'il est bien astiqué par son propriétaire (enfin, par les valets de son propriétaire, naturellement...)
http://img329.imageshack.us/img329/9246/armure2bl.jpg

Cette armure est le nec plus ultra de ce qui se fait en matière de protection. Naturellement, elle est hors de prix, surtout si elle vient de Nuremberg ou de Milan, les grands centres de l'industrie de la guerre.

Elle est composée de plaques d'acier entièrement articulées, permettant une ampleur de mouvement remarquable et une élégance certaine.
Elle rassemble l'ensemble des pièces d'armures dont peut disposer un soldat. Si on la décompose, ça donne ça:


Pour les heaumes, nous en avons déjà parlé. Je vous rappelle simplement le bacinet, heaume typique de chevalier, ou la salade, disponible pour les chevaliers (avec une protection pour le col) ou les piétons, et la barbute. (ici, une salade)

*Pièces couvrant la gorge: Bavière ou Gorgerin
http://img413.imageshack.us/img413/2691/gorgerin9jt.jpg
*Pièces couvrant le torse: Plastron, complété dans le dos par une Dossière
*Pièces couvrant les bras: Espallière, Canon de Bras, Cubiltière, Canon d'avant-bras, et enfin Gantelet http://img151.imageshack.us/img151/5382/gantelets2mb.jpg (admirez l'articulation fine de l'ensemble)
*Pièces couvrant le bassin: Braconnière (parfois intégrée au plastron, parfois indépendante et articulée) et Flancarts
*Pièces couvrant les jambes: Cuissots (ou "cuissarts"), Genouillères
http://img413.imageshack.us/img413/5736/genouillres9bu.jpg
Grèves (hémi-circulaires et tenus sur le mollet par des lacets de cuir) et Soleret, dont la forme actuelle tend à s'allonger 'en poulaines' sous l'influence des artisans milanais du textile:
http://img413.imageshack.us/img413/4359/soleret6sx.jpg

Chacun s'équipe alors selon ses moyens, mais en général seul un homme d'arme commence à disposer d'une réelle protection d'acier.


PIECES DE CUIR

Sous l'armure, on porte un Gambison, sorte de gilet ou de chasuble de cuir épais permettant d'amortir le choc des coups reçus.

Les piétons (coutiliers, archers, hommes d'armes de bas rang) ont souvent recours à des pièces de cuir dénommées de la même manière que les pièces d'armures, moins onéreuses, et permettant une protection minimale mais souvent suffisante contre les coups de taille: cuissarts, gantelets, et souvent un Gambison clouté de métal, ou renforcé de pièces d'acier (mailles, plaques).


DIVERS

La Cote de Mailles ne se porte plus guère de nos jours (longues à produire, assurant une protection faible désormais face à la qualité de l'acier de nos armes ou à la puissance des traits lancés, lourdes).

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Re: Les armes modernes

Message par Dandolo le Lun 02 Nov 2009, 16:19

Zwyrowsky a écrit:CHAPITRE 6: CHEVAUX


Un cheval est une bête noble, fragile, adaptée à différentes tâches spécialisées. Quand il s’agit de participer, directement ou indirectement, au combat, la bête peut être blessée, tuée ou capturée par l’ennemi. Un chevalier doit donc disposer pour son usage courant de 5 à 6 chevaux au moins. Un château peut donc compter, pour une quinzaine de chevaliers, jusqu’à une centaine de chevaux, qui doivent être nourris, entretenus et équipés. On voit l’importance du ou des fiefs attenant à ce château, pour fournir au chevalier et à ses hommes d’armes les ressources nécessaires à leurs montures.

TYPES

Tous sont des chevaux de selle, il ne s’agit évidemment pas des lourdes bêtes de trait utilisées (quand ils sont assez riche pour ne posséder un) par les vilains.

Mule ou Mulet : Croisement d’un âne et d’une jument, destinée au transport du matériel, animal robuste et patient trop souvent oublié…
Roncin: Cheval destiné au transport de bagages et de gens de suite
Palefroi: Cheval de parade ou utilisé par les courriers
Haquenée: Cheval de monte féminine
Destrier: Cheval « mené par la main droite ». Il s’agit des meilleurs étalons, particulièrement grands et forts, car ils doivent pouvoir porter un cavalier avec 30 kilos d'armures et d'armes, plus les protections propres au cheval. Ils sont entraînés spécialement pour la guerre. Les Destriers viennent d'Allemagne et d'Angleterre (où Richard Cœur de Lion avait jadis ramené des étalons arabes pour les croiser avec les anglo-normands), ou d'Andalousie, pour les meilleurs.

EQUIPEMENT

Les Fers cloûtés existent depuis la fin de l’Empire Romain.
Selle haute, et Etriers, généralisés depuis quelques 400 ans, forment la base de la chevalerie, en rendant le cavalier et la monture solidaires, augmentant ainsi la puissance d’impact du couple.
Eperons : ils sont à molette, avec des pointes de 4cm de longueur.

Barde : lames de fer constituant une armure qui recouvre les parties exposées des chevaux pour la guerre

Chanfrein : protège la tête du cheval, avec une partie articulée qui se rabat sur la nuque. On peut trouver, au centre du chanfrein une pointe d'une vingtaine de centimètre, telle une licorne.


USAGES

*Combat: L'ennemi étant en vue, le chevalier descend de son roncin puis enfourche son destrier et prend des mains de son écuyer son bouclier et sa lance.
Il s'approche alors au trot, puis arrivé à 30mètres, il éperonne son cheval et se lance sur l'ennemi, la lance solidement coincé sous son aisselle droite, en l'abordant par la gauche.
A cause du poids des armes et des armures du chevalier et du cheval, la vitesse atteinte par le cavalier et sa monture est assez limitée ; seul l’allègement de l’armure dans quelques siècles permettra de véritables charges de cavalerie.

Depuis quelques dizaines d’années, le rôle tactique de la chevalerie a été diminué par l’emploi systématique de troupes d’archers et d’arbalétriers (et de piquiers regroupés en formations compactes depuis quelques années), et l’usage courant de pieux, tranchées et pièges à chevaux par les armées pour protéger leurs piétons. Les chevaliers sont donc plus souvent amenés à se battre à pied, éventuellement à charger en formations plus serrées et plus disciplinées que jadis, et surtout à faire se débander ou poursuivre un ennemi déjà désorganisé.

*Tournois & Chasse sont des loisirs virils et geurriers, séant parfaitement à tout homme d'arme, mais ne sont pas à considérer dans le cadre de notre recensement des utilisations possibles hors du combat (sinon, j'aurais du vous parler de comment couper un arbre avec une hache, moissoner à la faux, ou couper le lard au couteau... :mrgreen: )

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Re: Les armes modernes

Message par Dandolo le Lun 02 Nov 2009, 16:20

Zwyrowsky a écrit:CHAPITRE 7: POLIORCETIQUE, PREMIERE PARTIE: ARMES DE SIEGE

La poliorcétique est l'art de prendre une place fortifiée, tout autant que celui de la défendre...
Heureux le stratège à venir dont on pourra dire:
"Ville assiégée par lui, Ville prise -
Ville défendue par lui, Ville imprenable!"


LE SIEGE DANS LA GUERRE MODERNE


La guerre à notre époque est autant une succession de sièges que des batailles rangées, car le contrôle des villes et des forteresses est indispensable à la maîtrise du territoire : tous peuvent abriter des troupes ennemies capables de vous prendre à revers, ou du ravitaillement – voire tout simplement quelques bonnes richesses à piller pour payer vos troupes, ce que ne permettent guère les campagnes alentours!
La difficulté pour l’assiégeant réside dans la capacité d'une population nombreuse (pour une ville) ou aguerrie (pour un château) à résister, et dans la hauteur et la solidité des murs.

Une confrontation militaire typique voit un camp faire le siège du château de son adversaire, après avoir défait une partie des troupes ennemies en rase campagne (ou avoir impressionné le capitaine adverse par son nombre) mais avoir laissé une partie d’entre elle se réfugier dans la place. Tant qu'elles sont correctement défendues, ces fortifications murées élevées sont pratiquement impénétrables à l'infanterie ou à la cavalerie.

MENER UN SIEGE


Options tactiques

L'attaquant, une fois devant les murs, a plusieurs options devant lui...
Il peut d'abord simplement encercler le château pour bloquer les livraisons de nourriture et attendre que les défenseurs se rendent à cause de la famine. Il construit des circonvallations, organise des patrouilles afin de repérer d’éventuels renforts ennemis, protège son propre camp.
Il peut tenter des attaques directes sur les points vulnérables : escalade de courtines basses ou mal défendues, destructions des portes par béliers ou fascines.
Il peut essayer de détruire les murs par des techniques de sape: mettre le feu aux murs du château pour essayer de fragiliser le ciment liant entre les pierres, pratiquer une sape ou introduire des mines.
Il peut aussi utiliser des machines de guerre spécifiquement conçues pour détruire (catapultes, ballistes, trébuchets, mangoneaux, artillerie à poudre) ou passer les défenses de château (tours de siège).
Ceci dit, le moyen ultime, certes pas le plus glorieux, mais de loin le plus fréquent, de faire tomber un château reste la trahison… Une porte ouverte au moment adéquat coûte parfois un peu cher, mais évite bien des tracas…

Des risques de la guerre de siège

Car décider le siège d’une place n’est pas une décision à prendre à la légère pour l’assaillant.
En effet, il se heurte à plusieurs périls.
Un siège est une entreprise de longue haleine, qui nécessite de pouvoir payer ses troupes pendant toute sa durée… ou de voir celles-ci fondre comme neige au soleil, un siège est le régal des ingénieurs, mais c’est un exercice que goûtent peu les routiers s’il se prolongent un tant soit peu et que s’éloignent les perspectives de butin !
Pour la même raison, il faut être sûr de pouvoir nourrir ses troupes et ses chevaux, car en général l’assiégé aura pris soin en se retirant de détruire granges, étables et réserves alentours. Mal évaluer la longueur d’un siège, ou ses capacités de ravitaillement, expose les assaillants à la famine, qui a fait lever plus de sièges que les sorties des défenseurs !
Toujours dans le même ordre d’idée, la concentration de masses humaines importantes, mal ravitaillées, autour de puits empoisonnés ou pollués, expose les assiégeants au risque de subir des épidémies : peste, choléra, dysenteries…
Et avec tout cela, aucun ennemi n’a encore été combattu !

Du point de vue tactique, faire un siège requiert des compétences, sans lesquelles si on ne prend pas la place adverse en quelques heures, on fait mieux de se retirer. La présence d’ingénieurs est désormais quasiment indispensable depuis que les Croisades ont rapporté la science poliorcétique d’Orient, où les Sarrasins et les Grecs l’avaient hérité des anciens Romains.
Les travaux de siège eux-mêmes sont périlleux pour les assiégeants, constamment exposés aux traits venant des courtines et des tours qu’ils tentent de prendre. Rappelez vous qu’une arbalète, arme de choix pour les défenseurs, porte aussi loin qu’un trébuchet, et peu tuer un homme en armure ! C’est ainsi par exemple que fût tué en Limousin le roi d’Angleterre Richard Ier, dit Cœur de Lion par ses sujets, aux abords d’une forteresse qui ne mériterait en dehors de ce fait d’arme de ne figurer dans aucune archive…
Par ailleurs, l’assiégeant doit en général paradoxalement fortifier son propre camp, pour se protéger des sorties ennemies réalisées par surprise, et qui visent à détruire son matériel, son ravitaillement ou à subtiliser son or !
Et enfin, en se fixant, en général pour des semaines, aux abords d’une place, il laisse à ses ennemis extérieurs le temps de se reformer s’il les a battus auparavant, ou de s’organiser, voire de contre-attaquer. Il risque alors lui-même de se retrouver assiégé devant la place adverse !

Tout ça pour dire qu’un siège est tout sauf une sinécure, et qu’un bon capitaine cherchera toujours à obtenir la reddition de ses ennemis sur le champ de bataille…

Armes et Techniques :

    TECHNIQUES D’ENCERCLEMENT :
    Circonvallations : lignes concentriques autour du château, constituées de palissades de bois de tours et de fossés, regardant vers l’intérieur (vers les assiégés) et par fois doublées d’une seconde ligne vers l’extérieur (vers d’éventuels renforts), comme César à Alésia, ou Philippe-Auguste devant Château-Gaillard.

    TECHNIQUES D’ATTAQUE DIRECTE :
    Escalade : technique la plus simple et la plus répandue répandue au Moyen Âge, elle se fait par des échelles. Les assaillants se protégent sous des pavois. L'escalade est efficace à la suite d'une trahison ou lors d'une attaque-surprise, et avec un rapport numérique favorable.
    Comblement des fossés : opération périlleuse car sous le tir direct de l’ennemi. On utilise en général des débris de bois, des fagots, des mottes de terre, des pierres et les déchets du camp en général pour ce faire.
    Bélier : Composé d'une tête de métal et d'une poutre en bois, il est actionné par balancement grâce à des chaînes et des cordes (souvent protégé sous un chat). Le choc est peu efficace sur un mur de pierre. Des brèches ouvertes peuvent ensuite être enflammées.
    Chat : engin d'approche sur roues pour saper les bases de la muraille. On les appelait aussi truie, taupe ou renard.
    Bélier sous un Chat:

    Fascines : Fagot recouvert d'une matière très inflammable employé comme artifice incendiaire. Utilisées pour incendier les portes par exemple, ou dans une mine.

    TECHNIQUES DE SAPE :
    Sape : tunnel destiné à fragiliser les fondations des murailles adverses, pour faciliter ou provoquer leur effondrement
    Mine : Sape ou brèche dans laquelle sont introduits des poteaux de bois enduits de poix, de soufre, de bitume ou de graisse de cochon, auxquels on met le feu afin de provoquer l’affaissement des murailles par fragilisation du ciment et destruction des structures de charpente.

    MACHINES DE SIEGE :
    Tours:
    Tour de siège: Les tours sont construites sur l'emplacement même du siège, et seulement si la fortification ennemie ne peut pas être prise par un autre moyen (assaut à l'échelle, par la sape, en abatant les murs, en brisant les portes ou plus simplement par ruse), car leur mise en place nécessite du temps, beaucoup de matériaux, et des ouvriers spécialisés (ingénieurs, charpentiers, bûcherons), et rend leur constructeur vulnérable à une sortie des défenseurs ou à une contre-attaque de leurs alliés.
    La construction est le plus souvent rectangulaire, de taille égale à celle du mur ou plus haute, leur structure est en bois, ce qui les rend très vulnérables aux projectiles enflammés. Elles doivent donc être blindées par des plaques de fer ou un revêtement de cuir.
    Une fois construite cependant, la tour est un atout maitre et permet :
      >d’abriter les assaillants dans leur approche des murs;
      >de protéger l'action des sapeurs ;
      >de porter haut les armes lourdes ;
      >de donner aux archers et arbalétriers un commandement efficace contre les défenseurs du château ;
      >de donner un accès au chemin de ronde ;


    Une bretèche est une tour de siège immobile
    Un beffroi est une tour de siège mobile dotée d’un pont-levis.

    A tension :
    Baliste (ou Pierrier) : Le bras est relié à un arc puissant fixé à l'avant de l'engin. La tension de l'arc est réglée en fonction de la distance de l'objectif à atteindre. La cuiller peut recevoir des projectiles divers, boulets, pierres... Les assaillants y mettent parfois la tête des ennemis décapités, les Turcs les auraient utilisées au siège de Constantinople pour projeter dans la ville les cadavres des pestiférés.
    Dès que la machine est prête, un servant tire une corde qui libère le levier. Celui-ci va buter contre la barre transversale et envoie vers les assiégés les projectiles placés dans la cuiller.


    A torsion :
    Catapulte à cuiller : C'est la torsion des cordes tendues à la base du levier qui en assurait la puissance. Lorsque le bras était libéré il allait heurter violemment le butoir et les projectiles disposés dans la cuiller étaient envoyés vers l'adversaire.
    Certaines catapultes plus perfectionnées et plus puissantes fonctionnaient avec les deux systèmes, l'arc et les cordes en torsion.
    La puissance des machines utilisant la torsion des cordes était inégale et variait notamment avec les intempéries. De fortes pluies qui détendaient les cordes pouvaient temporairement les rendre inutilisables.

    A contrepoids :
    Trébuchet : Le trébuchet fonctionne comme une énorme fronde. Le levier est tendu à l'aide d'un treuil; on place ensuite la fronde dans une glissière. Un boulet de pierre est disposé dans la poche. Lorsque d'un coup de maillet on libère le levier, le contrepoids (articulé pour limiter les vibrations) s'abaisse brusquement. Le levier s'élève alors comme un bras gigantesque qui propulse la fronde et projette le boulet vers les remparts.
    Les plus grands trébuchets peuvent projeter des boulets de 200 livres, à environ 600 pieds de distance, mais une soixantaine d’hommes (jusqu’à 1000 pour les plus gros) sont nécessaires pour manipuler une telle machine de guerre ... pour seulement 2 coups à l'heure !

    Des modèles plus petits, plus compacts, nécessitant moins de servants, appelés Couillards du fait de la division en deux masses du contrepoids, de part et d’autre du levier, sont utilisés depuis un siècle environ. Une équipe de 4 à 8 hommes est suffisante pour assurer une dizaine de coups à l'heure et envoyer des boulets plus réduits de 60 à 160 livres jusqu’à 550 pas.
    Les projectiles utilisables sont des boulets de pierre (un gros, ou plusieurs petits), des charognes (pour propager des épidémies), ou des projectiles incendiaires.


    Mangonneau : Contrairement au Trébuchet, dont le projectile décrit une parabole creusée, permettant de le faire passer par-dessus les murailles, le mangonneau est une arme donnant une parabole accélérée, très allongée, se rapprochant de l’horizontale, et permettant donc au projectile d’attaquer frontalement la muraille adverse.
    Le levier du mangonneau est abaissé à l'aide d'un treuil actionné par deux roues, l’ensemble des servants est nécessaire car le contrepoids pèse plusieurs tonnes. Quand le levier est abaissé on accroche la poche de la fronde et on y dispose la charge. Le chef de manœuvre donne le signal, le levier est libéré et un groupe de tireurs se suspendent aux cordes et accélèrent le mouvement ascendant de la fronde, selon les consignes du chef de manœuvre afin de régler la trajectoire, la puissance et la portée du projectile.
    La mise au point du tir est assez longue et on doit souvent procéder à plusieurs essais. Cette machine, qui ne nécessite que 12 servants, doit impérativement compter un engineur expérimenté au risque de mettre en danger sa structure et la vie des autres servants (un mauvais réglage de la traction des contrepoids peut projeter le boulet sur les assistants), ne peut lancer un projectile pesant jusqu'à 200 livres que toutes les 2 heures environ, mais dès que le pointage est terminé, les dégâts occasionnés aux fortifications sont considérables. La distance de tir pouvait atteindre jusqu'à 450 pieds.


    A poudre :
    Bombardes, Canons (voir chapitre 9, « Armes à feu »)



Suite de ce chapitre dans la Partie 2 : Défense d'une Place

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Re: Les armes modernes

Message par Dandolo le Lun 02 Nov 2009, 16:20

Zwyrowsky a écrit:CHAPITRE 8: ARMES A FEU

Histoire


Les plus anciennes « armes à feu » sont les feux Grégeois : il s’agit d’une substance nitrée additionnée de corps gras ou résineux (naphte par exemple), contenue dans un récipient, et destiné à être enflammée et lancée sur l’ennemi pour brûler son matériel. Ils sont utilisés avec succès depuis plusieurs centaines d’années dans les sièges et les batailles navales. C’était une spécialité de l’Empire de Constantinople, qui disposait de naphte en abondance dans ses provinces orientales, et a longtemps conservé un secret absolu sur sa fabrication.

Depuis 1300, un mélange de salpêtre, de soufre et de charbon est devenu l'objet de recherches minutieuses : la poudre noire. Les premières expériences portaient sur le perfectionnement des fusées dont la connaissance avait été apportée par les Sarrasins, eux-mêmes instruits par les envahisseurs Mongols au début du XIIIè siècle.
Partant de l'observation qu'il était possible, avec la poudre, de chasser en dehors d'un tube en carton des fragments de matière, il paraissait possible en renforçant le tube et en augmentant la charge, de lancer des projectiles de différentes sortes, flèches, pots incendiaires, boulets de plomb, de pierre, de fer ou de fonte. La propriété fusante et motrice que la poudre possède, quand elle brûle après avoir été tassée, était employée longtemps avant qu'on sût maîtriser et utiliser sa propriété détonante et projective. C'est de la maîtrise de cette dernière qui permit à aux armes à feu modernes de naître, et ce dès les années 1320. Elles ont alors été rapidement introduites sur le champ de bataille et sur les murailles des villes.

Toutefois, ces nouvelles armes, prometteuses en développements, ne sont pas encore suffisamment intéressantes pour remplacer ni les arcs et arbalètes, ni les machines de siège mécaniques.
En effet, il faut bien admettre que, pour des problèmes liées à la métallurgie des tubes, et à la composition de la poudre noire, les canons ne fonctionnent hélas pas toujours régulièrement et, pire encore, éclatent souvent. Ne dit on pas d’un canonnier qu’il doit "honorer Dieu et craindre plus de l'offenser que nul autre homme de guerre, car, toutes les fois qu'il fait jouer sa pièce, il a son mortel ennemi devant lui" ?


Types Actuels


Fusée : les plus anciennes des armes à feu, les fusées sont « des canons qui reculent, le canon constituant lui-même le projectile »

Couleuvrine : Depuis les premiers modèles longs et fins, destinés à être portés par un homme et à projeter des balles de plombs (apparus au siège glorieux d’Orléans il y a 25 ans), les couleuvrines se sont diversifiées, certaines prenant du poids et de la longueur, nécessitant d’être montées sur affut pour être manœuvrées comme de vraies pièces d’artillerie.
Couleuvrine individuelle :

Couleuvrine de rempart :


Hacquebutte: utilisée depuis quelques années en Italie, elle est plus maniable que la couleuvrine, et fonctionne par une mèche posée sur le serpentin pour enflamer la poudre dans le bacinet.
[img][/img]

Ribeaudequin : association de plusieurs tubes de couleuvrine sur un affut, permettant de tirer une rafale de balles de plombs, notamment contre la cavalerie adverse.


Bombarde : Tube de métal de taille et de calibre variable, mais supérieur à la couleuvrine, recevant par l'extrémité ouverte (la bouche), une charge de poudre tassée par une bourre et un projectile sphérique plein (le boulet) de pierre ou de fer. Le tir est initié par l'inflammation de la charge grâce à une ouverture (boite à feu) ou un trou percé à l'extrémité fermée (la culasse) dans lequel était introduit soit une mèche, soit de la poudre fine (le pulvérin).
Depuis leur apparition il y a 125 ans à la bataille de Crécy – encore une déloyauté angloise – les bombardes vont de la bombarde à main servie par deux hommes (utilisable sur des remparts, par exemple) jusqu'aux bombardes de siège de Tartaglia pesant neuf mille livres.
Bombarde de campagne sur affut :

Bombarde de siège sous abri :


EDITIONS DE L'ARTICLE:


Première édition 09/10/54: ajout avec le concours de l'Armurier Malhork (article: Hacquebutte).

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